Laurence Picq, née en 1947, est une psychologue et auteure française, connue pour son témoignage sur le régime des Khmers rouges, sous lequel elle vit à Phnom Penh, au Cambodge, de 1975 à 1979.
Alors qu'elle est institutrice, elle épouse en 1967 Suong Sikoeun, un étudiant cambodgien qui deviendra un proche de Ieng Sary, l'un des principaux dirigeants khmers rouges. Après cinq ans passés en Chine durant la Révolution culturelle, le couple s'installe à Phnom Penh en 1975, où elle réside jusqu'en 1979 sous le régime des Khmers rouges. Au cours de cette période, au moins 1,7 million de personnes sont exécutées ou meurent de faim au Cambodge.
Biographie
Mariage et départ pour l'Asie Laurence Picq fait la connaissance, en 1967 à Paris, d'un étudiant cambodgien Suong Sikoeun avec qui elle se marie rapidement. Suong Sikoeun adhère à l'idéologie marxiste-léniniste, il étudie la philosophie du siècle des Lumières et celle de la Révolution française. Il est en particulier fasciné par Maximilien de Robespierre : .
Après le coup d'État du général Lon Nol, Suong Sikoeun rejoint la Chine en 1970, puis le maquis au Cambodge. Laurence Picq le suit en Chine. Pour l'historien Henri Locard, Laurence Picq est . Elle donne naissance à deux filles, en 1971 et 1972. Puis en 1975, les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge. Suong Sikoeun veut divorcer de Laurence au « nom de la pureté révolutionnaire ». Son mentor Ieng Sary refuse et fait en sorte que Laurence rejoigne son mari au Cambodge. indique Laurence Picq qui comprend plus tard qu'elle a été manipulée.
Camp B-1 Elle réside et travaille, comme traductrice, sous les ordres de Ieng Sary au sein du ministère khmer rouge des Affaires étrangères, dont le nom de code est B-1Michelle Vacheron Love, Life and Loss During the Pol Pot Regime Cambodia Daily, 17 mars 2014 : .
Dans un climat de peur et de délation, Laurence Picq observe les purges qui sévissent dans le camp B-1, Relire Laurence Picq. Elle mentionne la disparition de centaines d'intellectuels et de diplomates convoqués au B-1 par Ieng Sary. Ce dernier s'est inspiré de la prison numéro 1 de Pékin, qui pratiquait un système de rééducation, pour transformer les opposants en communistes convaincusLa scission au sein du mouvement Kmers rouges Église d'Asie, 1996. Laurence Picq s'appelle désormais « Phâl », sa nouvelle identité. Entre 1975 et 1979, elle ne sort que deux fois du camp B1. Elle se lève à cinq heures et se couche après minuit, elle doit rester en permanence avec les autres membres du camp, sinon on peut être accusé d'« activité non organisée ». Elle travaille au potager, écoute la radio en groupe et mange dans le réfectoire réservé aux femmes. Ses traductions célèbrent des « récoltes prodigieuses » et les « bonds prodigieux de la révolution ». Elle doit faire son autocritique deux fois par semaine, elle y sera accusée de « communisme révisionniste » car elle avait évoqué, alors qu'elle vivait encore en France, l'organisation d'un camp de vacances pour le syndicat CGT. Elle demande à rentrer en France, proposition acceptée mais sans ses deux filles, alors elle reste. Lors de sa fuite en 1980, son fils de trois mois meurt d'épuisement dans ses bras.
Retour en France
Une fois revenue en France, elle se reconstruit et après cinq ans d'études devient psychologue clinicienne à Dijon. Les premiers mois après son retour, elle conserve les comportements de ses années au Cambodge. Ne pas croiser les jambes en s'asseyant car c'est un signe des « valeurs néfastes de la bourgeoisie et du colonialisme ». Ne pas utiliser le « je » qui dénote un « manque d'humilité révolutionnaire ». À la question : , elle ne répond pas : ..
Accueil critique
Pour Philippe Boudarel du Monde diplomatique l'ouvrage de Laurence Picq Au-delà du ciel. Cinq ans chez les Khmers rouges met Philippe Boudarel Au-delà du ciel. Cinq ans chez les Khmers rouges - Les pierres crieront. Une enfance cambodgienne. 1975-1980 - Cambodia. 1975-1982 Monde diplomatique, décembre 1984.. Le sinologue Jean-Luc Domenach indique : ..
Récompense
Laurence Picq a reçu le Prix littéraire de l'Asie décerné par l'Association des écrivains de langue française en 1985 pour son ouvrage Au-delà du ciel. Cinq ans chez les Khmers rouges.
Ouvrages
Au-delà du ciel. Cinq ans chez les Khmers rouges Barraud, Paris, 1984, 212 pages. Le Piège khmer rouge, préface d'Arnaud Vaulerin, Buchet/Chastel, 2013, 424 pagesFrançois Clemenceau Où sont passés les pyjamas noirs?, Le Journal du dimanche, 16 mars 2013.
Notes et références
Liens externes
Entretien entre Laurence Picq et l'universitaire Jean-Paul Desgoutte en 1984.
Catégorie:Histoire du Cambodge Catégorie:Écrivaine française du XXIe siècle Catégorie:Lauréat du prix littéraire de l'Asie