Sihame Assbague, née le à Paris, est une journaliste et militante française se réclamant de l'.
Ancienne porte-parole du collectif Stop le contrôle au faciès, elle est notamment connue pour son travail sur les violences policières. Certaines de ses prises de position et pratiques militantes (comme le choix d'organiser des ateliers de formation en non-mixité en 2016) ont provoqué des polémiques politiques et médiatiques.
Biographie Ses parents, originaires du Maroc, ont cinq enfants, la famille vivant dans la banlieue sud de Paris. Sihame Assbague est titulaire d’un bac littéraire.
Après être passée par une classe préparatoire, elle valide deux masters, l'un en lettres modernes et l'autre en science politique. Diplômée en sciences politiques, elle travaille comme chargée de mission (ou « conseillère politique ») pour la mairie du de Paris.. Elle démissionne toutefois rapidement, expliquant : .
En 2012, elle devient porte-parole du collectif contre le contrôle au faciès. Elle devient en même temps professeure de français dans un lycée au sein d'une zone d'éducation prioritaire, à Épinay-sur-Seine. Elle démissionne une nouvelle fois pour voyager en Europe et aux États-Unis, et s'investit dans le militantisme bénévole ensuite.
Carrière Se définissant comme , elle forme un binôme de Alice Maruani #DossierTabouche : Bernard de La Villardière piraté en direct Rue89, 29 septembre 2016., selon l'expression du site Rue89, avec la journaliste Widad Ketfi, blogueuse sur Bondy Blog et cheffe d'édition pour une émission sur Canal+. Les utilisent des applications comme Périscope pour mener des contre-enquêtes sur des articles ou propos qu'elles jugent diffamatoires. Elles critiquent un dossier du Figaro Magazine consacré à la ville de Saint-Denis.. Toujours avec Widad Ketfi, elles suivent en direct sur YouTube (sous le hashtag #DossierTabouche) l'émission de M6, diffusée le , titrée « L’islam en France : la République en échec » et présentée par le journaliste Bernard de La Villardière. Sihame Assbague dédie l'émission à Adama Traoré. L'anthropologue Nacira Guénif-Souilamas et l'ancien consul de Tunisie en France Karim Azouz ont participé à cette émission suivie par .
Elle explique avoir bénéficié de réseaux sociaux qui ont permis . Ses différentes interventions sur Twitter (réseau sur lequel elle compte en 2016) au sujet d'un certain nombre d'affaires liées à des comportements racistes, à des abus ou à des violences policières sont relevées par les médias..
Le , lors du lancement de Contre-attaque(s) , Sihame Assbague est membre de son comité de rédaction...
Selon la réalisatrice afroféministe Amandine Gay, le parcours professionnel de personnalités comme Sihame Assbague, qui sont qualifiées de « militantes » ne leur permet pas d'accéder aux fonctions auxquelles elles pourraient espérer.
Engagement militant En 2005, la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré, deux adolescents de la banlieue parisienne, est un drame déterminant dans sa construction personnelle :
Entrepreneuse sociale, Sihame Assbague se définit en comme et fait la promotion du community organizing (organisation communautaire), un mode de militantisme dont Saul Alinsky est considéré comme le fondateur et qui promet de rendre le pouvoir aux quartiers populaires. Sur le plan professionnel, elle est l'associée fondatrice d'un cabinet de conseil, fondé en 2013, nommé "Studio Praxis"., s'inscrivant , dont la mission déclarée Dossier de Presse, , dans le cadre de la Chaire Unesco « politiques urbaines et citoyenneté », ..
Laïcité Sa première expérience militante remonte à 2004, lorsqu'elle s'oppose à la loi sur les signes religieux à l’école, imposée à une camarade, alors qu'elle-même, musulmane pratiquante, ne porte pas le voile.
Actions antiracistes Elle critique, en , le peu de résultats obtenus par l'association SOS Racisme malgré les moyens dont elle dispose grâce à ses subventions« SOS Racisme. Mouvement antiraciste ou pro de l’événementiel ? », Humanité.fr, 7 août 2015..
En 2016, elle donne une conférence contre l'état d'urgence à Gennevilliers aux côtés d'Alexis Bachelay, député socialiste, bras droit de Benoît HamonClaude Ardid, Malika Bret, Nadège Hubert, Qui veut tuer la laïcité ?, Éditions Eyrolles, Paris, 2020..
Stop le contrôle au faciès Le de la même année, à la suite de l'affaire Michael Brown elle publie une tribune rappelant la mort de Bouna Traoré et dénonçant la différence de traitement quand des évènements comparables se produisent en France.
Le , alors qu'elle est porte-parole de « Stop le contrôle au faciès », elle pose une question depuis le public à Alain Juppé, qui était l'invité de l'émission Des paroles et des actes.
En , le collectif Stop le contrôle au faciès participe à une action en justice contre l’État français pour des contrôles de police jugés discriminatoires.. L'État, condamné sur cinq dossiers en appel (sur treize présentés), s'est pourvu en cassation ; la condamnation a été confirmée pour trois des cas concernés..
Camp d'été décolonial
En , Sihame Assbague et Fania Noël organisent un « camp d'été décolonial »...
Les rencontres, en non-mixité, ont pour objectif d'offrir aux personnes , un espace de rencontre et de réflexion. Les participants expliquent .. Hanane Karimi, Françoise Vergès et le porte-parole de la « Brigade anti-négrophobie » Franco Lollia y animent des ateliers de réflexion« France : à Reims, un camp de formation à l’antiracisme fait grincer quelques dents » Jeune Afrique, 26 août 2016., tout comme Marwan Muhammad président du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF). Environ à se sont inscrites au camp, qui doit durer quatre jours.
Avant sa tenue, ce camp est l'objet d'une polémique nationale concernant sa non-mixité, en excluant de facto les personnes blanches. Lors de la séance des questions au gouvernement du , la ministre de l'Éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem condamne fermement l'initiativeVallaud-Belkacem face au "camp d'été" interdit aux blancs, Challenges, 28 avril 2016.. Des personnalités, comme la journaliste et polémiste Eugénie Bastié, le président de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme Alain Jakubowicz, ainsi que l'association SOS Racisme ou l'homme politique d'extrême droite Florian Philippot (alors au Front national) prennent publiquement position contre l'évènement et demandent son interdiction.. Le préfet la refuse, estimant .
Un collectif d'une cinquantaine d'universitaires, militants et artistes prend la défense de l'événement sur un blog de Mediapart. La politologue Audrey Célestine considère la polémique comme incarnant parfaitement la difficulté .
Les organisatrices souhaitent également que les journalistes qui se rendraient au camp soient eux-mêmes « racisés » et qu’ils appartiennent à une rédaction dont le traitement du racisme leur semblait pertinent ; Mediapart accepte la condition à la suite d'un débat interne sur ce choix militant ; en revanche, pour l'hebdomadaire Marianne, il s'agit d'une ...
Perception de son action Intégration dans l'anti-racisme français Les acteurs historiques du combat antiraciste , qui donnent à leur lutte une dimension universaliste, réagissent différemment à la forme de militantisme adoptée par la génération des à laquelle appartient Sihame Assbague. Ainsi, . Selon Pierre Tartakowsky (LDH), les désaccords sont ..
Publications
Assbague, Sihame. « Wikipédia, ou la discrète neutralisation de l’antiracisme. Enquête sur la fabrique quotidienne d’un géant encyclopédique », Revue du Crieur, vol. 21, no. 2, 2022, pp. 140-159.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Radio Sihame Assbague, , (émission Du Grain à moudre d'été, par Raphaël Bourgois et Mélanie Chalandon)
Articles connexes Antiracisme Violence policière en France Féminisme en France Intersectionnalité Non-mixité Études décoloniales
Liens externes
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