Noël Georges Palaud est un militaire français, résistant, compagnon de la Libération, né le à Coulounieix-Chamiers en Dordogne et décédé le à Bordeaux. Il s’est distingué dans la bataille de l’Aisne en 1940 et dans la mise en place du réseau Plan Tortue en 1943, destiné à paralyser les Allemands au moment du débarquement de Normandie.
Biographie De famille ouvrière, Noël Georges Xavier Palaud passe toute son enfance à Périgueux. À , il quitte l’école et travaille comme ouvrier soudeur. Il s’engage dans l’armée en pour 18 mois, puis se réengage en . Il y fera toute sa carrièreRelevé des états de service, République française, Archives de Vincennes.
Campagne de France en 1940 Militaire de carrière, il est adjudant et chef de section à la Compagnie du d'infanterie pendant la campagne de France, au cours de laquelle il se distingue à plusieurs reprises . Ainsi, le dans l'Aisne, il abat un avion au fusil-mitrailleur quelques jours après avoir ramené avec sa section 14 prisonniers allemands. Le à Asfeld, il détruit à lui seul quatre chars allemands avec un canon de et en immobilise un cinquième à l'aide d'une grenade. Blessé par balle à deux reprises, l'adjudant Palaud perd connaissance sur le champ de bataille. Lorsqu'il revient à lui, il se trouve prisonnier avec les survivants de sa section.
Engagement dans la résistance Dirigé vers l'Allemagne, il est conduit au camp de Sulzbach-Rosenberg près de la Tchécoslovaquie. Il parvient à s'évader à sa troisième tentative. Rentré en France après avoir parcouru près de en pays ennemi, il rentre au Régiment d'infanterie le à Périgueux, en zone libre, sous le nom de Georges Noel. Il commence la résistance, y fait du renseignement et cache des armes. Désirant absolument poursuivre le combat, il tente de rejoindre les Forces françaises libres, en , en passant la frontière des Pyrénées. Arrêté en Espagne , il y subit une détention de plusieurs mois et s’évade. Il arrive finalement à Londres en . Après plusieurs jours à la Patriotic School, dont la mission est de trier les nouveaux arrivants et d'identifier les espions allemands, il s'engage dans les Forces françaises libres. Volontaire aussitôt pour des missions spéciales en territoire occupé par l'ennemi, il est affecté au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA), sous le nom de Martrinchard.
Plan Tortue 1943-1944 Désigné comme adjoint d'André Rondenay, chef du réseau Action plan Tortue visant à neutraliser les Panzer Divisionen le jour "J", il est déposé en France par une opération Lysander le dans la région de Tours avec son chef. Dès lors, sous le pseudo « Artilleur », il se dépense sans compter pour organiser l'infrastructure du dispositif, parcourant sans cesse toute la zone nord pour recruter et entraîner des équipes spécialisées . Il prend part à de nombreux sabotages demandés par le haut commandement interallié, évitant ainsi des bombardements aériens qui auraient nécessairement causé des pertes en vies françaises. Il participe notamment, à l'attaque dans l'Orne d'un dépôt au cours de laquelle sont tués. En , André Boulloche, Délégué militaire de la Région de Paris et de la zone Nord, est arrêté. Rondenay, Palaud et leur groupe tentent de le faire évader en creusant un souterrain, mais l'opération échoue au dernier moment. Rondenay en plus de ses fonctions devient DMR de la zone de Paris et de la zone Nord. Palaud prend en charge davantage le plan de Tortue avant lui-même d’être arrêté.
Déportation à Dachau Le , dix semaines avant le débarquement, le commandant Palaud est arrêté par la Gestapo à Paris. Torturé, interné à Fresnes, il ne parle pas et réussit à masquer sa véritable identité. Alors qu’à Londres il s’appelle Martrinchard, il présente aux Français et aux Allemands des papiers sous le nom de Nonmaillet. Transféré à Compiègne, il est déporté le en Allemagne, au camp de Dachau. Emprisonné au kommando d'Allach, près de Dachau, il organise la résistance et parvient à sauver d'une mort certaine de nombreux déportés . Il s’évade lors de l'avancée des troupes alliées le , pour éviter la quarantaine imposée par les Américains à cause du typhus exanthématique dans un camp surpeuplé.
Carrière militaire après la guerre Noël Palaud reprend après la guerre sa carrière militaire. Il est affecté au cabinet du Ministre des Armées Edmond Michelet le , puis au cabinet du Ministre de l’Air en , et enfin au secrétariat d’État aux forces armées de l'air en .
En il commande le 2e bataillon parachutiste de choc à Bayonne. Il rejoint ensuite les troupes aéroportées d’Indochine où il est détaché adjoint opérationnel auprès du commandement des forces françaises terrestres à Vientiane (Laos) de 1951 à 1953. Il participe à aériennes et au repli en ordre de la garnison de Xieng Khouang située dans la plaine des Jarres, face au Vietminh.
Il revient en France en , où il est affecté au centre de sélection au fort de Vincennes comme commandant en second en 1955. Promu au grade de coloneldécret du 22 janvier 1964, JO 26 janvier 64, page 942, il prend sa retraite en .
Noël Palaud est décédé le à l'hôpital de Bordeaux. Il a été inhumé en Dordogne, à Peyzac-le-Moustier.
Distinctions et décorations 50px Commandeur de la Légion d'honneur par décret du 50px Médaille Militaire Médaille militaire à titre exceptionnel, avec citation, ordre n° 803/1 du 31 juillet 1942 ( JO du 31 octobre 42 p 3629) , 8 citations Croix de guerre, avec palme, citation à l’ordre de l’armée, décision du 31 mai 1944 au général Koenig, commandant des forces françaises en Grande Bretagne.
50px King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom (Royaume-Uni) 50px Médaille des évadésMédaille des évadés ( M 2996/0) du 10 novembre 1947 50px Médaille de l’Aéronautique, 50px Médaille Coloniale avec agrafe Extrême-OrientMédaille coloniale 15 aout 1952, diplôme 426424 50px Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieursCroix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs, avec étoile de vermeil, et palme, ordre général , 16 juillet 1953, et à l’ordre de l’armée JO du 1 aout 1953 p 6753 50px Officier de l’Ordre de Léopold II, avec palme (Belgique)Arrêté royal de Belgique, du 14 avril 1949 50px Croix de guerre (Belgique) 50px Commandeur de l’Ordre royal du Million d’Éléphants et du Parasol Blanc, (Laos)Ordonnance royale du 31 mai 1952, brevet
Notes et références
Liens externes
Notice biographique sur le site de l'Ordre de la Libération Noël Palaud
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