thumb|right|upright 2.0|Plan intemporel de la Rome antiqueRouge : délimitation et numérotation des quatorze régions augustéennes.Bleu : étendue d'eau, fleuve, naumachies, bassins et citernes.Bleu pointillé : tracé des aqueducs.Violet : tracé des canaux d'évacuation des eaux de pluie et eaux usées.Noir pointillé : tracé de la muraille servienne.Noir : tracé des murs d'Aurélien.Gris foncé : plan au sol des principaux monuments.Vert: délimitation des principaux jardins d'époques républicaine et augustéenne.Vert pâle : délimitation des principaux jardins d'époque impériale.Beige pâle : Campus.Gris pâle : Relief et courbes de niveau.
Lorganisation de la ville de Rome antique a varié au cours de l'histoire de la Rome antique en suivant les évolutions institutionnelles qui ont amené la transformation de la République romaine en un Empire. La ville de Rome a toujours bénéficié d'un statut particulier et unique dans le monde antique. La création de magistratures et fonctions spécifiques est devenue nécessaire, d'abord par l'importance symbolique et politique que revêt la cité républicaine, puis par l'importance démographique que la ville acquiert dès la fin de la République et qui s'accroît tout au long de l'Empire.
Évolution de l'organisation de Rome Sous la République Sous la République, la ville de Rome n'a pas d'institution propre ni d'organisation municipale spécifique. Les territoires sous contrôle romain ne sont pas gérés par une véritable administration mais par d'anciens magistrats pour une durée souvent limitée à un an, avec un personnel qui ne possède pas de compétences spécifiques précises.
Les grandes réformes d'Auguste Au moment où Auguste fonde le principat, Rome ne dispose donc d'aucune administration. Le changement de régime l'oblige à procéder à de grandes réformes et à créer une administration capable de gérer un empire dont la taille ira croissant. Durant la mise en place de ces réformes, Auguste tente de conserver les institutions républicaines encore existantes tout en les adaptant aux nouvelles nécessités. Peu à peu au cours de son règne, Auguste va prendre sous son contrôle les fonctions municipales mais sans supprimer les magistratures républicaines. Il ne semble pas avoir agi suivant un plan déterminé à l'avance mais plutôt selon les évènements qui dictent de nouvelles nécessités, en suivant toutefois une idée générale, celle de contrôler au mieux une des villes les plus peuplées et les plus agitées de l'Empire.
Sous l'Empire L'administration ainsi mise en place par Auguste continue de se développer tout au long de l'Empire. Durant le Haut Empire, les empereurs successifs procèdent à l'institutionnalisation progressive des solutions apportées par Auguste qui répondent au départ de façon pragmatique à des problèmes immédiats. Cette institutionnalisation passe par une modification du cursus des chevaliers et aboutit à une hiérarchisation des différentes préfectures. Peu à peu, les magistratures républicaines perdent tout pouvoir et sont remplacées par des curatèles qui permettent à l'empereur de déléguer la gestion des services importants à des hommes de confiance. Les magistratures traditionnelles sont supplantées par un personnel administratif placé sous le contrôle direct de l'empereur.
L'administration des régions Sous la République La ville est divisée en quatre régions administratives (regiones quattuor) depuis Servius Tullius selon la tradition : la regio Suburana, la regio Esquillina, la regio Collina et la regio Palatina. À la fin de la République, l'aire urbaine baptisée Urbs, délimitée par le pomerium et d'une superficie de quelque , est entourée par le mur de Servius Tullius qui enferme une superficie de . L'aire urbaine s'étend au-delà de l'enceinte et donne à Rome l'apparence d'une ville ouverte.
Sous l'Empire Les quatorze régions augustéennes
En 7 av. J.-C., Auguste redécoupe le territoire de Rome en quatorze régions numérotées (les regiones urbi). Elles dépassent le pomerium et intègrent les pagi périphériques afin d'étendre la compétence des différents magistrats municipaux à tout le tissu urbain romain (continentia aedificia). La superficie totale atteint hectares.
L'administration des régions À la tête de chaque regio est placé un magistrat au mandat d'un an, tiré au sort parmi les préteurs, tribuns de la plèbe et édiles élus pour l'année. Il administre la région en plus de sa tâche normale. Cette mesure devait permettre de sauvegarder les apparences républicaines dans l'administration de la ville. Les chefs de région ont une autorité administrative et religieuse : ils surveillent leur région, autorisent la construction des chapelles, contrôlent les nouvelles constructions et effectuent les sacrifices dus aux dieux. Lors des cérémonies, ils sont accompagnés par des lictores populares denuntiatores.
Toutefois cette réforme semble avoir été un échec. En effet, les magistrats ayant la charge d'une région ne s'investissent pas suffisamment dans les affaires de celle-ci, considérant leur charge municipale comme purement honorifique, d'autant plus que dans les faits le chef de région n'a guère de pouvoirs. Au début du , les chefs de régions sont remplacés par des curateurs (curatores) recrutés parmi les affranchis. Une partie de leurs missions passe au préfet des vigiles.
L'administration des quartiers Chaque regio est elle-même divisée en plusieurs quartiers ou groupes de rues, appelés vici. À la tête de chaque vicus est placé un collège de quatre hommes, les magistri vicorum ou vicomagistri, recrutés par le préfet de la Ville au nom de l'empereur parmi les hommes libres de basse condition ou les affranchis. Ils entrent en fonction le premier jour du mois d'août. Plus tard, le nombre de vicomagistri passe à quarante-huit par région, indépendamment du nombre de vici que compte la région en question.
Tout comme les magistrats chargés d'une région, qui sont leurs supérieurs et exercent un contrôle sur eux, les vicomagistri ont à la fois une fonction administrative et religieuse. Ils sont assistés par des ministri dans leurs tâches. Toutefois il semble que bien souvent le côté religieux ait pris le pas sur l'administration et toutes les inscriptions qui nous sont parvenus concernent des vicomagistri traitant des affaires religieuses. Ils doivent ainsi veiller à l'entretien des chapelles, à la célébration de certaines fêtes religieuses dédiées aux dieux Lares ou au Génie de l'empereur. Ils peuvent être chargés de la présidence de cérémonies ou de fêtes religieuses comme les jeux des Compitalia. Ils possèdent par ailleurs quelques attributions relatives à la paix publique : collaboration avec le préfet des vigiles, maintien de l'ordre. Ils contrôlent par ailleurs le commerce local et représentent leur quartier auprès des autorités.
Les services liés à la construction et l'entretien Sous la République Les censeurs ont la responsabilité des travaux de construction ainsi que de l'entretien des bâtiments, du pavage et de l'entretien des voies, qu'ils mènent avec un budget voté par le Sénat, financé par laerarium. Comme ils ont la charge de l'administration des finances de l'État, ce sont eux qui attribuent aux entrepreneurs (mancipes, conductores) les marchés de réparation des édifices publics. Exceptionnellement, en l'absence des consuls et après la fin de l'exercice de la censure, le Sénat peut confier la direction des travaux à un autre magistrat. C'est le cas par exemple pour la construction de l'aqueduc de laqua Marcia, confiée au préteur Quintus Marcius Rex. La gestion des travaux d'entretien de la voirie est confiée aux édiles qui disposent d'auxiliaires, souvent jeunes et inexpérimentés, les quattuorviri viis in urbe purgandis.
Sous l'Empire Entretien des rues et des routes Au début de l'Empire, l'entretien de la voirie de Rome dépend encore en partie des édiles. Mais le service passe progressivement entre les mains de fonctionnaires impériaux, les procuratores ad silices. En effet, si le service est financé en partie par laerarium, il l'est aussi par le fisc impérial ce qui permet à l'empereur de disposer d'un contrôle de plus en plus important. L'entretien des rues et des places de Rome comprend le balayage, le nettoyage avec l'enlèvement des ordures et débris, le pavage et toutes les réparations nécessaires.
Le service qui prend en charge l'entretien des routes autour de Rome (cura viae) est divisé en deux parties. La première, dirigée par des curateurs sénatoriaux, gère les routes principales, tandis que la deuxième, dirigée par des curateurs équestres, gère les routes secondaires. L'entretien des routes est donné à l'adjudication. Les curateurs peuvent autoriser les travaux et doivent en assurer la surveillance.
Construction et entretien des monuments La gestion des nouvelles constructions relève de la cura operum, dirigée par des commissaires impériaux. Ces derniers, issus de l'ordre équestre, sont des fonctionnaires extraordinaires nommés par l'empereur pour superviser les chantiers. Il n'existe pas de corps fixe et spécialisé.
Par contre, l'entretien des édifices est géré par un service continu, la cura operum tuendorum, dirigé par deux curateurs sénatoriaux et installé dans la statio operum publicorum ou statio urbana.
Service des marbres Le service des marbres, dirigé par un procurateur nommé parmi les affranchis impériaux, prend en charge la gestion des matériaux de construction qui sont entreposés dans la statio marmorum.
Les services liés à l'hygiène Sous la République
La gestion de l'eau, c'est-à-dire le contrôle de l'arrivée de l'eau publique acheminée par les aqueducs et l'entretien de ces derniers, incombe aux censeurs qui doivent surveiller et sanctionner les éventuels détournements illégaux destinés à un usage privé. C'est un censeur, Appius Claudius Caecus, qui est à l'origine de la construction du premier aqueduc desservant Rome, l'aqueduc de lAqua Appia. Tous les cinq ans, les censeurs concluent des contrats pour assurer l'entretien des équipements. Entretemps, ce sont les édiles qui gèrent les affaires courantes.
En ce qui concerne l'évacuation des ordures et des eaux usées, Rome dispose depuis l'époque monarchique d'un grand égout collecteur, la Cloaca Maxima, qui a été couvert pour des raisons d'hygiène. L'entretien des égouts fait également partie des missions des censeurs.
Sous l'Empire Service de l'eau
L'administration du service des eaux est profondément modifiée sous le règne d'Auguste par Agrippa qui se sert de ses propres esclaves pour en assurer le fonctionnement. À sa mort, les esclaves sont légués à l'État (familia publica) par Auguste qui crée, en 11 av. J.-C., un service public, la cura aquarum. La gestion du service de l'eau est dorénavant confiée à trois curateurs des eaux (curatores aquarum), un chef de service qui est un sénateur de rang consulaire, et deux adjoints. Le service est réformé sous Claude qui crée le poste de procurateur des eaux (procurator aquarum) afin de surveiller le travail du curateur.
Service des égouts, du lit et des rives du Tibre
Sous l'Empire, le service des égouts est adjoint au service chargé de l'entretien du lit et rives du Tibre (cura alvei Tiberis et ripae et cloacarum). Il est dirigé par des curateurs de rangs sénatoriaux. Leur mission consiste à maintenir en état le lit et les rives du Tibre sur une longueur de onze kilomètres à partir du pont Milvius. Ils s'occupent de la réparation des quais et du bornage des rives en posant des cippes le long des quais. Le service des égouts est toujours pris en charge par les édiles.
Les services liés à l'approvisionnement Sous la République