Maria la Copte (, ) (morte en 637) est une esclave égyptienne d'ethnie copte (chrétienne) envoyée comme présent par le gouverneur d'Égypte , aussi nommé Mouquauquèshttps://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/ff/L%27Orient_vu_de_l%27Occident_%28IA_lorientvudelocci00dine%29.pdf, au prophète Mahomet pour devenir sa concubine. De leur relation naitra Ibrahim (mort à un an).
Maria la Copte a marqué la mémoire musulmane et est citée tant sur les questions de genre que sur celle des relations avec les chrétiens. Présente dans les sources écrites à partir du , elle est considérée, par la recherche islamologique, comme une figure littéraire, probablement fictionnelle.
Biographie traditionnelle
Résumé La variété des sources traditionnelles ne permet pas un récit unifié et résumé de sa vie. Ainsi, selon les sources, elle est soit une femme de Mahomet, soit une simple esclave..
Pour résumer : Maria la Copte, fille de Sham'un, née en Haute-Égypte, serait une jeune femme copte, envoyé avec sa sœur Sirin comme cadeau à MahometSelon une autre version, quatre jeunes filles auraient été envoyées. qui en fit sa concubine. Mahomet l'aurait beaucoup aiméeBuhl, Frants., “Māriya”, Encyclopédie de l’Islam, vol. 6, p. 575.. Restant esclave, elle devient concubine du prophète Mahomet en 628. De leur union naît un fils, IbrahimE.Geoffroy, "Egypte", Dictionnaire du Coran, 2007, Paris, p.244., décédé très jeune. Maria suscitant la jalousie des autres femmes, Mahomet aurait promis de s'en éloigner, promesse qu'il retira peu après. Après la mort de Mahomet, elle reçut une pension d'Abou Bakr et d'Umar jusqu'à sa mort en 637.
Sources Maria la Copte est citée par des sources écrites à partir du . Al Tabaqat al-Kubra d'Ibn Sa‘d (d. 230/845) est un des plus anciens textes évoquant sa vie. Les sources suivantes pourront généralement être reliées à celle-ci. Elle est aussi citée par Ibn Kathir, al-Tabari...
L'exégèse musulmane a reconnu, a posteriori, dans certains passages allusifs du Coran une évocation de Maria la Copte. C'est ainsi pour les premiers versets de la sourate 66. Ce passage évoquerait un épisode selon lequel Hafsa, une épouse de Mahomet, aurait découvert celui-ci seul avec Maria. Il lui aurait alors demandé le secret. Les versets 3 et 4 a été rapproché de cet épisode bien qu'ils soient très allusifsP. Neuenkirchen, "Sourate 66", Le Coran des Historiens, 2019, Paris, p. 1755 et suiv..
Abū ‘Ubaydah a dit au sujet de Muhammad: « Il avait quatre [concubines]: Māriyah, qui était la mère de son fils Ibrāhīm; Rayḥānah; une autre belle esclave qu'il avait acquise comme prisonnière de guerre; et une esclave qui lui avait été offerte par Zaynab bint JaḥshZaad al-Ma’aad, 1/114. »
Importance pour les musulmans Maria la Copte a eu une grande importance pour la mémoire musulmane. Pour , le récit de Maria la Copte a trois fonctions dans la mémoire musulmane : « 1) pour maintenir la pureté morale du Prophète et les membres de sa maison ; 2) instruire les lecteurs sur les caractéristiques de genre des hommes et des femmes ; et 3) de promouvoir l'harmonie interconfessionnelle entre musulmans et chrétiens ».
La biographie traditionnelle interroge sur le statut de l'esclavage qui affecte « les conceptions normatives du genre et du sexe parmi les musulmans ».
Öhrnberg considérait ce récit comme une transposition de l'histoire d'Hagar et d'IsmaëlK. Öhrnberg, "Māriya al-qibṭiyya Unveiled.", Studia Orientalia, 55, p.295-304.. Néanmoins, c'est seulement au que de nombreuses sources font des comparaisons entre Maria et Hagar, et donc entre Mahomet et Abraham. Cela permet aussi d’accroître le lien entre l'Égypte et la péninsule arabique. Selon les récits, trois prophètes ont eu des femmes égyptiennes, Abraham, Joseph et Mahomet.
L'approche de la critique historique Dès 1912, Lammens remettait en cause le récit traditionnel, celui-ci défendant que la mère d'Ibrahim était juive. Le théologien danois Frants Buhl. (1850-1932) considérait que l'histoire pouvait être, dans son essence, correcte, le point de vue de Lammens lui paraissant un scepticisme exagéré. En 2010, Hidayatullah, considérait que Maria la Copte est peu étudiée par la recherche.
En 2016, pour l'islamologue français Guillaume Dye, « Il me semble à peu près impossible de retrouver la réalité historique derrière tous ces récits [sur la famille de Mahomet], mais l’idée traditionnelle selon laquelle le Prophète aurait eu sept enfants (un chiffre qui n’est pas anodin dans la culture biblique) ne paraît pas être une information historique. » Pour l'auteur, Maria la Copte est une fiction littéraireAzaiez, M. (Ed.), Reynolds, G. (Ed.), Tesei, T. (Ed.), et al. (2016). The Qur'an Seminar Commentary / Le Qur'an Seminar. A Collaborative Study of 50 Qur'anic Passages / Commentaire collaboratif de 50 passages coraniques. Berlin, Boston: De Gruyter., passage QS 30 Q 33:40. Pour Claude Gilliot, « La figure et "l’histoire" de Māriya al-Qibṭiyya sont truffées de traits légendaires et mythiques »Cl. Gilliot, "Oralité et écriture dans la genèse, la transmission et la fixation du Coran", Oralité & écriture dans la Bible & le Coran, 2014, p. 107..
Dans les versets 28-59 de la sourate 33, section probablement fortement remaniée après sa rédaction première, l'évocation de Zayd ibn Harithah est construite de manière à prouver que Mahomet n'est le père d'aucun homme. Le récit de Maria la Copte et de son fils Ibrahim a été construit dans un but similaire. Pour le coptologue Christian Cannuyer, Maria, sa sœur et (peut-être également) Ibrahim n'ont jamais existéPour Van Reeth, celui a « démontré définitivement qu'il s'agit d'une légende ».. Cette démonstration s'appuie sur les anachronismes, les invraisemblances du récit ainsi que sur son apparition tardive dans la tradition. Ce récit a pour source l'histoire de Marie la romaine et de S(h)irine l'araméenne, épouses du roi persan ChosroèsVan Reeth J., "Sourate 33", Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, p.1119 et suiv..
Pour David S. Powers, le récit de la mort du fils de Maria la Copte permet à Mahomet d’être considéré comme le « sceau des prophètes »D. Powers, Muhammad Is Not the Father of Any of Your Men, 2009, p. 56 et suiv, p.68 et suiv.. Selon cet auteur, à la fin du de l'Hégire, se met en place un dogme selon lequel Mahomet devait mourir sans descendance masculine.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Cannuyer Chr., Mariya, la concubine copte de Muhammad, réalité ou mythe ?, Acta Orientalia Belgica, 2008 Van Reeth J., Sourate 33, Le Coran des Historiens, t.2b, 2019, p. 1119 et suiv.
Articles connexes
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Liens externes
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