Le musée de l’Histoire de l’immigration est un musée national français situé dans le palais de la Porte-Dorée dans le 12e arrondissement, à l'est de Paris. Il est ouvert au public depuis et a été officiellement inauguré le par le président François Hollande, sept ans après son ouverture. Il est administré par l'« établissement public du palais de la Porte-Dorée » depuis « Choix du nom du musée le janvier 2012 », histoire-immigration.fr (consulté le 8 février 2019).. Sa dénomination officielle est « Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration »..

Selon ses statuts, l'établissement a pour mission de Décret du 16 novembre 2006 portant création de l’établissement public de la Porte-Dorée — Cité nationale de l’histoire de l’immigration..

C'est le seul musée consacré à l’immigration en France. Il comporte une exposition permanente présentant deux siècles de l’histoire de l’immigration en croisant les points de vue historique, anthropologique et artistique. En complément, le musée propose régulièrement une programmation artistique et culturelle : expositions temporaires, conférences, concerts, cinéma, théâtre, ateliers…

Historique du projet Le palais de la Porte-Dorée a successivement abrité un « Musée des Colonies » (montrant la diversité démographique, culturelle, linguistique, ethnique, mais aussi faunistique de l’empire colonial français, avec des aquariums et terrariums), devenu en 1935 « Musée de la France d’outre-mer », en 1960 « Musée des arts africains et océaniens » et de 1990 à 2003 « Musée national des Arts d’Afrique et d’Océanie »Selon les sources Aquarium Tropical, Palais de la Porte Dorée, , Paris.org et Museums of Paris entry. Le nom du musée a été ainsi changé par trois fois, mais à la fin du il devenait nécessaire de renouveler aussi le contenu, dans un contexte où la création du « musée des Arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques » voulu par le président de la République Jacques Chirac., allait absorber la plupart des œuvres d’« art premier » exposéesSite officiel du musée..

Plusieurs projets furent alors proposés, les uns axés sur la diversité humaine et naturelle de la Terre, dans une approche anthropologique, linguistique, ethno-biologique et ethno-écologique mondiale comme celle du Raymond Pujol du Musée de l'HommeÉco-anthropologie et Ethnobiologie , les autres axés sur l’histoire et les cultures de l’immigration en France et sur les questions d’intégration, dans une approche sociologique comme celle du projet de « Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) » promu dès 1992 par l’Association pour un musée de l’immigration, créée par des historiens et des sociologues connus comme Geneviève Dreyfus-Armand, Nancy L. Green, Gérard Noiriel, Patrick Simon ou Patrick Weil. Leur projet part favori et en 2001, Lionel Jospin, alors premier ministre, confie à Driss el-Yazami, délégué général de l’association « Génériques », et à Rémi Schwartz, maître de requêtes au Conseil d'État, la mission d’examiner quelle forme pourrait prendre un tel lieu. Le rapport qu’ils rédigent prône la création d’un « Centre national de l’histoire et des cultures de l’immigration » au cœur d’un réseau de partenaires, à la fois musée public et lieu ouvert sur l’université, sans intégrer les thèmes de la diversité des milieux, des terroirs, des climats, des flores et des faunes, ce qui place l’aquarium hors-sujet ; il ne sera pas pour autant fermé, compte tenu de son attractivité« L'aquarium fait peau neuve », aquarium-tropical.fr (consulté le 8 février 2019)..

Annoncé dans le programme de Jacques Chirac de 2002, le projet d’une « Cité nationale de l’histoire de l’immigration » à orientation clairement sociologique est relancé dans le cadre plus large du comité interministériel à l’intégration du :

Le comité interministériel à l’intégration lance dans ce but deux initiatives, l’une dans le but de faire connaître l’apport des immigrés, souvent ignoré, à la construction et à l’histoire de la France par la création du musée de l’histoire de l’immigration, l’autre agissant sur le reflet qu’en donnent au quotidien les médias, notamment la télévision, puissant constructeur d’images. Dans ce cadre, Jacques Toubon se voit confier la présidence et la mise en place d’une mission de préfiguration d’un « centre de ressources et de mémoire de l’immigration ». S’appuyant sur les moyens et les compétences de l’Agence pour le développement des relations interculturelles (GIP ADRI), cette mission s’attelle à mettre en place une institution à vocation culturelle, sociale et pédagogique destinée à .

Le projet de musée de l’Histoire de l’immigration est annoncé le par Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, qui annonce qu’il , et dévoile, en s’appuyant sur le rapport remis par Jacques Toubon« Rapport de la mission de préfiguration du centre de ressources et de mémoires de l’immigration », Documentation française, legifrance.gouv.fr, juin 2004, 254  (consulté le 8 février 2019)., . C’est à cette occasion que le projet est baptisé « Cité nationale de l’histoire de l’immigration ».

La cité va d'abord prendre la forme d'un groupement d'intérêt public (GIP) en 2005 pour ensuite devenir un établissement public administratif (EPA) en 2007. Luc Gruson qui a assuré la direction de l'ADRI depuis 1995, assure la direction de la mission de préfiguration, puis du GIP de préfiguration de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration jusqu'en 2007. Après trois années comme directeur général adjoint de l'établissement public, il redevient en 2010 le directeur général, succédant à Patricia Sitruk.

En 2007, à la suite de l’instauration par le président de la République Nicolas Sarkozy d’un « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale », huit historiens (Marie-Claude Blanc-Chaléard, Geneviève Dreyfus-Armand, Nancy L. Green, Gérard Noiriel, Patrick Simon, Marie-Christine Volovitch-Tavarès et Patrick Weil) démissionnent en signe de protestation. Selon eux, associer immigration et identité nationale va à l’encontre des objectifs du projet. Peu après, Gérard Noiriel publie aux éditions Agone un essai, À quoi sert l’ « identité nationale » ?, dont la conclusion intitulée « Les raisons d’une démission » s’articule autour du refus de la Gérard Noiriel, À quoi sert « l'identité nationale » ?, Agone, coll. « Passé et présent », Marseille 2007, « Conclusion », ..

À partir du « Mission de préfiguration du centre de ressources et de mémoires de l'immigration », décret , ladocumentationfrancaise.fr, 28 décembre 2011 (consulté le 8 février 2019)., le musée de l’Histoire de l’immigration et l’aquarium du palais de la Porte-Dorée sont réunis dans un nouvel établissement culturel public de l’État, chargé de développer chacun des deux projets scientifiques et culturels qui le composent et de mettre en valeur l’ensemble patrimonial du palais de la Porte-Dorée.

En , un groupe d'extrême-droite revendique deux actes de vandalisme contre cet établissement..

Le site du musée

Le bâtiment abritant le musée est l'ancien palais des Colonies, construit à l'occasion de l'Exposition coloniale internationale de 1931 par Albert Laprade. Appelé « musée des Colonies » de 1931 à 1935 , il change plusieurs fois de nom : « musée des Colonies et de la France extérieure » en 1932, « musée de la France d’outre-mer » en 1935, « musée des Arts africains et océaniens » en 1960 et « musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie » de 1990 à 2003, année au cours de laquelle le musée ferme ses portes. Ses collections partent rejoindre celles du musée du quai Branly qui sera inauguré par Jacques Chirac en , tandis qu'en , Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, affecte le palais de la Porte-Dorée à la future Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

De nouveaux travaux sont entamés en 2005 qui aboutiront à l’ouverture du musée national de l’Histoire de l’immigration en 2007« Le palais de la Porte-Dorée après 1931 », www.palais-portedoree.fr (consulté le 8 février 2019)., sur . Son aménagement architectural a été confié à Patrick Bouchain.

Les présentations permanentes comportent . Par ailleurs, il est prévu un espace de pour des ateliers pédagogiques.

On y trouve également un auditorium, une médiathèque ainsi que le fameux aquarium tropical qui date de la création du bâtiment.

L'aménagement respecte la construction initiale puisque l'extérieur est classé et l'intérieur est inscrit à l'inventaire supplémentaire.

L'architecte en chef des monuments historiques, Jean-François Lagneau, a fait procéder à une réfection des toitures et des façades.

Le projet scientifique et culturel thumb|right|300px|Salle d'exposition permanente « Repères »

Dans le cadre de son projet scientifique et culturel, l'« établissement public du palais de la Porte-Dorée » depuis a pour missions : pour le Musée national de l'Histoire et des cultures de l'immigration :  concevoir et gérer le musée, ensemble culturel original à caractère muséologique et scientifique, chargé de conserver et de présenter au public des collections représentatives de l’histoire, des arts et des cultures de l’immigration ;  conserver, protéger et restaurer pour le compte de l’État les biens culturels inscrits sur l’inventaire du musée national de l’Histoire et des cultures de l’immigration dont il a la garde et contribuer à l’enrichissement des collections nationales ;  recueillir dans un centre de ressources les documents et informations de toute nature, portant sur l’histoire et les cultures de l’immigration ainsi que sur l’intégration des personnes qui en sont issues, y compris dans leurs dimensions économique, démographique, politique et sociale, et les diffuser, notamment par voie numérique, aux publics et aux professionnels ;  développer et animer sur l’ensemble du territoire un réseau de partenaires, constitué notamment d’associations, de collectivités territoriales, d’institutions scientifiques et culturelles, d’entreprises et d’organisations syndicales poursuivant des objectifs similaires ; pour l’Aquarium du palais de la Porte-Dorée : concevoir et gérer la présentation des animaux, en majorité aquatiques ou amphibies, qui illustrent la biodiversité des faunes tropicales d'eau douce et marines de la Terre ; assurer leur bien-être à travers la qualité des conditions de vie qui leur sont offertes, progresser en matière de savoir aquariologique et être un pôle-ressources dans ce domaine ; participer à la conservation des espèces par le biais de leur reproduction en captivité, et d'échanges avec d'autres établissements de ce type réunis au sein des réseaux WAZA et EAZA ;  diffuser les connaissances associées, par des expositions temporaires, la bibliothèque, le site et les partenariats avec des structures spécialisées (Union des conservateurs d'aquariums, Office français de la biodiversité, Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle, plateforme Océan et Climat), scientifiques (Muséum national d'Histoire naturelle, Société française d'ichtyologie) et éducatives (Éducation nationale, encyclopédie Fishipédia, collectifs Vigie Mer et Génération Mer).

L'exposition permanente