Jules Vandooren, né le à Armentières et mort le à Calais., est un footballeur international et entraîneur français.
Il commence sa carrière au poste de défenseur latéral en 1927 et termine dans l'axe de la défense, vingt-cinq saisons plus tard, en 1952. Vandooren commence sa carrière à l'Olympique Lillois en tant qu'amateur marron avant de passer professionnel lors de la première saison professionnelle du football français en 1932-1933. Le club lillois remporte le titre cette année-là et collectionne les places d'honneur jusqu'au début de la seconde guerre mondiale en 1939.
Après avoir été démobilisé, Vandooren rejoint successivement le Red Star Olympique et le Stade de Reims en tant qu'entraineur-joueur et y remporte deux championnats de France "Zone Occupée" en 1941 et 1942. Le défenseur termine sa carrière de joueur dans le championnat de France amateur à l'Arago Orléans (1943-1948) puis enfin au SM Caen (1949-1952) à l'âge de 43 ans.
Jules Vandooren compte également 22 sélections en équipe de France entre 1933 et 1942. Il participe à deux coupes du Monde, en 1934 en Italie et en 1938 en France. Durant cette période, Vandooren est d'abord aligné sur le côté de la défense avant de former, à partir de 1938, la charnière centrale des bleus avec Étienne Mattler.
Après douze saisons en tant qu'entraîneur-joueur, Vandooren part entrainer en Belgique, à La Gantoise (1952-1956). Il terminera sa carrière dans ce même pays quinze plus tard au Cercle de Bruges en 1966-1967, à nouveau à La Gantoise de 1967 à 1971 et finalement au Royal Excelsior Mouscron en 1971-1972. Entretemps, sa carrière est faite de retours, à l'Arago (1956-1959 et 1964-1966), et à Lille (1959-1961). Jules Vandooren fait également des passages au Tours FC, à Sedan et participe à la victoire du Sénégal aux Jeux de l'Amitié 1963 en tant qu'assistant technique de Raoul Diagne.
Carrière de joueur Parcours junior et années lilloises vignette|gauche|upright|Henri Jooris, président de l'Olympique Lillois de 1919 à 1932 Bien qu'originaire d'Armentières, la famille Vandooren évacue le Nord durant la Première Guerre mondiale pour se réfugier dans la banlieue sud de ParisParis-Soir du 21 octobre 1940 sur gallica.bnf.fr. Jeune, Vandooren s'y adonne dans un premier temps à l'athlétisme, où il excelle : 11 secondes aux et à la hauteurGuide du football 54, page 120. Mais le père du joueur, veut en faire un footballeur et Jules commence sa formation au SC Choisy.
Après guerre, la famille retourne dans le Nord et Jules Vandooren passe par la JA Armentières puis par l'US Perenchies pour quelques matchs. Il avouera plus tard y bénéficié d'un statut d'amateur marron. Le grand club nordiste, l'Olympique lillois remarque ce défenseur latéralFrance Football, , mardi 3 février 2004, page 28 et il est transféré en 1927.
À la fin des années 1920, l' OL est présidé par Henri Jooris, une figure emblématique du sport dans la régionOlivier Chovaux, Henri Jooris, ou l'incarnation du "césarisme sportif" dans l'entre-deux-guerre ?, in Grandes figures sportives du Nord-Pas-de-Calais, Presses Universitaires du Septentrion, 2010, pages 71-90. Cet industriel est, outre son poste de président de l’OL, président et fondateur de la ligue du Nord de football, et vice-président de la fédération française de football. Jooris ambitionne de faire de l' Olympique Lillois la citadelle du football régionalChristian Dorvillé, Grandes figures sportives du Nord-Pas-de-Calais, Septentrion, 2010. et sous sa présidence, le club remporte quatre Championnats DH Nord.
C'est au stade Victor-Boucquey, que le défenseur écrit les premières lignes de son palmarès. En 1929 et 1931, l' Olympique est sacré champion de division d'honneur du Nord. En 1931 toujours, la Coupe Peugeot, embryon du futur championnat national, est perdue en finale face au FC Sochaux-Montbéliard (6-1).
En 1932, pour sortir de l'amateurisme marron, le football français se professionnaliseLa professionnalisation du football français, Thèse de Doctorat d'Hassen Slimani, 2000., et l'OL participe, sous la direction de l'entraîneur belge Robert De Veen, au premier championnat de France professionnel. Lors de , en l'absence de Vandooren, les Lillois subissent une sévère défaite 7-0Le Petit-Journal du 12 décembre 1932, sur gallica.bnf.fr. au stade Fernand Buisson de l'Olympique de Marseille. Mais les Dogues remporte néanmoins le Groupe A devant leur dauphins marseillais quelques mois plus tard. Le , les Lillois viennent à bout de l'AS Cannes en finale du championnat au Stade olympique Yves-du-Manoir sur un score de 4 buts à 3.
vignette|droite|upright=1.5|alt=Photo du groupe lillois de face| L'Olympique lillois, premiers champions de France professionnels de l'histoire en 1933.En haut et de gauche à droite : Défossé , Hochart (dirigeant), Meuris, Vandooren, Beaucourt -, Mac Gowan, Théry. En bas et de gauche à droite : Decottignies, Lutterlock, Barrett, Varga, Winckelmans.
Durant toute la décennie, l'Olympique lillois se classe aux places d'honneur dans cette nouvelle compétition. en 1934 et en 1936, après avoir été leader pendant 21 journées et ce jusqu'à l’antépénultième rencontre. Les Lillois possèdent cependant la meilleure défense du championnat en encaissant seulement 32 buts. Ils sont ensuite en 1937 et en 1939Almanach-Guide du Football, 1935-1936, Marcel Rossini.
Le onze flandrien réalise un beau parcours en Coupe de France en 1939 n'étant défait qu'en finale face au RC Paris.. Cette finale est le dernier match sous le maillot des « Dogues » pour Vandooren. À l'issue de ces douze saisons, il reste dans l'histoire comme le joueur le plus capé de l'Olympique lillois..
Durant ses années lilloises, les coéquipiers emblématiques de Jules Vandooren sont les gardiens internationaux Robert Défossé (1932-1938), et Julien Darui (1937-1939) qui se succèdent dans les cages de l’OL. Vandooren passe respectivement dix, sept et six saisons aux côtés des Nordistes Georges Beaucourt (1928-1938), Georges Winckelmans (1929-1935 et 1936-1939) et Urbain Decottignies (1932-1939) tandis que d'autres internationaux français comme Georges Meuris (1932-1934), André Cheuva (1928-1932 et 1938-1943) et le recordman de buts du club Jules Bigot (1933-1939) portent également la vareuse des Dogues dans cette période. Plusieurs footballeurs d'origines étrangères de renom passent par le club nordiste durant les années 1930, tels les franco-hongrois Istvan Lukacs (1934-1936) et André Simonyi (1933-1935), le buteur Joseph Alcazar (1936-1937), et enfin Jean Snella (1934-1938), natif de Mengede..
Mobilisation générale et transfert au Red Star vignette|gauche|upright|Helenio Herrera, partenaire de Vandooren en défense centrale au Red Star
En , la mobilisation générale fait passer nombre de footballeurs sous l'uniforme. La 3FA suspend les contrats des joueurs professionnels ce qui entraine de nombreux clubs à cesser leurs activitésBureau Fédéral du 25/09/1939 - Football no.505 du 27/09/1939 .. Un championnat national divisé en trois groupes( Nord, Sud-Est, et Sud Ouest) est organisé. Dans le même temps la 3FA maintient la Coupe de France, mais sous une forme adaptée et rebaptisée en "Coupe Charles Simon"Bureau Fédéral du 06/11/1939 - Football no.508 du 08/11/1939 .. L'Olympique Lillois ne prend pas part à ces deux compétitionsLe Matin du 25 novembre 1940 sur gallica.bnf.fr. Durant la saison 1939-1940, Vandooren est donc amateur et sous les drapeauxLe Matin du 29 janvier 1940 sur gallica.bnf.fr. Le nordiste ne joue que quelques matchs de bienfaisanceLe Matin du 29 novembre 1939 sur gallica.bnf.fr et les matchs de l'équipe de France face au Portugal, fin janvier, et en Angleterre, début févrierLe Matin du 12 février 1940 sur gallica.bnf.fr.
À l'été 1940, dans l'impossibilité de rejoindre Lille en zone Interdite, Jules Vandooren s'engage, en compagnie de Julien Darui, en région parisienne, au Red Star. Le double transfert se réalise grâce à l'entremise de l'ancien Lillois Georges Meuris. L'Olympique Lillois s'oppose à ce transfert et prétend détenir les droits sur les deux joueurs, mais la FFF rejette l'appel du club nordiste et confirme leurs engagements au Red Star. Vandooren y devient entraîneur de toutes les équipes du club. Malgré le retour du professionnalisme, le seul emploi de footballeur, dans ses temps difficiles, ne suffit pas, aussi Vandooren a un second emploi dans l'alimentationLe Matin du 25 janvier 1941 sur gallica.bnf.fr.
Le club audanien a accédé à l'élite à l'été 1939, grâce notamment à Guillermo Stábile. Mais l'argentin, âgé de 35 ans, quitte l'Europe pour prendre en main la sélection « albiceleste ». Le club fondé par Jules Rimet articule son équipe autour de nombreux talents dont les anciens lillois Georges Meuris et André Simonyi. Outre Darui dans les cages, c'est Helenio Herrera, futur entraîneur à succès, qui est associé à Vandooren en défense. Devant eux, Georges Séfelin est régulièrement aligné en pivotParis-Soir du 28 octobre 1940, sur gallica.bnf.fr. et l'entrejeu est formé au choix d'Henri Roessler dans un rôle de meneur, d'Alleaume, ou encore de Garnier. Les attaquants du noyau sont l'ailier droit international Alfred Aston, Georges Rose, Roger Thévenot, Vastag, et l'espagnol José PadrónSaint-Ouen sous la pluie, sur Une autre histoire du football blog de Didier Braun sur les blogs de lequipe.fr.Le Matin du novembre 1940 sur gallica.bnf.fr.. Georges Hatz est gardien remplaçant.
Le Red Star domine la saison de bout en bout Foot de guerre, saison 1940-1941 consulté le 4 août 2015. Le club de Saint-Ouen bat lors de l'avant dernière journée, le , le FC Rouen par 7-1, et remporte le titre de champion de France « Zone Occupée » en 1941Paris-Soir du 22 avril 1941 sur gallica.bnf.frLe Matin du 22 avril 1941 sur gallica.bnf.fr..
Une semaine auparavant, le , le Red Star est battu lors de la finale "Zone Occupée" de la Coupe de France 1941. Les Girondins de Bordeaux l'emporte 3-1 au Parc des PrincesLe Matin du 15 avril 1941 sur gallica.bnf.fr. grâce à des buts de Pruvot, François Szego et Henri Arnaudeau.. Padrón réduit la marque à la . Vandooren, nerveux et ému, passe à côté de son matchParis-Soir du 25 avril 1941 sur gallica.bnf.fr..
Début juin, Vandooren remporte avec l'Équipe de football d'Île de France la Coupe des provinces françaises de footballParis-Soir du 3 juin 1941 sur gallica.bnf.fr.. Face à l'Équipe de football de Guyenne et Gascogne, Vandooren, en tant que capitaine, emmène son équipe à la victoire 3-2Paris-Soir du 3 juin 1941..
Durant cette saison, Vandooren devient l'idole des poulbots audaniensParis-Soir du 3 octobre 1941 sur gallica.bnf.fr. qui le considèrent comme un fils adoptifParis-Soir du 5 octobre 1940 sur gallica.bnf.fr.. Cependant malgré le soutien des supporters et la saison réussie, Vandooren décide de quitter Paris pour le Stade de Reims durant l'intersaisonParis-Soir du 3 octobre 1941 sur gallica.bnf.fr.D'une part, le provincial Vandooren n'aime pas la vie dans la trop grande ville de Paris. D'autre part, l'épouse du grand Jules ne s'adaptant pas au climat parisien, le Red Star le libèreParis-Soir du 26 juin 1941 sur gallica.bnf.fr..
Au Stade De Reims vignette|droite|upright|Albert Batteux (ici en 1949), coéquipier de Vandooren à Reims. À 33 ans, Jules Vandooren devient dans un premier temps entraîneur au Stade de Reims, et à la suite de la permission du Commissariat Général aux Sports du Régime de Vichy , devient joueur et capitaine du même clubParis-Soir le 7 août 1941 sur gallica.bnf.fr. Le nordiste se profile en un . Vandooren a également des fonctions de moniteur et s'occupe des espoirs du club durant les vacances.