L'église Saint-Martin est une église catholique, classée par les Monuments historiques, située sur la commune de Villenave-d'Ornon, dans le département de la Gironde, en France.

Localisation L'église Saint-Martin se trouve au centre du vieux bourg de Villenave-d'Ornon.

Historique

L'église, dédiée à saint Martin, a subi de nombreux remaniements depuis sa fondation au . La découverte d'un sarcophage dans le sol du chœur contenant un squelette possédant sur une de ses épaules une gourde et une coquille, lors des fouilles archéologiques en 1967, ainsi que la coquille qui est taillée au-dessus d'un bénitier situé dans le sanctuaire, permettent de confirmer que l'église était un relais sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Aujourd'hui, l'église se compose d'une nef avec deux bas-côtés, de deux transepts et d'une abside en hémicycle. L'église du comportait une large nef charpentée à contreforts plats et ses collatéraux, séparés par deux files d'arcatures et, peut-être (les fouilles sont toujours à faire), un chevet à trois absides.

De l'église originelle, seuls subsistent les murs nord et sud, construits en moellons de petit appareil assez irrégulier et les deux premières travées de la nef, qui conservent des chapiteaux allongés aux angles abattus, dont le décor élémentaire de stries, de volutes simplifiées ou d'animaux affrontés est bien dans l'esprit du .

À la fin du et au début du le chevet est modifié. L'abside principale en bel appareil régulier est voûtée en cul-de-four et le chœur en berceau brisé sur doubleaux.

Ces travaux s'appuient sur le mur où s'ouvre la grande arcade de communication entre l'abside et la nef.

Les chapiteaux du chœur ont été réalisés en même temps que les chapiteaux sculptés de l'abside.

Le transept actuel a été édifié à la fin de l'époque gothique () par l’adjonction des chapelles au nord (appelée dans un premier temps Saint-Michel, puis Saint-Jean dès 1866) et au sud (Notre-Dame). Le chœur et les deux chapelles sont voûtées sur croisées d'ogives au .

Le clocher a été bâti au .

La chaire à prêcher et le pilier soutenant la tribune à l'ouest datent du . La mise en place de la chaire a entrainé l'arasement du plus beau chapiteau figuré du .

La sacristie, plaquée contre le mur nord de la nef, date de la fin du et remplace l'ancienne située à l'opposé, à côté de la porte de 1649.

Le porche accolé sur la façade occidentale, les nouvelles fenêtres percées dans le mur sud de la nef et de la chapelle Notre-Dame correspondent à des travaux exécutés au .

En 1967, le chœur fut restauré et le dallage refait ; l'année suivante, vint la mise en place des vitraux. L'escalier et la chaire en pierre, situés contre le pilier sud près de l'autel furent supprimés. En 1970 la toiture fut remise en état et les voûtes du furent abattues, laissant place à la charpente originelle.

L'abside a été classé au titre des monuments historiques en totalité par arrêté du et l'église en totalité, sauf pour l'abside, inscrite le .

L'intérieur

À l'ouest du bas-côté sud s'élève un clocher, sous lequel on pénètre par une petite porte en plein-cintre.

En comptant le clocher pour une travée, ce collatéral en a trois comme la nef et l'autre bas-côté. Le clocher est roman et il est assez probable que, primitivement, il faisait saillie sur la façade, car les deux travées occidentales de la nef et du collatéral nord, la porte, la fenêtre et les deux piliers sont beaucoup plus modernes. Il en est de même des arcs. Il semble certain que la façade romane ne s'étendait pas au-delà du mur oriental du clocher. Une colonne romane, à demi-engagée sur un pilastre s'élève au sud-ouest du collatéral sud.

L’abside principale est voûtée en cul-de-four et sa travée droite en berceau brisé sur doubleaux en appareil régulier, de plein cintre, légèrement outrepassé à doubles rouleaux. Les travaux s’appuient sur le mur où s’ouvre la grande arcade de communication entre l’abside et la nef.

La sculpture romane

La sculpture romane conservée dans l'église date de deux périodes bien distinctes : le et la fin du ou le début du . Les sculptures du , sur les quatre piliers de la nef, sont d'un style caractéristique : une corbeille allongée, dont les angles sont abattus, les faces plates. Le décor est méplat, par exemple pour les animaux dressés et les ornements sont souvent géométriques, comme pour les chapiteaux couverts de chevrons. Les sculptures du début du se trouvent dans le chœur et sur les trois baies de l'abside.

La nef

La sculpture romane du se trouve sur les quatre grands piliers de la nef, comme indiqué sur le plan de Brutails ci-dessus. Ces corbeilles prenaient place au-dessous des arcs de communication entre les nefs, flanqués sur chaque face d'une colonne ou d'un pilastre, et soutenaient la retombée des arcs-doubleaux. Quand Drouyn visita l'église en 1853, la majorité des colonnes, pilastres et chapiteaux avaient disparu. Seules les deux premières travées conservent encore huit chapiteaux allongés aux angles abattus, un décor sommaire de stries, volutes simplifiées ou animaux affrontés comme on peut en voir dans l’église Sainte-Croix de Bordeaux.

Le pilier nord-est possède deux chapiteaux. Celui de la face ouest a une corbeille allongée, dont les angles sont abattus et les faces plates. La colonne de la face sud du pilier est couronnée par un chapiteau orné de trois rangs superposés de feuilles longues, étroites, à extrémité recourbée, et réunies deux à deux. Le tailloir est couvert de zigzags, d'entrelacs et de feuillages.

Il supporte un arc-doubleau en plein-cintre dont l'autre extrémité s'appuie sur le tailloir orné de cercles, d'un chapiteau sur la face nord du pilier sud-est presque semblable. Sur la face nord du pilier se trouve un chapiteau dont la corbeille est décorée avec des chevrons et le tailloir avec un damier. Ces deux chapiteaux, ne sont pas du , mais datent de la reconstruction de l'abside et du chœur à la fin du .

L'arcade est romane en plein-cintre. Les deux piliers ne sont isolés que depuis qu'on a construit, au , les deux transepts. Primitivement les collatéraux s'arrêtaient là, et le chœur était fermé.

Le pilier nord-ouest : La colonne occidentale est une restauration du , son chapiteau, dont les angles sont abattus et les faces plates, possède un tailloir à entrelacs. À l'est du pilier se trouve une colonne à base attique et un chapiteau contre-chevronné.

Les seuls chapiteaux avec un décor figuré sont ceux du pilier sud-ouest. Malheureusement, ils ont été brutalement mutilés lors de l'installation de la chaire à prêcher et de son escalier au . La chaire occupait la place de la colonne du nord et l'escalier était à l'est.

Côté est du pilier : le tailloir est décoré avec des cannelures horizontales ; sur la petite face on voit la moitié d'une personnage debout qui tient de la main droite un bâton ou une lance et, sur la face principale, il ne reste que la partie haute de deux têtes humaines.

Le chapiteau sur la face occidentale du pilier est le plus élaboré de l'église. Le tailloir est décoré avec des disques et des feuillages. Sur la petite face sud, un quadrupède (peut-être un loup) se dresse sur ses pattes arrière. Il semble attraper dans sa gueule un petit animal caché dans des feuillages. Sur la face triangulaire, un grand oiseau picore dans les feuilles.

La face principale a été presque totalement arasée.

Sur la petite face au nord on voit un quadrupède (probablement un lion) qui a attrapé un oiseau dans sa gueule. Sur la face triangulaire se trouvent des oiseaux, un serpent et des feuillages.

Carré du transept

La voûte de ce chœur, en berceau ogival, plus haute que la nef, est soutenue par deux arcs-doubleaux ogivaux romans, beaucoup plus élevés que l'arc en plein cintre, et qui reposent sur des chapiteaux qui ont le même caractère que ceux à l'extérieur de l'abside.

Leur tailloir, qui se continue par la corniche qui supporte la retombée de la voûte du chœur et du sanctuaire, a pour ornement des losanges. Cet ornement se répète assez souvent à l'extérieur de l'abside.

Abside

L'abside est voûtée en cul-de-four. Un cordon d'astéries à quatre pointes, au niveau des chapiteaux du chœur, fait la tour de l'abside.

Chaque fenêtre est flanquée par des colonnettes, dont les chapiteaux sont sculptés. Les archivoltes et les tailloirs ne sont pas sculptés.

Baie nord-est : à droite, des feuilles à petits plis ; à gauche, des pommes de pin aux angles ; le reste de la corbeille est couvert de moulures irrégulièrement losangées, un motif qui est répété assez souvent dans l'église.

Baie axiale : elle a pour chapiteau, à droite, trois anges superposés de feuilles d'eau ; à gauche, deux grosses têtes empâtant les angles. Le reste de la corbeille est couvert de moulures géométriques irrégulières.

Baie sud-est : les deux chapiteaux ont un décor très simple de feuilles d'eau.

Le bénitier : un bénitier est taillé dans le mur sud du sanctuaire ; il est coiffé d'un sculpture de coquille de Saint-Jacques.

Le mobilier L'autel

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Devant l'autel majeur se trouvent les restes d’un tableau en pierre. Trois panneaux ont été utilisés, mais Drouyn, en 1853, décrivait quatre panneaux. Ils étaient conservés dans l'ancienne sacristie sur le mur sud de la nef. À cette époque, on pouvait distinguer les traces de la polychromie d’origine, aujourd'hui disparue. Le quatrième tableau décrit par Drouyn correspond au bas-relief qui se trouve incrusté dans le mur nord de la chapelle Saint-Jean. Grâce au style des drapés, on a pu dater ces reliefs de la fin du ou du début du . Voici la description de Drouyn :

Quatre pilastres ravalés, à deux étages, de frontons à panaches et couverts sur leur rampant de choux frisés, séparent les trois sujets. Le pilastre supérieur est surmonté d'un clocheton à panache et à choux frisés. Chacun de ces pilastres est orné d'une arcade ogivale sub-trilobée. Une archivolte à légère contre-courbure surmontée d'un panache très-frisé, recouvre les tableaux ; sur l'extrados rampent des feuilles frisées, l'intrados est quinquilobé, et le corps de l'arcade est formé de tores qui reposent sur les chapiteaux, de petites colonnettes et de moulures prismatiques. Saint Jean-Baptiste montrant de la main droite un disque, qui est dans son autre main ; sur ce disque est gravé l'Agneau divin. Il a une longue barbe, les pieds nus, manteau bleu robe rouge doublée en or ; à ses pieds est un petit personnage à genoux, les mains jointes ; c'est peut-être le donateur. Il a une robe noire. A côté de saint Jean et debout aussi, la Sainte Vierge tenant l'enfant Jésus sur le bras gauche, couronné d'or, robe rouge, manteau bleu. La robe de l'enfant Jésus est bleue, peut-être verte. Un crucifix, pieds croisés, petit jupon à sa droite, la Sainte Vierge debout, la tête baissée, les bras croisés, et une petite femme à genoux, les mains jointes. À sa gauche, saint Jean l’Évangéliste, jeune, un livre dans la main gauche, pieds nus; un petit homme à genoux, les mains croisées c'est peut-être le même personnage que dans le tableau précédent, et la petite figure derrière la Sainte Vierge serait sa femme qui s'appelait alors Marie et lui Jean, et ne sachant à quel saint Jean se vouer, il les aurait fait sculpter tous les deux. Femme à genoux robe jaune, capuchon noir. Sainte Vierge manteau bleu, robe rouge. Christ cheveux noirs, jupon rouge. Saint Jean manteau violet, robe rouge. L'homme à genoux robe rouge. Saint Martin, à cheval, partage son manteau avec un pauvre presque nu. Son manteau est bleu et sa cuirasse est dorée, culotte violette, cheval blanc. Les éperons formés d'un disque doré ; le pied et les étriers m'ont paru curieux.

L’œuvre a été classée à titre d'objet le .

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