L'église Saint-Michel est une église catholique paroissiale située au Mesnil-en-Thelle, dans le département de l'Oise, en France. C'est l'une des rares églises de la région qui soit entièrement construite dans le style gothique flamboyant. Elle n'est pourtant pas entièrement homogène, car quelques décennies d'évolution stylistique séparent les supports des voûtes adossés au chevet et certains éléments de la troisième travée du bas-côté nord du reste de l'édifice, qui s'imbriquent d'une telle manière dans les parties plus récentes qu'il faut conclure à une destruction partielle de l'édifice non encore achevé sous la guerre de Cent Ans. En plus, la rupture du profil des piliers de la nef au-dessus des grandes arcades donne à penser que le chantier connut une interruption avant la construction des parties hautes et des voûtes de la nef. Le plan de l'église Saint-Michel est des plus simples, à savoir un vaisseau central aveugle accompagné de deux bas-côtés, et s'inscrit dans un rectangle. L'architecture n'offre rien de particulièrement remarquable, mais se fait le reflet parfait de son époque, et le monument est soigneusement appareillé en pierre de taille. Le clocher est toutefois resté inachevé. Une sacristie fut ajoutée à la période classique. L'église Saint-Michel a été classée monument historique par arrêté du .. Elle fut lourdement endommagée par des obus en juin 1940, et restaurée au titre des dommages de guerre au fil de la seconde moitié du . Le clocher bénéficia d'une restauration en 2004, et l'église tout entière se présente aujourd'hui dans un excellent état. Le Mesnil-en-Thelle est affilié à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, et des messes dominicales anticipées y sont célébrées environ tous les deux mois à 18 h 30.
Localisation
L'église Saint-Michel est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, en pays de Thelle, dans la commune du Le Mesnil-en-Thelle, au centre du village, rue de la Libération. C'est le chevet qui donne sur la rue, et l'édifice est bâti perpendiculairement à celle-ci. Un parvis, desservi par la même rue, et servant en même temps de parking, s'étend au nord. L'accès principal s'effectue depuis ce parvis. La façade occidentale et l'élévation méridionale donnent sur l'ancien cimetière, qui a été transformé en espace vert public, et va jusqu'à la rue de la Ferme, à l'ouest. Au sud de l'église, le terrain de l'ancien cimetière est très étroit, et clos par un mur, que jouxte une propriété privée. Autant que la façade est bien mise en valeur, l'élévation méridionale n'est donc pas visible dans sa totalité.
Histoire thumb|upright|left|Fragment de chapiteau roman dans le bas-côté sud.
La date de fondation de la paroisse du Mesnil-Saint-Denis (nom de la commune jusqu'en 1911.) n'est pas connue. Sous l'Ancien Régime, elle relève du doyenné de Beaumont-sur-Oise, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est l'évêque de Beauvais. Le patron de la paroisse est saint Michel archange.. Les différentes campagnes de construction de l'église ne sont pas documentées par des sources d'archives ou des inscriptions. D'après le dossier de protection, les irrégularités du plan trahissent des reconstructions successives, et le plan serait donc hérité d'un édifice médiéval. . Il est à rectifier que le portail latéral nord se situe dans la deuxième, et non dans la troisième travée. La notion de chœur-halle fait en principe référence aux édifices dont les vaisseaux sont voûtés à la même hauteur, comme à Boran-sur-Oise, Nogent-sur-Oise, Plailly et Villers-Saint-Paul, ce qui n'est pas le cas au Mesnil-en-Thelle. De la période romane, subsiste un fragment de chapiteau réemployé comme cul-de-lampe dans l'angle sud-ouest de la deuxième travée du bas-côté sud. De la période gothique, subsistent le deuxième arc-doubleau intermédiaire du bas-côté nord ; les deux ogives attenantes de la troisième travée ; et les colonnettes au chevet du bas-côté nord et du vaisseau central. Les ressauts dans le pignon du chevet semblent également indiquer que la partie correspondant au vaisseau central soit plus ancienne, et que ses murs hauts étaient primitivement dégagés, et donc probablement ajourés de fenêtres. thumb|Bas-côté nord, clé de voûte de la : les deux ogives en haut (ouest) sont du . thumb|Colonnettes du et chapiteaux du début du à la fin des grandes arcades du nord, au droit du chevet. thumb|Frise ou chapiteau du début du déposé dans le bas-côté nord.
La reconstruction au ne semble pas s'être effectuée d'un seul jet. Les travaux semblent s'être interrompus assez tôt, et l'église a probablement été partiellement détruite alors que le chantier était encore en cours. En effet, les colonnettes gothiques au chevet ont été munies de nouveaux chapiteaux, mais dans l'angle nord-est du chœur (à gauche du chevet du vaisseau central), le pilier ondulé engagé des hautes-voûtes déborde par rapport au tailloir du chapiteau, et la rupture de style est assez nette. La reconstruction se fit finalement sans tailloirs ni chapiteaux, avec des nervures pénétrantes, conformément aux préceptes du style gothique flamboyant pas encore très clairement défini au début du . Dans le même sens, l'on trouve un pilier engagé à angles abattus (de plan trapézoïdal) et une frise de maigres feuilles frisées à la retombée du troisième doubleau du bas-côté nord, au droit du mur gouttereau. Jacques et Roger Ouvrard situent cette frise au , de même que les colonnettes du avec les chapiteaux du , et conjecturent qu'il pourrait s'agir des .. Cette hypothèse n'est guère pertinente, car le tailloir de la frise est profilé d'un tore, comme à la période gothique rayonnante, et les feuilles sont de la même facture qu'au , alors que le privilégie les feuilles grasses. Des frises plus simples se trouvent également dans les angles de la base du clocher, dans la première travée du bas-côté nord, et une autre frise est déposée au ras le sol. Ce bloc sculpté a dû être retrouvé lors de la restauration de l'église, ou on a manqué de le remettre en place lors des travaux de réparation après la Seconde Guerre mondiale. Outre les déboires à mettre sur le compte de la guerre de Cent Ans, l'on note les signes d'une interruption du chantier au niveau du sommet des grandes arcades, où des moulures marquent la transition d'un plan ondulé vers un plan cylindrique. Les parties hautes du vaisseau central et les voûtes seraient donc postérieures au reste. On peut faire le même constat à Précy-sur-Oise et Raray. Dans le bas-côté sud, une grande clé de voûte pendante de style Renaissance est déposée au ras le sol. Elle est fortement abîmée, et pourrait provenir de la nef, où les clés principales au milieu des voûtes sont du même type. Louis Graves dit : . Ce constat est un autre indice qui souligne que les voûtes du vaisseau central sont postérieures. La construction de l'église s'acheva en tout cas par la sacristie, à la période classique..
Sous la Révolution française, les hiérarchies ecclésiastiques traditionnelles sont renversées. L'ancien doyenné de Beaumont, traversé par la limite administrative entre l'Oise et la Seine-et-Oise, est départagé entre le diocèse de Beauvais et le nouveau diocèse de Versailles. Pour Le Mesnil-en-Thelle, le diocèse reste inchangé, mais la paroisse dépend désormais du doyenné de Chambly.
En , la nef est gravement endommagée par des obus, lors des combats qui se déroulent sur l'Oise. Les soldats allemands laissent sur place un tableau représentant saint Véronique essuyant le visage du Christ, qu'ils avaient sans doute volé quelque part. Ce tableau a longtemps été accroché au-dessus du portail occidental.
Dans l'après-guerre, l'église est réparée, et bénéficie d'une restauration prise en charge par l'État au titre des dommages de guerre. Dans ce contexte, elle est classée monument historique par arrêté du . Au début du , le clocher est restauré, et le coq datant probablement d'origine est démonté afin d'être conservé à l'abri des intempéries dans un local de la mairie..
Aujourd'hui, Le Mesnil-en-Thelle est affilié à la paroisse Saint-Louis-en-Thelle avec siège à Chambly, qui rassemble les communes de l'ancien canton de Neuilly-en-Thelle jadis comprises dans le doyenné de Beaumont. Cette paroisse réunit quatorze églises, et les célébrations du dimanche sont réservées à deux parmi eux, ce qui ne laisse que la messe anticipée du samedi à 18 h 30 pour les douze restantes. La fréquence des messes ne dépasse donc pas une tous les deux mois..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Régulièrement orientée, l'église répond à un plan symétrique simple sans transept ni déambulatoire. Elle se compose d'un vaisseau central de cinq travées et de deux bas-côtés. Les trois vaisseaux se terminent par un chevet plat, et le plan de l'église s'inscrit dans un rectangle. L'église Saint-Justin de Louvres possède le même plan. Seulement la sacristie, au sud de la deuxième travée, déborde. Le vaisseau central est à deux niveaux d'élévation, avec l'étage des grandes arcades et un étage de murs hauts aveugles. La première travée est moins profonde que les autres, et les deux dernières sont nettement plus profondes que les précédentes. Elles forment le chœur liturgique. La première travée du bas-côté nord est la base du clocher. Ce bas-côté est plus large que son homologue au sud. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. Le portail principal se situe dans la deuxième travée du bas-côté nord. Le portail occidental, nettement plus simple, est abrité sous un petit porche. Les trois vaisseaux sont recouverts ensemble par une vaste toiture à deux rampants, avec un pignon au chevet et un pignon en façade, incomplet en raison de la présence du clocher à l'angle nord-ouest de l'édifice. Le clocher, à trois étages, est coiffé d'un toit en pavillon aplati. Une tourelle d'escalier cylindrique y est adossée au nord.
Intérieur Vaisseau central thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Chœur, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest. thumb|upright|Nef, et , élévation sud.