vignette|L'entrée du multiplexe UGC Ciné Cité des Halles à Paris, le cinéma le plus fréquenté du monde
Un multiplexe cinématographique est un complexe cinématographique comptant au minimum huit salles de cinéma réunies en un seul établissement, afin de pouvoir proposer au public à toute heure d'ouverture une grande diversité de films. Ils sont prévus pour accueillir un grand nombre de spectateurs, avec des facilités d'accès. Ils sont généralement situés en périphérie des villes avec de grands parkings, ou alors au cœur des villes dans des zones facilement accessibles (dans des centres commerciaux notamment).
Apparus dans les années 1990 en France et venus remplacer les complexes, ces établissements innovent dans le secteur de l'exploitation cinématographique en facilitant leur accès (à travers notamment les parkings), en pensant le parcours client (via de larges halls d'accueil, permettant aux spectateurs de ne plus attendre à l'extérieur) et en proposant un accueil standardisé (avec un personnel formé). Le premier est ouvert en 1993 à Toulon par le groupe Pathé (Chargeurs à l'époque, détenu par Jérôme Seydoux), puis rapidement les autres grands réseaux suivront (UGC développe les "Ciné Cité", notamment avec Les Halles en 1995, CGR, Gaumont, etc.). On dénombre ainsi 233 multiplexes en 2020, soit 11,4 % des établissements cinématographiques mais ils concentrent plus de 40 % des fauteuils et réalisent près de 60 % des entrées.
Les films projetés sont généralement des blockbusters, américains ou d'autre nationalité. Toutefois, il serait réducteur de limiter leur programmation à cette seule catégorie de films. Ils ont ainsi pu contribuer à l'émergence des films de banlieue et certains d'entre eux peuvent miser sur de l'Art et Essai. Leur investissement important oblige à une rentabilité à long terme et donc une concentration sur les "films porteurs". Une part des revenus provient également de la vente de friandises et de boissons.
Caractéristiques Il existe de nombreuses définitions du multiplexe, la plus simple étant le nombre de salles minimum fixé à 8. Une raison historique a abouti à une telle définition. Au début des années 1990, le terme n'est pas très bien défini, ni juridiquement ni parmi les professionnels. En 1996, la définition se précise. En effet, un projet de multiplexe de 12 salles dans la zone commerciale "Mondeville 2", près de Caen, est proposé. Rapidement, Jean-Marie Girault, le maire et sénateur, et Marcel Hoste, président de la Chambre de Commerce et de l'Industrie, se positionnent contre. Ils vont pour cela faire appel à Francis Saint-Ellier, député du Calvados, afin de soumettre la construction des multiplexes à une autorisation administrative via un amendement à la loi Royer. Ainsi, à partir d', les établissements cinématographiques de plus de 2 000 fauteuils doivent obtenir l'aval de la commission départementale d'équipement commercial, évaluant le risque de suréquipement. En , une commission spécifique est créée : la Commission Départementale d’Équipement Cinématographique. Le seuil est alors abaissé à 1 500 fauteuils. Il sera réduit par la suite à 1 000 en 1998 pour finir par atteindre 300 en 2003. Il y a alors une déconnexion entre ce seuil et la définition des multiplexes (un plancher à 300 sièges est beaucoup trop bas pour qualifier un établissement de multiplexe). Les engagements de programmation, assurant la diversité des propositions filmiques des établissements cinématographiques, vont s'étendre aux cinémas de 8 salles ou plus en 2010. Ce sera donc cette dernière définition qui sera retenue pour catégoriser les multiplexes.
Mais cette définition n'est pas totalement satisfaisante, en effet, elle ne tient pas compte de la taille de la population située sur la zone de chalandise de l'établissement. Pour des métropoles regroupant plusieurs millions d'habitants, un nombre de huit écrans est relativement faible alors qu'il peut être très élevé pour de plus petites agglomérations. Les multiplexes regroupent certaines spécificités. Ils sont en général situés sur des nœuds de communication en périphérie de grandes et moyennes agglomérations, faciles d'accès et disposant d'un grand parking. Ils offrent une large panoplie de services annexes (confiserie, bars, bornes d'arcade...). Les salles sont relativement petites (environ 300 places). Ils disposent d'une très haute qualité technique (projection, son, confort des sièges). Les multiplexes disposent d'un personnel nombreux et bien formé. Plus qu'un concept comptable, il s'agit donc bien d'un concept commercial. À toute heure, le spectateur doit pouvoir voir un film adapté à ses attentes en moins d'une demi-heure, de plus, le temps d'attente entre l'arrivée et le début de la séance doit être rempli par des services annexes comme des bars, confiseries, librairies. La part de ces services annexes devient de plus en plus importante, de sorte que certains multiplexes réalisent plus de bénéfices sur les confiseries que sur les films eux-mêmes, le film tend alors à devenir un produit d'appel.
Le pari de Kinepolis En 1988, le groupe Kinepolis construit le premier multiplexe d'Europe à Bruxelles. Le bâtiment est construit à la périphérie de Bruxelles, il est doté d'un grand parking et est construit sur un principe simple, une allée centrale avec de chaque côté 12 salles identiques. Les salles sont relativement petites, les rangées de sièges sont placées sur des gradins, les fauteuils sont confortables, les projecteurs sont lumineux, équipés des toutes dernières technologies en matière de reproduction du son, le concept de multiplexe crée un nouveau standard qualitatif en matière de projection cinématographique. Cette nouvelle approche laisse la profession sceptique, les cinémas du centre-ville de Bruxelles ne croient pas que les spectateurs vont se déplacer jusqu'en périphérie pour voir des films. Les promoteurs ne sont pas non plus très confiants. Pour assurer une reconversion facile en cas d'échec, le bâtiment est conçu pour pouvoir être facilement transformé en parking, une rampe d'accès pour voiture est même construite, rampe toujours présente aujourd'hui et qui sert aux spectateurs à accéder à l'entrée des salles. Le nouveau standard qualitatif attire de nombreux spectateurs et plusieurs exploitants du centre-ville incapables de reproduire ces standards se voient contraints de fermer leurs établissements. Le premier multiplexe d'Europe est un succès, il ne sera pas transformé en parking et commence à faire frémir tous les mono-écrans et les complexes d'Europe.
Les premiers multiplexes en France Les opérateurs français sont plus attentistes que leurs voisins européens. En effet, dans l'Hexagone, le parc de salles est moins touché par la crise, grâce à une certaine cinéphilie de la population française et un système de soutien plus poussé. Les premiers multiplexes français arrivent en 1993, avec le Pathé Grand Ciel dans la banlieue de Toulon. Rapidement, les projets se multiplient et les groupes se positionnent en proposant leur propre conception de cette innovation. Ainsi, le groupe Chargeurs, avec Jérôme Seydoux à la tête (Pathé) investira sur les services proposés et la qualité des projections (IMAX, confiserie en self service…). UGC lance UGC Ciné Cité et s'installe plutôt en centre-ville, avec des projets phares (Les Halles, Bercy, au centre de Bordeaux…). CGR se spécialise dans les villes moyennes et en banlieue, se démarquant par une très bonne maîtrise financière des projets. Des indépendants se lancent également, comme Megarama, Ciné'Alpes ou encore Grand Ecran. Ces investissements sont importants, un multiplexe coûte entre 8 et 20 millions d'euros et devient rentable en une dizaine d'années. Toutefois, ils ont poussé toute l'exploitation cinématographique à se renouveler, amenant un regain de fréquentation : la barre des 200 millions d'entrées est régulièrement franchie dans les années 2010, avant la crise du Covid.
Liste des plus gros multiplexes en Europe Source : Les chiffres clefs du cinéma européen, les multiplexes en Europe au , MEDIA salles
Allemagne UCI ouvre le premier multiplexe allemand en 1990, UCI Kinowelt Hürth Park, à Hürth, près de Cologne, avec et 14 salles.
Nom Lieu Exploitant Écrans Sièges Date d'ouvertureCinemaxx Potsdamer PlatzBerlinCinemaxx191998CinecittàNürnbergWolfram Weber182001CinemaxXEssenCinemaxx161991UCI Kinowelt Ruhr ParkBochumUCI141991CineStar - Der FilmpalastDortmundGreater union filmpalast141997UCI Kinowelt Hürth ParkHürthUCI141990CinedomKölnConstantin141991Mathäser der Filmpalast Munich Kinopolis142003
Autriche
Nom Lieu Exploitant Écrans Sièges Date d'ouvertureMillenium Tower Vienne UCI 21 3 521 2001 Cineplexx Palace Vienne Constantin 14 3 168 1999 Hollywood Megaplex Donauplex Vienne Constantin13 3 186 2001Hollywood MegaplexPaschingHueber 122 664 1995Apollo - Das Kino Vienne Constantin 12 2 1601999Hollywood Megaplex Gasometer Vienne Hueber 12 2 902 2001Cineplexx WorldGraz Puntigam Constantin 11 2 8001999Cineplexx WorldLinzConstantin 102 3811999Cineplexx WorldWals-SiezenheimConstantin 102 5541999Village CinemaVienne Village cinemas101 7042000CineStar FilmpalastVienneConstantin10 2 3002001Cineplexx WienerbergVienneConstantin10 2 3092002
Belgique Multiplexes de 14 salles ou plus
Nom Lieu Exploitant Écrans Sièges Date d'ouvertureKinepolis BruxellesBruxellesKinepolis251988Metropolis AntwerpAnversKinepolis241993UGC AntwerpenAnvers UGC171997Kinepolis LiègeLiègeKinepolis161997UGC Toison d’OrBruxellesUGC141999CinépointcomCharleroiEmpire141998Kinepolis HasseltHasseltKinepolis141996Imagix MonsMonsGroupe Carpentier - Imagix141993
Bulgarie Nom Lieu Exploitant Écrans Sièges Date d'ouverture Arena Sofia Alexandra Group Holding 15 2003 Multiplex United New Cinema Sofia United New cinema 8 2002
Danemark Nom Lieu Exploitant Écrans Sièges Date d'ouverturePalads TeatretCopenhagueNordisk film171978KinopalaeetLyngbySandrew Metronome112001BioCityAalborgNordisk film10 2004CinemaxXCopenhagueCinemaxx 102000
Espagne