L'église Saint-Barthélemy est une église catholique paroissiale située à Villeneuve-sur-Verberie, dans l'Oise, en France. C'est un édifice de la première période gothique des années 1160 / 1180, qui ressent encore largement l'influence de l'architecture romane, à l'exception des deux remarquables portails et de l'étage de beffroi du clocher, qui est de dimensions importantes. Les portails sont inspirés de la collégiale Saint-Frambourg de Senlis, et le clocher, de la cathédrale de Senlis. Depuis l'adjonction d'une chapelle au nord de la première travée du chœur au et d'un bas-côté au nord de la nef vers la fin du , le plan de l'église est devenu dissymétrique. L'intérieur de la nef a profondément changé d'aspect avec le voûtement d'ogives à la même époque. Le chœur n'a en revanche que peu évolué depuis sa construction, et demeure la partie la plus intéressante de l'église. Il se caractérise par des voûtes de belle facture, dont la deuxième présente des ogives sculptées de fleurettes, et surtout par des chapiteaux d'un sculpture originale et très fouillée. Deux parmi eux sont historiés et peuvent être qualifiés d'exceptionnels sur le plan du département. En reconnaissance de sa valeur, l'église Saint-Barthélemy a été classée monument historique par arrêté du ., et est aujourd'hui affiliée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis. Les messes dominicales y sont célébrées le samedi précédant le quatrième dimanche du mois, un mois sur trois, à 18 h 30.

Localisation

L'église Saint-Barthélemy se situe en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France, près de la lisière est de la forêt d'Halatte et non loin de la vallée de l'Oise, dans la commune de Villeneuve-sur-Verberie, rue des Flandres (RD 932a). L'église est bâtie un peu en retrait par rapport à la route, mais parallèlement à celle-ci. La façade donne sur une rue perpendiculaire, la rue d'Halatte, mais est déjà comprise dans l'enclos du cimetière, qui s'étend notamment au nord de l'édifice. Un étroit lopin de terre faisant partie du cimetière sépare le chevet du mur de clôture de la mairie et de l'école, qui se situent à l'est de l'église. De cette manière, la façade et le chevet son mal mis en valeur, et ne peuvent s'apprécier dans leur intégralité, mais les élévations latérales sont en revanche bien dégagées et bien visibles.

Historique thumb|left|Nef, côté sud.

Villeneuve-sur-Verberie est, comme son nom l'indique, une fondation nouvelle du Moyen Âge central, qui s'inscrit dans le contexte de l'essartage programme de cette partie du plateau agricole délimitée par la forêt d'Halatte à l'ouest, la vallée de l'Oise au nord, et la vallée de l'automne à l'est. Selon Jean-Marc Popineau, qui a compulsé la totalité des sources d'archives disponibles, son histoire est particulièrement mal éclairée, et l'on ignore les circonstances et la période exacte de la fondation. Sa plus ancienne mention figure dans une lettre non datée de Philippe de Dreux, évêque de Beauvais de 1175 à 1217, qui porte confirmation des donations faites au prieuré Saint-Symphorien de Pont-Sainte-Maxence par Eudes Percebot, de Pont. La lettre s'est perdue, mais le chanoine Charles-François Afforty (1706-1786), de Senlis, l'a recopiée, et propose une datation pour la période comprise entre 1180 et 1202 environ. Le prieuré Saint-Symphorien est associé à l'église Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence, et dépend de l'abbaye Saint-Symphorien de Beauvais. Il fut fondé vers 1140 grâce aux donations faites par Eudes Percebot, dont la lettre porte confirmation. Louis Graves en déduit que la donation de Villeneuve-sur-Verberie à l'abbaye Saint-Symphorien fait partie de la dotation initiale du prieuré et remonte donc à 1140. Elle porte sur la collation de la cure et une partie de la dîme. Si la paroisse n'existe peut-être pas avant la donation, elle est certainement érigée immédiatement après. L'église actuelle, qui est de quelques décennies plus tardive, ne serait donc pas le premier lieu de culte chrétien du village à cet emplacement.. Elle est dédiée à saint Barthélemy, l'un des Apôtres et martyr en Arménie. Son second patron est saint Louis, et a été ajouté après sa canonisation en 1297. Sous tout l'Ancien Régime, la paroisse relève du doyenné de Pont-Sainte-Maxence, de l'archidiaconé de Breteuil et du diocèse de Beauvais.. thumb|Chapiteaux à droite de l'arc triomphal. thumb|Chapiteaux à droite du chevet.

Les différentes campagnes de construction de l'église ne sont pas attestées par des documents. Sa partie la plus ancienne est le chœur de deux travées, dont les élévations extérieures et plus particulièrement la décoration des fenêtres latérales sont d'allure nettement romane. Cependant, les chapiteaux visibles à l'intérieur, notamment au nord de l'arc-doubleau intermédiaire, évoquent la nef de la cathédrale de Senlis, et sont par déduction datables des années 1170. La grande baie du chevet est bien sûr postérieure. Par son arc brisé et sa modénature, elle reflète l'art flamboyant, mais son remplage avec des arcs en plein cintre est placé sous l'influence de la Renaissance. Il en résulte une datation des années 1530-1550. La nef paraît elle aussi romane à l'extérieur, comme le donnent à penser ses contreforts plats et ses baies en plein cintre. Cependant, ses deux portails sont clairement gothiques. Celui du sud montre un lien de parenté avec la collégiale Saint-Frambourg de Senlis. Ici, l'on note aussi un remaniement flamboyant, qui porte en l'occurrence sur le linteau et le tympan. Mais des travaux nettement plus importants sont menés à la période flamboyante, au , sans doute en réaction aux dégradations subies au cours de la guerre de Cent Ans. Il s'agit de la construction d'un bas-côté au nord de la nef, et du voûtement d'ogives de celle-ci. Ici encore, l'homogénéité n'est pas totale, car la dernière grande arcade semble dater d'origine, et les clés de voûte du bas-côté sont de style Renaissance... Comme l'indique une plaque de plomb retrouvé en 1793 dans l'autel, une nouvelle consécration est célébrée le par Louis de Villiers de L'Isle-Adam, évêque de Beauvais. Elle marque la fin des travaux de réparation., excepté la baie du chevet et les clés de voûte. Une partie de l'église n'appartient ni à la période de transition entre le roman et le gothique, ni à la reconstruction consécutive à la guerre de Cent Ans : c'est le croisillon au nord de la première travée du chœur. Sa fenêtre est de style rayonnant tardif, car ses meneaux affectent un profil chanfreiné aigu à l'extérieur (de même que le meneau central à l'intérieur), et sont dépourvus de chapiteaux. Dominique Vermand dit la chapelle du , ce qui manque de précision. Eugène Müller commet certainement une étourderie en datant la chapelle plus précisément du , et voulut écrire fin du .. Dès lors, il devient plausible d'établir en lien entre la création de la chapelle et la fondation d'une chapellenie au titre de Saint-Louis, ce qui expliquerait le deuxième vocable.

La Révolution française bouleverse les hiérarchies ecclésiastiques anciennes et met un terme aux patronages de certaines cures par des établissements religieux, mais Villeneuve-sur-Verberie ne change tout au moins pas de diocèse, alors que le diocèse voisin de Senlis cesse d'exister. Sous le concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est à son tour annexé par le diocèse d'Amiens, mais est finalement rétabli en 1822. Trois ans plus tard, les communes de Noël-Saint-Martin et Yvillers sont réunies à Villers-Saint-Frambourg par ordonnance royale du , et la succursale s'agrandit des églises Saint-Martin et Sainte-Maxence de ces deux hameaux.. L'église Saint-Barthélemy est classée monument historique par arrêté du . Depuis l'entre-deux-guerres ou l'après-guerre, Villeneuve n'a plus de prêtre résident, et ses trois églises sont desservies par le curé de Villers-Saint-Frambourg. La paroisse de cette commune perd à son tour son indépendance en 1996, quand quarante-cinq nouvelles paroisses sont définies à l'échelle du diocèse.. Depuis, la commune est rattachée à la paroisse Saint-Rieul de Senlis. Le curé, l'abbé Joseph Kuchcinski, prend sa retraite, mais continue de célébrer l'eucharistie tous les jours, dont un samedi par mois en l'église Saint-Barthélemy, jusqu'à sa mort en février 2014. Depuis cette date, les messes dominicales sont célébrées à Villeneuve-sur-Verberie le samedi précédant le quatrième dimanche du mois, un mois sur trois, à ..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique. Elle se compose d'une nef de quatre travées accompagné d'un unique bas-côté, au nord ; d'un chœur de deux travées terminé par un chevet plat ; et d'une chapelle ou croisillon dans l'angle entre bas-côté et première travée du chœur. Cette chapelle ne communique plus qu'avec le chœur, moyennant une porte, et ses deux arcades sont bouchées. Elle accueille la sacristie, et est encombrée, dans son angle sud-ouest, par une cage d'escalier cylindrique desservant le clocher. Celui-ci s'élève au-dessus de la première travée du chœur, et est coiffé d'un toit en pavillon aplati. L'ensemble de l'église, sacristie comprise, est voûté d'ogives. L'on y accède par le portail latéral au sud de la deuxième travée de la nef, ou par le portail occidental depuis le cimetière. La nef et la deuxième travée du chœur sont couverts de toitures à deux rampants, avec un pignon en façade et un autre au chevet. Le toit en appentis du bas-côté est établi en continuité avec le rampant nord du toit de la nef. Le croisillon possède un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec un pignon au nord.

Intérieur Nef et bas-côté thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.

Avec ses quatre travées barlongues et une largeur non négligeable, la nef est de dimensions généreuses pour un village sans grande importance. Cependant, ses proportions sont un peu trapues, car la hauteur ne dépasse pas beaucoup la largeur. La raison est bien sûr que cette nef ne fut pas conçue pour être voûtée. Les voûtes sont comprises entre les murs gouttereaux, et leurs piliers engagés n'atteignent que la moitié de la hauteur de ceux-ci, tandis que l'ancienne charpente apparente formait une voûte en berceau au-dessus des murs : le volume des combles était ainsi rattaché à l'espace intérieur. À Feigneux, Fitz-James, Saintines et Villers-sous-Saint-Leu, les proportions de la nef ne sont pas très heureuses pour la même raison. Le versant sud est à un seul niveau d'élévation et le versant nord à deux niveaux, avec l'étage des grandes arcades et un étage de murs aveugles qui représente un peu moins que la moitié de la hauteur. Cette particularité est partagée avec un certain nombre d'églises reconstruites à la période flamboyante, dont Avilly-Saint-Léonard, Belle-Église, Borest, Courteuil, Fresnoy-en-Thelle, Mont-l'Évêque, Rivecourt. Comparée aux nefs aveugles qui dominent après la guerre de Cent Ans, elle a pour avantage un meilleur éclairage par la lumière naturelle, et ce n'est pas par hasard qu'avec l'exception d'Armancourt et Chamant, l'unique bas-côté se situe au nord, mais les églises à fenêtres hautes des ne sont pas en reste, et ceci sans l'inconvénient du déséquilibre entre les deux élévations.