vignette|La France dans l'Europe des Vingt-Sept.
Le retrait de la France de l'Union européenne (UE) est proposé en France par plusieurs personnes et organisations politiques. Le mot-valise « Frexit » (composé de , et d', « sortie » en anglais) est souvent utilisé pour désigner cette notion, par analogie constructive avec le terme , qui désigne le retrait du Royaume-Uni de l'UE. Le "frexit" est soutenu par des parti tels que Les Patriotes (LP) ou l'Union populaire républicaine (UPR).
Positions politiques
Front national (FN), devenu Rassemblement national (RN)
Le Front national (FN) prônait clairement la sortie de la zone euro en 1995 et envisage la sortie de l'Union européenne à plusieurs reprises, par exemple lors des élections européennes de 1994 ou de l'élection présidentielle de 2002 avec le programme de Jean-Marie Le Pen. Emmanuelle Reungoat relève que .
Lors de sa campagne présidentielle de 2012, Marine Le Pen préconise dans son programme , et appelle à .. Elle propose également d'interdire le drapeau européen sur les bâtiments publics.
Si en , Marine Le Pen demande au président de la République François Hollande un référendum sur la sortie de la France de l'Union européenne, selon Emmanuelle Reungoat. En , elle salue la décision du Premier ministre britannique David Cameron d'organiser un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne et déclare à la presse britannique qu'elle sera .. À l'issue du séminaire organisé par son parti en , Marine Le Pen tranche en faveur de l'ouverture de négociations afin d’obtenir des clauses de non-participation à certaines politiques européennes, dont l’union monétaire. En cas d’échec de ces négociations, un référendum portant sur la sortie de l’Union serait organisé. En , après le choix des Britanniques de quitter l'Union européenne, Marine Le Pen promet d’organiser un référendum sur la sortie de l'Union européenne si elle est élue présidente de la République, après une , précisant qu’elle démissionnerait si les Français décidaient d'un choix contraire au sien. Cette proposition constitue le premier de ses engagements lors de sa campagne présidentielle de 2017.. En campagne, elle réaffirme son engagement pris en , déclarant qu' .
Le journaliste Laurent de Boissieu estime cependant que le FN demeure divisé entre deux lignes : l'une, défendue par Marion Maréchal-Le Pen et Bernard Monot et alignée sur la position de David Cameron dans le cadre des débats sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, souhaite négocier des clauses de non-participation à certaines politiques européennes, et notamment sortir de la zone euro et de l'espace Schengen ; l'autre, défendue par Marine Le Pen et Florian Philippot et alignée sur la position du Britannique Nigel Farage (Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni - UKIP), entend, en sus, remettre en cause le principe de primauté du droit de l'Union européenne, donc .
Après les élections nationales de 2017, le FN se montre divisé sur cet enjeu et décide, lors de son séminaire de , de reporter l'examen de la sortie de la zone euro à la fin du quinquennat qu'il mènerait, actant le rejet de cette option dans la majorité de l'électorat... Laurent de Boissieu relève cependant que dans les conclusions de ce séminaire, .. Au contraire, le journaliste Daniel Schneidermann indique, après le départ de Florian Philippot du FN qui suit cette réorientation : ..
thumb|Affiche de l'Action française pour le Frexit.
Pour le chercheur Fabien Escalona, de l'idéologie développée par le FN, , et expliquer les revirements du parti sur la question européenne..
En , certains médias relèvent que Marine Le Pen n'évoque plus le Frexit dans ses prises de parole et évoque seulement une renégociation des traités européens. Elle présente par ailleurs le FN comme . En , la presse indique que le Rassemblement national abandonne définitivement la sortie de l'euro par souci d', tout en souhaitant une « réforme de la gouvernance monétaire »... Dans le même temps, Marine Le Pen appelle à limiter le pouvoir de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), qui n'est pas du ressort de l'Union européenne, voire à s’en retirer.
Scission du FN fondée par Carl Lang, il prône la sortie de l'UE : dans son projet présidentiel de 2012, il proposait de "dénoncer tous les traités européens depuis Maastricht" et de "renégocier les conditions de la participation de la France à l'Union européenne". Plus récemment, en 2022, il défendait "la souveraineté de la France face à l'Union européenne".
Les Patriotes, parti politique créé en 2017 par Florian Philippot après son départ du Front national, défend le Frexit par référendum.. Florian Philippot affirme être le à promouvoir le Frexit, estimant que l'UPR et que Debout la France est ..
D'autres partis d'extrême-droite proches du Rassemblement National continuent à soutenir l'idée d'un Frexit comme l'Action française. Présentant une liste aux européennes de 2014 et de 2019, l'Alliance royale s'oppose également à l'appartenance de la France à l'Union européenne.
Parti de gauche et La France insoumise
Le Parti de gauche (PG). puis La France insoumise (LFI), lors de la campagne présidentielle de 2017, prévoient un premier plan de réorientation profonde de l’Union européenne, et un plan alternatif de sortie de l’Union européenne en cas d’échec.. Le PG s’est toujours refusé à faire de la sortie de la zone euro une option privilégiée, mais l’a envisagée comme une éventualité de dernier recours, en cas d’échec d’autres solutions plus coopératives, à partir d'une résolution adoptée en .
En , Mediapart estime que LFI a désormais l'hypothèse du plan alternatif, Jean-Luc Mélenchon déclarant dans son discours de rentrée :. Selon le journal en ligne, le parti cherche ainsi à rassembler davantage la gauche, notamment en vue des élections européennes de 2019, alors que l'hypothèse du plan B est controversée.. Dans le programme pour les élections européennes de 2019, le plan A est associé à des « négociations » pour réécrire les traités, et le plan B est envisagé comme une « désobéissance immédiate » en utilisant les options de retraits autorisées par l'UE, soit le plan A que proposait le texte du PG en 2015.. La direction du mouvement réfute cependant tout changement de ligne depuis 2017.
République Souveraine (RS), le parti de Georges Kuzmanovic, ancien membre de La France insoumise (LFI), continue à soutenir le Frexit notamment avec sa liste aux européennes en 2024.
Union populaire républicaine vignette|droite|Manifestation de l'UPR pour le Frexit, le à Paris. L'Union populaire républicaine (UPR), parti fondé en 2007 pour promouvoir la sortie légale de la France de l'Union européenne par l'article 50 du Traité sur l'Union européenne, de la zone euro et de l'OTAN, est présidé par François Asselineau qui est présenté comme ...
Génération Frexit est un parti politique créé le par Charles-Henri Gallois et d'anciens membres de l'Union populaire républicaine. Il propose la tenue d'un référendum sur l'appartenance de la France à l'Union EuropéenneHadrien Mathoux, Après l'UPR, Debout La France ou les Patriotes, voilà encore un nouveau parti souverainiste : "Génération Frexit" sur Marianne (magazine), le 22 septembre 2020. Génération Frexit, Les Patriotes et Debout la France concluent une alliance pour les élections législatives : l'Union pour la France, qui avait dans son programme la tenue d'un référendum sur l'appartenance à l'Union EuropéenneLégislatives. Debout la France, Les Patriotes et Génération Frexit font liste commune, Ouest-France, 5 mai 2022. En 2024, Charles-Henri Gallois s’allie au Rassemblement National de Marine Le Pen, et Génération Frexit se renomme en avril «Reprenons le contrôle» après un vote des adhérents.
Autres partisans du Frexit Du côté de l'extrême gauche, on retrouve aussi un certain nombre de partisans du Frexit. Le PCOF est un parti communiste orthodoxe fondé en 1979. Il défend "la sortie de la France de l'Union Européenne réactionnaire" et "l'abrogation de tous les traités européens depuis Maastricht". Le NPA soutenait le Frexit en 2017. Le PRCF est en faveur du Frexit depuis sa création.
Solidarité et progrès, parti dirigé par Jacques Cheminade, prône le retrait de la France de l'Union européenne et de la zone euro... Il entend ensuite construire une , au sein de laquelle ..
VIA, la voie du peuple (ex-PCD) créé le par Christine Boutin et aujourd'hui présidé par Jean-Frédéric Poisson défend le Frexit face aux "trahisons de l'Union Européenne". VIA conclut une alliance avec Les Patriotes et Génération Frexit pour les élections européennes de 2024.
Dirigé et fondé par Yvan Benedetti, fondateur d'un groupe précédemment dissous en conseil des ministres, Les Nationalistes qui présentent une liste aux européennes de 2024 soutient la sortie de la France de l'UE
Fondé en 2015 par Daniel Gluckstein le PT soutient le Frexit et présente une liste aux européennes 2024 menée par Camille Adoue.
Liberté démocratique française, présentant une liste aux européennes de 2024, est favorable au Frexit.
L'ANC, présentant une liste en 2024, est favorable au Frexit.
Depuis le Brexit Au lendemain du vote britannique, François Hollande rencontre les différents leaders des principaux partis politiques français. Il rejette la proposition de référendum de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France (DLF).
alt=Des militants favorables au Frexit rassemblés au Parliament Square à Londres le 29 mars 2019|vignette|Des militants favorables au Frexit rassemblés au Parliament Square à Londres le .
D'après les échanges sur Twitter, les trois principaux partis français eurosceptiques mobilisés durant la campagne du référendum britannique sont le FN, DLF et l'UPR, en particulier avec leurs trois principales figures respectives que sont Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau. Les militants de l'UPR sont les principaux utilisateurs du hashtag #Frexit. Marine Le Pen utilise également le terme dans ses discours. Nicolas Dupont-Aignan indique quant à lui qu'il n'est , préférant essayer d'abord de , et qu'il est en cela ..
Sur les onze candidats à l'élection présidentielle de 2017, cinq appellent implicitement ou explicitement au retrait de la France de l'Union européenne selon Olivier Costa (François Asselineau, Marine Le Pen, Philippe Poutou, Nicolas Dupont-Aignan et Jacques Cheminade).. La proposition de François Fillon, candidat des Républicains pour l'élection présidentielle de 2017, de sortir de la Convention européenne des droits de l'homme, une convention issue du Conseil de l'Europe (organisation internationale indépendante de l'Union européenne), est apparentée par certains observateurs à un Frexit. Or, les droits contenus dans la Convention sont des droits déjà reconnus au niveau des États membres, par conséquent ce qui reste illégal dans un État ne peut lui être imposé par la Cour, à l'instar du verdict rendu par celle-ci dans l'affaire Gas et Dubois c. France en 2012.
Lors de la campagne présidentielle de 2022, Challenges évoque que contiendraient les programmes de Marine Le Pen, Éric Zemmour et Jean-Luc Mélenchon, en raison de l'incompatibilité de nombre de leurs mesures phares avec les traités européens..
Sondages et référendums En 2002, la sortie de l’Union européenne suscite plus de 80 % de désapprobation chez les électeurs français. Cette proposition, à l'époque prônée par le FN, est davantage soutenue chez les femmes que chez les hommes (3 points d'écart). Par ailleurs les électrices sont moins nombreuses que les électeurs (69 % contre 57 %) à juger que .
En 2004, 13 % des retraités français et 13 % des actifs soutiennent la sortie de l'Union européenne, alors prônée par Jean-Marie Le Pen.
thumb|200px|Des affiches en France lors du référendum sur la constitution, visant à la ratification du traité de Rome de 2004.