Le terme de langue ligure figoun désigne les personnes et parlers originaires de l'extrême ouest de la Ligurie (l'actuelle province d'Imperia) venus en Provence aux pour repeupler des villages victimes de la peste ou de la guerre civile : Biot et Vallauris (aux environs d'Antibes), ainsi que Mons et Escragnolles (à l'ouest de Grasse)Paul Sénequier, "Les patois de Biot, Vallauris, Mons et Escragnolles", Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, VI, 1879, Jules Ronjat, Grammaire istorique [sic] des parlers provençaux modernes, Montpellier, 1930-1941, .
Selon Frédéric Mistral, le nom proviendrait du hameau de Figounia, dans la province d'ImperiaFrédéric Mistral, "Figoun", Lou Trésor dou Félibrige ou Dictionnaire provençal-français : embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne, Pierre Bec, La langue occitane, PUF, 1995 mais ce lieu n’existe que dans son imagination.
L'origine du mot figoun remonte probablement au Moyen Âge et se référerait en Ligurie à une frange de la population pauvre, marginale et souvent nomade qui consommaient des figues sèches, fruits qui abondent dans la région et remplaçaient, chez les pauvres, le sucre et le miel. Certains Figouns vendaient ces fruits de façon itinérante. Comme tous les ambulants et nomades, les vendeurs de figues sèches étaient peu appréciés ; le terme figoun est de ce fait plutôt péjoratif. Il semble que le mot figoun ait été exporté de la région même où vivaient ceux qui étaient définis comme tels par le reste de la population locale. En Provence, le mot emprunté au dialecte ligure a par la suite désigné tous les pauvres émigrés venus de Ligurie aux XVe et XVIe siècles ainsi que leurs descendants qui ont conservé un dialecte particulier.
Les Figouns
Les Figouns F. Toso F., Da Monaco a Gibralterra : storia, lingua e cultura di villagi e citta-satto génovesi verso occidente, Toso, Le Mani Ed., Genova, 2004, de Mons furent accueillis (contre franchises à payer en retour) en deux périodes : 1260 et 1468. Ils provenaient principalement de la région de Vintimille (Vallée de la Nervia, de Pigna). En bons maçons, ils participèrent largement à l'édification de la ville et de ses remparts. C'est à leur époque que l'olivier fut introduit dans la région. Ils sont souvent liés à la culture, au commerce et à la préparation des figues (frigoule ou frigoure), d'où leur appellation.
Le "figoun" est un mélange non structuré de ligure et de provençal, comme on en retrouve à Escragnolles ou Biot. Les patronymes Bosio, Brosco, Bruzon, Canille, Chappory, Chiappe, Chichon, Durante, Galliano, Machiavello, Massa, Monteverde, Olivero, Parody, Passano, Pisarello, Poggio, Porro, Restano, Risso, Sanguinetti, Traverso, y sont très répandus. Certains Monsois se servent encore du figoun quand ils ne veulent pas être compris par les « estrangers » !
L'abbé Jean-Pierre PaponJ.-P. Papon (Abbé), Voyage littéraire en Provence, Lib. Barrois, Paris, 1780, . (1780) rapporte un des premiers témoignages de ce dialecte : « On croit que c'est l’idiome des Sarrasins : on se trompe, c'est l'ancien patois de Gênes ». Il fut utilisé jusqu'à la fin du et a laissé très peu de traces écrites.
Littérature
Un poème en figoun, E due bessoune, a été publié "E due bessoune, chanson en patois figon, par Rebuffel Pons, cultivateur à Escragnolles", Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, XVI, 1899, ] en 1899. extrait d'un probable lexique manuscrit figoun-français retrouvé dans les archives du château de Beauregard à Mons (Var) et identifié par Fiorenzo Toso Toso, Fiorenzo : Da Monaco a Gibralterra : storia e culture da villagi et città-statto genovesi verso occidente, Le Mani Ed., Genova, 2004, ; Toso, Fiorenzo. Le parlate liguri della Provenza. Il dialetto figun tra storia e memoria, Philobiblon Ed., Ventimiglia, 2014 comme ayant des similitudes avec un patois ancien de la région nord de Gênes ()
Voir aussi Articles connexes Gênes Mons Escragnolles Graïssier ou séchoir à figues M. Royon, Les séchoirs solaires à figues en Provence, Revue du Centre archéologique du Var, 2007, Toulon, .M. Royon, Les graïssiers (gréissiés) de Mons-en-Provence, Pierre sèche varoise, 2008-X, .
Notes et références
Liens externes Figui de Figogna
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