Éponine Thénardier est un des personnages du roman Les Misérables de Victor Hugo et c'est aussi l'un des plus complexes.
Biographie du personnage vignette|gauche|Éponine et sa sœur Azelma emmaillotent un chat à l'auberge des Thénardier. Illustration de Gustave Brion, vers 1865. vignette|gauche|Irruption d'Éponine dans la chambre de Marius. Illustration de Pierre Georges Jeanniot, 1890. vignette|gauche|Éponine défie son père et la bande Patron-Minette. Illustration de Pierre Georges Jeanniot, 1890.
Elle est l'aînée des enfants des Thénardier. Elle a le même âge que Cosette, toutes les deux sont nées vers la fin de l'année 1815. Éponine a une sœur, Azelma, sa cadette de deux ans et leur frère cadet est Gavroche, né au début de l'hiver 1820. Elle a deux frères encore plus jeunes dont elle semble ignorer l'existence tout comme Azelma et Gavroche, ces petits derniers ayant fait l'objet d'une sordide tractation de la part de leurs parents.
Elle tombe amoureuse de Marius qui est son voisin dans la misérable masure Gorbeau du boulevard de l'Hôpital à Paris où elle habite avec sa famille en 1832. Il ne l’a jamais remarquée jusqu’au jour où, envoyée par son père pour mendier, elle fait irruption dans sa chambre. Marius sera ébranlé par Éponine, portrait emblématique de la faim ou, plus précisément selon Hugo, celui de « la misère de l’enfant. » Ce qui nous vaut parmi les pages les plus poignantes du roman, celui de la dégradation de l’humain par la faimTome III. Marius – Livre VIII. Le Mauvais Pauvre – Chapitre 4. Une rose dans la misère. :
Peu après, d' qu'elle avait, elle poursuit avec son monologue d'être affamé :
vignette|Mort d'Éponine dans les bras de Marius. Dessin d'Alphonse de Neuville. Mais Marius n'aimera jamais que Cosette. Partagée entre la jalousie et le désir de plaire à l'élu de son cœur, Éponine sera tentée d'éloigner les amoureux l'un de l'autre lorsque l'occasion se présentera après avoir pourtant facilité leur rencontre. Mais, même manipulée par son père, elle ira à plusieurs reprises jusqu'à défier Thénardier et la redoutable bande de Patron-Minette pour protéger Marius lorsque le bonheur de celui-ci sera menacé.
Finalement, incapable de voir Marius malheureux, elle n'hésitera pas, après l'avoir attiré puis suivi jusqu'à une barricade de l’insurrection du , à s'interposer entre lui et le soldat qui le visait pour mourir à sa place. Elle sera ainsi le premier instrument du bonheur de Marius en lui remettant la lettre de Cosette avant d'expirer sur la barricade de la rue de la Chanvrerie où Hugo a situé l'action (aujourd'hui rue Rambuteau, près du Forum des Halles).
Éponine est le personnage éponyme du livre deuxième du tome IV.
Chansons d'Éponine vignette|« Une rose dans la misère »Chapitre 4 du Livre VIII. Le Mauvais Pauvre Tome . MariusIllustration de Pierre Georges Jeanniot. Comme son frère Gavroche, Éponine aime le spectacle et partage avec lui le goût des chansons. Si Gavroche chante « C'est la faute à Voltaire… », ses chants à elle sont moins téméraires :
Tome III. Marius — Livre VIII. Le Mauvais Pauvre — Chapitre 4. Une rose dans la misère. J'ai faim, mon père, Pas de fricot. J'ai froid, ma mère. Pas de tricot. Grelotte, Lolotte ! Sanglotte, Jacquot !
Tome III. Marius — Livre VIII. Le Mauvais Pauvre — Chapitre 16. Où l’on retrouvera la chanson sur un air anglais à la mode en 1832. Nos amours ont duré toute une semaine, Mais que du bonheur les instants sont courts ! S'adorer huit jours, c'était bien la peine ! Le temps de l'amour devrait durer toujours ! Devrait durer toujours ! devrait durer toujours ! […] Vous me quittez pour aller à la gloire, Mon triste cœur suivra partout vos pas.
Tome IV. L’Idylle rue Plumet et l’Épopée rue Saint-Denis — Livre VIII. Les Enchantements et les Désolations — Chapitre 4. Cab roule en anglais et jappe en argot. Mon bras si dodu, Ma jambe bien faite, Et le temps perduExtrait d'une chanson en vogue à l'époque : Ma Grand'Mère (lire sur Wikisource), paroles et musique de Pierre-Jean de Béranger (1828). Source : chronologie de la chanson dans l'encyclopédie Larousse.
Cinéma et audiovisuel Éponine a été notamment incarnée au cinéma, à la télévision et à la radio par : Mistinguett, 1913, version d'Albert Capellani (France) Dorothy Bernard, 1917, version de Frank Lloyd (États-Unis) Suzanne Nivette, 1925, version d’Henri Fescourt (France) Orane Demazis, 1934, version de Raymond Bernard (France) Frances Drake, 1935, version de Richard Boleslawski (États-Unis) Margarita Cortés, 1943, version de Fernando A. Rivero (Mexique) Delia Orman, 1947, version de Riccardo Freda (Italie) Silvia Monfort, 1958, version de Jean-Paul Le Chanois (France) Elizabeth Counsell, 1967, version d'Alan Bridges (Royaume-Uni) Hermine Karagheuz, 1972, version TV de Marcel Bluwal (France) Maria Rojo, 1973, version de Antulio Jiménez Pons (Mexique) Candice Patou, 1982, version de Robert Hossein (France) Sylvie Koblizkova, 1998, version de Bille August (États-Unis) Asia Argento, 2000, version TV de Josée Dayan (France) Samantha Barks, 2012, version de Tom Hooper (Royaume-Uni) Florence Loiret Caille, 2013, feuilleton réalisé par François Christophe, France Culture (France) Erin Kellyman, 2018, série de Tom Shankland Marie Colomb, 2026, film Les Misérables de Fred Cavayé (France)
Comédie musicale Dans la version française de la comédie musicale Les Misérables (voir cette page pour la distribution détaillée), le rôle d'Éponine est interprété par : Marianne Mille, Paris, 1980 Stéphanie Martin, Paris, 1991 Sandra Kim, Anvers, 1999 Sophie Tremblay, Capitole de Québec, 2008 Océane Demontis, Théâtre du Châtelet, 2024.
Références
Bibliographie . . . . . . .
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