droite|vignette|Statue représentant Sacagawea (env. 1788–1812), une Lemhi shoshone captive des Hidatsas puis vendue à Toussaint Charbonneau. L'esclavage chez les Amérindiens aux États-Unis comprend à la fois l'esclavage « par » les Amérindiens ainsi que l'esclavage « des » Amérindiens au cours de l'histoire dans un espace correspondant à l'actuel territoire des États-Unis. Les limites des territoires tribaux et des lieux de commerce des esclaves ont plus varié que ces frontières.

Ces phénomènes englobent la pratique de certaines nations amérindiennes de détenir des prisonniers de guerre comme des esclaves avant et pendant la colonisation européenne, la capture et la vente de natifs comme esclaves par des Européens, ainsi que l'adoption par un petit nombre de nations de la pratique de la détention mobilière d'esclaves noirs entre la fin du et celle du .

Les formes d'esclavage pré-contact étaient semble-t-il distinctes de l'esclavage développé par les Européens en Amérique du Nord au cours de la période coloniale. L'influence européenne a considérablement changé la pratique de l'esclavage par les Amérindiens. En s'attaquant entre elles dans le but de capturer des esclaves à vendre aux Européens, les nations amérindiennes ont mené des guerres destructives entre elles, et précipité leur défaite face aux colons..

Histoire de l'esclavage chez les Amérindiens De nombreuses nations amérindiennes pratiquaient l'esclavage avant l'introduction par les Européens de l'esclavage commercial, mais aucune n'exploitait de main-d'œuvre esclave à grande échelle.

Usage de guerre Des nations amérindiennes réduisaient en esclavage leurs prisonniers de guerre. Certains autres, cependant, étaient utilisés pour des sacrifices rituels. Les Amérindiens ne faisaient pas de traite humaine à large échelle; les esclaves étaient c dans la période pré-coloniale, mais il arrivait qu'ils les utilisent comme monnaie d'echange dans le cadre de traité de paix ou pour racheté leurs propres membres réduits en esclavage . La plupart d'entre eux vivant dans un premier temps en marge de la tribu, puis y étaient peu à peu intégrés.

Intégration des captifs Dans de nombreux cas, les nations adoptaient les captifs pour remplacer leurs guerriers tués lors de combats. Les guerriers captifs étaient parfois mutilés ou torturés (dans certains cas jusqu'à la mort) dans le cadre d'un deuil rituel pour la famille des guerriers tués dans la bataille. Certaines nations amérindiennes coupaient un pied des captifs pour les empêcher de fuir. D'autres offraient aux captifs d'épouser les veuves des tués. Les Creeks, qui avaient un système matrilinéaire, traitaient les enfants nés d'esclaves comme des membres à part entière de la tribu, du fait que la propriété et l'hérédité étaient transmises par lignée maternelle. Plus généralement, les nations adoptaient facilement les femmes et les enfants captifs, car ils avaient tendance à s'adapter plus facilement à leur nouveau mode de vie.

Esclavage pour dette et comme forme de châtiment Plusieurs nations pouvaient garder des captifs en otage comme caution de dettes. De nombreuses nations imposaient aussi l'esclavage pour le paiement des dettes ou l'imposaient à leurs membres ayant commis des crimes ; le statut tribal de ces derniers était restauré à l'issue de ce travail forcé.

Premières rencontres avec les Européens Lorsque les Européens entrèrent en contact avec les Amérindiens, ceux-ci commencèrent à participer au commerce des esclaves.. Des Amérindiens, lors de leurs premières rencontres avec les Européens, tentèrent d'utiliser les captifs de nations ennemies pour , une tentative infructueuse de diviser pour régner.

Les Haïdas et les Tlingits, qui vivaient le long de la côte sud-est de l’Alaska, étaient traditionnellement connus comme étant de féroces guerriers et des esclavagistes, qui faisaient des raids aussi loin que la Californie actuelle Digital African American Voices - Digital History. Dans leur société, le statut d'esclave était héréditaire pour les prisonniers de guerre Haida Warfare - Civilization.ca. Chez certaines nations du Nord-Ouest Pacifique, jusqu'à un quart de la population était constitué d'esclaves.

L'esclavage européen Les colons européens provoquèrent un changement dans la pratique des captures et du travail forcé préexistants des Amérindiens en créant un véritable marché des prisonniers de raids.

Pendant des décennies, les colonies ont manqué de travailleurs ; en particulier celles du Sud, initialement développées pour l'exploitation des ressources plutôt que la colonisation. Les colons achetaient ou capturaient des Amérindiens pour les contraindre au travail forcé de la culture du tabac puis, à partir du , du riz et de l'indigo. Afin d'acquérir des marchandises, en particulier provenant du reste du monde, les autochtones commencèrent à vendre des prisonniers aux Blancs plutôt que de les intégrer dans leurs propres sociétés comme ils le faisaient par le passé. Les marchandises acquises pouvaient être des haches, des bouilloires en bronze, du rhum (produit aux Caraïbes), des bijoux européens, des aiguilles, des ciseaux, mais surtout des fusils.

Les Anglais copièrent les Portugais et les Espagnols en considérant l'esclavage des Africains et des Amérindiens comme une institution moralement, légalement et socialement acceptable ; la justification la plus rationnelle à cet esclavage était qu'il valait mieux employer les captifs ainsi que de les condamner à mort.

Les évasions d'esclaves amérindiens étaient fréquentes, parce qu'ils connaissaient les lieux, contrairement aux esclaves africains. Par conséquent, les autochtones réduits en esclavage étaient souvent envoyés aux Indes occidentales, ou loin de leurs terres.

Arrivée de l'esclavage européen Les premiers esclaves africains dont on a conservé l'enregistrement ont été placés à Jamestown ; avant les années 1630, l'engagisme était la forme dominante de servitude dans les colonies. Cependant, en 1636, seuls les Blancs pouvaient légalement recevoir des contrats de serviteurs consentants. Le plus ancien document établissant le statut d'esclave d'un Amérindien date de 1636 et a pour sujet un homme originaire du Massachusetts.

En 1661, l'esclavage était devenu légal dans les Treize colonies. La Virginie déclarera , et en 1682, l'État de New York interdit aux esclaves africains ou amérindiens de quitter la maison de leur maître ou leur plantation sans autorisation.

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Esclavage des amérindiens On sait peu des milliers d'Amérindiens qui ont été contraints au travail. Deux mythes ont compliqué l'histoire de l'esclavage des Amérindiens : que les Amérindiens étaient indésirables comme servants, et que les Amérindiens ont été exterminés ou chassés après la guerre du Roi Philippe.

Statut des esclaves amérindiens Le statut juridique précis pour certains Amérindiens est difficile à établir dans certaines circonstances, comme la servitude forcée et l'esclavage étaient mal définis dans l’Amérique britannique du . Certains maîtres affirmaient être propriétaires des enfants de leurs serviteurs amérindiens, et cherchaient à les transformer en esclaves.

La constante historique de l'esclavage en Amérique était que les colons européens avaient tracé une stricte limite entre et les gens de couleur ou métis étrangers, . Une caractéristique unique des relations entre les indigènes et les colons est que les colons affirmèrent progressivement leur souveraineté sur les habitants autochtones au cours du ; les transformant, ironiquement, en sujets avec des droits et privilèges dont les Afro-Américains ne pourraient jamais profiter.

Dans les colonies espagnoles, l'Église attribuait des noms de famille espagnols aux Amérindiens et les enregistrait en tant que serviteurs plutôt que comme esclaves.. À l'ouest, de nombreux membres de nations amérindiennes étaient pris contre leur gré comme esclaves à vie. Dans l'est, les Amérindiens étaient systématiquement enregistrés comme esclaves.

Emploi d'esclaves amérindiens Les esclaves des territoires indiens furent utilisés à de nombreuses fins à travers les États-Unis : travail dans les plantations de l'Est, guides dans les régions sauvages, travail dans les déserts de l'Ouest, enrôlement comme combattants lors de guerres. Les esclaves amérindiens étaient touchés par des maladies européennes nouvellement introduites et souffraient de traitements inhumains.

Esclavage en Nouvelle-Angleterre La guerre des Pequots

La majorité des esclaves pequots faits par les Européens étaient constitués de femmes et d'enfants non combattants, dont la plupart servirent comme esclaves pour le reste de leur vie.

Certains dossiers juridiques montrent des primes récompensant la traque des esclaves amérindiens évadés plus de dix ans après la fin de la guerre.

La conclusion de la guerre des Pequots de 1636 amena les Britanniques à faire des prisonniers de guerre pequots des esclaves presque immédiatement après la fondation du Connecticut en tant que « colonie », en Nouvelle-Angleterre. Cette guerre des Pequots fut dévastatrice : les Niantics, les Narragansetts, et les Mohegans ont été persuadés d'aider les colons du Massachusetts, du Connecticut, et de Plymouth à massacrer les Pequots, dont au moins 700 individus périrent.

Développement des captures et du commerce d'esclaves Le commerce d'esclaves amérindiens en Nouvelle-Angleterre et au Sud fut grandement aidé par le fait que les différentes nations ne se reconnaissaient pas entre elles, et étaient donc incapables de s'unir contre l'envahisseur. Les Chicachas et les Westos, par exemple, vendirent des captifs d'autres nations sans faire de détail et simplement pour augmenter leur pouvoir politique et économique.

Rhode Island a également participé à l'esclavage des Amérindiens, mais les archives officielles sont incomplètes ou inexistantes, rendant le nombre exact d'esclaves impossible à chiffrer. Les gouvernements de la Nouvelle-Angleterre promettaient aux colons le droit de piller comme paiement, et les commandants, comme Israël Stoughton, considéraient la prise de femmes et enfants amérindiens comme leur dû. En raison du manque de preuves, on ne peut spéculer pour savoir si les soldats demandaient ces prisonniers comme esclaves sexuels ou uniquement comme serviteurs. Peu de chefs colons remirent en question les politiques coloniales de traitement des esclaves mais Roger Williams, qui a essayé de maintenir des liens positifs avec les Narragansetts, était en conflit : en tant que chrétien, il considérait que les assassins d'Indiens et condamnait le meurtre de femmes et d'enfants autochtones, bien qu'il garda ses critiques privées.

Le Massachusetts conserva dans un premier temps la paix avec les nations amérindiennes de la région, cependant cela changea et l'esclavage des Amérindiens devint inévitable. On trouve des journaux de Boston mentionnant des évasions d'esclaves à la fin de l'année 1750. En 1790, le rapport du recensement des États-Unis indiquait que le nombre d'esclaves dans l'État était de , dont une part inconnue d'Amérindiens, mais au moins 200 cités comme moitié indiens (c'est-à-dire métis amérindien-africain). Le Massachusetts ayant occupé une place prépondérante lors de la guerre du Roi Philip et de la guerre des Pequots, il est très probable que la colonie avait largement dépassé le nombre d'esclaves amérindiens du Connecticut ou de Rhode Island.

Le New Hampshire s'est montré singulier en restant quasi-pacifique avec les nations voisines durant la guerre des Pequots et la guerre du Roi Philip, ayant de fait très peu d'esclaves. Les colons du Sud ont commencé à capturer et asservir les Amérindiens pour les exporter vers les « îles à sucre », ainsi qu'à destination des colonies du Nord. Ce commerce dévasta les populations natives du sud-est.