René Caron, né à Humbercourt dans la Somme, le , et exécuté par les Allemands au Mont-Valérien, le , est un militaire français de la Seconde Guerre mondiale. Il était lieutenant au sein de la du régiment régional et fut l'un des protagonistes, le , de l'exécution sommaire de 21 détenus transférés depuis la Belgique à Abbeville. Cet épisode est connu sous le nom de massacre d'AbbevilleCarlos H. Vlaemynck, "Dossier Abbeville: arrestaties en deportaties in mei 1940", Davidsfonds, 1977, 424 pagesMémoire des hommesLe Maitron, Dictionnaire biographique, Les fusillés 1940 - 1944, janvier 2014.
Éléments biographiques René Caron est instituteur, marié ; la famille qui comporte trois enfants est établie à Noyelles-en-Chaussée dans la Somme où il exerce également la fonction de secrétaire de mairie. Mobilisé durant la Seconde Guerre mondiale, René Caron intègre l'armée avec le grade de Lieutenant. Il officie au sein de la du Régiment Régional de garde. En , il est caserné à Abbeville. Sous les coups de boutoir allemands, l'armée française est proche de la débâcle.
Dans la nuit du 19 au , trois autocars arrivent de Belgique via Dunkerque et Béthune à Abbeville. À bord des véhicules, un contingent de 78 détenus arrêtés administrativement par les autorités belges en raison de leurs accointances probables avec les Allemands et transférés depuis l'ancienne prison de Bruges vers la France. L'information se répand, il s'agit d'un convoi d'espions. L'armée française est sur le point de décrocher face à l'avancée allemande. Par commodité, les détenus sont enfermés pour la nuit sous le kiosque. Le lendemain matin, le capitaine Marcel Dingeon donne oralement l'ordre au sergent-chef Émile Molet de les exécuter tous. Lorsque René Caron arrive sur place, les exécutions par groupes de trois ont déjà débuté, le lieutenant Caron laisse faire et selon la presse collaborationniste de l'époque, y prend même une part activeLe matin, 11 avril 1942, Ouest-Eclair, 11 avril 1942, . Tandis que 21 personnes dont une femme ont déjà été passées par les armes, le lieutenant Jules Léclabart arrive à son tour avec l'ordre de retraite au sud de la Somme. Il s'interpose et exige de voir l'ordre écrit d'exécution que personne ne peut produire. s'écrie-t-il mettant un terme aux exécutions sommaires.
Quelques semaines plus tard, René Caron est fait prisonnier par les Allemands, il parvient néanmoins à s'échapper et rentre chez lui, à Noyelles-en-Chaussée où il reprend sa charge d'instituteur. Le , il est arrêté par des enquêteurs du SIPO-SD de Bruxelles qui veulent faire toute la lumière sur les mauvais traitements subis par Léon Degrelle à Béthune et sur l'exécution sommaire des "espions belges". René Caron est transféré le à la prison de Fresnes. Le , il comparait au côté d'Émile Molet devant le conseil de guerre allemand du Groß-Paris. Les deux hommes sont condamnés à mort pour mauvais traitements infligés à des prisonniers et meurtres. Ils sont exécutés au Mont-Valérien, le . Passé en zone libre, Marcel Dingeon s'était suicidé et était mort à l'hôpital militaire de Pau, le Maurice de Wilde, België in de Tweede Wereldoorlog. Deel 5: De kollaboratie. DNB/Uitgeverij Peckmans, Kapellen 1985.
Presse d'époque Certains journaux collaborationnistes reviennent sur l'exécution des deux hommes condamnés pour le massacre d'Abbeville.
Reconnaissance Deux rues portent son nom (Abbeville et Humbercourt)
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Histoire de la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:1940 en Belgique Catégorie:1940 en France Catégorie:Naissance en juillet 1896 Catégorie:Naissance dans la Somme Catégorie:Décès en avril 1942 Caron René Catégorie:Décès à 45 ans Catégorie:Massacre d'Abbeville Catégorie:Fusillé au fort du Mont-Valérien Catégorie:Décès dans le département de la Seine Catégorie:Militaire français mort lors de la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Personnalité française condamnée pour crimes de guerre Catégorie:Personnalité condamnée à mort pour crime de guerre Catégorie:Personne condamnée pour crimes de guerre commis pendant la Seconde Guerre mondiale