Henri François Thomas Gérente, né le à ParisArchives de Paris, fichier de l'état-civil reconstitué. et mort dans la même ville le Archives nationales : Inventaire après décès de Henri François Thomas Gérente, arrivé à Paris, quai d'Anjou, n° 13, le 6 août 1849, est un peintre verrier français ayant une origine anglaise.

Il est le frère d'Alfred Gérente, sculpteur, qui a repris son atelier de peintre verrier après sa mort, en continuant de collaborer avec Eugène Viollet-le-Duc.

L'art du vitrail au début du Au , l'art du vitrail a presque disparu en France. Avant la Révolution, il ne restait plus que quatre peintres verriers à Paris. Un des ateliers appartenait à la famille Le Vieil : Guillaume Le Vieil (1676-1731) et son fils Pierre Le Vieil (1708-1772). Son Traité de la peinture sur verre et de la vitrerie a été publié après sa mort, en 1774Pierre Le Vieil, L'Art de la peinture sur verre et de la vitrerie, imprimerie de L.-F. Delatour, Paris, 1774 (lire en ligne).

Alexandre Lenoir a réuni au cours de la Révolution une collection de vitraux peints dans son musée des Petits-Augustins. Il a reçu l'héritage de Pierre Le Vieil, de Montfaucon et de Winkelman sur l'étude des arts. Il a publié pour la première fois, en 1803, un Traité historique de la peinture sur verreAlexandre Lenoir, Notice historique des monumens des arts, réunis au Dépôt national, rue des Petits Augustins ; suivis d'un traité De la peinture sur verre, , chez Cussac, Paris, An IV de la République (lire en ligne)Alexandre Lenoir, Traité historique de la peinture sur verre et description des vitraux anciens et modernes, pour servir à l'histoire de l'art en France, J.-B. Dumoulin, Paris, 1856 ; (lire en ligne).

En 1799 Alexandre Lenoir a demandé à récupérer les vitraux du déambulatoire de l'abbatiale Saint-Denis pour orner une salle du musée des Monuments français. Il a fait démonter et enlever la verrière de l'Arbre de Jessé. Malheureusement une partie des vitraux a été brisée et une autre vendue. Les vitraux rescapés sont revenus en 1816 à Saint-Denis. François Debret les a fait compléter et restaurer en 1846.

En 1800, l'intérêt pour les vitraux revient en France, mais la technique des vitraux ayant été perdue, la peinture sur verre se transforme. Les progrès de la chimie amènent l'invention de couleurs fusibles permettant de réaliser des panneaux sur verre et non plus des vitraux. Les plombs ne sont plus nécessaires puisqu'on peut alors appliquer sur une lame de verre toutes les nuances de couleurs. En 1800, Alexandre Brongniart qui vient d'être nommé directeur de la manufacture de Sèvres lance avec Christophe Erasmus Dihl (1753-1830, manufacture Dihl et Guérhard) des séries importantes de couleurs fusibles.. Alexandre Brongniart présenté à l'Académie un tableau peint sur verre. Il y a eu des discussions critiques entre Alexandre Lenoir et un défenseur de la peinture sur verre, M. DelafontaineJ.-N. Barbier de Vémars, Peinture sur verre. Observations sur la peinture sur verre, , dans Annales des arts et manufactures: ou mémoires technologiques sur les découvertes modernes concernant les arts, les manufactures, l'agriculture et le commerce, tome 32, imprimerie de Chaignieau aîné, Paris, 1809 (lire en ligne).

Après la signature du concordat de 1801, dès 1802, le préfet Chabrol qui souhaitait la création de nouvelles verrières pour les églises parisiennes a demandé un rapport à Alexandre Lenoir. À partir des études qu'il avait faites à partir des vitraux conservés dans le musée des monuments français, il a publié une histoire de l'art qui traite aussi de la peinture sur verre. Il mentionne que trois procédés ont été utilisés par les premiers maîtres verriers : la teinture du verre dans sa masse, la peinture du verre en apprêt ou fixée à sa superficie, l'utilisation de l'émailAlexandre Lenoir, Musée impérial des monumens français. Histoire des arts en France, et description chronologique, , Paris, 1810 (lire en ligne)

Les premiers essais de réalisation des vitraux ont été faits pour la Basilique Saint-Denis dont la restauration avait commencé en 1806. Les premières compositions de vitrerie sont faites par Louis HuinThèse : Élisabeth Pillet, La restauration des vitraux des églises paroissiales de Paris de la Révolution à 1880 (1756-1821) entre 1805 et 1812. Puis après une intervention de Dominique Vivant Denon, en 1811, on a envisagé de poser des vitraux peints. Ceux de Mortelèque et Gallet ne représentent que des fleurs de lys peints sur verre, posés entre 1814 et 1819.

Le premier vitrail connu est celui réalisé en 1816 par un fabricant de couleurs, peintre sur porcelaine, Ferdinand Henri Joseph Mortelèque (1777-1842), représentant un Christ en Croix pour l'église Saint-Roch.

En 1818, le a entraîné la construction de plus de 600 églises dans le nouveau style à la mode Gothic revival avec une demande pour des vitraux pour les fenêtres. Cet intérêt pour les vitraux médiévaux va conduire à renouveler la connaissance des techniques médiévales de leur réalisation, en particulier la fabrication des verres colorés, à partir des panneaux médiévaux originaux provenant du continent. Parmi les premiers maîtres verriers anglais travaillant dans ce nouveau style, il y a Betton & Evans de Shrewsbury qui ont restauré en 1821-1823 un vitrail du à Winchester College qui a été entièrement restauré. Thomas Willement (1786-1871) a commencé en 1824 à fabriquer des vitraux héraldiques. thumb|left|180px|Église Sainte-Élisabeth-de-HongrieVitrail de Saint Jean l'ÉvangélisteEdward Jones et Warren-White Le comte de ChabrolHervé Cabezas, Les sept verrières anglaises commandées par le Comte de Chabrol pour deux églises de Paris (1825-1828), , dans Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art français, (année 1998), 1999 a ramené de ses voyages en Angleterre des innovations dont il a fait profiter la capitale : trottoirs, canalisations. Ayant constaté que les Anglais faisaient encore des vitraux de couleur, il a commandé trois verrières à l'atelier William Collins (Les Vertus théologales, aujourd’hui disparues)Alison Gilchrist, Keith Barley (Barley Studio, York), Reconstruction of the ‘Charity’ Window after Reynolds for the Soane Museum, dans Vidimus, (lire en ligne) pour la chapelle de la Vierge de l'église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie en 1825, et d'autres sont réalisés à Paris par les peintres anglais Warren-White et Edward JonesVoir : Glass painters, 1750-1850, Part II, , in The Journal of Stained Glass, vol. XIII, , en 1828Laurence de Finance, Chronologie de la renaissance du vitrail à Paris au XIXe siècle : L’exemple de l’église Saint-Laurent, In Situ, 2008, (lire en ligne).

En Allemagne, des études sont commencées à l'établissement royal de Munich pour la cathédrale de Ratisbonne. Les artistes bavarois ont reçu la commande de vitraux d'une église Sainte-Marie du Secours, du , dans le faubourg de l'Au à Munich, réalisés à partir de 1834. thumb|160px|Église Saint-Germain-l'AuxerroisVitrail de la Passion En France, en 1826, un architecte souhaitant des vitraux et ayant appris qu'on avait réussi à produire des verres colorés en Allemagne et en Suisse avait demandé en amener en France. Finalement le gouvernement français demanda à produire des verres colorés en France. C'est Georges Bontemps, directeur de la verrerie de Choisy-le-Roi, qui a proposé les premiers verres colorés produits en FranceNicole Blondel, Martine Callias Bey, Véronique Chaussée, Le vitrail archéologique : fidélité ou trahison du Moyen Age?, , dans Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Année, 1986, Volume 93, (lire en ligne). Il a essayé de discuter avec Alexandre Brongniart, directeur de la Manufacture de Sèvres, pour l'intéresser à l'art du vitrail au lieu de la peinture sur verre. Vers 1825, d'après Ottin, les peintres verriers Holtorp et Thierry ont tenté de faire des vitraux à l'ancienne. En 1826, Pierre Robert a exécuté des copies de deux vitraux de la Sainte-Chapelle.

Adolphe Napoléon Didron va faire des études sur l'iconographie médiévale en montrant la signification spirituelle des vitraux. Avec Prosper Mérimée, Victor Hugo et Eugène Viollet-le-Duc ont intéressé le public à l'art médiéval.

En 1839 est installé à la demande de l'abbé DemersonL'abbé Demerson est né le 7 novembre 1795 à Sexfontaines (Haute-Marne). Il a été curé de Saint-Séverin avant d'être nommé curé de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois le 12 mai 1837. Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1839. le premier vitrail archéologique, le Vitrail de la Passion, dans l'église Saint-Germain-l'Auxerrois composé par Jean-Baptiste Lassus et Adolphe Napoléon Didron, exécuté par Louis Steinheil (1781-1855), père d'Auguste Steinheil, et M.-E.-F. Reboulleau, chimiste devenu peintre verrierIl a publié en 1843 Nouveau manuel complet de la peinture sur verre, sur porcelaine et sur émail, Roret, Paris (édition de 1883). Peu d'éléments biographiques sont connus sur lui. On le croit médecin de formation d'après Michel Hérold, Les manuels de vitriers et de peintres sur verre (1828-1843) ou la bibliothèque de Bouvard et Pécuchet, , dans Le vitrail et les traités du Moyen Âge à nos jours. Actes du XXIIIe colloque du Corpus Vitrearum. Tours 3-7 juillet 2006, Peter Lang SA, Berne, 2008 (lire en ligne). Comme l'indique Jean-Baptiste Lassus paru dans les Annales archéologiques parues en 1844Jean-Baptiste Lassus, Exposition de l'industrie : peinture sur verre, , dans Annales archéologiques, 1844, tome 1 (lire en ligne) et (voir), ce vitrail a été fait pour prouver qu'au le secret de la peinture sur verre n'était pas perdu. Pour ce faire, il a choisi de copier des scènes du vitrail de la Passion qui se trouve dans l'abside de la Sainte-ChapelleJean-Baptiste Lassus, Peinture sur verre, , dans Annales archéologiques, 1844, tome 1 (lire en ligne), (voir). Cette réussite va montrer qu'il est possible de restaurer les vitraux médiévaux.

Biographie

Henri Gérente et son frère Alfred sont d'origine anglaise.

Les peintres verriers Eugène-Stanislas Oudinot, Henri Gérente et Gaspard Gsell (1814-1904) se sont formés à l'art du vitrail médiéval dans l'atelier de peinture sur verre de la manufacture de Choisy-le-Roi de Georges Bontemps ouvert en 1829 et dirigé par le peintre verrier anglais Edward Jones. Henri Gérente et Gaspard Gsell ont réalisé les cartons des vitraux de la chapelle de la Vierge de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais entre 1841 et 1845.

Il a réalisé des vitraux pour les cathédrales de Canterbury et d'Ely. Il est élu membre de la Cambridge Camden Society en 1847 Jim Cheshire, Stained Glass and the Victorian Gothic Revival, Manchester University Press, Manchester, 2004, (aperçu).