Midi Z (chinois : 趙德胤 — pinyin : Zhāo Dé-Yìn) est un réalisateur birmano-taïwanais né le à Lashio en Birmanie et vivant à Taïwan depuis 1998. Son film a représenté Taïwan dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère à la des Oscars du cinéma"Ice Poison représentera Taiwan aux Oscars du cinéma", Taiwan Info, 11 septembre 2014..

Biographie Enfance birmane Descendant d’un soldat du Kuomintang resté en Birmanie à la fin de la guerre civile chinoise, Midi Z reçoit une éducation birmane et chinoiseInterview de la Public Television Service de Taïwan dans l'émission 藝文大道 du 9 novembre 2014.. D’un milieu modeste, il s’applique dans ses études et obtient la possibilité d’aller étudier dans un lycée à Taïwan, où il arrive à l’âge de seize ansMidi Z (dictée) Zheng Yu-Rong (鄭育容) et Fang Pei-Jing (方沛晶) (éditeurs),《聚。離。冰毒:趙德胤的電影人生紀事》[Assembler, Séparer, Ice Poison : L’histoire de la vie cinématographique de Midi Z], Common Wealth Magazine, Taipei, 2015, ..

Sur la route du cinéma Bénéficiaire d’une bourse d’études, Midi Z s’investit beaucoup dans ses études à Taïwan, qu’il poursuit au niveau universitaire. En 2005, un devoir le fait réfléchir à la manière de tourner un film. Il commence alors à se procurer des DVD d’occasion, regarde des classiques et cherche des informations dans les bibliothèques. Sa volonté de devenir réalisateur ne date cependant pas de cette époque, sa principale motivation étant alors de devenir photographe de mariage en Birmanie.

Pendant ses derniers jours sur le campus, le dilemme de rester à Taïwan ou de retourner en Birmanie le déprime. Au même moment, inspiré par Les Fraises sauvages d’Ingmar Bergman et Le Trou de Tsai Ming-liang, il prend davantage conscience de l’importance qu’un film doit accorder à l’être humain et à l’expression des émotionsidem..

Les premiers longs métrages En 2009, le réalisateur taïwanais Hou Hsiao-hsien fonde l’Académie du film du Festival du Cheval d’or en vue de former de jeunes réalisateurs, scénaristes et photographesSite internet de l’Académie du film du Festival du Cheval d’or.. Midi Z s’y inscrit et tourne le court métrage L’Incident de Hua-Xing. À cette occasion, Hou Hsiao-Hsien lui apprend comment utiliser des acteurs amateurs dans un souci de vraisemblance. Le réalisateur taïwanais Ang Lee, quant à lui, lui rappelle que tourner un film est une opération devant conduire le réalisateur à faire face à ses propres sentiments. Midi Z se met dès lors à explorer son pays natal et son enfance, qui lui fourniront les thèmes de sa « Trilogie de l’Origine » : , et Midi Z (dictée) Zheng Yu-Rong et Fang Pei-Jing (éditeurs), op. cit., ..

Le début de la reconnaissance Après avoir tourné deux films documentaires sur l'extraction illégale du jade dans le nord de la Birmanie, Jade Miners et City of JadeSur ces deux films, voir l'article de Richard Kuipers qui leur est consacré dans la revue de cinéma américaine Variety., Midi Z réalise son premier long métrage de fiction à moyen budget, Adieu Mandalay, qui lui vaut de recevoir le prix FEDEORA au Festival de Venise 2016Sur ce film, voir l'article bilingue (anglais et chinois) qui lui est consacré sur le site du quotidien taiwanais China Times.. La même année, Midi Z reçoit le prix du meilleur professionnel du cinéma taiwanais de l'année au Festival du Cheval d'or de TaipeiChristie Chen, "Golden Horse Awards: Midi Z receives outstanding filmmaker award", in : Focus Taiwan (26 nov. 2016).. Son long métrage suivant, Nina Wu, est quant à lui présenté dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2019Présentation du film sur le site du Festival de Cannes 2019..

Œuvre cinématographique Son premier long métrage, , raconte l’histoire d’un Birman qui a travaillé à Taïwan pendant 12 ans. Après être revenu à Lashio, sa ville natale, il se renseigne auprès de parents et d’ami sur les opportunités de travail et d’investissement dans la région. En même temps, son jeune frère décide de partir en Malaisie.

, son deuxième long métrage met en scène les histoires d’immigrants clandestins birmans à la frontière de la Thaïlande. Un assistant de guide touristique connaît des difficultés financières à cause d’une inondation à Bangkok, tandis que sa sœur est enlevée par un gang mafieux. Une femme achemine des immigrants illégaux dans l’espoir que le patron de l’organisation illégale pour laquelle elle travaille lui fournira une carte d’identité.

Son troisième film, , sorti en 2014, raconte la liaison sentimentale d’un homme et d’une femme qui peinent à joindre les deux bouts en Birmanie. L’homme est chauffeur de taxi-moto et la femme transporte de la drogue pour gagner de l’argent. Ce film a été choisi pour représenter Taïwan dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère à la des Oscars du cinéma.

Les trois premiers films de fiction de Midi Z sont tournés avec de très petits budgets et des équipes très réduites. À cause de la censure birmane très stricte, le réalisateur doit filmer en secretInterview du réalisateur à l’occasion de la sélection de son film à la des Oscars du cinéma : "La relation réelle et abstraite entre le documentaire et l’art".. Son quatrième long métrage de fiction, Adieu Mandalay, bénéficie en revanche d'un budget relativement important et de la participation d'acteurs connus, comme le Taiwanais Ko Chen-tungLe budget du film aurait été de 40 millions de dollars taiwanais, soit un million d'euros environ, un budget moyen pour un film taiwanais. Voir l'article bilingue (anglais et chinois) qui lui est consacré sur le site du quotidien taiwanais China Times.. Par ailleurs, il est le premier de sa filmographie à pouvoir être projeté en BirmanieLe 7 novembre 2016, soit un mois avant sa sortie officielle à Taiwan : Christie Chen, "Golden Horse Awards: Midi Z receives outstanding filmmaker award", in : Focus Taiwan (26 nov. 2016).. Le réalisateur y raconte l'histoire d'amour entre deux travailleurs birmans clandestins à BangkokRichard Kuipers, "Busan Film Review: The Road to Mandalay", in : Variety (8 oct. 2016)..

Le cinquième long métrage de Midi Z, Nina Wu, marque une rupture dans sa filmographie, le réalisateur y abandonnant les thèmes liés à l’immigration pour aborder le sujet de l’exploitation des femmes dans le monde du spectacle à travers l’histoire d’une actrice traumatisée après avoir été violée par un producteur de cinémaTodd McCarthy, « Nina Wu: Film Review | Cannes 2019 », in The Hollywood Reporter (14 août 2019)..

Filmographie Longs métrages 2011 : (歸來的人) 2012 : (窮人。榴槤。麻藥。偷渡客) 2014 : (冰毒) 2016 : Adieu Mandalay (再見瓦城, Zài Jiàn Wǎ Chéng) 2019 : Nina Wu (灼人秘密, Zhuó rén mìmì) 2024 : (乔妍的心事) 2027 : The Exiles

Documentaires 2015 : (挖玉石的人) 2016 : (翡翠之城) 2018 : Quatorze Pommes (十四顆蘋果, Shisi ke ping guo) 2023 : La Clinique (診所, Sei khen)

Courts métrages

2006 : Paloma Blanca (白鴿) 2008 : Motocycle Driver (摩托車夫), A Home-Letter (家書) 2009 : The Man From Hometown (家鄉來的人), Guess Who I Am? (猜猜我是誰?), Hua-Xing Incident (華新街紀事) 2010 : Journal de ChantierTraduction du titre non officielle. (工地日誌), Solitary-ism (一個人主義) 2013 : Silent Asylum (沉默庇護) dans le collectif Taipei Factory (台北工廠), Burial Clothes (安老衣) dans le collectif Letters from the South (南方來信) 2014 : The Palace on the Sea (海上皇宮)

Récompenses 2014 : Prix du meilleur réalisateur au Festival du film de Taipei pour Ice Poison. 2014 : Prix du « Taiwan Award » de la compétition internationale du court métrage au Festival du film de Kaohsiung pour The Palace on the Sea. 2016 : Prix du mérite au Festival international du documentaire de Taïwan pour Jade Miner. 2016 : Prix FEDEORA du meilleur film au Festival de Venise 2016 pour The Road to Mandalay. 2016 : Prix du meilleur cinéaste taïwanais de l'année au Festival du Cheval d'or 2016.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Cinéma taïwanais

Liens externes

Interview en français de Midi Z sur le site Les rencontres du cinéma taïwanais.

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