Fabrice Leggeri, né le à Mulhouse, est un haut fonctionnaire et homme politique français. Il effectue une grande partie de sa carrière au sein du ministère de l'Intérieur, notamment à des postes de sous-préfet. Il est directeur de l'agence Frontex de l'Union européenne entre 2015 et 2022. Il démissionne de ce poste au moment où l'Office européen de lutte antifraude recommande l'ouverture contre lui d'une procédure disciplinaire pour cause d'expulsions illégales de migrants. Il fait ensuite l'objet en France d'une enquête pour complicité de crimes contre l’humanité.

En , il s'engage en politique pour le Rassemblement national à l'occasion des élections européennes, et en juin il est élu député européen.

Biographie Jeunesse Fabrice Leggeri naît le . à Mulhouse et passe sa jeunesse dans la ville de Kingersheim où son père était adjoint au maire au service de l’urbanisme à partir de 1989. De 1989 à 1993, il étudie l'histoire contemporaine à l'École normale supérieure à Paris. De 1994 à 1996, il est élève à l'École nationale d'administration à StrasbourgFrontex CV.

Carrière République française De 1996 à 1999, il travaille pour le gouvernement français, au ministère de l'Intérieur, dans la section du Trafic transfrontalier, des Frontières et des Visas.

Union européenne De 2000 à 2003, Fabrice Leggeri travaille pour la Commission européenne. Il devient directeur exécutif de Frontex en , poste dont il démissionne en alors que l’Office européen de lutte antifraude recommande contre lui l’ouverture d’une procédure disciplinaire.

Engagement politique Le , Fabrice Leggeri annonce, dans un entretien accordé au Journal du dimanche, sa présence en sur la liste du Rassemblement national pour les élections européennes à venir. Il y déclare être déterminé à ..

Selon Politico, plutôt que pour Les Républicains, Leggeri aurait opté pour le Rassemblement national après de longues discussions avec celui-ci, pour s'assurer de son élection au Parlement européen.

Polémiques liées à sa direction de Frontex Mise en cause Le , l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), l'organe de surveillance antifraude de l'UE, perquisitionne les bureaux du directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri, ainsi que celui de son chef de cabinet, Thibauld de La Haye Jousselin, dans le cadre d'une enquête sur des allégations de « harcèlement, d'inconduite et de refoulement () de migrants ».. Selon un document interne vu par le journal grec I Kathimeriní, Fabrice Leggeri a « activement résisté » au recrutement des 40 agents des droits fondamentaux prévus par le règlement de la nouvelle Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, répondant aux fréquentes questions du personnel de l'agence au début de 2020 selon lesquelles . L'auteur accuse également Leggeri d'être à la tête d'un département des ressources humaines « comiquement incompétent »... Le Parti socialiste européen réclame alors sa démission, tandis que les Verts exigent une enquête du Parlement européen.

Au début de 2021, les médias font état des graves problèmes de recrutement et de ressources humaines à Frontex. L'OLAF enquête également sur des allégations d'irrégularités dans l'attribution de marchés publics et dans la promotion de certains agents..

Lors d'un point de presse vidéo le , Ylva Johansson, membre du Parti social-démocrate suédois des travailleurs (SAP) et commissaire européenne aux affaires intérieures, autorité de tutelle de Frontex, critique l'absence de trois directeurs exécutifs adjoints, le fait qu'il n'y ait qu'un responsable provisoire des droits fondamentaux et l'absence d'observateurs des droits fondamentaux : [Migranti : Johansson, 'Frontex deve funzionare' 28 janvier 2021 ; 18:46 ; Adnkronos - Nouvelles générales en italien]..

Parmi les problèmes signalés à Frontex, il lui est notamment reproché un « recrutement chaotique », des dispositions inadéquates prises pour la protection contre le Covid-19 pendant la formation ; et l'absence de communication avec le nouveau personnel sur les questions pratiques clés.. Ces problèmes, combinés au fait que le Corps permanent ne peut pas être armé en vertu de la réglementation actuelle parce que le nouveau mandat de 2019 de l'agence n'inclut pas la base juridique nécessaire en vertu de laquelle il peut acquérir, enregistrer, stocker et transporter des armes à feu, ont conduit certains à qualifier le Corps permanent en interne de « Corps Potemkine », c'est-à-dire quelque chose qui n'a qu'une valeur de spectacle.

Démission En , il présente sa démission après que l’Office européen de lutte antifraude a recommandé contre lui l’ouverture d’une procédure disciplinaire, conséquence d’une enquête concernant plusieurs centaines de cas de refoulement illégaux de migrants à la frontière gréco-turque, qui ont ensuite été dissimulés au Parlement européen (qui contrôle les actions de Frontex)..

Jordan Bardella (RN) estime que Fabrice Leggeri a été , tandis que la cheffe de file du groupe de travail du Parlement européen sur Frontex, Tineke Strik, dit à son sujet qu'il n'a . Alors que plusieurs milliers de migrants meurent chaque année noyés en Méditerranée en tentant de rejoindre l'Europe, le directeur juridique de l’ONG Front-Lex estime que

Selon Le Point, la Turquie aurait participé à mettre la pression sur le haut fonctionnaire européen pour obtenir sa démissionEmmanuel Berretta, Pourquoi le patron de Frontex a remis sa démission, lepoint.fr, 29 avril 2022, Süleyman Soylu, ministre de l’Intérieur turc, lors d’une réunion publique organisée le jeudi , portant sur les refoulements ("push-back"), affirmant avoir fait « de son mieux » pour obtenir : Immigration : le ministre de l’Intérieur turc se félicite d’avoir contribué à la démission du patron de Frontex, valeursactuelles.com, 17 juin 2022. Pour Rodrigo Ballester, ancien membre du cabinet du commissaire européen Tibor Navracsics, la démission de Fabrice Leggeri Démission du Directeur de Frontex : les dessous de deux ans de guerre larvée au sein de l’UE, atlantico.fr, 7 mai 2022.

Enquête pour complicité de crime contre l'humanité et de crime de torture En , la Ligue des droits de l'homme (LDH) et l'association de défense des migrants Utopia 56 portent plainte pour complicité de crime contre l'humanité et complicité de crime de torture. Elles lui reprochent d'avoir participé au refoulement d'embarcations de migrants ainsi qu'à des interceptions par les garde-côtes libyens de navires de migrants. En , le tribunal judiciaire de Paris annonce qu'il refuse d'enquêter. Mais après appel des deux associations, la cour d’appel de Paris décide l'ouverture d'une enquête en .

Références

Liens externes

Fiche sur le site de Frontex

Catégorie:Naissance en mars 1968 Catégorie:Naissance à Mulhouse Catégorie:Haut fonctionnaire européen Catégorie:Personnalité du Rassemblement national Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Élève de l'École nationale d'administration (France) Catégorie:Chevalier de l'ordre national du Mérite Catégorie:Député européen élu en France 2024-2029 Catégorie:Député européen du groupe Patriotes pour l'Europe 2024-2029 Catégorie:Député européen membre du Rassemblement national Catégorie:Membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen 2024-2029