Le harcèlement électromagnétique est une théorie du complot incluant l'attaque d'une ou plusieurs personnes de manière répétée et volontaire, à l'aide de moyens électromagnétiques.
Des cas réels ont été relevés à Cuba, en Chine, en Russie et aux États-Unis dans des attaques ayant visé des diplomates et agents américains et canadiens. En dehors de ceux-là, de nombreuses personnes se prétendant victimes de harcèlement ou de torture électromagnétique ne présentent pas de preuves suffisantes pour étayer leurs allégations.
Éléments du complot électromagnétique Thème Les sujets se décrivent comme des subissant un harcèlement électromagnétique effectué à l'aide de moyens technologiques avancés, les visant personnellement, dans une forme de harcèlement mental et physique odieuse. Les symptômes courants de ce harcèlement sont l'entente de voix, souvent désobligeantes et moqueuses, le ressenti de brûlures .., des maux de tête, maux de ventre, bruits perçants directionnels, acouphènes, phosphènes, manifestations neuropsychiques variées, avec une perception d'intention et de direction très forte.
Dans d'autres cas, des personnes affirment avoir eu un implant greffé dans le cerveau qui amplifie les ondes émises ou reçues. Aux États-Unis, ce phénomène est rapproché de l'enlèvement par les extraterrestres et des allégations de pose d'implant extraterrestre..
Les personnes victimes de harcèlement électromagnétique peuvent également être victimes de « », qui consiste à être constamment sous la surveillance d'une ou plusieurs personnes (gang-stalking)..
La visée du harcèlement est un contrôle mental, dont la forme extrême serait le lavage de cerveau, concept controversé au sein des sciences sociales et psychologiques, mais qui serait pratiqué par des groupes politiques ou sectes religieuses..
Origines Les théories du complot par contrôle mental se sont développées avec les avancées biomédicales : transplantation d'organes, biotechnologies de la reproduction, techniques de réanimation et soins intensifs, avec intrusion de la technologie dans la sphère de la culture et de l'intime. Elles s'appuient aussi sur le développement des drogues récréatives et psychédéliques (ectasy, LSD...) montrant la possibilité de provoquer des états de conscience modifiés..
vignette|Manifestation contre les armes psychotroniques, Moscou, 1997. On peut lire « 10 septembre, journée internationale contre les armes psychotroniques », « Sous attaque psychotronique, la libre expression et les élections démocratiques sont impossibles » et « SOS ! Russie en Danger ! Le massacre psychotronique continue ! ». Les individus ciblés se réfèrent à des informations déclassifiées provenant de revues militaires ou de la sécurité nationale, ou de la presse.documents à l'appui de leurs allégations selon lesquelles les gouvernements exercent des manipulations mentales.. Les gouvernements auraient développé une technologie qui permettrait d'envoyer des voix dans la tête des gens (voice to skull), les amener à ressentir certaines choses et ne plus être eux-mêmes. Il s'agit essentiellement des programmes de recherches des services secrets américains menés au cours de la guerre froide, au motif que les soviétiques auraient mené les mêmes..
Le projet MK-Ultra (1953-1964, et MK-Search jusqu'en 1972), révélé par de nombreux ouvrages à partir des années 1970, était l'un de ces programmes. Ce programme fédère 149 sous-projets menés dans l'illégalité (de façon non éthique), sans le consentement et à l'insu des sujets testés (prisonniers, malades mentaux...). Il s'agissait de découvrir des moyens de manipulation mentale, à partir, par exemple, d'électrochocs, de LSD, à l'exemple de Karen Wetmore, une victime qui a publié son expérience. Ces recherches n'ont abouti à aucun résultat scientifique probant..
Le projet HARP est, lui aussi, un authentique projet de recherche, consacré à l'étude de l'ionosphère. Il existe depuis 1990 et est mené en Alaska. Le fait qu'il soit soutenu par l'armée américaine a fait suggérer qu'il s'agirait en fait de recherches sur une arme météorologique, de rupture des communications et réseaux informatiques de l'ennemi et une arme électromagnétique de contrôle mental par ondes et fréquences particulières..
Dans la foulée, se sont surajoutés de nombreux programmes imaginaires comme :
« RHIC-Edom » (pour Radio-Hypnotic Intracerebral Control-Electronic Dissolution of Memory) pour fabriquer des assassins par ondes et radiations. Cet acronyme est apparu en 1967, dans un ouvrage intitulé Were We Controlled ? affirmant que Lee Harvey Oswald et Jack Ruby ont été programmés par la CIA ; « Monarch » pour provoquer par hypnose, et stimuli audio-visuels une personnalité multiple et contrôler l'une d'entre elles. Ce programme est décrit en 1995 dans des ouvrages d'auteurs-conférenciers. Il s'agissait d'un recyclage de croyances américaines sataniques et occultes des années 1970-1980. Depuis, le projet Monarch est devenu une conspiration complète en lien avec d'autres (Illuminati, Skull and Bones) ..
Communautés Les révélations de ces projets, ainsi que la présentation détaillée de ces armes et procédés secrets, font l'objet d'une abondante littérature suscitant la formation de communautés, pouvant se réunir en congrès annuel notamment aux États-Unis. Ces groupes peuvent développer une sous-culture et générer une activité commerciale (leaders auteurs-conférenciers, vente de livres, conférences payantes, vente de méthodes, produits et appareils permettant de se défendre contre le contrôle mental)..
Interprétations Psychopathologie Les expériences de harcèlement électromagnétique ou de « contrôle mental », ou encore de « surinfluence » selon le terme français des années 1960, peuvent relever d'hallucinations, de troubles délirants ou de psychose., comme celles d'enlèvements extra-terrestres, ou de visites de parents décédés, ou encore d'expériences vécues dans des camps de rééducation. Il peut être difficile de convaincre ces personnes que leur croyance pourrait être basé sur un délire extérieur.
Le premier cas documenté de délire d'influence par une machine est celui du patient nommé James Tilly Matthews, décrit en 1810, et considéré comme le premier cas historique de schizophrénie paranoïde. Les expériences ressenties par Matthews seraient à rapprocher des comptes-rendus personnels publiés sur le net, et se diffusant par le biais de communautés en ligne partageant de telles croyances et expériences. Les auteurs de ces machinations électroniques ne seraient pas seulement les gouvernements, la police, les francs-maçons, politiciens ou journalistes, mais aussi des personnes du voisinage, considérées comme « » (gens mauvais)..
Cependant, un tel rapprochement pose problème, car selon les critères de diagnostic psychiatrique américain (DSM), le délire d'influence ou de persécution ne peut inclure une croyance partagée par la culture ou la sous-culture du sujet. Une étude pointe ainsi le paradoxe psychiatrique du net, où des individus « très probablement influencés par des croyances délirantes » parviennent à former une communauté sous-culturelle, ce qui devrait conduire à repenser les critères de diagnostic du DSM-IV sur le délire d'influence, à l'ère d'internet.
Psychologie sociale En 1965, Richard Hofstader défend l'idée d'un style paranoïde pour le différencier d'une psychose ou d'un délire paranoïaque. Il le met en relation avec le maccarthysme et l'extrême-droite américaine. Le style paranoïde fait référence à un complot de dimension mondiale, considéré comme force motrice de l'Histoire. L'activiste paranoïde est un pédant, accumulant minutieusement des détails factuels, pour déboucher soudainement, de façon fulgurante, sur une conclusion générale extravagante..
D'autres auteurs, comme Raoul Girardet, insistent sur le fait que ces croyances s'ancrent dans le réel et dans les faits, mais « dans une vision et un récit mythologique »., ou encore citant Paul Valéry « le mélange de vrai et de faux est plus faux que le faux ».
En 1987, Carl Graumann et Serge Moscovici soulignent l'importance du leadership et du comportement des foules, du ressentiment face à la peur (d'un ennemi démoniaque) et à l'agressivité (contre un monde inégal, injuste ou incompréhensible).
Anthropologie sociale L'anxiété post moderne, le besoin de sens, la recherche de simplification d'un monde complexe, la demande de savoir doublée du sentiment d'ignorance et d'impuissance, seraient autant d'éléments nourrissant une pensée symbolique. Le harcèlement électronique, comme les autres théories du complot, s'inscrirait dans un processus de formation des mythes et légendes, propres au , dans un cadre mondialisé par internet, où tout utilisateur peut avoir accès à une culture ou sous-culture de type initiatique..
Le complotisme électronique serait un réenchantement négatif d'un monde technologique dépourvu de la notion de sacré. Les mythes modernes seraient symptomatiques du vécu social, histoires fausses au sens propre, elles sont vraies au figuré en disant les peurs et les désirs de ceux qui les racontent..
Législation sur les armes psychotroniques
L'étymologie du terme « arme psychotronique » vient de la contraction de psyché et électronique, pour nommer l'effet de l'électronique ou de l'électromagnétisme sur le psychisme et le système nerveux central. Le mot psychotronique est le terme tchèque pour désigner la parapsychologie La psychotronique serait une pseudo-science qui aurait été créée en Tchécoslovaquie dans les années 1960, sorte d'équivalent matérialiste à la parapsychologie bourgeoiseWilliam J. Broad, Microwave Weapons Are Prime Suspect in Ills of U.S. Embassy Workers, 1 septembre 2018, nytimes.com. On peut donc traduire le terme d'"arme psychotronique" par celui d'« arme parapsychologique ».
Des recherches ont été entreprises pour réaliser de telles armes durant la guerre froide.. Chez les Soviétiques, les recherches ont surtout portées sur l'exploitation de l'effet de Frey, un phénomène auditif induit par l'action d'un rayonnement micro-onde sur le cerveau, qui n'est nullement un phénomène parapsychologique.
Aux États-Unis des projets de loi sur les armes psychotroniques ont été déposés. Cependant, le fait que ces propositions existent n'impliquent pas l'existence de ces armes ni même que les états croient à l'existence de ces armes..
En France Les autorités appellent le harcèlement électronique « AGRÉMI », pour « agressions électromagnétiques intentionnelles »Catalogue des stages 2017-2018 du CFSSI, page 5.. Mais cette appellation ne concerne que les attaques contre les systèmes informatiques et non contre les personnes.
vignette|upright=1.5|« Tente zone blanche » pour se protéger des ondes électromagnétiques, à base de fibres de coton et de lin (bio) et de fibres de cuivre, présentée au salon Primevère 2018. En 2004, le député Claude Goasguen, pose une question écrite à François d'Aubert, ministre de la recherche, sur la recherche et le développement des psychotechnologies. Dans sa réponse le ministre mentionne, à titre d'exemples, les images subliminales, les drogues, et l'inhalation de nanoparticules comme technologies susceptibles d'affecter la psyché humaine. Il précise qu'en tant que ministre de la Recherche, seules les recherches officielles peuvent être concernées par sa réponse. Ces recherches sont encadrées. Il ne mentionne pas l'électromagnétisme, l'électronique, ni d'arme psychotronique, parapsychologique ou télépathiques..
Les victimes de harcèlement électromagnétique ont cependant la possibilité de saisir la justice au moyen de preuves. Toute personne peut par exemple solliciter l'Agence nationale des fréquences (ANFR) pour la réalisation de mesures de l'exposition aux ondes électromagnétiques.
Signalement d'attaques Contre des diplomates américains et canadiens