Raymond Woog est un peintre, dessinateur et illustrateur français né le à Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine.
Biographie Raymond Woog naît dans le de Paris en 1875, ses parents étant Adolphe Woog (né à La Chaux-de-Fonds en 1843) et son épouse née Isabelle Jeanne Meyer (née à Paris en 1852).
Raymond Woog est élève du peintre symboliste Gustave Moreau à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1903, il est parmi les exposants du premier Salon d'automne où il est remarqué par les critiques d'art Arsène Alexandre et Raymond Bouyer, ce dernier écrivant ainsi dans La Revue Bleue du : Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992.. Les deux toiles qu'il exposera au Cercle Volney en 1906 recevront un accueil analogue : s'y enthousiasme Maurice GuillemotMaurice Guillemot, « L'exposition du Cercle de la rue Volney », L'art et les artistes, revue d'art ancienne et moderne, tome II, octobre 1905-mars 1906, p. 212.. L'édition lithographique de ses œuvres fait bientôt de Woog l'un des artistes permanents de la galerie Devambez.
thumb|left|Raymond Woog, Violette Woog et sa fille Béatrice. thumb|Raymond Woog, Béatrice Woog lisant.
En 1905, Raymond Woog épouse Violette Julie Picard (née à Paris en 1882) dont, vivant alors au 202, rue de Courcelles à Paris, il aura quatre filles« Généalogie de Raymond Woog », My Heritage. : Marie-Thérèse dite Maïthé (1908-1997), future compagne d'Armel Guerne, Isabelle (1906-1945) qui épousera et vivra à Crisenoy avec Pierre Heilbronn (mitraillé par les Allemands aux Andelys en ) Cyril Grange, Une élite parisienne - Les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939), C.N.R.S. Éditions, 2016. Ouvrage contenant une biographie de Pierre Heilbronn., Sabine (1914-1917) et Béatrice (1923-2007)Palisades Free Library, New York, Beatrice Agnew (1923-2007). qui, rencontrant le GI Bill Agnew au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'épousera pour vivre à New York. Raymond Woog est alors l'ami d'Adolphe Gumery avec qui, en 1910, il effectue un voyage en Espagne dans le cadre de la course Paris-Madrid..
À la suite du décès le de Jules Comte, fondateur de La Revue de l'art ancien et moderne, Raymond Woog assure la gestion provisoire de la publication qui s'interrompt en du fait de l'entrée en guerre. Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il est entre 1915 et 1918, soit après six mois passés dans les Flandres, basé au Havre, avec le grade de lieutenant, en tant qu'attaché à la mission militaire de l'armée britannique. Ses croquis portraiturant des militaires anglais et français saisis sur le vif en 1915 et 1916 sont en 1916 publiés sous forme de 32 planches sous porte-feuilles toilé dans une édition limitée à 150 exemplairesRaymond Woog, l'officier-artiste basé au Havre, archives municipales du Havre. et intitulée Passed by CensorNoël Clément-Janin, Les estampes, images et affiches de la guerre, Éditions Gazette des beaux-arts, 1919..
Proche d'Émile Herzog qui n'a alors pas encore adopté le pseudonyme d'André Maurois, Raymond Woog inspire à celui-ci en 1918 le personnage d'Aurel dans le roman Les Silences du colonel BrambleGilberte Brossolette, Il s'appelait Pierre Brossolette, Albin Michel, 1976. dont Woog, au demeurant premier lecteur du manuscrit, venant à Abbeville afin d'y croquer le général Dominique Bona, Il n'y a qu'un amour, Éditions Grasset et Fasquelle, 2003., illustre de la sorte du portrait de sir John la couverture de la première édition. Raymond Woog est à cette époque très introduit dans le milieu de la presse où il devient un illustrateur reconnu, étant en particulier l'ami de Pierre MilleJean Bothorel, Bernard Grasset. Vie et passion d'un éditeur, Éditions Grasset Fasquelle, 1989.. Toutefois, dans un article qui paraît en dans la revue La Renaissance de l'art français et des industries de luxe, Camille Gronkowski, à propos du goût chinois en France, évoque élogieusement Raymond Woog parmi les artistes peignant des paravents en laque de CoromandelCamille Gronkowski, « À propos du goût chinois en France - Les paravents en laque de Coromandel », La renaissance de l'art français et des industries de luxe, novembre 1919, pages 484-492..
En 1928, Raymond Woog, dont l'interprétation par la gravure sur cuivre faite de ses œuvres par Auguste BrouetSite Auguste Brouet, Auguste Brouet, graveur de reproduction. a contribué à la célébrité, se rend à New York dans le cadre de son exposition à la galerie Jacques Seligmann. Edward Bernays raconte dans l'un de ses livres comment le fait que Raymond Woog, bénéficiant déjà d'un certain prestige outre-Atlantique de par sa présence connue dans les collections du musée du Luxembourg, y est alors considéré comme un peintre majeur des visages d'enfantsCes tableaux sont reproduits dans The New York Times., l'incite à recommander notre artiste au galeriste new-yorkais Edward L. Bernays, Biography of an idea: the founding principes of public relations, Éditions Open Road Media, 2015.. De fait, Woog exécute à New York de nombreuses commandes de portraits d'enfants, mais aussi un portrait de Maurice RavelJean Oudin, Raymond Woog, Éditions de la Société nationale des beaux-arts, 1960..
thumb|Raymond Woog, Léon-Paul Fargue, musée Carnavalet. thumb|Raymond Woog, Georges Clémenceau, musée Carnavalet. thumb|Raymond Woog, Deux enfants jouant. thumb|Raymond Woog, Paysage. thumb|Raymond Woog, Femme lisant un journal.
En 1933-1934, Raymond Woog est collaborateur des Nouvelles littéraires, demeurant simultanément fidèle au Salon de la Société nationale des beaux-arts où il accroche ses œuvres depuis 1911 : retient ainsi Roger Baschet de sa visite du salon de 1934Roger Baschet, « Le Salon de la peinture », L'Illustration, n°4758, 12 mai 1934..
Raymond Woog affectionne les longs séjours en Seine-et-Marne auxquels on associe le thème des fleurs dans sa peinture, thème auquel il reste attaché lorsqu'en 1940 il se retire à Crest.
Il a peint ou dessiné entre autres les portraits de Pablo Casals (1906)Fondation Pablo Casals, Barcelone, Portrait de Pablo Casals, de l'épouse et des filles de l'artiste, de la « tante » Victoire Klotz, d'Anatole France, Fernand Gregh (beau-frère de l'artiste), André Maurois (1916), Léon-Paul Fargue, Georges Clemenceau, les sculpteurs Max Blondat et Paul-François Berthoud, Tristan Bernard, Maurice Ravel (New York, 1928), Georges Hayem, le roi d'Espagne Alphonse XIII (qui posa pour Woog à Fontainebleau en 1932) Tableau exposé au Salon de la Société nationale des beaux-arts de 1932 et reproduit dans la revue L'Illustration n°4654 (spécial Salon de la peinture) du 14 mai 1932. et Léo Larguier (1935).
Raymond Woog meurt à Neuilly-sur-Seine en 1949. On lui aura reproché le talent ostentatoire d'un artiste Léon Rosenthal, « Les salons de 1912 », La Gazette des beaux-arts, année 1912, p. 464.. Avec lui, nuance Jean Oudin, disparaît .
Réception critique - Léonce BénéditeLéonce Bénédite, « Les Salons de 1906 - Quelques peintres - Quelques tableaux », Art & Décoration, tome XX, juillet-décembre 1906, p. 1-17. - Camille MauclairCamille Mauclair, « La peinture à la Société nationale », Art & Décoration, tome XXI, janvier-juin 1907, p. 177-186. - Henry BidouHenry Bidou, « Les salons : la peinture à la Société nationale des Beaux-Arts », Art & Décoration, vol.XXIX, janvier-juin 1911, p. 157-168. - Raymond Bouyer - André MauroisAndré Maurois, Raymond Woog, Éditions Galerie Jacques Seligmann, New York, 1928. - Jean Oudin - Gérald SchurrGérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1982, tome 2, p. 97.
Contributions bibliophiliques André Maurois, Les Silences du colonel Bramble, dessin de couverture (Portrait du Général Asser) par Raymond Woog, 1000 exemplaires, Grasset, 1918. Pierre Loti, La Troisième Jeunesse de Madame Prune suivi de Le Mariage de Loti, illustrations d'André Devambez, René Lelong, Aimery Lobel-Riche, Manuel Orazi et Raymond Woog, Paris, Éditions Pierre Lafitte, 1923. Edmond Rostand, Le Cantique de l'aile suivi de La Dernière Nuit de Dom Juan, illustrations de George Barbier, Umberto Brunelleschi, Manuel Orazi et Raymond Woog, Paris, Éditions Pierre Lafitte, 1925.
Traductions littéraires Herbert Ward, Chez les cannibales de l'Afrique centrale, Éditions Plon, 1910, traduit de l'anglais par Raymond Woog.
Expositions Expositions particulières Galerie Georges Petit, Paris, . The art of Raymond Woog : paintings and drawings, galerie Jacques Seligmann & Company, New York, janvier-. Rétrospective Raymond Woog, musée Galliera, Paris, 1952. Exposition rétrospective d'œuvres de Raymond Woog, Salon de la Société nationale des beaux-arts, 1960.
Expositions collectives Salon d'automne, Paris, 1903. Cercle Volney, Paris, 1906. Exposition générale des beaux-arts, Bruxelles, 1907, Portrait de Pablo Casals (Barcelone, Fondation Pablo Casals)Exposition générale des beaux-arts, Catalogue de l'exposition, Bruxelles, 1907.. Salon de l'avenue Dantin, Paris, 1907Robert de La Sizeranne, « Les salons de 1907 et l'orientation nouvelle de paysage », Revue des deux Mondes, tome 39, 1907, pages 566-590.. Salon de la Société nationale des beaux-arts, Paris, à partir de 1907Dictionnaire Bénézit, tome 16, Gründ, 1999, page 710.. Galerie La Cimaise (Georges Petit), Paris, Raymond Bouyer, « Exposition à la Cimaise », Revue de l'art ancien et moderne, n°526, 6 janvier 1912.. 29 Exposition de la Société internationale de peinture et sculpture, Galerie Georges Petit, Paris, 1912F. M., « Le mois artistique », L'Art et les Artistes, tome XIV, 1911-1912, .. Marcel Proust et son temps, musée Jacquemart-André, Paris, 1971. Exposition André Maurois, Bibliothèque nationale de France, Paris, octobre-. Le dessin André Maurois par Raymond Woog fit l'affiche de l'exposition. El retrato elegante, musée d'histoire de Madrid, de à Francisco-Javier Perez Rojas, El retrato elegante, Éditions Ayuntamiento de Madrid, 2000..
Collections publiques
Allemagne Berlin, ambassade de France.
Canada Vancouver, université de la Colombie-Britannique, bibliothèque, donation Pauline DonaldaLibrairie de l'Université de la Colombie-Britannique, Raymond Woog dans la donation Pauline Donalda..
Espagne Barcelone, Fondation Pablo Casals : Portrait de Pablo Casals, 1906.
France Blois, hôtel de préfecture de Loir-et-Cher. Le Havre, archives municipalesArchives municipales, Le Havre, Dessiner la guerre. Affichistes, caricaturistes, artistes, présentation de la collection.. Paris : ministère de l'Éducation nationale. musée d'Art moderne de la ville de Paris. musée Carnavalet : Portrait de Léon-Paul Fargue ; Portrait de Georges Clemenceau. musée d'Orsay. Roubaix, La Piscine.
Distinction Chevalier de la Légion d'honneur le My Heritage, Le dossier Légion d'honneur de Raymond Woog, 1947.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Anatole Le Braz, Raymond Woog, Paris, Éditions Galerie Georges Petit, 1913. Noël Clément-Janin, Les estampes, images et affiches de la guerre, Paris, Éditions Gazette des beaux-arts, 1919. André Maurois, Raymond Woog, New York, Éditions Galerie Jacques Seligmann, 1928. Jean Oudin, Raymond Woog, Éditions de la Société nationale des beaux-arts, 1960. Gilberte Brossolette, Il s'appelait Pierre Brossolette, Éditions Albin Michel 1976. Gérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, tome 2, Les Éditions de l'Amateur, 1982. Jean Bothorel, Bernard Grasset - Vie et passion d'un éditeur, Éditions Grasset et Fasquelle, 1989. Patrick-F. Barrer, L'histoire du Salon d'automne de 1903 à nos jours, Éditions Arts et Images du Monde, 1992. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Francisco-Javier Perez Rojas, El retrato elegante Éditions Ayuntamiento de Madrid, 2000. Dominique Bona, Il n'y a qu'un amour, Éditions Grasset et Fasquelle, 2003.