Existentialisme ou Marxisme ? est un essai du philosophe et homme politique hongrois Georg Lukács. Dans cet ouvrage, l'auteur polémique avec les philosophies du et de la première moitié du . Il accuse plus particulièrement l'existentialisme d'être le nouveau masque de la philosophie « bourgeoise » et de « droite », sous prétexte de chercher une troisième voie entre l'idéalisme et le matérialisme historique. Lukács trace une généalogie de l'existentialisme, qui remonte à Schelling, Kierkegaard et Nietzsche, et aboutit à l'existentialisme de Sartre, Beauvoir et Merleau-Ponty. Il leur reproche d'avoir abandonné l'étude des conditions sociales et économiques des relations humaines, pour se replier dans une philosophie de la conscience individuelle.

Contexte vignette|gauche|Histoire et conscience de classe, ouvrage de Lukács paru en 1923. Lucien Goldmann, spécialiste français de la pensée de Georg Lukács, affirme que le philosophe hongrois a connu une période existentialiste dans sa jeunesse. Il écrit que .. Pour Goldmann, le jeune Lukács fut le premier existentialiste à , et à donner un tournant radical à sa première philosophie, , dans son ouvrage L'Âme et les Formes (1911)..

Parmi les penseurs classés dans l'existentialisme allemand, les principaux sont Karl Jaspers et Martin Heidegger.. Goldmann essaye de démontrer que l'ouvrage Être et Temps de Heidegger, en 1927, est une réponse critique à Histoire et conscience de classe de Lukács, datant de 1923..

Goldmann reprend les analyses de Lukács et qualifie l'existentialisme de philosophie et . Pour lui comme pour Lukács, l'existentialisme se développe en lien étroit avec les différentes crises économiques et sociales et les guerres successives en Europe, de 1914 à 1945.. .

Goldmann pense que les différences entre le marxisme et l'existentialisme, surtout sartrien, sont irréductibles. La raison principale du différend serait le primat de la conscience individuelle chez Sartre, alors que pour Lukács et Goldmann, ce sont qui sont premiers dans l'ordre des choses et des explications.. Goldmann crédite cependant Sartre de positions , et le range plutôt dans le rationalisme (d'origine cartésienne) que dans l'irrationalisme. Il admet que , parce qu', contre . En rapprochant la philosophie de la vie, l'existentialisme ne serait pas si loin du marxisme, qui rapproche la philosophie de la .

Contenu Les deux orientations de la philosophie

Georg Lukács fait un état des lieux des différentes philosophies qui précédent ou sont contemporaines du marxisme, et notamment de l'existentialisme. Il situe historiquement toutes ces philosophies et montre le rapport qu'elles entretiennent au marxisme. Soit les philosophies précédentes sont dépassées par le marxisme, soit les philosophies contemporaines sont en concurrence avec le marxisme. Pour Lukács à ce moment-là, il n'y a que deux types de pensée : les philosophies de droite, bourgeoises, qui défendent idéologiquement le capitalisme même lorsqu'elles s'en défendent ; et le marxisme de gauche, prolétarien et révolutionnaire. Lukács veut présenter dans son ouvrage le ..

vignette|droite|Georg Lukács, l'auteur de Existentialisme ou Marxisme ?.

Selon Lukács, l'existentialisme au prétend être une troisième voie entre le matérialisme dialectique et l'idéalisme, mais n'aboutit en fait qu'à sauver l'idéalisme, sous une forme dans le cas de Schelling et Kierkegaard. Cette troisième voie est incarnée, à la fin de ce siècle et au début du , par Friedrich Nietzsche et Ernst Mach, contre lesquels fait face la pensée de Vladimir Lénine.. Ce dernier écrira un livre pour réfuter l'idéalisme supposé d'Ernst Mach, Matérialisme et empiriocriticisme.

La voie du matérialisme (ou réalisme, selon Waelhens) est celle du primat de l'existence [socio-économique] sur la conscience, tandis que la voie de l'idéalisme est celle du primat de la conscience sur l'existence.. L'idéalisme doit succomber au progrès scientifique, et c'est pourquoi il se pare de mythes pour se sauver, selon Lukács. L'idéalisme finit par devenir un solipsisme, un repli sur soi, et c'est l'existentialisme de Karl Jaspers par exemple, qui pense l'existence , s'enfermant dans un ..

Waelhens, qui est un spécialiste de l'existentialisme et de la phénoménologie, juge l'ouvrage . Il reproche à Lukács de , et d'avoir une conception de l'histoire de la philosophie : tout ce qui n'est pas de notre côté, est réactionnaire et bourgeois. Pour Waelhens, Lukács considère l'existentialisme comme une .

La critique du positivisme

Georg Lukács critique le néokantisme et le positivisme. Il les accuse de placer la science au-dessus de tout, et d'interdire ainsi toute prétention à construire une vision globale et totalisante de la société. Lukács refuse l'agnosticisme, .. Pour autant, l'objectif de Lukács n'est pas de réhabiliter la métaphysique remise en cause par la limitation du savoir aux disciplines scientifiques spécialisées propre au positivisme. Il veut sauvegarder la possibilité d'une critique globale du système grâce aux outils des sciences économiques et sociales.

L'agnosticisme se retire de toute réflexion idéologique et politique selon Lukács, et il finit par se réduire à une philosophie des sciences qui abandonne toute critique de la société. En ce sens, Lukács lutte contre l'influence du positivisme sur le marxisme, influence forte et qui va de la mort de Marx jusqu'aux années 1920-26 selon Lucien Goldmann..

Lukács poursuit la critique léniniste de l'idéalisme, et il affirme que la conscience n'est que le reflet de la . Pourtant, selon Waelhens, il . Seule la apporterait une connaissance réelle pour Lukács. En ce sens, sa conception du marxisme ne serait pas aussi différente du positivisme qu'il le prétend. Il distingue mal le matérialisme mécaniste du matérialisme dialectique. Le premier est censé être : tous les mouvements de la matière sont déjà connaissables dans l'état présent. Dans le second au contraire, la matière est , c'est un évolutionnisme : de nouvelles modifications apparaissent après une longue série de phénomènes..

La critique de l'existentialisme français

Georg Lukács s'en prend particulièrement aux philosophies existentialistes de Sartre, Beauvoir et Merleau-Ponty.. Sartre avait déjà fait sa conférence intitulée L'existentialisme est un humanisme, en 1946, pour se défendre contre les communistes marxistes. Ces derniers l'accusaient de proposer une philosophie bourgeoise, individualiste et portée vers le désespoir..

Arlette Elkaïm-Sartre, fille adoptive du philosophe français, résume la polémique dans sa préface de l'ouvrage, et précise que .. C'est le cas de Lukács, qui publie Existentialisme ou Marxisme ? deux ans après la conférence de Sartre, et qui le cite pour l'attaquer.

Un an après la publication de l'essai, en 1949, Lukács se rend à Paris pour débattre avec Sartre de l'existentialisme.. Plus tard, Sartre reprendra le débat avec le marxisme et Lukács en 1957, dans Questions de méthode.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Édition

Existentialisme

Études .

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Articles connexes Existentialisme Existentialisme athée Existentialisme chrétien Matérialisme dialectique Matérialisme historique Marxisme Marxisme occidental Simone de Beauvoir Jean-Paul Sartre

Catégorie:Essai paru en 1948 Catégorie:Œuvre de philosophie politique Catégorie:Texte du marxisme