Lîle Sainte-Marie ou îlot N'géa, est un îlot de Nouvelle-Calédonie appartenant administrativement à NouméaÎlot N'géa - Province sud..
Histoire L'histoire de l'îlot Sainte-Marie est marquée par une activité industrielle liée à l'extraction minière. L'exploitation d'une carrière de silice y a fortement modifié les paysages. L'activité du site est formellement attestée dans l'histoire administrative de la Nouvelle-Calédonie: par un arrêté du 23 novembre 1967, les autorités coloniales avaient autorisé l'exploitant Marc Rolland à implanter sur l'îlot un dépôt permanent de 50 kilogrammes d'explosifs de troisième catégorie afin de couvrir les besoins du chantier d'extraction. Pour acheminer les matériaux extraits, une piste industrielle traversait l'îlot jusqu'à la côte, débouchant sur un wharf (quai de déchargement) maritime dont les vestiges en béton sont encore visibles au bord de la plageSentier de l'île sainte-marieArrêté dans le journal officiel concernant l'histoire de l'îlot..
Flore La végétation de l'îlot a été profondément modifiée par cette présence humaine et par des incendies répétés. Les milieux forestiers d'origine ont régressé au profit de formations secondaires dominées par des espèces envahissantes. La flore actuelle se répartit en trois statuts distinctsÉtude botanique de l'IRD. : Les espèces indigènes : Elles dominent les littoraux. La mangrove compte 10 espèces et les plages en comptent 30 (comme le pourpier des mers Sesuvium portulacastrum ou le filao Casuarina equisetifolia). Les espèces endémiques : Exclusives à l'archipel calédonien, elles sont absentes de la côte mais subsistent sur les mamelons, derniers refuges d'une forêt sèche en déclin. On y trouve 4 à 5 espèces endémiques par relief, dont Eugenia gacognei et Fontainea pancheri Les espèces introduites : Propagées par les feux, elles menacent l'équilibre local. Dans la plaine centrale, le faux mimosa ("Leucaena leucocephela") et le gaïac ("Acacia spirorbis ", au comportement ici envahissant) s'octroient plus de 90 % du couvert végétal.
Faune et environnement La configuration environnementale de l'îlot segmente ses habitats. Bien que floristiquement pauvre, la zone de mangrove et d'arrière-mangrove joue un rôle écologique majeur en servant de zone de nurserie et de refuge pour la faune marine littorale. Cet enchevêtrement de racines abrite notamment le crabe de palétuvier(''Scylla serrata''), des mollusques comme l'huître de palétuvier (''Saccostrea cucullata'') ou des gastéropodes ''Nerita'' et ''Littorina'', ainsi que de petits gastéropodes marins comme ''Costasiella kuroshimae''. Diverses espèces de poissons du lagon y trouvent un abri contre les prédateurs durant leur croissance, tandis que le littoral sert de site de nourrissage pour les oiseaux marins et limicoles.
Cette mangrove assure également une fonction essentielle de protection en fixant les sols face à l'érosion marine. À l'inverse, l'absence d'une véritable frange arborée continue sur l'arrière-plage et la forte colonisation de la plaine centrale par le faux mimosa réduisent grandement la diversité des habitats disponibles pour la faune terrestre. Cette zone anthropisée accueille néanmoins une faune opportuniste, comme des reptiles endémiques comme le ''Caledoniscincus''(petits scinques de litière) ou le gecko vert de Nouvelle-Calédonie (''Eurydactylodes vieillardi''). Parmi la faune terrestre, on observe des espèces communes adaptées aux fourrés ouverts, telles que le Zostérops à dos gris (''Zosterops lateralis''), le Rhipidure à collier (''Rhipidura albiscapa'') ou encore le faucon pèlerin (''Falco peregrinus'') en chasse au-dessus des reliefs, ainsi que divers insectes comme le papillon Monarque (''Danaus plexippus'').
Tourisme et randonnées Aujourd'hui, l'îlot Sainte-Marie est dévolu aux activités récréatives. Situé à deux kilomètres à l'est du Centre d'activités nautiques (CAN) de la Côte Blanche à Nouméa, il est accessible uniquement par voie maritime. L'îlot est parcouru par un sentier de randonnée balisé de 4,3 kilomètres (aller-retour) s'élevant jusqu'à 62 mètres d'altitude, qui offre des points de vue sur le lagon et permet d'explorer les vestiges de l'ancienne carrière de silice en empruntant le tracé de la piste industrielle historique.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Géographie de la Nouvelle-Calédonie
Liens externes Vue satellite Photographie de l'îlot
Sainte-Marie Catégorie:Géographie de Nouméa