Les Trois Cadavres et les Neuf Vers (san shi . jiu chong 三尸。九蟲) sont deux ensembles de « parasites » vivant à l'intérieur du corps, selon la physiologie taoïste.

Les Trois Cadavres

Les Trois Cadavres (san shi 三尸) aussi nommés les Trois Vers (san chong 三蟲) sont des présences vivantes démoniaques, logées à l'intérieur du corps et responsables de maladiesDictionnaire de la Sagesse orientale, Éditions Robert Laffont, page 479. Au début du , Ge Hong indique que (Baopu zi, 微旨 chap. 6, &6). Ces êtres spirituels qui nous habitent veulent donc notre mort afin de pouvoir être libérés de notre corps et assister à leur guise aux cérémonies mortuaires, dans le but de se gaver des offrandes et d'ingurgiter les libations.

Leur nocivité ne s'arrête pas là. Car il est dit dans le Classique des documents (shujing 書經) qu'au Ciel, le monde des esprits est organisé sur le modèle de la bureaucratie impériale terrestre. Les hommes vivent sous la juridiction du Siming 司命, le « Directeur des destins » qui note dans un grand registre les méfaits des hommes. Et les Trois Cadavres montent régulièrement au Ciel faire leur rapport au Siming. Ils jouent le rôle de contrôleurs des vices et vertus. Ge Hong est même capable de préciser qu'ils montent rapporter nos méfaits tous les jour du système sexagésimalsoit tous les 60 jours, les nuits numérotées genshen 庚申, ces parasites profitent du sommeil de leur hôte pour monter subrepticement au Ciel y faire leur rapport (Baopuzi, chap.6). Chaque homme est détenteur d'un compte à points (à bonus et malus), doté d'un certain capital de jours de vie à sa naissance, correspondant à une durée de vie allouée (ou ming 命). Pour les crimes les plus graves, il perd 300 jours de vie, pour les délits moins graves, il perd seulement 3 jours (Baopuzi, chap.6).

Ge Hong indique aussi comment les adeptes cherchant l'immortalité doivent veiller à augmenter leur compte de durée de vie (ming) par de bonnes actions. Il précise que (Baopu zi, chap. 3, &9) Il signale même quelques remèdes pour se débarrasser des Trois cadavres: (Baopu zi, chap. 11 &9)

Ge Hong avait rassemblé toutes les connaissances disponibles à son époque sur les techniques du yangsheng 养生 « nourrir la vie » et les procédés de fabrication alchimique des élixirs d'immortalité. On possède encore quelques traces de ces savoirs.

Wang Chong (27-100) compare les Trois Vers à des sangsues qui attaquent le corps de l'intérieur (Lunheng 论衡). Le 列仙傳, la Biographie des Immortels exemplaires, donne 70 petits récits d'immortels plus ou moins légendaires. Ainsi Zhu Huang 朱璜 qui souffrait (Liexian zhuan, LXIV Zhu Huang, traduction de Kaltenmark). Le maître taoïste lui donna sept drogues, à prendre neuf fois par jour, durant cent jours. (LXIV Zhu Huang).

L'Écriture sur l'expulsion des Trois Cadavres et Neuf Vers pour protéger la vie (chu sanshi jiuchong baosheng jing 除三尸九蟲保生经), datant probablement du neuvième siècle, donne la liste des cadavres et vers ainsi que les symptômes dont ils sont responsables. Le cadavre supérieur, Peng Ju 彭琚, vit dans la tête. Il provoque la tête lourde, une vision trouble, la surdité et des flux excessifs de larmes. Le cadavre moyen, Peng Zhi 彭瓆, habite dans le cœur et l'estomac. Il attaque le cœur et rend son hôte dépendant des plaisirs sensuels. Le cadavre inférieur, Peng Jiao 彭矫, réside dans l'estomac et les jambes. Il provoque des fuites dans l'Océan du pneuma (qihai 气海, une zone correspondant au dantian), et fait convoiter les femmes à son hôte.

Les Neuf Vers Ge Hong recommande le second élixir (de cinabre), appelé cinabre divin, pour devenir immortel. Il rajoute : (Baopu zi chap.4 jindan &5 ).

L'Écriture sur l'expulsion des Trois Cadavres et Neuf Vers pour protéger la vie donne la liste suivante des neuf vers: Le ver en embuscade, fuchong 伏虫, retire la vitalité des gens en se nourrissant de leur essence et de leur sang Le ver entortillé, huichong 回虫, infeste le corps par couple de mâle et femelle. Ils vivent au-dessus et au-dessous du cœur, et se nourrissent du sang de leur hôte Le ver blanc d'un pouce, cun baichong 寸白虫, mâchouille dans l'estomac, il affaiblit les organes internes, et endommage les voies digestives Le ver de chair, rouchong 肉虫, se nourrit de sang, provoque des démangeaison et affaiblissements des tendons et du dos Le ver des poumons, feichong 肺虫, se nourrit de l'essence et du qi (精气). Il provoque toux et difficulté à respirer Le ver de l'estomac, weichong 胃虫, consomme la nourriture dans l'estomac de son hôte, provoquant la faim. Le ver obstructif, gechong 鬲虫, endort, provoque des cauchemars Le ver rouge, chichong 赤虫, cause des déficience du pneuma (qi), des stagnations du sang, des lourdeurs dans le bas du dos, des vertiges, des bourdonnements dans les oreilles Le ver se tortillant, qiaochong 蜣虫, cause des démangeaisons de la peau et des caries dentaires.

Notes

Références

Catégorie:Taoïsme Catégorie:Philosophie chinoise