Le est une montagne du Japon située à Nikkō, sur l'île de Honshū, au nord de l'agglomération de Tokyo. Ce stratovolcan culminant à d'altitude fait partie du complexe volcanique des monts Nikkō dans le parc national de Nikkō. Il émerge du sol de l'arc volcanique du Japon il y a environ , lorsque débute la formation des monts Nikkō, et cesse toute activité volcanique il y a . Objet de culte du shintoïsme depuis des temps immémoriaux, le volcan Nyohō devient aussi, au , en lien avec le mont Nantai voisin, une montagne sacrée du bouddhisme par la volonté du moine bouddhiste Shōdō Shōnin, ascète montagnard et propagateur de l'enseignement du Bouddha dans l'ancienne province de Shimotsuke. Les religieux du sanctuaire Futarasan de Nikkō, un site historique inscrit au patrimoine mondial, l'entretiennent comme lieu de pèlerinage.
Le développement de la pratique de l'exploration de l'espace montagnard japonais en tant que sport et loisir, conduit vers la fin du par des Occidentaux et poursuivi par les Japonais après la Seconde Guerre mondiale, amène en toute saison de nombreux marcheurs le long des chemins de randonnée qui s'étirent sur ses pentes, et dans la vallée fluviale qui, dans le prolongement du versant effondré de son cratère, s'étend jusqu'au centre-ville de Nikkō.
Toponymie Littéralement, l'association des deux sinogrammes (« femme ») et signifie « pic femme ». Le mont Nyohō (.) serait la figure maternelle d'une famille de divinités du shintō dont le mont Nantai voisin serait le père, et le mont Tarō le fils aîné... Plus largement, avec les monts Ōmanago et Komanago, respectivement sœur aînée et sœur cadette, les trois volcans des monts Nikkō symboliseraient la structure type de la famille japonaise...
Le nom de la montagne s'écrit aussi « Le . », le mont Nyotai, et « Le . », le mont Jobō, le sinogramme signifiant « corps » et « forme »...
Géographie Situation Le mont Nyohō est entièrement situé dans la ville de Nikkō (préfecture de Tochigi), sur la plus grande île de l'archipel japonais : Honshū. Il fait partie de la ceinture de feu du Pacifique sur l'arc volcanique du Japon dans le Nord de la région de Kantō. Ce volcan est l'un des sommets des monts Nikkō, un complexe volcanique de l'Ouest de Nikkō dominé par le mont Nikkō-Shirane, son point culminant à d'altitude. Environ , à vol d'oiseau, au nord de l'agglomération de Tokyo, il se dresse dans le Sud du parc national de Nikkō qui s'étend, d'est en ouest, dans la partie centrale de Nikkō. Les côtes de l'océan Pacifique sont à environ à l'est, celles de la mer du Japon à environ au nord-ouest.
Du centre-ville de Nikkō, une route forestière permet d'accéder à la vallée fluviale qui s'étend sur environ au pied de son versant sud-est.
Topographie vignette|gauche|Vue aérienne du cratère du volcan Nyohō.|alt=Photo noir et blanc du cratère d'un volcan, vu du ciel.
Le mont Nyohō est un volcan dont le sommet est un cratère d'explosion en forme de fer à cheval d'une largeur d'environ . L'érosion de ses pentes par les eaux de ruissellement a formé des ravins profonds et des encoches rocheuses radiales sur ses versants comme dans son cratère. Une large partie de son versant sud-est est ouverte, du sommet jusqu’à la base, sur un canyon prolongé par une vallée fluviale : la vallée d'UnryūLa . (altitude .)...
Son point culminant, à l’altitude de , est un dôme de lave sur le rebord occidental du cratère sommital dont l'érosion a sculpté un autre sommet d'une altitude moindre : le mont MaeNyohōLe . (). Son versant occidental est relié par un chemin de crête au mont Taishaku (), et, sur son flanc oriental émerge un dôme volcanique : le mont Akanagi. Au début de sa formation, le mont Nyohō ne formait avec ce dernier qu'un seul et même édifice volcanique qui s'est érodé au cours du temps..
Panorama vignette|Le mont Nantai et le mont Fuji, au loin, vus de la cime du volcan Nyohō.|alt=Photo couleur montrant une montagne aux pentes boisées et un massif montagneux au second plan, sous un ciel bleu. Le sommet du mont Nyohō offre une vue panoramique sur les autres volcans des monts Nikkō au sud-ouest et à l'ouest, et, au sud-est, sur les quartiers les plus peuplés de Nikkō, le long de la rivière Daiya, et, plus largement, la plaine de Kantō.
Au loin, par temps très clair, il est possible de voir ou d'apercevoir le mont Hiuchi du village de Hinoemata dans la préfecture voisine de Fukushima, la plus haute montagne de la région de Tōhoku, l'océan Pacifique à l'est, et le mont Fuji, distant de au sud-ouest.
Lorsque le ciel est bien dégagé, le mont Nyohō est visible du haut des immeubles élevés de la capitale japonaise, du dernier étage du Sunshine 60 par exemple, un gratte-ciel du quartier d'Ikebukuro.
Géologie La base du mont Nyohō repose sur des roches sédimentaires datant de l'époque géologique du Jurassique supérieur (163,5 - ) et des roches d'origine volcanique datant de la fin du Crétacé (145 - )... Du fait de sa structure résultant de la superposition de coulées de lave, de coulées pyroclastiques et de tephras, ce volcan se range parmi les stratovolcans.. Il est essentiellement composé de roches magmatiques et plus particulièrement d'andésite, de basalte et de dacite... Les éruptions majoritairement explosives qui marquent sa période d'activité le classent, de plus, parmi les volcans gris. L'une d'entre elles est à l'origine du dôme de lave qui constitue son point culminant, sur le rebord de son cratère.
Hydrographie De nombreux cours d'eau prennent leur source sur les pentes du mont Nyohō, abondamment arrosées lors des périodes pluvieuses au printemps et en été. Le long du versant sud-est du volcan, des ruisseaux donnent naissance à de nombreuses chutes d'eau telles que les cascades AkanaLa . et ŌshikaLa ., sections du ruisseau AkanaLe ., TomoshirazuLa ., NanaLa . et KuroiwaLa ., la grande chute d'eauLa . et la chute UnryūLa . qui mesure dans sa plus grande largeur et de hauteur. (trois sauts)... Dans la vallée d'Unryū, ils convergent et forment la rivière InariLa ., un cours d'eau qui s'écoule sur , dans un bassin versant d'une superficie de , et rejoint la rivière Daiya dans l'Est du quartier Sannai, site historique des sanctuaires et temples de Nikkō inscrits au patrimoine mondial depuis 1999.. Sur son versant nord, la rivière NokadozawaLa . et des ruisseaux alimentent des zones humides dont les eaux contribuent au bassin versant de la rivière Kinu, un affluent du fleuve Tone. Des rus, creusant leur sillon sur la face sud-ouest du volcan, rejoignent un réseau de petits cours d'eau dont les flots forment, le long de la face est du mont Ōmanago voisin, la rivière ArasawaLa .. Longue d'environ , celle-ci chemine au pied du mont TanzeLe ., et trouve son embouchure : la rivière Daiya, au-delà de la route nationale 120, dans le quartier KujiraLe . à Nikkō. La rivière TamosawaLa , dont le nom s'écrit aussi ., un autre affluent de rive gauche de la Daiya-gawa, prend sa source au mont Nyohō, et termine son parcours, long de entre les rivières Inari et Arasawa, dans le quartier de HanaishiLe ..
Climat Le climat du mont Nyohō correspond à celui d'Oku-Nikkō est la zone géographique de l'Ouest de Nikkō qui comprend les monts Nikkō, le lac Chūzenji et le haut plateau Senjō., la partie sud-ouest de la ville de Nikkō. Il est du type continental humide. La température annuelle moyenne est d'environ et les précipitations annuelles sont de . L'hiver le mercure peut descendre jusqu'à et grimper jusqu'à en été.
En hiver, un vent froid et humide venu de Sibérie, via la mer du Japon, apporte de la neige sur les sommets des monts Nikkō..
Faune et flore Situé dans le Sud du parc de Nikkō, un parc national d'une superficie de administré par le ministère de l'Environnement du Japon depuis sa création en 1934.., le mont Nyohō constitue un biotope favorable à la cohabitation de nombreuses espèces d'oiseaux sauvages et ses pentes offrent un terrain fertile pour diverses variétés de plantes. Il fait partie d'une zone importante pour la conservation des oiseaux : Oku-Nikkō, le Sud-Est d'un site naturel protégé de qui recouvre une partie de chacune des quatre préfectures de Tochigi, Gunma, Niigata et Fukushima.. En outre, le ministère de l'Environnement a placé sous sa protection une zone s'étendant au-delà de , la déclarant « zone naturelle spéciale d'intérêt floristique »..
Faune Les pentes boisées du mont Nyohō abritent des mammifères communs dans la région comme le cerf Sika (), le macaque japonais (), le lièvre du Japon (), l'écureuil du Japon () et le muscardin du Japon (), un rongeur omnivore. Bien que devenus rares, la martre du Japon (), l'ours noir d'Asie () et le saro du Japon () peuvent être aperçus...
Des coléoptères du genre Monochamus, les libellules Sympetrum frequens et Sympetrum infuscatum, des papillons tels que le grand sylvain (), le morio (), la vanesse du saule (), l'échancré () et le grand porte-queue () peuplent les forêts du volcan. La montagne et les ruisseaux qui naissent sur ses pentes sont aussi l'habitat du serpent ratier des forêts du Japon (), un reptile non venimeux, de la salamandre noire du Japon (), de l'onychodactyle du Japon (), du crapaud commun du Japon (), une proie de choix pour l'épouvantail des montagnes (), un reptile capable de recycler les toxines produites par les grenouilles et crapauds dont il se nourrit.
Le mont Nyohō est surtout l'environnement naturel de nombreuses espèces d'oiseaux. Des passereaux tels que le pouillot boréal (), le roitelet huppé (), la mésange boréale (), la mésange noire (), la mésange de Chine (), la bouscarle chanteuse (), le cassenoix moucheté (), l'accenteur du Japon (), l'accenteur alpin (), le troglodyte mignon (), la corneille noire (), le rossignol à flancs roux (), le pipit à dos olive () et le pinson du Nord () y font leurs nids. Le martinet de Sibérie (), le coucou fugitif (), le coucou de l'Himalaya (), le petit coucou (), le coucou gris (), la pie-grièche bucéphale (), le pic kisuki () et le pic épeiche () habitent aussi la montagne et ses environs.
Flore vignette|Végétation sur les pentes du mont Nyohō au printemps.|alt=Photo couleur de la végétation d'un terrain de montagne planté d'arbres, au sol recouvert de bambous et éclairé par un ciel bleu nuageux.
Les contreforts du mont Nyohō sont couverts d'une forêt de hêtres du Japon () parsemée de mélèzes (), de pruches du Japon (), de cerisiers des montagnes d'Ezo () et d'érables du Japon (), une configuration végétale particulièrement appréciée des Japonais en automne lorsque les feuilles d'érables virent au rouge sang et celles des hêtres au jaune vif. L'étage montagnard comprend aussi une sous-espèce du chêne de Mongolie () endémique du Japon, des pins nains de Sibérie (), , des bambous () et des sapins tels que le sapin de Nikkō (), le sapin de Veitch () et . Au printemps et en été, il s'anime de quelques couleurs à la suite de la floraison de colonies de séneçons de Nikkō (), de balsamines des bois (), de reines-des-bois (), de trientales d'Europe () et de violettes de Corée ().
vignette|La grassette du Japon (Pinguicula ramosa).|alt=Photo couleur de petites fleurs mauves dans un terrain fait de mousses et de feuilles vertes et brunes.