En 1808, après que le parlement britannique eut adopté le (loi d'abolition de l'esclavage), la Royal Navy créa à grands frais le (« Escadre de l'Afrique de l'Ouest »). Sa fonction était de lutter contre la traite atlantique en patrouillant au large des côtes d'Afrique de l'Ouest. Sa base se situait à Portsmouth. Elle commença avec deux petits navires, la frégate de cinquième rang de 32 canons HMS Solebay et le brick HMS Derwent. Au plus fort de son activité, l'escadre comprenait un sixième de la flotte de la et la même proportion de .

Entre 1808 et 1860, le captura négriers et libéra .

Histoire

Le , la Grande-Bretagne abolissait l'esclavage, interdisant aux sujets Britanniques de faire commerce d'esclaves, d'affréter, financer et aménager des bateaux négriers. La loi comprenait aussi une clause qui disait que les bateaux sans esclaves à bord, s'ils étaient équipés pour le transport d'esclaves, seraient néanmoins condamnés. Afin de faire respecter ces dispositions, l'Amirauté dépêcha en 1808 deux vaisseaux sur les côtes africaines. La petite force britannique, du fait des guerres napoléoniennes, était autorisée à stopper tout navire battant pavillon d'un pays ennemi, ce qui simplifiait grandement ses activités. Cependant, le Portugal, qui était l'un des plus grands trafiquants d'esclaves, était l'allié de la Grande-Bretagne. En 1810, à la suite de tractations diplomatiques, une convention fut signée, qui permettait aux vaisseaux britanniques de contrôler les Portugais, ce qui signifiait que ces derniers ne pouvaient pratiquer le commerce d'esclaves que depuis leurs propres possessions. À la fin des guerres napoléoniennes, Robert Stewart avait rédigé une déclaration contre l'esclavage qui apparaissait dans le texte adopté au congrès de Vienne en 1815, engageant tous les signataires. En 1814, la France avait accepté de cesser la traite et, en 1817, l'Espagne avait accepté de la stopper dans l'hémisphère nord, en accord avec le mandat confié à l'escadre. Les premiers traités signés avec les puissances étrangères étaient peu contraignants et, en pratique, ce n'était que si des esclaves se trouvaient effectivement à bord qu'il était possible de poursuivre l'équipage du navire.

Afin de permettre les poursuites judiciaires à l'encontre des commanditaires des navires capturés, une série de tribunaux furent établis le long de la côte africaine. En 1807, une cour de justice () fut instituée à Freetown, en Sierra Leone. En 1817, plusieurs autres cours () remplacèrent celle de Freetown. Elles étaient qualifiées de « mixtes » car elles comprenaient des représentants britanniques ainsi que ceux des autres pays ; il y avait ainsi des cours anglo-portugaise, anglo-espagnole et anglo-hollandaise en Sierra Leone. Loin de la pax britannica des années 1840 et 1850, les premiers efforts pour mettre fin à la traite atlantique ne furent guère efficaces car les autorités britanniques voulaient rester en bons termes avec les autres puissances européennes. Les activités du étaient « strictement encadrées » par les termes des traités et les officiers pouvaient être punis s'ils outrepassaient leur autorité.

Le George Collier, avec le HMS Creole, son navire-amiral de 36 canons, fut le premier commandant de l'escadre. Le , la l'envoya dans le golfe de Guinée avec l'ordre suivant : Il n'avait cependant que six navires pour couvrir de côtes. Il servit de 1818 à 1821.

En 1819 la créa une base navale en Afrique de l'Ouest dans un port négrier que les britanniques renommèrent Freetown. Elle allait devenir la capitale de la première colonie britannique d'Afrique de l'Ouest, la Sierra Leone. La plupart des esclaves libérés par l'escadre préféraient s'établir en Sierra Leone car ils avaient peur d'être à nouveau réduits en esclavage, un danger qui les guettait partout ailleurs en Afrique. À partir de 1821, l'escadre utilisa l'île de l'Ascension comme dépôt de marchandises avant d'utiliser Cape Town à partir de 1832. Comme la interdisait les navires négriers, les esclavagistes abandonnèrent leurs vaisseaux marchands en faveur de bâtiments plus rapides, tels que des Baltimore Clipper. Au début, la se montra incapable de les capturer, mais grâce à la capture de clippers esclavagistes et la venue de nouveaux bâtiments en provenance de Grande-Bretagne, elle reprit le dessus. Un des vaisseaux les plus efficaces de l'escadre fut un bâtiment capturé, renommé ; il permit de capturer onze vaisseaux esclavagistes en un an.

Jusqu'en 1835, la fut uniquement autorisée à arraisonner des bâtiments qui avaient des esclaves à bord. Cela signifiait que l'escadre ne pouvait pas s'occuper de vaisseaux équipés pour la traite d'esclaves s'ils n’avaient pas leur cargaison humaine à bord.. Cela signifiait également que les esclavagistes étaient incités à jeter leurs esclaves par-dessus bord pour éviter la saisie du navire.

En 1840, le commença à recevoir des vapeurs à roues à aubes, tels que le HMS Hydra, lesquels étaient supérieurs en tous points aux bâtiments qu'ils remplaçaient. Les vapeurs étaient indépendants des vents et leur faible tirant d'eau faisait qu'ils pouvaient patrouiller sur les hauts-fonds et dans les rivières. Au milieu du , il y avait vingt-cinq vaisseaux et ainsi que locaux engagés dans l'effort de lutte contre la traite.

La considérait l'Afrique de l'Ouest comme l'une des pires affectations du fait de la prévalence élevée des maladies tropicales. Cela fournissait toutefois des médecins compétents, aptes à lutter efficacement contre celles-ci, quoiqu'à un coût humain considérable.

La Grande-Bretagne pressait les autres nations de signer des traités afin de permettre à la de chercher des esclaves sur des navires battant leur pavillon. Le s'avançant, la commença aussi à interdire le commerce d'esclaves en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans l'océan Indien.

À partir de 1820, la marine américaine apporta son assistance au avec la frégate , bâtiment ironiquement britannique à l'origine, capturé par les Américains en 1815. Au début, la contribution américaine ne consistait qu'en quelques navires, mais le traité Webster-Ashburton permit finalement de formaliser cette contribution de l.

En 1870, le fut rattaché à la région militaire du Cap de Bonne-Espérance ().

Notes et références Traductions

Références

Articles connexes Chronologie de l'abolition de l'esclavage

Liens externes The West African Squadron and slave trade 10 things about British slavery, BBC News

Bibliographie

Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1808 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1870 Catégorie:Royaume-Uni au XIXe siècle Catégorie:Escadre de la Royal Navy