La bataille de Tarvis a eu lieu près de Tarvisio, actuellement en région Frioul-Vénétie Julienne en Italie, du au pendant la guerre de la Première Coalition.

Lors de cet affrontement, trois divisions d'une armée de la première République française commandée par Napoléon Bonaparte attaquent plusieurs colonnes de l'armée autrichienne dirigée par l'archiduc Charles-Louis d'Autriche-Teschen. Pendant trois jours de combats confus, les divisions françaises menées par Masséna, Guieu, et Sérurier réussissent à bloquer le col de Tarvis et capturent Autrichiens sous les ordres d'Adam Bajalics von Bajahaza.

Après la prise de la forteresse de Mantoue au début de , Bonaparte écrase sur son flanc sud l'armée des États pontificaux. Renforcé par le front du Rhin, il décide de repousser l'armée autrichienne hors du nord-est de l'Italie. L'offensive commence en mars par une manœuvre conjointe de l'aile gauche des troupes de Joubert dans le comté de Tyrol, et de l'armée principale de Bonaparte en direction de l'Est.

Le gros de l'armée française force les troupes de l'archiduc à battre en retraite tandis que Joubert bat Wilhelm Lothar Maria von Kerpen dans le Tyrol. Charles-Louis tente de prendre le col de Tarvis en envoyant trois colonnes de renforts qui trouvent le col tenu par Masséna. Elles réussissent à se frayer un chemin mais la dernière colonne est prise au piège entre les trois divisions françaises et obligée de se rendre. Les Français s'approchent à 121 km de Vienne. À la mi-avril, Bonaparte propose aux Autrichiens le traité de Leoben. La plupart des conditions en sont ratifiées par le traité de Campo-Formio en .

Contexte

Chute de Mantoue Le , le siège de Mantoue prend fin avec la reddition du Generalfeldmarschall Dagobert Sigmund von Wurmser. Pour récompenser son courage, Wurmser, son état-major et une escorte de sont autorisés à rejoindre les lignes autrichiennes. autres Autrichiens sont libérés sur parole contre la promesse de ne pas se battre contre la France le temps de l'échange de prisonniers. Chez les assiégés, on dénombre , blessés, ou morts de maladie. Les Français s'emparent de 325 pièces d'artillerie à Mantoue et récupèrent 179 de leurs propres canons perdus auparavantSmith (1998), 132-133.

Napoléon Bonaparte n'est pas présent à la capitulation, étant parti quelques jours avant en raison de la guerre contre les États pontificaux. Suivant les instructions de Bonaparte, le général de division Sérurier refuse de changer les termes de la proposition de reddition auxquels Wurmser finit par céder. Les Autrichiens, désarmés, quittent Mantoue les 4, 5 et Boycott-Brown (2001), 521-522.

Offensive française Le , une troupe de de l'Armée d'Italie, sous les ordres de Claude-Victor Perrin, écrase les de l'armée pontificale menée par le Feldmarschall-Leutnant Michelangelo Alessandro Colli-Marchi à la Bataille de Faenza (bataille de Castel Bolognese). Si les Français ont perdu 100 hommes, les forces pontificales comptent 800 tués et blessés, prisonniers, et perdent 14 canons, 8 étendards et 8 affûts. Le , les de la garnison d'Ancône se rendent à Perrin. Bonaparte contraint le Pape à accepter le traité de Tolentino, obligeant ainsi les États pontificaux à payer 30 millions de francsChandler (1966), 121. alt=Painting depicts a clean-shaven man with long hair in a dark blue military uniform with a bright sash around his waist. He holds a sword in his right gloved hand and a flag in his left.|gauche|vignette|Napoléon Bonaparte En 1796, la campagne d'Allemagne est pour la France le principal théâtre d'opération. Ce n'est que tardivement que le gouvernement français décide d'envoyer des troupes en Italie sous les ordres des généraux Jean-Baptiste Bernadotte et Antoine Guillaume Delmas. Le nouveau commandant autrichien en Italie, le Feldmarschall Charles-Louis d'Autriche-Teschen, dispose de mais ceux-ci sont répartis sur l'ensemble du front. Bonaparte choisit d'attaquer avant que les Autrichiens n'aient le temps de se préparer. Comptant disponibles, Bonaparte prévoit d'attaquer dans le Frioul avec deux tiers de ses troupes. On confie au général Barthélemy Catherine Joubert pour protéger le comté de Tyrol d'une possible intervention autrichienne. En l'absence de menace, Joubert a l'ordre de rejoindre Bonaparte dans la vallée de la DraveChandler (1966), 122.

Le général Pierre Augereau étant en permission, Jean Joseph Guieu prend le commandement de sa division. Les généraux André Masséna, Bernadotte et Sérurier marchent avec le gros de l'armée qui franchit la Brenta à la fin de février. Les intempéries amènent à suspendre les opérations, mais le , deux colonnes s'ébranlent : Bonaparte emmène vers Valvasone en passant par Sacile. Le flanc gauche est protégé par Masséna et plus de . L'archiduc Charles-Louis a déployé ses forces principales entre Spilimbergo et San Vito al Tagliamento. Le 14, Masséna affronte une troupe autrichienne sous les ordres du major-général Franz Joseph de LusignanChandler (1966), 123.

Le , les divisions de Guieu et de Bernadotte franchissent le Tagliamento, couvertes par un feu d'artillerie. Lors de la bataille de Valvasone, les Français infligent à leurs adversaires 700 tués et prennent six canons. Le lendemain à Gradisca d'Isonzo, Bernadotte isole et force à se rendre une colonne de . Trois bataillons du régiment d'infanterie de la Hoch-und Deutschmeister, un bataillon du régiment d'infanterie Splényi, 10 canons et 8 étendards tombent aux mains des FrançaisSmith (1998), 133-134.

Au même moment, plus au nord, Joubert et affrontent le du Feldmarschall-Leutnant Wilhelm Lothar Maria von Kerpen. À Salorno, Joubert met l'adversaire en déroute, faisant 300 tués et blessés et plus de prisonniers, ne perdant lui-même que 200 tués et blessés. L'armée de Kerpen comptait cinq bataillons de trois régiments d'infanterie, trois escadrons de dragons et miliciens tyroliens.

Bataille

alt=Portrait en buste d'un général de la Révolution française, aux cheveux noirs et portant favoris, un léger sourire aux lèvres et revêtu d'un uniforme à broderies.|vignette|André Masséna.

Comme Masséna avance vers Tarvis (Tarvisio) en repoussant les troupes de Lusignan, l'archiduc Charles-Louis envoie trois divisions pour tenir le col. Mais à leur arrivée, les Autrichiens se trouvent pris entre Masséna et d'autres divisions de Bonaparte opérant derrière eux. Le , l'avant-garde de Masséna repousse le major-général autrichien Joseph Ocskay von Ocsko hors de Tarvis. Plus tard dans la journée, le major-général Charles Philippe de Vinchant de Gontreuil arrive avec une colonne et chasse les Français de Tarvis. Masséna lance un assaut le , forçant Gontreuil à se retirer de la ville en direction de VillachSmith & Kudrna, Köblös de Nagy-Varád, Samuel.

Cette manœuvre laisse la colonne du Feldmarschall-Leutnant autrichien Adam Bajalics von Bajahaza du mauvais côté de la passe. Bajalics et le général-major Samuel Köblös de Nagy-Varád combattent le contre les divisions de Masséna, Guieu et Sérurier. Le lendemain, ils se rendent avec autrichiens, 25 pièces d'artillerie, et 500 chariots. Selon une autre source, les Français s'emparent de Autrichiens, 25 canons et 400 véhicules. Lors des affrontements, les Français perdent tout en infligeant une perte de et blessés à leurs adversaires.

Le du régiment d'infanterie Klebek, le du régiment d'infanterie Archiduc Anton et le bataillon de grenadiers Khevenhüller sont faits prisonniers. D'autres unités autrichiennes impliquées dans les combats sont deux bataillons du régiment d'infanterie Fürstenburg, trois bataillons du régiment d'infanterie Nadásdy, le bataillon de grenadiers Rüdt, quatre escadrons du régiment de hussards Erdödy et un escadron du régiment de dragons Toscane.

Suites militaires alt=Painting shows a sober-looking curly-haired man in a white military uniform with a red and white sash and a gold collar.|droite|vignette|Charles-Louis d'Autriche-Teschen Alors que Bernadotte poursuit l'armée en retraite de Charles-Louis dont l'armée se replie sur Laybach (Ljubljana), le général Charles Dugua occupe le port de Trieste avec une colonne de cavalerie. Voyant sa ligne de ravitaillement s'allonger, Bonaparte crée un nouveau centre d'opérations à Palmanova. Pour empêcher que son flanc gauche soit inquiété, Bonaparte ordonne à Joubert de sécuriser Bressanone. À ce moment, le général Louis François Jean Chabot prend en charge les troupes de Sérurier, alors malade. Le , les divisions de Masséna, Guieu et Chabot prennent KlagenfurtChandler (1966), 124.

Ayant trop peu de troupes disponibles pour une offensive, Bonaparte déplace son centre d'opérations à Klagenfurt et ordonne à Joubert, Bernadotte et Perrin (alors resté dans les États pontificaux) de le rejoindre. Le général de brigade Louis Friant est chargé de tenir Trieste avec . Le , Bonaparte envoie une lettre à l'archiduc Charles-Louis lui proposant un armistice. Il espère ainsi gagner du temps jusqu'à ce que les généraux Jean Victor Marie Moreau et Hoche déclenchent l'offensive en Allemagne. Pour faire impression sur les Autrichiens, Bonaparte fait avancer ses troupes jusqu'à Leoben qui est pris le , à seulement 121 kilomètres de Vienne. Le même jour, les Autrichiens conviennent de cinq jours de suspension des hostilités.

Après s'être assuré de cinq jours de trêve supplémentaires, Bonaparte propose l'ouverture de négociations le , bien qu'il n'ait pas autorité pour le faire. Conscients que les Français sont sur le point de lancer une offensive sur le Rhin, les Autrichiens signent le traité de Leoben le 18. La plupart des termes de cet accord sont confirmés par le traité de Campo-Formio le Chandler (1966), 125. Après l'armistice, des combats sans intérêt ont lieu sur le Rhin. Le , l'armée française sous les ordres du général Lazare Hoche vainc le Feldmarschall-Leutnant Franz von Werneck à la bataille de Neuwied. L'armée de Moreau entre finalement en action les 20 et en repoussant les troupes du Feldmarschall-Leutnant Anton Sztáray von Nagy-Mihaly à la bataille de DiersheimSmith (1998), 134-135.

Pendant les combats à Tarvis, la colonne de Joubert poursuit son avancée. Le , elle repousse une attaque du général-major à Neumarkt. Joubert laisse de la division de Delmas protéger sa ligne de ravitaillement et marche sur Klausen où il bat von Kerpen le . Les Autrichiens battent en retraite et sont à nouveau vaincus le et repoussés hors de Sterzing. L'intervention de la milice du Tyrol force Joubert à revenir à Brixen où von Kerpen attaque le et, fort de supplémentaires le , sans toutefois pouvoir l'en déloger. Néanmoins, Delmas se retire de Bozen (Bolzano) le . Le 5, Joubert part pour Villach et, après d'incessantes escarmouches avec la milice tyrolienne, effectue la jonction avec Bonaparte le , bien après la signature du traité de Leoben. Pendant la campagne de Joubert, les pertes françaises ont atteint Smith & Kudrna, Kerpen, Wilhelm Lothar Maria von.

Notes

Références

Catégorie:1797 en Italie Tarvis Tarvis Tarvis Catégorie:Bataille de 1797 Catégorie:Mars 1797 Catégorie:Tarvisio