The Haunted Mansion est le concept du train fantôme revisité par Walt Disney et son équipe d’imagineers. L'attraction est à la fois humoristique et divertissante, mais Disney n'a pas réussi a en faire une réelle attraction de peur et de frisson sauf pour les plus jeunes. Les effets spéciaux utilisés sont souvent la raison invoquée par les moins jeunes pour justifier leur appréciation de l'attraction.
L'attraction possède deux variantes, Phantom Manor en France avec un contexte plus riche et Mystic Manor à Hong Kong avec un thème corrigé pour la population chinoise.
Le concept L'origine de l'attraction remonte au début des années 1950 lors de la conception de Disneyland. Walt Disney avait envisagé une maison hantée de type parcours scénique à travers un décor d'objets animés. La conception de l'attraction fut donnée à Harper Goff qui réalisa de nombreux dessins préparatoires. L'un de ses dessins a souvent été présenté: il dépeint un chemin s'éloignant de Main Street, USA et passant devant une vieille église. Derrière celle-ci s'étend un cimetière dominé par une colline et, au sommet, une bâtisse délabrée étend son ombre sur les alentours. Le chemin qui devait conduire aux lieux devait commencer sur Town Square, au pied de la gare du Disneyland Railroad. Mais Walt ne voulait pas trop d'un bâtiment en mauvais état, il considérait que cela gâcherait le côté magique du parc. Ses mots furent simples,
Un projet fut développé par Ken Anderson et une trace sous la forme d'un enregistrement datant de 1957Shaun Finnie, The Disneylands That Never Were, . permet de connaître la teneur de l'attraction.
Ce devait être une maison hantée en walkthrough (parcours scénique à pied) dans la demeure du capitaine Gore, dont la visite aurait été assurée par son majordome. Mais le capitaine est en réalité le pirate « Black Bart » et l'esprit de sa fiancée morte hante la maison et a poussé le capitaine au suicide. Son corps devait être visible à la fin de l'attraction, pendu dans l'entrée.
Walt Disney aurait réécrit le scénario dans une version moins morbide. En 1959, les "imagineers" Rolly Crump et Yale Gracey modifient l'histoire pour faire se marier le couple, mais dans la ville de Sleepy Hollow, le cavalier sans tête s'invitant à la cérémonie.
Avec le projet de New Orleans Square, situé derrière Adventureland, le concept extérieur changea pour devenir un manoir de style néo-classique antebellum des États du sud de l'Amérique avant la guerre de Sécession. Le bâtiment fut construit en 1962 et 1963 Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, .. La façade définitive de l'attraction originale, située à Disneyland, fut achevée en 1963.
Mais le bâtiment resta vide durant six ans principalement en raison des projets liés aux attractions pour la Foire internationale de New York 1964-65 et de l'incertitude du contenu exact. Durant cette période, Rolly Crump laisse aller son imagination et crée de nombreuses scènes d'épouvantes. Afin que la visite du manoir hanté ne se termine pas simplement par un brutal retour au soleil, il propose l'ajout d'un restaurant. Walt Disney préféra à la place un espace de type Musée des Horreurs (ou monstruosités). Bien que des schémas fussent réalisés, le projet fut finalement abandonné. Avec la mort de Walt en 1966, ses réticences sur l'aspect morbide furent partiellement balayées et l'aspect actuel de l'attraction vit le jour.
La version de Disneyland a ouvert ses portes le , et reste presque inchangée depuis ses débuts. La version du Magic Kingdom (exportée à Tokyo Disneyland) reprend en grande partie le déroulement de son homonyme californien, mais bénéficie de quelques scènes supplémentaires.
Le script et la chanson Grim Grinning Ghosts furent conçus par X Atencio tandis que la partie technique fut conçue sous la direction de Marc Davis, l'un des neuf sages (les neuf personnes qui ont réalisé Blanche-Neige et les Sept Nains) de Disney.
La version du Parc Disneyland, baptisée Phantom Manor, propose un récit profondément modifié et possède surtout une thématique renforcée, avec une histoire plus sombre (plutôt une légende) qui associe l'attraction au décor environnant ainsi qu'un ton plus sinistre et mélancolique.
L'histoire
L'histoire générale de l'attraction présente le manoir comme une maison de retraite pour fantômes sans logis, ce qui fait que la demeure est hantée par 999 fantômes. Dans les scènes du grenier des attractions de Disneyland et du Magic Kingdom, l'histoire de Constance Hatchaway, une mariée « veuve noire » qui épousa successivement cinq hommes riches qu'elle assassina tour à tour afin d'hériter de leurs fortunes respectives est narrée.
Une histoire d'amour entre les personnages d'Edward Gracey et d'Elizabeth Henshaw est le point de départ de l'intrigue du film Le Manoir hanté et les 999 fantômes dont le script est basé sur l'attraction.
La technologie Ce parcours scénique utilise le système de déplacement omnimover qui offre un déplacement silencieux et en douceur permettant une bonne écoute des effets sonores. De plus, de multiples audio-animatronics habitent le parcours.
D'autre part, cette attraction utilise de nombreux effets spéciaux. En voici quelques-uns de la version californienne par ordre d'apparitions :
La "stretching-room" - la salle octogonale qui s'allonge - est un ascenseur spécialement conçu par Otis. Il n'est pas monobloc et ressemble à celui installé sous la pyramide du Louvre. Les papiers-peints et les portraits sont enroulés lorsque l'ascenseur est en position haute. Chaque attractions possède deux de ces ascenseurs.
La galerie des portraits et des bustes présente des dessins réalisés par Marc Davis, qui, selon l'angle de vue, changent d'aspect. Pour les portraits, c'est l'utilisation d'une double peinture qui donne cet effet. L'une des peintures contient des matières sensibles aux ultraviolets. Des lampes spéciales permettent de passer d'un éclairage à l'autre par une lente transition. Mais ce n'était pas le cas à l'ouverture de l'attraction, le changement se faisait par flashs brusques. Pour les bustes, c'est un procédé multiséculaire qui a été utiliséLa technique a été brevetée par Disney, numéro 5407391 de l'office des brevets américains le . (http://www.patentstorm.us/patents/5407391-fulltext.html) La technique initiale est pourtant ancienne, mais sans hologrammes ni lasers. Un exemple en est visible, avec une notice historique, dans le passage souterrain « Christoffel » de la gare de Berne (Suisse), sculpture Loubegaffer (exécutée par Sandro Del-Prete en 1984/1986). : les bustes sont représentés de façon négative (, en creux) mais très précise, et sont éclairés par devant, le reste étant totalement noir. L'illusion d'optique ainsi créée fait croire au cerveau que le buste est en relief, et si l'on se déplace, les visages semblent suivre l'observateur.
Ensuite, les visiteurs doivent embarquer dans les Doombuggies, wagons d'omnimover. Ces derniers sont emmenés au sommet d'un escalier, au premier étage du manoir.
Le couloir sans fin est vraiment un long couloir, mais en raison de la présence d'un miroir, semble être encore plus long. Un chandelier est suspendue par des fils de pêches à un petit système motorisé dissimulé, donnant l'impression que l'objet flotte en décrivant des cercles. La scène suivante, le conservatoire, est une véranda-serre à l'origine plutôt prévue pour des fleurs occupée par un cercueil. Le cercueil s'entrouvre, poussé de l'intérieur par des mains de squelette. C'est un simple audio-animatronic, tout comme les portes du corridor des portes qui suit peu après.
La séance de spiritisme de Madame Léota évoque une séance de spiritisme dans une salle circulaire du manoir. La tête de Madame Léota est visible à l'intérieur d'une boule de cristal posée sur une table ronde. Elle invite les esprits des lieux a se matérialiser. Cet effet spécial utilisa jusqu'à la fin des années 1980, un système de projection à 90° d'un film à travers les parois de la sphère sur la surface d'un visage de couleur neutre. Le visage projeté est celui de Leota Toombs, une imagineer maquettiste et costumière The Imagineers, The Magic Kingdom At Walt Disney World: An Imagineer's-Eye Tour, . La voix est celle d'Eleanor Audley Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks: The Story of Walt Disney Records, . À la fin des années 1980, la technologie numérique a permis de remplacer le film d'une minute projeté en boucle par un système de disque laser vidéo. Un système par fibre optique amenait l'image jusque dans la sphère. Cela résolut de nombreux incidents de bandes cassées. Jusqu’en , le système projetait l'image sur les parois de la sphère depuis l'intérieur de la tête. Mais ce système affaiblissait la qualité de l'image restituée. L'image est donc actuellement amenée par fibre optique depuis le disque laser, jusque devant la sphère, et est projetée sur la tête depuis l'extérieur. Chacun de ces systèmes a été breveté par Disney. thumb|Schéma d'explication du système du fantôme de Pepper. La salle de bal utilise la technique dite du fantôme de Pepper (Pepper's ghost) : Une salle vide est montrée au public depuis un espace surélevé. Une vitre placée verticalement sépare la salle en deux, et offre une surface de réflexion. Une partie de la salle est décorée avec les accessoires désirés. Sous les visiteurs, une salle contient des personnages disposés comme s'ils étaient dans la salle, mais de façon symétrique. Ici, ce sont des audio-animatronics éclairés par intermittence pour simuler leurs apparitions-disparitions. L'image des personnages est réfléchie sur la paroi vitrée.
Le grenier contient des objets poussiéreux parmi lesquels figurent des portraits de mariages où la fiancée est à chaque fois la même femme et où les hommes perdent littéralement la tête. Une voix féminine récite les sermons du mariage sur une marche nuptiale dissonante jouée au piano par une ombre. Sur la gauche au fond de la scène se trouve la terrible veuve noire Constance Hatchaway. Une hache apparaît dans ses mains, faisant comprendre qu'elle a décapité ses cinq maris.
Les visiteurs parviennent peu après à un balcon où ils rencontrent Le Fantôme a la boîte à chapeau, un fantôme dont la tête disparaît et réapparaît dans une boîte à chapeau qu'il tient dans sa main gauche grâce à un effet d'éclairage.
Les véhicules entament alors une descente sur une rampe bordée d'arbres anthropomorphes terrifiants avant d'arriver devant la grille d'un cimetière.
Les visiteurs rencontrent le gardien du cimetière dont la peur se lit sur le visage. Il est accompagné par son chien qui exprime la même émotion. Ils ont la particularité d'être les seuls personnages vivants de toute l'attraction.
Les Doombuggies pénètrent ensuite dans le cimetière très peuplé, essentiellement de fantômes qui jouent de la musique, font de la balançoire, du vélo, prennent le thé, chantent des airs d'Opéra . Parmi les tombes et les mausolées se trouvent un groupe de cinq bustes de marbre qui prend vie et entonne la chanson Grim Grinning Ghosts. Ils utilisent la technique du rétro-éclairage. Peu après, les Doombuggies quittent la scène en entrant dans une crypte.
Vient alors le final qui implique trois esprits auto-stoppeurs, communément appelés Hitchhiking Ghosts, qui montent clandestinement à bord des Doombuggies et qui deviennent ensuite visibles dans une série de trois miroirs.
La descente du véhicule se fait dans une salle qui continue la crypte. Derrière de grandes grilles, les visiteurs peuvent observer des caveaux délabrés. Les visiteurs empruntent ensuite un tapis roulant qui monte vers la sortie. Tout en montant, ils observent une mariée fantôme miniature nommée The Ghostess, une hôtesse du Ghost Relations Department chargée de prendre les certificats de décès de ceux qui souhaitent rejoindre les fantômes du manoir.
Peu après, les visiteurs sortent à l'air libre, dans New Orleans Square.
Haunted Mansion Holiday