Le Comité national pour la mémoire des enfants juifs déportés (COMEJD) est une association française qui, depuis le , fédère les associations pour la mémoire des enfants juifs déportés (AMEJD). Il a son siège au mémorial de la Shoah.
Les AMEJD sont des associations de bénévoles qui œuvrent depuis 1997 à l'historiographie, à la commémoration et à la diffusion à des fins éducatives du souvenir des enfants catégorisés « juifs » et déportés durant l'Occupation.
Enfants déportés sans sépulture Quelque et enfants, parfois âgés de quelques jours« Les écoles du », AMEJD , Paris, 2015., ont été pourchassés entre la rafle du Vélodrome d'Hiver () et la Libération de Paris () pour être conduits dans des camps d'extermination. Tous ne l'ont finalement pas été« Cérémonie pour la nouvelle stèle du square Léon-Serpollet », Le Petit Ney, journal de quartier, , Paris, avril 2009, ..
Tombés sous la définition raciale des Juifs que le régime de Vichy a fixée le par la loi sur le statut des Juifs, ils ont été poursuivis par le Commissariat général aux questions juives, raflés par la police nationale, que dirigent successivement René Bousquet et Joseph Darnand, ou la Gestapo, internés par la gendarmerie française, convoyés par la SNCF, et gazés par les fonctionnaires de l'IKL, en général dès leur arrivée.
La plupart, sauf les tout petits, étaient scolarisés. Presque tous étaient nés français ou, pour les plus âgés, avaient été naturalisés. Seul un petit nombre des parents de ces enfants avaient été déchus de leur nationalité française par la loi du 22 juillet 1940. Certains avaient été élevés dans la religion juive, d'autres n'ont appris le mot « Juif » que dans ces circonstances.
Beaucoup d'Ashkénazes, ce qui était un argument de la propagande vichyste et allemande, appartenaient à un milieu ouvrier proche du Parti communiste, de la MOI ou du Bund. Les Sépharades ont tout autant été persécutés.
Les AMEJD Histoire de l'association En 1995, Léon Zyguel et d'autres anciens élèves de l'école primaire de la rue de Tlemcen, dans le arrondissement de Paris, se regroupent pour retrouver les noms de leurs camarades qui n'ont pas survécu aux persécutions de la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale. En 1997, l'opération est poursuivie pour l’école maternelle de la rue des Couronnes. La directrice de cette école, Catherine Vieu-Charier, s'implique fortement et une plaque mentionnant le nom et l’âge des élèves déportés est posée à l'intérieur de la maternelle.
Une deuxième association naît dans l'arrondissement voisin du (présidée par Hanna Kamieniecki, c'est cette association qui créera le sigle AMEJD soit Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés), puis une troisième, grâce à un survivant du camp de Blechhammer, Adolf Fuchs, dans le . Soutenues par d'anciens résistants, les AMEJD s'organisent et se multiplient dans presque tous les arrondissements, à Ozoir-la-Ferrière et d'autres anciennes banlieues ouvrières, en province.
Celles du et du prennent respectivement les noms de « Comité Léon Goldberg » et « Comité Joseph Migneret ». Le travail de recensement des noms est systématisé par la comparaison des registres des écoles avec la liste des convois de déportation que Serge Klarsfeld a dressée pour son Mémorial de la déportation des Juifs de France. L'ouverture des archives des écoles, enfermées dans des armoires poussiéreuses, ne se fait pas toujours de bonne volontéNoël Veg, cité dans Sandra Laboucarie, « Les enfants déportés du sortent de l’oubli », 20 minutes, 2 avril 2004..
En 2001, les bénévoles du Comité Tlemcen obtiennent du maire d'arrondissement, Michel Charzat, du nouveau maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de l’inspecteur d’académie qu'une plaque commémorative soit posée sur la façade extérieure de l'école. Élue au Conseil de Paris, Catherine Vieu-Charier est nommée adjoint au maire Bertrand Delanoë, et prend en charge les services Mémoire et Monde combattant. Elle préside dès lors à la pose des plaques dans toutes les écoles de Paris. Pour les enfants déportés avant d'avoir été scolarisés, des stèles sont érigées dans les parcs et jardins publics.
Le , les présidents d'AMEJD fondent un Comité national pour la mémoire des enfants juifs déportés (), chargé de fournir support et coordination à tous les bénévoles impliqués dans leur projet. La présidence en est confiée à Noël Veg, ex-directeur général d'Arthur MartinDaniel Vaillant et al., « Hommage à Noël Veg », conseil municipal du arrondissement, Paris, 18 mars 2013. qui avait été choisi pour présider l'AMEJD du Anne Hidalgo, « Dénomination place Noël-Veg () », direction de l'urbanisme de la Ville de Paris, Paris, décembre 2016. à sa fondation, en « Pose des plaques commémoratives dans les écoles », Paris mémoire juive, , , Paris, mai 2001..
En , le Conseil de Paris donne à l’emprise située à l’intersection de la rue Leibniz, de la rue Vauvenargues et de la villa Vauvenargues le nom de Noël Veg« Place Noël-Veg », www.parisrues.com., officier de la Légion d'honneur« Décret du 21 mars 2008 portant promotion et nomination », Journal officiel, , , Paris, 23 mars 2008.. L'inauguration a lieu le , quatre mois et demi après l'ouverture au 77, rue Pixérécourt, d'un jardin« Le jardin Léon-Zyguel, un nouvel espace vert à Ménilmontant », Ville de Paris, 28 juin 2017. en hommage à Léon Zyguel qui fut président de l'AMEDJ du .
Les Associations pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés (AMEJD) ont été créées entre 1997 et 2012 à Paris et en province. Les bénévoles ont entrepris minutieusement d’identifier les élèves juifs déportés, en comparant les registres scolaires couvrant la période de 1925 à 1944 aux listes des convois de déportation rassemblées par Serge Klarsfeld. Cette démarche mémorielle s’est concrétisée par l’apposition de plaques commémoratives nominatives dans les établissements scolaires – maternelles, écoles élémentaires, collèges et lycées – à Paris comme en province. Ce travail patient et discret des membres des AMEJD a profondément marqué le paysage mémoriel dans de nombreuses villes de France, notamment à Paris. Précurseur, il constitue aujourd’hui un véritable outil pédagogique pour de nombreux enseignants, élèves et historiens.
De 1997 à 2025, les AMEJDs ont fait apposer 448 plaques nominatives dans les établissements scolaires (maternelles, écoles, collèges et lycées) de Paris, portant le noms des élèves juifs déportés ayant été scolarisés dans ces établissements (ou éventuellement habitant le quartier). Les AMEJDs de Province ont, quant à elles, apposé 249 plaques nominatives dans les établissements scolaires.
Actions Les AMEJD mènent des actions« Actualités des AMEDJ », COMEJD, Paris, 2015. commémoratives et des actions pédagogiques auprès des élèves, des parents et des enseignants : recensement des enfants poursuivis comme « Juifs », pose de plaques commémoratives sur les façades des établissements scolairesA. Panczer, « Liste des AMEJD », COMEJD, Paris, 2015., pose à l'intérieur des établissements de plaques listant les noms des élèves déportés sans retour., érection de stèles dans les parcs et jardins., monument parisien au cimetière du Père-Lachaise.. élaboration de matériel pédagogique, expositionsA. Panczer, « Historique », COMEJD, Paris, 2015., rencontres avec des témoins, anciens déportés, résistants, enfants cachés, animation de sortie de classes sur le thème de la Shoah, participation à la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste« “AMEJD” : qu’est-ce que c’est ? », AMEJD , Paris, 2015.. mise en ligne du Moteur de recherche des Lieux de mémoire nominatifs des enfants juifs déportés de France (2026). mise en ligne de la Cartographie interactive des lieux de mémoire nominatifs des enfants juifs déportés de France (2026). ]
Les AMEJD agissent en coordination avec le ministère de l’Éducation nationale, les rectorats, les préfectures, les mairies.
Notes et références
Voir aussi Sources Centre de documentation sur la déportation des enfants Juifs de Lyon M. Merowka, « AMEJDAM »
Vidéo Jean-Gabriel Carasso, préface de Boris Cyrulnik, Nous étions des enfants, Paris, L'OiZeau rare, 2011, 10 DVD, .
Articles connexes Réseaux de secours aux enfants durant l'Occupation
Associations mémorielles françaises relatives à la déportation durant l'Occupation : Fondation pour la mémoire de la déportation : Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes
Liens externes
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