alt=Matériel de soutien Scolaire en 2017 à l'école Ekoadjom|vignette|Matériel de soutien scolaire en 2017 à l'école Ekoadjom. alt=Hikoadjom|vignette|Hikoadjom. Ekoadjom (Hikoadjom en Bassa) est un village de la région du Centre du Cameroun, situé dans la commune de Makak, département du Nyong-et-Kéllé.
Étymologie alt=Fromager (Pied arbre ) à Hikoadjom|vignette|Fromager (Pied arbre ) à Hikoadjom. Le nom original du village en langue bassa est Hikoadjom. Il fait référence au fromager, un grand arbre tropicalL'arbre du Fromager est décrit dans la Revue Bois et Forêts des tropiques, , septembre-octobre 1975, . Il a été répertorié par le Centre technique forestier tropical des pays francophones. On le trouve en zone de forêt dense et humide autour de l'équateur. appelé Djôm, présent sur le site où s'établirent les fondateurs du village, dont le premier chef . Ce site est situé sur une colline appelée Hikoa, d'où le sens de Hikoadjom, « La colline du fromager ».
La forme francisée du nom, Ekoadjom, est celle qui figure officiellement dans les documents administratifs. Cependant, la version Bassa demeure couramment utilisée par les habitants, car elle traduit fidèlement la réalité géographique et linguistique du lieu d'origine du village.
Histoire
Origine et fondation de la chefferie d'Hikoadjom alt=Kameruner Straße à Berlin|vignette|Kameruner Straße à Berlin. Hikoadjom aurait été fondée vers la fin du , entre 1880 et 1890. Binong bi MangoungFils de Mangoung, petit-fils d'Etounga et arrière-petit-fils de Mbamba. serait venu de Mapubi près de Matomb avec ses jeunes frères Maah Mangoung et Bikoï bi Mangoung conquérir des terres. Une branche importante de la famille Mangoung se trouve toujours à Mapubi et à Matomb, les Log Dissan de la grande famille Ndog Nlet. Elle est restée en contact avec la branche d'Ekoadjom. Mbinack Binong, fils de Binong bi Mangoung devient le premier chef vers 1892 alors que le Cameroun est sous administration coloniale allemande. Il était également Mbombog. Traditionnellement, chez les Bassa, le Mbombog est le chef spirituel, le dépositaire de l’organisation, de la paix sociale et de l’ordre public dans le respect du Mbok. Les descendances des trois frères Mangoung, la fratrie pionnière du village occupent toujours les terres conquises par leurs aïeux, formant ainsi une lignée générationnelleRobert Ndebi Biya, Être, Pouvoir et génération, Le Mbok chez les Basa du sud du Cameroun, Édition l'Harmattan , 1987, 135 pages. Dans cet ouvrage, pages 9 et 10, l'auteur retrace ses échanges avec Mbombog Bell Yamb (de la lignée de Maah Mangoung à Ekoadjom - au lieu-dit Song Yamb), notamment la vision de ce grand initié du Mbok(g) de son époque : un testament ancestral focalisé sur les "Malons"(les peuples), leur dispersion sur l'espace terre, mais aussi le rapport entre générations et terres., les LogMangoung (Log Dissam -) NdogSelon Eugène Wonyu Ndôñ-Lolog, Ndog ou Log désigne Ceux de. Nlet. D'autres familles Ndog Nlet vont progressivement s'installer dans le village : Log Bahé, Log Bassoumbou, et Log Nyeck.
La langue officielle parlée dans ce village est le français. Le Bassa est le dialecte local.
En 1925, Nwind Mbinack, devient chef du village. Au cours de son règne, il devient Mbombog selon les rites traditionnels du MbogMbok ou Mbog sont les variantes de ce mot. Même chose pour le Mbombok ou Mbombog.(k). Il est désormais appelé Mbombog Nwind Mbinack.
À son décès le 10 , il est remplacé par Augustin Minka mi Nwind né le à Hikoadjom, mort le à Yaoundé. Pendant son règne de 32 ans, Ekoadjom devient un Centre d’État-civil en 1965, évitant aux ressortissants du village et environnants de longs et pénibles déplacements vers Makak – Chef - lieu d’arrondissement situé à 29 km pour l’obtention des documents d’état-civil. alt=Sa Majesté NWIND Bienvenu Claude 1955-2024|vignette|Sa Majesté NWIND Bienvenu Claude 1955-2024. Du au , Sa Majesté Bienvenu Claude Nwind Minka présida pendant 37 ans aux destinées du village. Il a été nommé officier d'État-civil le .
Ekoadjom a eu quatre chefs traditionnels :
Mbombog Mbinack Binong 1892 – 1925 Mbombog Nwind Mbinack 1925 – 1955 Minka mi Nwind Augustin 1928 – 1987 Nwind Minka Bienvenu Claude 1955 - 2024
vignette|Mbombog Nwind Mbinack Chef du village d’Hikoadjom de 1925 à 1955. Le , Monsieur Belinga Amba Benjamin R, sous-Préfet de l'Arrondissement de Makak et autorité administrativeConformément au décret du 15 juillet 1977 organisant les Chefferies traditionnelles au Cameroun, après consultation des populations et des membres du Conseil des Notables (Assemblée des représentant-es des habitant-es), a validé la candidature à la Chefferie de Monsieur Armel Minka mi Nwind.
Rôle de la chefferie et du Mbombog Dans la structure de l’administration camerounaiseContribution à l'étude de la dynamique structurelle et normative de l'administration publique en Afrique noire francophone: le cas de l'administration camerounaise, Roger Gabriel Nlep, les chefferies traditionnellesLes chefferies traditionnelles au Cameroun sont organisées par le décret du 15 juillet 1977 sont des auxiliaires de l’administration. Elles assurent une administration de proximité, permettant de perpétuer une organisation sociale ancestrale déjà existante, et ce, bien avant la colonisation. Traditionnellement, chez les Bassa, c’est le Mbombog, chef spirituel qui est le dépositaire de l’organisation, de la paix sociale et de l’ordre public dans le respect du MbokLe Mbok, cadre culturel des Bassa, se décline en espace, temps, pouvoir divin, genre et parole selon Robert Ndebi Biya, Philosophe, Anthropologue, Théologien et Enseignant à l'Université de Yaoundé I et à l'Université catholique d'Afrique centrale (Ucac) - Institut de Yaoundé.. Certaines de ses missions sont confiées aujourd’hui aux chefferies traditionnelles. Idéalement elles l’assument en collaboration avec les Mbombog lorsque les fonctions de Chef du village et de Mbombog ne sont pas exercées par la même personne. Cela peut créer une dualité de repère culturel et administratif chez les populations. Mais l’objectif pour l'un ou l'autre personnage est de maintenir la paix sociale dans les villages et de promouvoir le développement économique et social des populations dans le respect de la culture Bassa. Monsieur Nyeck Yamb (Bell Yamb) Raphäel de la lignée de Maah Mangoung à Song Yamb est le garant des traditions ancestrales, il est le référent du Mbok dans le village, principalement dans sa communauté . Son père Yamb Bell Anselme était Mbombog. Son fils Boum Nyeck Jacques A. a été intronisé Mbombog en 2023 assurant ainsi un avenir à cette fonction culturelle et ancestrale à Ekoadjom.
Les chefferies traduisent la survivance d'une culture et des modes d'organisation traditionnelle ancestrales.
Organisation structurelle et Gouvernance du village Ekoadjom est une chefferie du degré en zone rurale, dans les limites territoriales d'un village.
Pour son fonctionnement, la chefferie d’Ekoadjom s’est dotée depuis 1987 : un conseil des notables, dont les missions sont similaires à celles d’une assemblée ; un comité de développement qui impulse toute l’activité économique.
Suite à un réaménagement organisationnel en février 2026, d'autres structures ont vu le jour, un conseil des sages, le groupe des chefs de blocs (Capitas), un Comité de gestion des litiges, Un Comité de vigilance. Le Comité de développement est devenu le Comité de pilotage pour le développement avec un bureau élu, une feuille de route inclusive et une priorisation des besoins.
Géographie Source orale, Sa Majesté Bienvenu Claude Nwind, Chef du Village d'Ekoadjom, 66ans au moment de l'entretien en de novembre 2021 Hydrographie à Hikoadjom alt=Le ruisseau Ndjock Yambi à Hikoadjom|vignette|Le ruisseau Ndjock Yambi à Hikoadjom. Hikoadjom est situé en zone équatoriale humide en forêt dense avec des pluies abondantes et irrégulières qui maintiennent cependant le débit des cours d’eau. Le fleuve le Nyong et la Kéllé affluent du Nyong ne traversent pas ce village qui est cependant arrosé par deux autres grands ruisseaux : Yamakouba et Ndjock Yambi, qui sont aussi des affluents du Nyong. Le Nyong traverse deux autres départements de la Région administrative du Centre dont les noms sont composés par la dénomination de ce fleuve : Nyong-et-Mfoumou, Nyong-et-So'o.
Le ruisseau Yamakouba se trouve au nord du village et s’étend jusqu’à l’ouest. Ndjock Yambi se trouve au sud. Les autres petits ruisseaux du village sont : Lép Liaa qui a donné naissance au lac Nwind Bienvenu Claude est un affluent de Ndjock Yambi. Il traverse le hameau autour de la chefferie ; Lép Mbong, affluent de Ndjock Yambi coule au lieu-dit Mbondo ; Lép Ngomb, affluent de Yamakouba se trouve au lieu-dit Song Yamb non loin du village Mom (Cameroun).
Lép signifie eau en langue Bassa du Cameroun.
Climat Le climat chaud et humide se décline en quatre saisons. Une grande et une petite saison de pluie, une grande et une petite saison sèche. C’est une alternance de pluies et de sécheresse qui rythme les activités agricoles, la préparation des travaux champêtres : les abattages, les brûlis, les semis et les récoltes. Les températures moyennes se situent entre 23 et 26 degrés. Mais avec le réchauffement climatique, ces repères temporels ont tendance à bouger.
De la mi-mars à la mi-juin : c’est la petite saison de pluie appelée, Hiyon.
De la mi-juin à la mi-août : c’est la petite saison sèche, Hikang.
De la mi-août la mi-novembre : c’est la grande saison de pluie, Mbéng.
De la mi-novembre à la mi-mars : c’est la grande saison sèche, Sép.
Centre d'état civil À sa création en 1965, le Centre d’État-civilDepuis 2013, c'est le BUNEC - Bureau national de l'état civil crée par décret du PRC du 13 février 2013 qui assure la supervision, le contrôle, la régulation et l’évaluation du système national de l’état civil au Cameroun. Le défi majeur de cet Établissement Public Administratif est de mettre en oeuvre la numérisation et la centralisation de tous les faits d'état-civil dans le pays. d’Hikoadjom était un Centre dit Spécial rattaché à la Sous-préfecture de Makak . À cette époque, l’arrondissement de Makak avait à sa tête un Sous-Préfet –MaireMr Ismaël Ndjock Ngue, originaire du village de Sepp, a été sous-préfet maire de Makak à la fin des années 1960.. Aujourd’hui, le Centre d’état-civil est directement rattaché à la mairie de Makak. Hikoadjom est un centre secondaire depuis 2015. Il existe d'autres centres secondaires du même genre dans d'autres villages de l'arrondissement de Makak, à Boumkok, Libamba, Mom 1, Sepp, Nguimakong, Ngougoum II, Minkot-Mbem, Kaya, Mboglom, Likongue et Mbeng. Ce sont des services d'état-civil décentralisés près des populations pour les formalités relatives à une naissance, un mariage ou un décès. Le centre d’état-civil le plus proche est celui d’Otélé situé dans la commune voisine de Ngoumou, département de la Mefou et Akono.
Bienvenu Claude Nwind, chef du village, officier d'état-civil, et président du Comité de gestion de l'hôpital Ad Lucem de Hikoamaen - Père Urs Memorial Clinic - a créé au sein de la Maternité de cet hôpital, un bureau d'enregistrement des naissances rendant ainsi plus accessibles, les services d'état-civil.
Population et développement En 1962, la population de Ekoadjom était de 449 habitants et de 590 habitants lors du recensement de 2005Troisième recensement général de la population et de l’habitat ( RGPH), Bureau central des recensements et des études de population du Cameroun (BUCREP), 2005.. La population autochtone est constituée de Bassa majoritairement les Ndog Nlet. Les quatre grandes familles Ndog Nlet sont par ordre alphabétique: Log Bahé, Log Bassoumbou, Log Mangoung (Log Dissan) et Log Nyeck.