La famille de La Cropte est une famille d'extraction chevaleresque originaire du Périgord. La branche de La Cropte de Chantérac (seule subsistante) fait partie des familles subsistantes de la noblesse française. Cette dernière est connue sous le nom d’usage « de Chantérac ».
Histoire Gustave Chaix d'Est-Ange indique que le premier auteur connu de la famille de La Cropte, Hélie de La Cropte, cité en 1144 était frère utérin de Pierre Urdimal, chevalier de Lardimalie. Il ajoute que le nom de la famille de La Cropte figure dans un grand nombre d'actes de la seconde moitié du et du siècle suivant, sans toutefois qu'on puisse relier entre eux d'une façon certaine les gentilshommes qui ont porté ce nom à une époque aussi reculéeGustave Chaix d'Est-Ange , Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du siècle, tome XII, 1913, page 344 à 349..
Selon les différents auteurs, la filiation de la famille de La Cropte remonte au ou au Mémoires de Saint-Simon, Volume 10, Hachette et cie, 1893, page 539..
Au , André Borel d'HauteriveAndré Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1856, page 197. donne une généalogie de la famille de La Cropte qui remonte à Fortanier de La Cropte, chevalier, cité en 1271. Cet auteur écrit que la maison de La Cropte, d’ancienne chevalerie du Périgord, a toujours tenu un rang distingué dans la noblesse par son origine, ses services et ses alliances et qu'elle eut pour berceau la paroisse de La Cropte en Dordogne où elle résidait au château de la Mothe. Il indique que les premiers seigneurs de cette maison avaient sans doute le droit de seigneurie et de haute justice sur tout le bourg de La Cropte puisqu’ils en ont adopté le nom, au lieu de ne prendre que celui de la Mothe, selon l’usage féodal. Il ajoute que ses premiers auteurs furent presque tous décorés de la chevalerie, et que leur liste commence par Hélie de la Cropte, du nom, qui vivait sous le règne de Louis-le-Jeune et souscrivit quatre chartes de donation de 1144 à 1168 en faveur des abbayes de Cluny et de Chancelade, et par Hélie II, qui fut du nombre des chevaliers de la troisième croisade menée par le roi de France Philippe Auguste et le roi d'Angleterre Richard Cœur de Lion. Le nom et les armes de ce chevalier figurent à ce titre dans la deuxième salle des Croisades du château de Versailles.
Pol Potier de Courcy donne lui une filiation qui commence avec Pierre de La Cropte , seigneur de la Mothe, mort avant le Pol Potier de Courcy, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, Éditions du Palais Royal, tome 9, 1879, page 155..
La famille de La Cropte a prouvé sa noblesse par titres originaux produits auprès du Juge d'Armes de France, établissant une filiation suivie depuis Hugon de La Cropte, damoiseau vivant au début du et marié à Marie Vigier, dame en partie de ChantéracFrançois Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois, Dictionnaire de la noblesse, volume 14, 1784, page 162..
Henri Jougla de Morenas dans le Grand Armorial de France donne une filiation de la famille de La Cropte qui remonte à Pierre de La Cropte, écuyer, mort avant 1395, marié à Jeanne de Portafé.
Régis Valette, dans son Catalogue de la noblesse française subsistante (2002) écrit que cette famille remonte sa filiation noble à l'année 1395Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 110..
vignette|droite|upright|Portrait de Marie-Françoise de La Cropte de Saint-Abre, marquise d'Argence (1744) par Jean-Marc NattierNew York, Metropolitan Museum of Art
Généalogie simplifiée Branche subsistante La famille de La Cropte a donné naissance à plusieurs branches dont celle de Lencais (branche aînée), de Bourzac et Saint-Abre aujourd'hui éteintes.
Seule subsiste La branche de Chantérac qui tire son nom de la terre et seigneurie de Chantérac en Périgord, qu'elle a possédée sans interruption depuis le jusqu'à la Révolution à la suite du mariage d'Hugues de La Cropte, du nom, avec Marie Vigier, dame de Chantérac.
Parmi les personnalités de cette branche, se trouvent : Gabriel de La Cropte de Chantérac (1640-1715), abbé, secrétaire de Fénelon ; Jean de La Cropte de Chantérac, archiprêtre, fondateur de la Congrégation de la Mission de Périgueux (1646)Félix Contassot, La Congrégation de la Mission de Périgueux ou Une Communauté diocésaine périgourdine au 1646 – 1792. Étude documentaire, édition, 1959, 180 p. (en ligne) ; Charles de La Cropte de Chanterac, dernier évêque d'Alet de 1763 à 1790 ; Bonaventure de La Cropte de Chantérac, maire de Marseille de 1849 à 1854, député des Bouches-du-Rhône et président du Conseil général des Bouches-du-Rhône ; Hugues de La Cropte de Chantérac (1872-1936), propriétaire du château de Chassilly, maire de Saint-Senier-de-Beuvron (1932-1936).
Autres branches Parmi les personnalités des autres branches de la famille de La Cropte, se trouvent : Bertrand de La Cropte de Lanquais, évêque de Sarlat de 1416 à 1446 ; François de La Cropte de La Ménardie, commandeur de Gap-Francès ; Louise de La Cropte de Saint-Abre, mère de Fénelon (1651-1715) ; Jean-François de La Cropte de Bourzac, évêque de Noyon de 1734 à 1766 ; Jean de La Cropte, chevalier, seigneur de Saint-Abre, colonel du régiment de Saint-Abre cavalerie, lieutenant-général des armées du roi Louis XIV sous les ordres du maréchal de Turenne pendant la Guerre de Hollande (1672 à 1678). Il fut blessé à mort en commandant son avant-garde à la bataille de Sinsheim et son fils aîné, fut tué lors des mêmes combats. Sur son lit de mort, il écrit dans sa dernière lettre à Louis XIV datée de Philisbourg, le : Sire, mon fils et moi perdons la vie dans le même combat : c'est finir dans les formes ; et je crois que V. M. sera contente de l’un et de l’autre. Ma mémoire attend de revoir les récompenses que ceux qui servent depuis moi ont déjà obtenues. J'ai toute ma vie vécu comme une personne de grand bien; mais cela n'a été qu'aux dépens de la bourse de mes amis. Il me reste six enfants, qui ont les mêmes sentiments que l'autre; j'espère que V. M. aura la bonté de ne les pas abandonner au méchant état de mes affaires. Je puis assurer V. M. que, jusqu'au dernier moment de ma vie, qui sera apparemment demain, je mourrai de Votre Majesté, le très-humble, etc.Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, tome XI, 1817, page 79.
Mention Le général de Gaulle, dans La France et son armée, cite les La Cropte parmi les familles ayant donné des capitaines formant « l'ossature » de l'armée royale sous l'Ancien RégimeCharles de Gaulle, La France et son armée, 1938, Tempus Perrin, 2016, p.84 : Ainsi, dans une terre retournée lèvent de plus belles moissons. Une légion d'excellents capitaines va donner à l'armée permanente l'ossature indispensable. Les Bayard, les Louis d'Ars, les La Cropte, les Mollard, plus tard les Montluc, les Biron, les La Noue, ainsi que tant d'autres qui leur ressemblent ou s'y efforcent, sont gens d'honneur et d'obéissance, dont l'idéal demeure "l'équipée" mais qui d'abord se font scrupule d'exécuter leur mission..
Armes D'azur, à une bande d'or, accompagnée de deux fleurs de lys du même, l'une posée en chef, et l'autre à la pointe-de l'écu. Couronne de marquis. Tenants : deux femmes nues et échevelées.
Titres
La branche de La Cropte établie à Chantérac porte depuis le XVIIIe siècle le titre de marquis de Beauvais, puis celui de marquis de Chantérac. Saint-Allais qualifie François-David de La Cropte de « marquis de Beauvais, seigneur de Chantérac », puis son fils Gabriel-Louis de « chevalier, seigneur, marquis de Chantérac ». Ce dernier rendit hommage au roi le 13 janvier 1777 devant le bureau des finances de la généralité de Guyenne pour la terre de Chantérac, mouvante de Sa Majesté à cause du comté de Périgord.
André Borel d'Hauterive reprend au XIXe siècle la qualification de « marquis de Chantérac-Beauvais » dans son étude consacrée à la maison de La Cropte.
Une compilation secondaire consacrée aux marquisats français indique que le marquisat de Beauvais, en Périgord, aurait été créé par brevet royal vers 1740 au profit de la maison de La Cropte de Chantérac, puis que le titre aurait été désigné sous le nom de marquisat de Chantérac à partir de 1744« Liste historique des marquisats de France », notices « Beauvais (Périgord) » et « Chantérac (Périgord) ».. Cette indication ne renvoie toutefois ni au texte du brevet royal ni à une cote d'archives permettant de l'identifier ; elle constitue donc une donnée secondaire qui reste à confirmer par une source primaire.
Alliances Marguerite de La Cropte épousa en 1534 Gilles de La Tour, seigneur de Limeuil, frère du vicomte de Turenne (de la maison de la Tour d’Auvergne). Uranie de La Cropte de Beauvais (1656-1717) épousa en 1680 le prince Louis-Thomas de Savoie-Carignan, comte de SoissonsNicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, T. 11, 1876, page 92 (lire en ligne)..
Autres alliances : d'Abzac de La Douze, de Portafé (), Vigier (1427), de la Porte de Floyrac (1457), de Carignac, de Chabans (1513), de Bruzac (1520), de Grimard (1538), Massin (1570), de Seris (1576), d’Auzanneau (1600), de la Place (1610), de Raymond (1627), Jaubert de Saint-Gelais (1639), de Jousserant, de Salignac de Fénélon (1650, 1668 et 1741), de Martel (1653), de Tiraqueau (1688), de Bourdeille (1712), Garnier (1730), des Achards de Joumart (1744), de Roussel de Courcy, Laurans de Gaure (1772), du Autier (1807), Lhuillier (1818), de Cœuret de Nesle (1843), de Gouyon de Coipel (1872), Thoumini de La Haulle (1873), de La Bourdonnaye-Blossac (1876), de Mallia, de Poulpiquet du Halgouët, de Foucher de Careil (1902), de Faubournet (1939), de Garidel-Thoron (1953), Angleys (1955), de Bernes de Longvilliers, de Bremond d'Ars, Le Moniès de Sagazan (1986), de Vulpian (1988), Bayon de Noyer, Champetier de Ribes-Christofle.
Possessions
Les différentes branches de la famille de La Cropte ont possédé plusieurs propriétés dont : Le Château de la Faye à Auriac-du-Périgord (Dordogne) Le Château de la Finou à Lalinde (Dordogne) Le Château de Lanquais (Dordogne) Le château du Mas de Montet à Petit-Bersac (Dordogne) le Château de Chantérac (Dordogne) Le château d'Épagne à Épagne-Épagnette L'hôtel de La Cropte-Saint-Abre (ou hôtel de Saint-Abre), 18 rue d'Aguesseau à Paris. Saisi au cours de la Révolution, il est vendu comme bien national en 1802. La Ville de Paris le loua jusqu'en 1811 pour y établir le siège de la mairie de l'Ancien arrondissement de ParisPaul Jarry: Le huitième arrondissement, souvenirs d'hier et d'aujourd'hui, Firmin Didot, 1938, p. 160.. Le château de Chassilly à Saint-Senier-de-Beuvron (Manche)
Postérité Rue de Chanterac, à Marseille en mémoire de Bonaventure de La Cropte de Chantérac, maire de Marseille de 1849 à 1854.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1856, pages 195-204. Pol Potier de Courcy, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, Éditions du Palais Royal, tome 9, 1879, page 155. Gustave Chaix d'Est-Ange , Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du siècle, tome XII, 1913, page 344 à 349. Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France, tome 3, Société du Grand armorial de France 1935, page 117. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante, 2002, page 110.
Articles connexes Armorial des familles du Périgord Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z)
Liens externes Site internet de la famille de La Cropte de Chantérac
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