Jules César Houel, né le à Alençon et mort le à Asnières-sur-Seine (France), est un ingénieur civil, administrateur délégué de Fives-Lille et fondateur de la ferme industrielle d'Avoise (Orne).

Biographie La famille Houel est originaire de Mamers (Sarthe) et remonte en 1760. François Mathurin Houel (1760-1816) était marchand épicier. Ce dernier eut avec Charlotte Granger (1765-1799), trois enfants, Jean-Joseph, Adélaïde Charles et Pierre Ferdinand. Jean-Joseph Houel né en 1788 était officier au d'infanterie de ligne ainsi que marchand épicier dont le magasin se situe au de la rue aux Sieurs. Il alla habiter avec sa femme à Alençon, rue du Mans. Après son mariage avec Marie Sophie Decombes (1796 - 1876), il eut trois enfants, Jules-César Houel né le Extrait de l'un des registres des actes de naissance de la mairie de la ville d’Alençon (Orne) - 21 octobre 1873, et François-César Auguste et César-Octave. L'un devint industriel et l'autre pharmacien. Jean-Joseph Houel meurt le .

La mère de Jules-Cesar Houel est née à Sées le (fille de François-César Descombes, et de Normand Marie Françoise faïenciers âgé de 53 ans à la naissance de Jules). À partir de 1840, elle vit avec son fils François-César Auguste, rue aux Sieurs puis rentière, rue du Plénître. Elle meurt le à Radon ferme (château) d’Avoise, chez son petit fils Gervais-Jules Houel (quelques mois après son fils Jules-César Houel).

Après des études à l'École des arts et métiers d'Angers, diplômé en 1836, Jules-César Houel fut rapidement employé par Desrone & Cail, société créée à Paris le , par Charles Derosne et Jean-François Cail, qui construisait des machines à vapeur pour les sucreries et des locomotives. Alors, ingénieur en chef de la firme, Jules César Houel va améliorer les performances de la locomotive Crampton, déjà innovante et performante pour son époque, et en faire la locomotive la plus rapide du monde à l'époque. Jules-César Houel conçut également un système d’organisation du travail adapté aux techniques nouvelles et réorganisa ainsi profondément la production des usines de l'époque. Il est promu seulement quatre ans après, en 1840, directeur des usines Cail à Paris.

Alors habitant à Paris, et âgé de 25 ans, il rencontre en 1843, Marguerite Anna Delaunay (1821-1870), fille de Gervais Antoine Gilles DELAUNAY, négociant en vin, avec qui il se marie la même année à Choisy-le-Roi. De cette union naîtra deux enfants, leur unique fille Anna Marie Houel (1848-1866) et leur unique fils, Gervais Auguste Jules Houel (1844-1899) qui suivra le même parcours que son père, École centrale (promotion 1885) puis ingénieur industriel. Gervais Auguste se maria en 1871 avec Louise Marie Laure Phillips, la fille d'un polytechnicien, Edouard Phillips, ingénieur en chef des mines, fils d'un immigrant anglais. Ils auront trois filles, Marie Anna Noemi (décédée à l'âge de 22 ans), Hélène et Suzanne (1884-1971). Hélène se maria avec un exploitant agricole lyonnais Paul Garin avec qui ils eurent un seul fils Jean qui décéda précocement. Suzanne se maria avec le Baron Louis Duchaussoy (1874-1965), petit-fils du Vicomte Victor Joseph Delcambre de Champvert, de qui naitront Jacques Duchaussoy Delcambre de Champvert, agronome et écrivain, (1905-1995) et Ghislaine qui se maria avec André Jousset, inspecteur des Eaux et Forêts et qui reprit la propriété d'Avoise au décès de sa tante. vignette|Légion d'honneur Jules-César Houel recevra la Légion d'honneur au grade de chevalier, le pour son innovation dans le monde du travail, transformation qui s’étendra à toute l'Europe au cours du . Jules César Houel s'achètera rapidement une maison à Paris, aux 48 quais de Billy. Il forme en 1861 avec Parent & Schaken et Cail la participation "J. F. Cail, Parent, Schaken, Houel, Caillet, Paris et Fives-Lille" ayant pour objectif de fabriquer à grande échelle des locomotives à vapeur et des équipements destinés à la construction de voies de chemin de fer. Cette participation, qui facilite le démarrage de la société, donne lieu à la construction de nombreux ouvrages en collaboration avec Cail : locomotives, ponts, viaducs, charpentes métalliques telles que le viaduc de Busseau. Plus de de chemin de fer, une centaine de ponts routiers, dont certains monumentaux, des gares de chemins de fer dont la célèbre gare d'Orsay, et plus de sortiront de ses ateliers. Jules-César Houel est à mi-chemin entre Jean François Cail (1804 - 1871) quasi autodidacte et un Armand Moisant (1838 - 1906, centralien plus jeune de 20 ans) constructeur de l’usine Menier à Noisiel-le-Sec.

Entre-temps, vers 1856, Jules-César Houel et deux autres amis ingénieurs créent trois fermes industrielles de distillerie de betteraves en plaine d'Alençon. Toutes, en basse Normandie. Trois fermes distillerie sont ainsi créées. Avoise à Radon (61), Briante à Colombier et la Normanderie au Ménil-Erreux. Jules-César Houel fit raser l'ancien manoir d'Avoise. Afin de produire de l'alcool de betteraves à grande échelle, le domaine passe en quelques années de à et emploient près de . Il appliqua les techniques ferroviaires pour circuler entre les bâtiments de la ferme afin d'accroitre la rentabilité. Après dix ans d'efforts et malgré la puissance et l'ensemble des moyens mis en œuvre, ainsi que l'effondrement du prix de l'alcool, le domaine devient alors une grande exploitation agricole dès 1870. Il l’exploite directement à l’instar de tous les autres qui prennent un régisseur. Jules-César Houel est un industriel. Son domaine est implanté à proximité d’une centre urbain (modeste comme Alençon) fait partie de la seconde génération des industriels qui s’engage dans l’aventure agricole. Il suit les pas de Jean-François Cail patron d’industrie dans les domaines de la sucrerie, la locomotive et la métallurgie et au passé très modeste. Cail est persuadé que l’agriculture peut être révolutionnée grâce aux machines à vapeur qui permettent d’actionner des appareils mécaniques facilitant le travail de l’homme de l’animal. Il applique les méthodes de l’industrie au monde agricole (concentration verticale, machines nouvelles, organisation rationnelle du travail, épandage d’engrais). Cail met 25 ans pour acquérir la ferme de la Briche en Indre-et-Loire, Jules-César Houel achète à partir de d’un seul tenant l’ancien fief d’Avoise puis atteint , 10 ans plus tard. vignette|Domaine d'Avoise - Le châteauLe il est promu au grade d'officier de la Légion d'honneur. distinction décernée par le ministre de l’agriculture et du commerce. Cette décoration lui est remise par le général de division d’artillerie Morin, grand officier d’honneur et directeur du conservatoire des arts et métiers de Paris. Alors propriétaire du Château d'Avoise il habite également un hôtel particulier à Paris, au 79 avenue des Champs-Élysées. À la suite de poursuites de Jules-César Houel alors administrateur délégué de la compagnie Fives-Lille contre l'administration de l'enregistrement et des domaines au tribunal civil de première instance d'Alençon, Jules-César Houel est retrouvé mort dans la Seine, le à Asnières-sur-Seine. C'est alors son fils qui reprend le domaine d'Avoise qui restera dans la famille jusqu'en 1960, léguée de génération en génération par les femmes et appartenant ainsi aux familles Houel, Garin, et Jousset.

Auguste Cesar Houel est élève pharmacien en 1840 au moment du décès de son père. Après l’obtention de son diplôme le , il devient pharmacien (son nom est présent dans l’annuaire de l’Orne de 1860 à 1877) et reprend l’emplacement de la boutique de son père rue aux Sieurs. D’après la statistique médicale de 1861, 1866 (d’après le recensement de ces mêmes années) : Houel figure dans le canton Ouest. En 1877, son nom est barré sur la liste établie pour le Département de l’Orne, arrondissement d’Alençon : « statistique médicale de 1877, état des docteurs en médecine, officiers de santé, pharmaciens, herboristes et sages-femmes en exercice » (cote M 1347). D’après ce document, il aurait fait ses études à Paris, la date de réception du diplôme est le (Mr Boulard indiqué en observation). Idem sur la liste établie et signée du maire d’Alençon le .

Formation et ascension chez Desrone & Cail Au , les trois Écoles des arts et métiers sont successivement créées pour répondre aux besoins croissants de l'industrie : Châlons-en-Champagne, Angers et Aix-en-Provence. Jules-César Houel  intègre l'école d'Angers en 1832. À l'époque le fondement de l'école d'arts et métiers, est un lieu où artisans et ouvriers pourraient s'instruire en dehors de leurs heures de travail. Dès 1806, la priorité est donnée à l’apprentissage d’un métier industriel et à la culture générale. C’est une école professionnelle, qui forme des jeunes à partir de 12 ans. La durée des études est alors de 3 années et 4 années pour les meilleurs élèves. Après un examen de sortie satisfaisant, les élèves reçoivent un ‘‘certificat d’études’’. La majorité des diplômés était alors embauchée en tant que contremaître ou chef d’atelier dans les manufactures de l’État ou dans des industries privées. Elle est bientôt considérée comme le meilleur établissement technique d'Europe. À l’âge de 14 ans, Houel a la possibilité de faire des études à l’École royale des arts et métiers d’Angers. Une demande est faite en son nom auprès du préfet de l’Orne par le ministère du commerce et des travaux publics le (cote AD :T59). Ses parents s’engagent à payer la moitié de ses frais de scolarité. Le Département de l’Orne prend en charge la seconde moitié (il est déclaré pensionnaire ordinaire, c’est-à- dire qu’il ne bénéficie par de bourse spécifique, ses parents pouvant subvenir à ses études). Il fait son entrée début . Il sort de sa promotion en 1836. Sa formation a consistée en un apport théorique et pratique dans 4 types d’ateliers Forges et fonderies…. Tres rapidement, il gravit les échelons tout en poursuivant des études. Alors âgé de 18 ans, il est embauché en 1836 par la maison Desrone & Cail, qui fut longtemps l'école d'application des dessinateurs, des contremaîtres et des ingénieurs mécaniciens français. Ainsi Jules César Houel commence sa carrière en tant que contre-maitre, en fabriquant des machines propres à cintrer les chaudières et les coupoles sphériques en cuivre pour les sucreries de cannes et de betteraves. Témoin au second mariage de son frère Auguste François en 1853, il est mentionné qu’il est déjà ingénieur civil. Il fit « remonter jusqu'aux ingénieurs et aux bureaux d'études l'organisation et le contrôle de la production jusque-là dévolue au chef d'atelier » il réorganise ainsi profondément la production. Il est promu seulement quatre ans après son intégration au sein de l'entreprise, en 1840, directeur des usines Cail à Paris. vignette| Anciens Établissements Cailvignette|Locomotive CramptonIl est alors âgé d'à peine 22 ans. Néanmoins le rôle joué par les bureaux d’études dans la conception des produits, qu’il s’agisse de bien de consommation ou d’outils de production, devint une autre caractéristique majeure de l’organisation des entreprises de cette époque. Le processus de conception reposait sur une étroite coopération entre les différents métiers présents au sein de l’entreprise et sur un dialogue avec les donneurs d’ordres. Jules César Houel sera fait chevalier de la Légion d'honneur, le pour cette innovation dans le monde de l'entreprise. Cette transformation s’étendra à toute l'Europe au cours du . Il fonda avec d'anciens élèves de l'École centrale la Société centrale des ingénieurs civils, fondée par les anciens élèves de l'École centrale des arts et manufactures, le . vignette|Modifications de la Crampton par J.C. Houel