L’Engin Léger de Combat (ELC) est le nom ultime d'un programme des années 1950 du ministère de la Défense français pour un petit blindé aéro-transportable entièrement chenillé.

Jusqu'en 1961, il a donné lieu à plusieurs véhicules eux-mêmes déclinés en plusieurs versions mais dont aucune ne dépassa le stade du prototype.

Son créneau fut finalement pris par l'automitrailleuse Panhard AML, plus polyvalente malgré des capacités tout-terrain moindres.

Évolution du programme Fantassin mécanique (1950-1954) Au début des années 1950, la France recommence à créer des engins blindés et réémerge l'idée de saturer le champ de bataille de petits blindés soutenant les fantassins comme le Char Renault FT pendant la Première Guerre mondiale.

Avant même tout programme, un prototype monoplace pouvant être armé d'un M20 super bazooka est réalisé sur une idée de l'ingénieur PommeletLes véhicules blindés français 1945-1977, Pierre Touzin, EPA, 1978, pages 41 à 50, 87, 243 et 246.. Après une demande du maréchal Juin en , d'autres avant-projets verront le jour dont seul le VP 90 (pour véhicule de patrouille ) de l'ingénieur Victor Bouffort feront l'objet de prototypes expérimentés en 1954.

L'idée de produire en masse des blindés chenillés, au maximum triplaces, aussi faiblement armés, est rapidement abandonnée.

Soutien rapproché : Engin des intervalles (1952-1955) Un armement plus important de six canons sans recul de est proposé par Lorraine et fait l'objet d'une commande de prototype en .

Sur la demande du maréchal Juin de , deux autres avant-projets similaires sont présentés par AMX-Hotchkiss (6 canons sans recul de ou 4 de ) et l'ingénieur Even (1 canon de 105 sans recul).

Le une commission entérine cette évolution en définissant un « Engin des intervalles » armé d'un canon sans recul de 75, ou un lance-roquette Brandt de .

Le quatre maquettes grandeur nature sont présentées : un monoplace et un biplace de Lorraine (toujours avec les 6 canons de sans recul), un biplace AMX-Hotchkiss (toujours avec six canons sans recul de ou 4 de ) et un biplace Even (qui passe à quatre lance-roquettes Brandt de ).

Le Lorraine monoplace et l'Even font l'objet de prototypes mais ils sont abandonnés dès 1955 car l'armement demandé bascule vers des canons classiques éliminant le défaut du jet de feu derrière les canons sans reculs et lance-roquettes et offrant de plus grandes précision et portée.

Anti-char exigu : Engin léger de combat (1955-1961) vignette|Essais d'un ELC d'AMC en 1955 En , le véhicule est renommé "Engin léger de combat" et en 1955 passe donc au canon de haute vélocité.

Divers prototypes Even et AMX verront le jour (cf infra), Lorraine ayant jeté l'éponge.

Une contradiction se fait jour entre un engin pensé au départ comme un biplace extrêmement petit et un armement devenu celui d'un chasseur de chars nécessitant un équipage plus important et de stocker des munitions. Il est donc mis fin au projet en 1961 même si le VP 90 continua à faire l'objet de développement de la part de ses constructeurs successifs mais toujours sans succès.

Néanmoins, les efforts déployés ne sont pas totalement vains car en 1958, un projet d'ELC à roues est transformé en automitrailleuse construit par AMX et concurrence le projet Panhard. Il perd le marché du châssis mais sa tourelle des Ateliers du Havre (AHE) est adoptée dans le Panhard AML.

Prototypes Pommelet L'ingénieur Pommellet réalise entre 1950 et 1952, avant le lancement du programme en lui-même, un engin monoplace extrêmement bas avec un conducteur couché. Ce projet ne connait aucune suite.

VP 90 et descendants L'ingénieur Victor Bouffort étudie de sa propre initiative le VP 90 dont le prototype est réalisé par Fouga. Un deuxième, VP 90/02 est commandé le , puis dix supplémentaires nommés VP 90 C sont commandés en 1954 (l'un d'entre eux est conservé au Musée des blindés de Saumur).

Hotchkiss reprend le projet en 1958 et construit d'autres prototypes de plus en plus lourds et armés jusqu'au début des années 1970.

Puis le dossier passe à la Soframag qui propose le Fennec que Lohr reprend sous le nom VPX 110 en 1978 avec missiles HOT ou Milan où l'équipage est encore couché comme à l'origine mais l'engin ne trouve pas de marché.

Lorraine Lorraine obtient la commande d'un prototype dès et il est prêt à l'été 1953. Il est armé de 6 canons sans recul de (trois de chaque côté de la tourelle) et de 2 mitrailleuses coaxiales de Mle 1952. Comme beaucoup de véhicules Lorraine les galets de son train de roulement sont des pneus.

Cette version est proche des M50 Ontos et Type 60.

Lorraine ne donne pas suite à la transformation du programme demandant un canon classique et en reste là.

ELC EVEN L'ingénieur Even avec les Ets Brunon-Valette de Rive-de-Gier créent un châssis spécialement pour l'occasion avec le conducteur dans la caisse à droite (inhabituel en France) et des , comme pour l'Engin blindé de reconnaissance ou l'AMX-13, déportée à gauche.

Caractéristiques. : Longueur : , largeur : , hauteur : , poids : (variable selon la version). Moteur Sofam de , vitesse : , autonomie : . Armement : voir ci-dessous. Équipage : 2 hommes.

ELC EVEN lance-roquettes Cette version est équipée de 4 lance-roquettes Brandt de calibre et deux mitrailleuses coaxiales de Mle 1952. Une possibilité insolite de rechargement était offerte au conducteur depuis son siègeftr.wot-news.com - ELC part I - http://ftr.wot-news.com/2014/04/12/elc-part-i-big-guns-on-small-tanks-elc-even-4-x-120/.

Le prototype est commandé le , livré en aout 1955 et évalué en avril et mais le passage du programme à un canon classique le condamne.

Une version avec deux canons de même calibre à barillets de 5 coups fut étudiée sur le papier mais écartée en raison du surcroit de taille et de poids.

ELC EVEN vignette|gauche|Un prototype présenté d'EVEN . vignette|ELC EVEN version . Un premier châssis commandé en avec deux tourelles (une avec le , une avec les deux ), puis cinq autres prototypes commandés le et livrés par Hotchkiss en 1961 sont équipés d'une tourelle avec un canon lisse de Mecar (société belge, en 2016 filiale de Nexter) déporté à droite et d'une mitrailleuse coaxiale de Mle 1952 à gauche.

Un des prototypes dotés du est conservé au musée des blindés de Saumur. Il est en état de rouler et fait parfois l'objet de démonstrations publiquesForum engins blindés. http://engins-blindes.leforum.eu/t476-Engin-Leger-de-Combat-ELC-EVEN-90-mm.htm. Un autre est situé au camp de Carpiagne.

ELC EVEN bitube Un premier châssis commandé en avec deux tourelles (une avec le , une avec les deux ), puis cinq prototypes commandés le et livrés par Hotchkiss en 1961 sont équipés d'une tourelle dotée de deux canons rayés de Hispano-Suiza 825. chambré en et alimentés par bandes. Ce sont des canons à l'origine anti-aériens donc à haute vélocité et perforation. Deux mitrailleuses coaxiales de Mle 1952 complètent l'armement principal.

La grande cadence de tir pose un problème vu le faible emport de munitions et on envisage un passage au mais cela reste un projet.

Un des prototypes dotés du est conservé au musée des blindés de Saumur.

ELC EVEN missiles Entre 1969 et 1971, un des dix prototypes Even est équipé de la tourelle (non-oscillante) Nord-Aviation Na2 qui est doté de deux bras pouvant porter un total de 4 Nord SS.11 ou 2 SS-12 (la configuration avec 2 SS.11 et 1 SS-12 n'était destinée qu'aux essais)Photo Na2 - http://www.heberger-image.fr/data/images/69149_ELC_EVEN_NA_2.jpg.

Cette tourelle est testée également sur des versions des AMX VTT et Panhard AML mais reste sans suite.

ELC AMX Les ateliers de construction d'Issy-les-Moulineaux partent du châssis de la chenillette Hotchkiss.

Sa tourelle est rotative sur mais ne peut tourner que lorsque le véhicule est à l’arrêt car le chauffeur est installé en partie dans la tourelle en raison de l’exiguïté de la caisse.

À la suite des propositions d'Even pour le , une version avec un canon de est étudiée mais non réalisée.

ELC AMX La caisse blindée de ce prototype non retenu est créé à partir du châssis de la chenillette Hotchkiss CC 2 avec une suspension à quatre galets. Deux prototypes sont commandés en 1954, le premier est prêt le et ils sont évalués en 1957-1959. -

Caractéristiques ELC AMX - http://www.chars-francais.net/2015/index.php/liste-chronologique/de-1945-a-1990?task=view&id=714 : Longueur : , largeur : , hauteur : . Armement : canon de D 914/D 915 () avec 36 obus Équipage : 2 hommes.

ELC AMX Bis La version améliorée ELC AMX Bis est développée avec la version suivante de la chenillette, la Hotchkiss TT 6, dont le train de roulement comporte cinq galets. Son plan est prêt le et il est évalué en 1961.

L'ELC AMX n'a pas été industrialisé et n'est jamais entré en service mais un prototype est conservé au musée des blindés de Saumur.

Caractéristiques : Longueur : ( avec canon), largeur : , hauteur : , poids : . Armement : canon de D 915 (Vo ) avec 53 obus. Équipage : 2 hommes.

Dans la culture populaire Dans le jeu vidéo War Thunder, l'AMX ELC Bis est présent depuis la mise à jour Wind of Change. Sa tourelle ne peut pas tourner à , même à l'arrêt, bloquée à un débattement horizontal de et est classé en tant que char léger. L'ELC TC 901 a également été rajouté au jeu, inclus dans le Battlepass "Lines of Contact". Plus mobile que l'AMX ELC Bis, il reste toutefois très similaire. Sa tourelle possède un débattement vertical de 20°, et horizontal de 40°.

L'AMX ELC Bis est aussi jouable dans World of Tanks.

Références

Liens externes

www.chars-francais.net - ELC AMX - www.chars-francais.net - ELC EVEN -

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