La photothèque du muséum de Toulouse est un service interne du muséum de Toulouse. Rattachée au domaine Patrimoine, la photothèque fait partie du service Bibliothèque et documentation. Elle a plusieurs missions, car elle gère, centralise et met à la disposition de tous, les campagnes photographiques réalisées au sein de l'établissement (reportages et prises de vue en studio). Depuis plusieurs années, le travail de la photothèque vise aussi à remettre aux normes de conservation, inventorier et numériser les collections photographiques. Cela nécessite des recherches historiques et techniques très précises, un relais étroit avec le service conservation du musée ainsi que des échanges avec des spécialistes (autres musées, donateurs, universitaires, etc.). Après identification, une étude est menée sur la vie des photographes et le contexte des prises de vue de chaque période et zone géographique concernées. Elle procède à un enrichissement de ses collections par des dons ou achats de photographies anciennes pour continuer à enrichir ses fonds.

Histoire thumb|Boîtes anciennes de conservation des clichés. Conservées au muséum de Toulouse À la fin des années 1990, le muséum de Toulouse a fermé ses portes à cause de problèmes de mise aux normes.. La municipalité décide d'investir dans un nouveau et grand projet. La première des étapes devient donc le déménagement de l’ensemble des collections au début des années 2000. Pendant la rénovation du Muséum, la direction de l’établissement décide de gérer, numériser et conserver l’ensemble des fonds photographiques composés de plus de . Le fonds Trutat, comprend par exemple près de de verre. Il est traité en priorité pour la réouverture de l'établissement en 2008. Le traitement des autres fonds photographiques et toujours en cours (plaques de verre, négatifs, tirages contre-collés...)

Vers 2003, Frédéric Ripoll a été chargé de la numérisation et de la conservation du fonds Eugène Trutat. Il crée et structure avec Frédérique Gaillard la photothèque du muséum de Toulouse entre 2005 et 2009. Frédérique Gaillard devient la responsable de la photothèque de 2010 à 2021. À partir de 2010, elle enrichit les collections photographiques du muséum par une politique d'acquisition notamment des tirages d'Eugène Trutat. À ce jour le fonds ancien est pratiquement entièrement numérisé et une partie est accessible sur Wikimédia Commons dans le cadre du projet Phoebus. Frédérique Gaillard a œuvré pour la mise en place d'un Digital Asset Management qui a vocation à centraliser tous les médias produits en interne avec les fonds photographiques anciens. Elle quitte ses fonctions en pour devenir maître de conférences à l'université Jean Jaurès et travaille sur les patrimoines photographiques et leur valorisation.

Inventaire et récolement Comme l’exige la loi du relative aux musées de France, le Muséum doit rendre au ministère de la Culture un inventaire complet de ses collections. Les fonds photographiques s’inscrivent obligatoirement dans cette démarche. Après expertises et recoupement des données, les fonds ont nécessité une description normative de toutes les photographies à caractère patrimonial. Ce travail d’inventaire et de récolement des collections photographiques s’est fait en collaboration avec le service conservation. Cette opération majeure permet au Muséum d’imprimer le premier inventaire légal de ses collections en 2014.

Enrichissement des collections Parallèlement au travail de numérisation, le Muséum continue d'enrichir sa collection photographique ancienne et son fonds moderne numérique. Plus de numériques ont ainsi été réalisés lors des différentes activités du musée (exposition, vernissage, collections...) qui viennent s'ajouter aux milliers de documents argentiques pris entre 1950 et 2000. Les agents du Muséum sont également acteurs de l'enrichissement de la documentation de leur travail, comme dans le laboratoire de Taxidermie où chaque opération est documentée étape par étape comme pour la naturalisation de l'ourse Cannelle..

La chargée des collections ethnographiques, participe dans un autre cadre à l'enrichissement des collections photographiques. En effet, le Muséum est engagé dans une politique d’enrichissement de ses collections amérindiennes grâce à un projet de collecte et d’échanges avec plusieurs communautés de l’Amazonie brésilienne.. En collaboration avec l’association toulousaine Jabiru prod et le laboratoire EREA du CNRS, le Muséum organise une mission de terrain par an depuis 2011. Les témoignages vidéos et photographiques complètent ces collectes. Ils constituent le patrimoine photographique du . L’étude des usages et pratiques de l’image au sein du réseau professionnel de l'établissement met en évidence le fait que ce dernier se trouve au cœur du dispositif de travail et de communication. Cette démarche fait perdurer l'ambition initiale d'Eugène Trutat et de ses confrères : collecter et conserver pour les générations futures des données scientifiques, ethnographiques et techniques parallèlement aux collections naturalistes.

Missions thumb|Présentation de la photothèque du muséum de Toulouse Les missions de la photothèque s'organisent donc autour de plusieurs axes :

Assurer la conservation des collections photographiques numériques et argentiques.

Recherche iconographique dans les fonds photographiques du Muséum

Gestion juridique des fonds

Assurer la numérisation de photographies

Organiser des campagnes photographiques autour des collections du Muséum, les étapes de naturalisation, les travaux, les expositions permanentes et temporaires, les animations, les événements, les jardins...

Contribuer à valoriser les collections photographiques à travers des projets d'édition et d'exposition.

Gestion des fonds Les fonds du muséum de Toulouse se décomposent donc en deux grandes catégories :

Les fonds anciens et les fonds modernes. Les fonds anciens rassemblent environ plaques de verre et tirages, ils se sont construits par la suite grâce à des achats et des dons. vignette|Dynastes hercules ecuatorianus photographié par Didier Descouens dans le cadre projet Phoebus

Fonds Eugène Trutat

thumb|Moissac , cloître - Fonds Trutat - MHNT.PHa.138.R010 Parmi ceux-là le plus important est le fonds Trutat avec documents et une partie de son matériel de prise de vue.. En effet en tant que conservateur du Muséum, Eugène Trutat a réalisé de nombreux clichés du Muséum, mais aussi de ses expéditions dans les Pyrénées, à l'étranger et plus largement dans toute la France. Une partie de ce fonds est disponible en ligne sur Wikimedia Commons dans le cadre du projet Phoebus mis en place par la mairie de Toulouse et Wikimédia France en 2010. Les collections patrimoniales photographiées dans le cadre du projet Phoebus sont vues des millions de fois par an. En quelques mois, la consultation des photographies réalisées par Eugène Trutat dépasse les 70.000 fois.. Le Muséum a récemment fait l'acquisition de négatifs papiers, précédé ancien réactualisé par Eugène Trutat lui-même. Ce pionnier a toujours fait de la médiation visuelle. Il reproduisait énormément d’images en plaque de projection pour les distribuer dans les écoles toulousaines et améliorer ainsi l’enseignement auprès de tous les publics. Les photographies produites à l’époque, servaient en partie à illustrer ses multiples conférences sur les sciences et la photographie. Au début, l'utilisation de l'appareil de projection, assimilé à la lanterne magique des fêtes foraines a été très critiquée par la suite toutes ses conférences sont plébiscitées par le public comme par ses confrères (Travaux de recherche réalisés en 2016Frédérique Gaillard, « Sciences, enseignement et photographie : les indissociables activités d’Eugène Trutat (1840 - 1910) » In Plaques photographiques, fabrication et diffusion du Savoir, Colloque international organisé par Denise Borlée et Hervé Doucet, Institut d’Histoire de l’art (EA 3400), Université de Strasbourg, mars 2016 (Presses Universitaires de Strasbourg, 2019)).

Du au , des photographies d'Eugène Trutat ont été présentées au public dans l’exposition Rude forms among us au sein de la prestigieuse école d'architecture de Los Angeles, à la galerie du Southern California Institut Of Architecture (SCI-Arc). L'architecte Anna Neimark avec la contribution de Frédérique Gaillard a exposé un projet architectural inspiré de dolmens français et plus particulièrement des photographies d'Eugène Trutat représentant le dolmen de Vaour (Tarn). Plusieurs photographies originales étaient inédites. gauche|vignette|Appareil servant à l’agrandissement et à la réduction de plaques . Le condensateur, l’objectif et la source de lumière, manquent. Fabriqué par Demaria frères|282x282px

Fonds Augustin Pujol Augustin Pujol était un photographe professionnel qui travaillait entre autres pour le muséum d'histoire naturelle de Toulouse. Il avait deux studios, l'un à Paris et l'autre à Toulouse au 23 allée Saint-Michel. Il a travaillé pour le Muséum entre 1910 et 1940. Il y photographia les galeries, les collections et les principales étapes de réalisation des bisons du Tuc d'Audoubert et de naturalisations. Le Muséum a inventorié 171 photographies attribuées à Augustin Pujol, principalement au format et du .vignette|Plaque de verre stéréoscopique du fonds Louis Mengaud (muséum de Toulouse) Fonds Louis Mengaud Louis Mangaud (1876 – 1957), conservateur des collections de géologie et de minéralogie de 1912 à 1925 et membre de la commission de surveillance de l'établissement jusqu'en 1943 et professeur de géologie à la faculté de Toulouse. Il fit plusieurs dons pour enrichir les collections géologique du Muséum. Beaucoup de photographies ont été réalisées pour des cours universitaires. Elles ont toujours été conservées au Muséum. Elles ne comportent aucune indication autre que les inscriptions manuscrites présentes sur les plaques de verre ou sur les boîtes en carton les contenant. Elles représentent des supports de cours sur la géologie, la minéralogie, la paléontologie, la sismologie, etc. Collections Roland Napoléon Bonaparte Ce fonds a pour particularité d'avoir été acheté. Composé des collections anthropologiques du prince Roland Bonaparte en Amérique du Nord et en Laponie. Le prince n'a jamais eu de lien particulier avec le Muséum, mais ce fonds a probablement été acheté au pour enrichir le fonds documentaire.vignette|317x317px|Collection du Prince Roland Bonaparte

Collection de portraits Après la réouverture de l'établissement, la photothèque a retrouvé des milliers de portraits de scientifiques contre-collés sur carton. Ces plus de et dessins ont commencé à être regroupés au . Leur collecte reste énigmatique. Il est probable que les employés du Muséum aient durant des décennies acheté, découpé et simplement récupéré des portraits à titre documentaire. La plupart sont renseignés (nom, prénom, dates extrêmes et profession), mais leur origine est souvent inconnue.

Il existe d'autres fonds photographiques en cours de traitement. Notons que Jean Dieuzaide a réalisé des campagnes photographiques au Muséum dont l'établissement possède quelques tirages.

Articles connexes Muséum de Toulouse Toulouse Eugène Trutat Georges Ancely Roland Bonaparte

Publications

Eugène Trutat, savant et photographe, muséum de Toulouse, 2011.

Bertrand de Vivies, Luce Lebart, Frédérique Gaillard et Donatien Rousseau, Le Tarn : Regard photographique d'Eugène Trutat (1840-1910), Éditions Grand Sud, Albi, 2013. )

Bruno Fay, Marc Ancely, Frédérique Gaillard, Luce Lebart et Patrice Guérin, Biarritz par Georges Ancely et Eugène Trutat, Aquarium de Biarritz, Biarritz, 2016.