La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme est une décoration civile et militaire française créée par le décret du .. Depuis l'entrée en vigueur le de la version refondue du Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, cette décoration y figure désormais dans la partie réglementaire aux articles D355-23 à D355-31..
La médaille est décernée de manière rétroactive à compter du Circulaire du 26 novembre 2019 relative à la médaille nationale de reconnaissance des victimes du terrorisme. La médaille nationale de reconnaissance est obligatoirement demandée par la victime, ou, si elle est décédée, par sa famille. La médaille peut être décernée à un mineur, et à un étranger comme à un Français. En , la première titulaire est à titre posthume une victime de l'attentat du 22 février 2009 au Caire.
Caractéristiques Elle est décernée par décret du président de la République.
Peuvent la recevoir : les Français tués, blessés ou séquestrés lors d'actes terroristes commis sur le territoire national ou à l'étranger ; les étrangers tués, blessés ou séquestrés lors d'actes terroristes commis sur le territoire national ou à l'étranger contre les intérêts de la République française.
La médaille est remise par le président de la République, le Premier ministre, les membres du gouvernement, le grand chancelier de la Légion d'honneur, les préfets et les ambassadeurs, ainsi que par les autorités désignées par le Premier ministre.
Elle peut être remise à titre posthume et est alors soit épinglée sur le cercueil, soit remise à la famille.
Les insignes sont offerts par l'État.
Les faits pris en compte sont ceux postérieurs au .
Si le président de la République François Hollande avait accordé la Légion d'honneur à titre posthume à Hervé Gourdel, guide de montagne enlevé et égorgé par un groupe islamiste en Algérie, des voix s'étaient élevées pour mettre en doute l'opportunité d'utiliser cette récompense pour faits accomplis aux victimes du terrorisme..
Description des insignes
Position dans l'ordre de port protocolaire des décorations françaises La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme étant décernée par décret présidentiel, elle se porte directement après l'ordre national du Mérite.. Ce qui fait de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme la cinquième décoration la plus importante dans l'ordre de port protocolaire des décorations françaises. Elle arrive ainsi juste devant les croix de guerre (1914-1918, 1939-1945, Théâtres d'opérations extérieures, Valeur militaire, médaille de la Gendarmerie nationale avec citation) qui récompensent l'octroi d'une citation par le commandement militaire pour conduite exceptionnelle ou une action d'éclat au feu ou au combat.
La médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme se positionne donc aussi devant les croix et médailles qui ont la qualité de « titre de guerre » individuel en vue de l'obtention de l'un des deux ordres nationaux : la médaille de la Résistance française, la médaille des évadés, les croix du combattant volontaire.
Par ailleurs, la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme arrive devant les quatre ordres ministériels : ordre des Palmes académiques, ordre du Mérite maritime, ordre du Mérite agricole, ordre des Arts et des Lettres.
upright|vignette|L'insigne des blessés de guerre interprété sous la forme d'une médaille non officielle par la Monnaie de Paris. On remarque le module central avec son étoile rouge à cinq branches entourée de cinq pétales, graphisme qui semble avoir inspiré celui du module de la médaille de la reconnaissance nationale aux victimes du terrorisme. upright|vignette|La médaille des blessés de guerre telle qu'officialisée par le décret du .
Enfin, dans l'ordre protocolaire, la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme se portait bien avant l’insigne des blessés militaires et l'insigne des blessés civils, deux distinctions françaises destinées aux militaires ou aux civils qui ont été blessés ou mutilés du fait de la guerre réglementées par la loi du . relative à l'insigne des blessés de guerre. Ces insignes se présentaient à l'origine sous la seule forme d'un ruban de couleurs ou d'une étoile rouge ou blanche selon la nature militaire ou civile de la blessure. Il est intéressant de noter ici que la Monnaie de Paris frappait depuis plusieurs années sa propre déclinaison de l'insigne des blessés de guerre justement sous la forme d'une médaille non officielle. Les caractéristiques esthétiques de celle-ci semblent avoir inspiré celles de la médaille de reconnaissance nationale aux victimes du terrorisme. Cette médaille non officielle était justement pourvue de cinq pétales et les lignes de force des cinq rayons de son étoile centrale peuvent être rapprochés des cinq rameaux de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme, le graphisme de cette dernière correspondant à une disposition des éléments inversée sur un axe à 180º. Pour autant, depuis le décret du . (qui abroge loi du ), l'insigne des blessés a été remplacé par la médaille des blessés de guerre, rendant ainsi définitivement non conforme la médaille frappée par la Monnaie de Paris, considérant que la description officielle de cette nouvelle décoration précise que l'étoile rouge à cinq branches au centre du module est « entourée d'une couronne mi-feuilles de chêne, mi-feuilles de laurier ».
Réactions à la suite de la création de la médaille La sénatrice de l'Orne Nathalie Goulet considère que cette médaille constitue . Elle estime également que cette médaille ... Le , dans son éditorial du quotidien L'Opinion, le journaliste Olivier Auguste réagit également : .
Le , c'est la journaliste et essayiste Natacha Polony qui s'émeut de la création de cette médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme dans Le Figaro dans une chronique intitulée « Éviter les attentats, pas décorer les victimes ! ». : Avant de conclure :
Dans un article d'Angélique Négroni paru dans l'édition du Figaro du . intitulé « Attentats : la nouvelle médaille pour les victimes mal accueillie », Georges Salines, président de l'association du qui fédère les personnes touchées lors des attentats parisiens, explique que cette décoration ne répond pas à une attente des victimes : Également cité, Stéphane Gicquel souligne que :
Toujours dans cet article du Figaro en date du , Pierre Saint-Macary, président de l'Union nationale des combattants (UNC), relève que la nouvelle décoration arrive en cinquième position protocolaire, Quant au général Philippe Schmitt, directeur administratif de l’UNC, il juge que . René Goujat, président de l'Union française des associations de combattants et des victimes de guerre (UFAC), y relève quant à lui que : , en indiquant qu'il portera le dossier auprès du ministère de la Défense.
Seule l'association française des victimes du terrorisme (AFVT) semble avoir accueilli favorablement la création de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme. , rappelle Guillaume Denoix de Saint Marc, son directeur général.. Et celui-ci d'expliquer : Le , le directeur adjoint de l'AFVT, Stéphane Lacombe, publie quant à lui une tribune sur le site Internet de L'Obs, intitulée « Une médaille pour les victimes du terrorisme : 3 (fausses) raisons de s'y opposer ».. Il tente de vider de leur substance les critiques formulées à l'égard de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme en répondant sur trois points : l'acte de bravoure ; la victimisation ; le monde combattant.
Le , l'équipe de L'œil du sur France Info consacre à ce dossier de la médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme un sujet intitulé « La Médaille… dont personne ne veut ».. Emmanuel Domenach ( : fraternité et vérité) y est interviewé, de même que Pierre Saint-Macary (UNC) et Juliette Méadel (secrétaire d'État chargée de l'Aide aux victimes). Juliette Méadel intervient également le sur iTele, invitée par Michael Darmon.. Elle déclare alors qu'une médaille pour les victimes du terrorisme, c'est « du baume au cœur ».
Titulaires La première titulaire, à titre posthume, et par décret du , est Camille Quilin, décédée le à l'âge de 22 ans, victime de l’attentat du Caire le quand elle avait 12 ans.
En , la première promotion collective est décorée : (dont vingt-deux à titre posthume) impliquées dans vingt et un événements terroristes survenus en France ou à l’étranger depuis 2011 reçoivent la médaille. Parmi elles, les victimes des attentats de à Paris et Saint-Denis et celles de l’attentat de Nice, le , sont les plus nombreuses.
En : 40 personnes sont décorées.
En : 137 personnes sont décorées.
En : 153 personnes sont décorées.
En : 3 personnes sont décorées.
En : 237 personnes sont décorées.
En : 120 personnes sont décorées.
En : 107 personnes sont décorées.
En : 71 personnes sont décorées.
En : 93 personnes sont décorées.
En : 5 personnes sont décorées.
En mars 2026 : 119 personnes sont décorées.
Au , 1210 personnes, vivantes ou à titre posthume, ont été décorées de la Médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Attentats de janvier 2015 en France et attentats du 13 novembre 2015 en France Ne pas confondre avec la Médaille de reconnaissance de la Nation Ordres, décorations et médailles de la France Rubans des décorations militaires et civiles françaises Liste des décorations civiles Liste des décorations militaires
Liens externes Site officiel de « La Médaille nationale de reconnaissance aux victimes du terrorisme », sur legiondhonneur.fr
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