Jean-Charles-Léon Danjoy ( - ) est un architecte français spécialisé dans la restauration de monuments historiques. Architecte diocésain des diocèses de Meaux, Coutances et Bordeaux, il est notamment chargé de programmer et de coordonner les travaux de restauration, d'entretien et de mobilier des édifices diocésains (cathédrale, palais épiscopal, séminaire).

Biographie

Jean-Charles Danjoy est né le à Avensac dans le Gers. En 1827, il est admis à l'École des Beaux-Arts de ParisRuth Fiori, "DANJOY Léon Jean-Charles", (en ligne), 2011.. Il étudie dans l'atelier de Jean-Nicolas HuyotMédiathèque de l'architecture et du patrimoine , notice biographique de Jean-Charles-Léon Danjoy. Jeune homme, il vend dessins d'architecture et lithographie pour subvenir à ses besoinsCésar Daly, Revue générale de l'architecture et des travaux publics : journal des architectes, des ingénieurs, des archéologues des industriels et des propriétaires (en ligne), 1862, éd. Ducher et Cie.

En 1840, Danjoy est nommé à la Commission des Monuments historiques, créée en 1837. Il est notamment chargé des travaux de restauration du château de FalaiseNadine Gastaldi, "Les édifices de culte sous le régime du Concordat", 1643-1945, L'Histoire par L'Image, ministère de la CultureRevue des Beaux-Arts en France, 1862, p. 356, de la cathédrale de Lisieux, du château de Saint-Sauveur-le-Vicomte, de la cathédrale de Bordeaux et de la Tour Pey-Berland, ou encore de la Collégiale de BraineJean-Michel Leniaud, Répertoire des architectes diocésains du , en ligne.

En 1842, il gagne la médaille d'or d'un concours de dessin de la tombe de Napoléon Ier. L'année suivante, il voyage en Espagne ; il y réalise notamment un dessin du , publié plus tard dans la collection de lithographies des monuments espagnolsBiblioteca Digital de Castilla y León, En el Monasterio de Benevívere, (en ligne).

En 1843, Danjoy propose un projet de restauration pour la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il est en compétition avec Jean Jacques Nicolas Arveuf-Fransquin et avec les vainqueurs Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-DucCamille Michael, The Gargoyles of Notre-Dame: Medievalism and the Monsters of Modernity, (en ligne), 2009, University of Chicago Press, . L'un des membres du jury considéra que ses plans prêtaient trop d'attention aux aspects religieux et pas assez aux aspects historiques. Cette même année, il est nommé responsable de la restauration de la cathédrale de Meaux.

Vers 1845, il s'occupe des travaux d'une maison dans le style gothique à AuteuilAndrew Ballantyne, Rural and Urban: Architecture Between Two Cultures, (en ligne), 2010, Taylor & Francis, . Il conçoit le socle du mausolée de la comtesse russe Élisabeth Alexandrovna Stroganoff située au Cimetière du Père Lachaise, à Paris. C'est un grand ouvrage de soubassement en pierre qui permet de consolider la « falaise de Charonne » en bordure du chemin du Dragon, et de réinstaller le mausolée qui est déplacé pierre à pierre. Il fait aussi sculpter dans le soubassement des marteaux de batteur d’or, des zibelines et de têtes de loup qui évoquent l’origine de la fortune de la famille dans les mines et le commerce des fourrures en Asie centrale

En 1847, il est nommé architecte diocésain chargé de la restauration de la cathédrale de BordeauxArchives nationales, dossiers de travaux, cotes F/19/7650 à F/19/7655), chantier auquel s'ajoute l'année suivante celui de la cathédrale de MetzCharles Bauchal, "Jean-Charles-Léon Danjoy", in Nouveau dictionnaire biographique et critique des architectes français (en ligne), 1887, Paris, éd. André Daly fils.. Également architecte du diocèse de Coutances, il commence les plans des travaux de restauration du séminaire de la ville mais meurt avant que les travaux ne commencent.

Il est retenu en 1853 comme architecte de l'Arc de Triomphe, remplaçant Guillaume Abel BlouetDanjoy ne dessine pas l'Arc de Triomphe, déjà complété par Guillaume-Abel Blouet. Il coordonne les travaux supplémentaires..

Danjoy est chargé des décorations du Château Pastré à Marseille, par l'armateur et négociant Eugène Pastré (1806-1868) et sa femme Céline de Beaulincourt-Marle. Achevé en 1862, le château accueille aujourd'hui le Musée de la Faïence. droite|240x240px|Mausolée de la comtesse Demidoff au Père Lachaise Danjoy meurt le à Paris. Il est inhumé le au cimetière de Montmartre Cimetière de Montmartre-Répertoire annuel d'inhumation : Courneroutte-Duret (1860-1864), .

Son fils Eugène Gustave Édouard Danjoy (1838-1905) est également un architecte reconnuEcole des chartes, Répertoire des architectes diocésains du , consultable en ligne ; il se forme auprès de son père et de Charles Questel, puis travaille pour l'atelier de Léon VaudoyerNabila Oulebsir, Les usages du patrimoine: Monuments, musées et politique coloniale en Algérie, 1830-1930 (en ligne), 2004, éditions MSH, ..

Distinctions

En 1845, Danjoy reçoit une médaille d'or de la Commission des Monuments historiques pour des travaux de restauration. Il est récompensé par une médaille d'or en 1850 pour ses plans de restauration de la Cathédrale de Metz. En plus du talent artistique, Danjoy fait preuve de solides connaissances archéologiques.

Eugène Viollet-le-Duc met en avant le travail difficile effectué sur le chantier de restauration de la cathédrale de Meaux et le recommande pour les services rendus au monde des arts. Léonce Reynaud le décrit comme un artiste de premier plan, avec un sens développé des formes, aux idées poétiques. Hamille quant à lui, lui reproche de ne pas être assez pratique.

Dessins Château de Falaise, élévations et plans Abbaye Sainte-Madeleine-Postel Grand Séminaire de Coutances, rénovation et agrandissement Cerisy-la-Forêt, élévation de l'église Collégiale Saint-Martin de Montmorency Palais épiscopal de Meaux, ancien palais épiscopal, aujourd'hui Musée Bossuet Cathédrale Saint-André de Bordeaux, élévation pour la peinture des murs de la chapelle Saint-Joseph Cathédrale Saint-Étienne de Meaux, élévations et plans

Notes

Liens externes

Ecole des chartes, Répertoire des architectes diocésains du , en ligne INHA, Dictionnaire des élèves architectes de l’École des beaux-arts (1800-1968), en ligne

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