Albert Besnard, né le à Paris (Seine) et mort le dans la même commune, est un peintre et graveur français.

Biographie Paul Albert Besnard est le fils de Louis Adolphe Ferdinand Besnard, peintre d'histoire élève d'Ingres, et de Marie Louise Pauline Vaillant, miniaturiste réputée, élève de Lizinska de Mirbel.

Albert Besnard étudie auprès de Jean-François Brémond et est admis le Son inscription fait l'objet d'un quiproquo : l'École l'a enregistré à tort sous le nom de « Bénard », et une note du ministère de la Maison de l'Empereur et des Beaux-Arts de novembre 1867 s'étonne que l'élève signe « A. Besnard ». à l'École des beaux-arts de Paris, dans les ateliers d'Alexandre Cabanel et de Sébastien Cornu. Il est un proche du peintre Lazar Meyer.

Lors de la Guerre de 1870, il vient se réfugier près d'Étretat où il installe son atelier à l'Hôtel de la Belle Ernestine à Saint-Jouin-Bruneval, tenue par Ernestine Aubourg (1841-1918)Ernestine Aubourg, est une personnalité forte qui reçoit dans son auberge Alexandre Dumas, Jacques Offenbach ou la reine d'Espagne. Elle décrite par Maupassant en 1882 dans une nouvelle éponyme comme : à lire sur http://www.calètesdesign.fr/lecotedalbatre/archives/22744 dont il a un fils Louis Besnard en 1873Reconnu et élevè par la "belle Ernestine", il sera maire de Saint-Jouin-Bruneval en 1912, il meurt en 1962..

En 1874, il remporte le grand prix de Rome avec sa composition La Mort de Timophane, tyran de Corinthe. Il rencontre Franz Liszt au cours de son séjour romain à la villa MédicisSous le ciel de Rome - Souvenirs. et son condisciple, le compositeur André Wormser, dont il fait le portrait en 1877Catalogue de l'exposition Albert Bernard. Les modernités de la Belle Époque au Petit Palais, octobre 2016-janvier 2017..

Il prolonge son séjour et épouse, en 1879, Charlotte DubrayLe sculpteur Alfred-Charles Lenoir figure parmi les témoins. Archives de la Seine en ligne, Paris 16, V4E4689, vue 23/31, acte 433., fille du sculpteur Vital-Dubray et elle-même sculptrice, avec laquelle il s'installe trois ans en Angleterre, entre 1881 et 1884, où il expose à la Royal Academy de Londres.

vignette|gauche|L'Anniversaire, 1884John Singer SargentMinneapolis Institute of Art Le couple Besnard découvre le village de Talloires en 1886 lors d'un séjour dans le Grésivaudan. Albert Besnard raconte dans ses souvenirs : "Nous accourûmes à Annecy, tentés par la beauté d'un lac dont on nous avait dit merveille. Nous fîmes le tour du lac, et lorsque le bateau s'arrêta au ponton de Talloires, sans hésiter, à la seule inspection des rives, notre choix fut fait". Il fait édifier l'année suivante une villa sur les rives du lac, pour y passer une partie de l'année, loin des mondanités parisiennes.

Albert Besnard expose à la Biennale de Venise de 1909.

En 1910, il part avec sa femme, Charlotte Gabrielle Dubray, et deux de ses fils pour un voyage de neuf mois aux Indes (Ceylan, Inde du Sud, Pondichéry, Rajasthan, Bombay). dont il reviendra avec de nombreux croquis, esquisses et projets, et qu'il narre dans son ouvrage L'Homme en rose.

Il meurt le au soir en son domicile 17 rue Guillaume Tell à Paris , d'une longue maladie, veuf, mais entouré de sa famille et de ses amis. Il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse (division 9), après des obsèques nationales à l'église Saint-Ferdinand-des-Ternes à Paris, puis dans la cour Napoléon du palais du Louvre.

Portraitiste thumb|Madame Roger Jourdain (1886), Paris, musée d'Orsay. Au Salon de 1886, son portrait de Madame Roger JourdainParis, musée d'Orsay. annonce les caractéristiques de son art, influencé par l'impressionnisme tempéré par une technique proche de celle d'un Carolus-Duran. En 1887, il présente Femme devant un feu de cheminée dont la version au pastel éblouira le jeune Pierre Louÿs.

Il exécute certains de ses portraits au pastel, comme Liseuse et Le Silence conservés au musée des Beaux-Arts de Reims. D'une facture sobre, ces portraits témoignent de l'influence des artistes du XVIIIe siècle sur Albert Besnard, tels que Rosalba Carriera et Jean-Siméon Chardin. De plus, Besnard s'attache à mettre en valeur la psychologie de ses modèles.

Parmi ses nombreux portraits, on peut citer ceux de sa femme, de ses enfants (Une famille, 1890, Paris, musée d'Orsay), de la princesse Mathilde, de la comédienne Réjane, de Madame Georges Duruy, de Madame Henry Lerolle, d'Ernest Cognacq, de Marie-Louise Jaÿ, de Gabriele D'Annunzio, du cardinal Mercier, de Jean-Louis Vaudoyer, de Boni de Castellane, de Denys Cochin ou de Frantz Jourdain qui sera son premier biographe. thumb|Albert Besnard devant le portrait de son épouse en 1905.

Décorateur Besnard contribue à la décoration de plusieurs monuments parisiens : le plafond du salon des Sciences de l’hôtel de ville de Paris, le vestibule de l'école de pharmacie de Paris, l’amphithéâtre de chimie de la SorbonneActuellement amphitéâtre Oury. La toile est intitulée La Vie renaissant de la mort., le plafond de la Comédie-Française (avec la collaboration de René Demeurisse), la coupole du Petit Palais, la salle des mariages de la mairie du chapelle de l'hôpital Cazin-Perrochaud à Berck. Il participe également à la décoration de demeures privées à Paris, comme l'hôtel Rouché, rue de Prony, aux côtés de Maurice Denis et George Desvallières.

Il réalise aussi des décors à l'étranger : en 1908, il peint Union de l'Autriche-Hongrie et de la France à l'ambassade de France à Vienne (Autriche), et en 1914, La Paix par l'arbitrage pour la salle de Justice du Palais de la Paix à La Haye.

Graveur Son œuvre gravé compte plus de deux cents eaux-fortes dont certaines, sous forme de séries, sont restées célèbres : La Femme, Elle, L'Affaire Clemenceau, L’Île Heureuse, Les Petites Voluptés, etc.

Deux catalogues en ont été faits de son vivant, l'un par son ami André-Charles Coppier, le second par Louis Godefroy (chez Loÿs Delteil).

Besnard préside la Société internationale de la gravure originale en noir dont Raphaël-Schwartz devient le secrétaire général à partir de , où l’on croise également Auguste Lepère, Anders Zorn et Francis Picabia comme vice-présidents, et où tous ces artistes exposent régulièrement leurs travaux gravés« Raphaël-Schwartz », notice dans Janine Bailly-Herzberg, Dictionnaire de l'estampe en France 1830-1950, Paris, Arts et métiers graphiques/Flammarion, 1985, ..

Honneurs En 1913, Albert Besnard est nommé directeur de la villa Médicis à Rome, succédant à Carolus-Duran. Il devient directeur des Beaux-Arts de Paris en 1922.

Membre de l’Académie des beaux-arts depuis 1912, il est élu à l’Académie française le , devenant le premier peintre à entrer dans cette institution depuis 1760. Son épée d'académicien est l'œuvre d'Antoine Bourdelle.

Il participe en tant que fondateur à la réouverture de la Société Nationale des Beaux Arts en 1890..

Décorations Chevalier en 1887, officier en 1895, commandeur en 1903, grand officier en 1921, grand-croix en (), remise par le Maréchal Joffre..

(Italie).

Hommages Son nom a été donné à : un square sur la place du Maréchal-Juin ( arrondissement de Paris, ancienne place Péreire), où se trouve son buste par Philippe Besnard, son fils. une rue à Annecy.

Généalogie L'état civil et les registres paroissiaux situent le berceau de la famille Besnard à Courtomer, petit village des environs de Sées. Ses ancêtres exercent l'activité de marchands, puis de négociants et migrent au milieu du à Sées, avant de s'installer à Paris au début du Premier EmpireArchives départementales de l'Orne, registres paroissiaux de Courtomer, Sées et Le Merlerault, état civil de Sées.. Par sa grand-mère paternelle, Albert Besnard est lié à la famille de Ferdinand Gannal (1703-1775), sculpteur à SarrelouisDictionnaire Bénézit., et de Jean-Nicolas Gannal, inventeur de la méthode moderne de la thanatopraxie.

Selon l'état civil, il est le père de : Louis Besnard (1873-1962), peintre, né avant son mariage d'une relation avec Ernestine Aubourg, décrite par Maupassant comme « la belle Ernestine »« Chroniques », Gil Blas, août 1882. ; Robert Besnard (1881-1914), peintre, tué à l'ennemi à Chauny (Aisne), Mort pour la France, marié à Nelly-Litta de la Montagnie (1879-1949), dont trois filles, Françoise épouse le journaliste Jean Luchaire; sa fille Edith épouse Henri FilipacchiArchives de Paris en ligne, Paris 6, acte de mariage 6M 264_A, vue 21/31, acte 324. et est la mère de Daniel Filipacchi« Daniel Filipacchi », À voix nue, 23 janvier 2012 (vers 5 min 20 s). ; Germaine Besnard (1884-1975), sculptrice, mariée en premières noces au peintre Marius Avy (portrait au pastel par Besnard) et en secondes noces à l'architecte Stéphane Dessauer ; Philippe Besnard (1885-1971), sculpteur, marié à Germaine Blavier, née Desgranges (1892-1974), fille du peintre Félix Desgranges, sculptrice ; Jean Besnard (1889-1958), céramiste d'art, marié à Renée Baudry, belle-sœur de Paul Daum (1888-1944) maître verrier.

Œuvres thumb|Portrait des sœurs Kharitonenko (1903), Moscou, musée des beaux-arts Pouchkine.

Peintures

Pastels

vignette|Le Silence, Reims, musée des Beaux-Arts.Portrait d'une jeune fille, 1886, Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin La source, Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin Liseuse, 1897, Reims, musée des Beaux-Arts. Le Silence, Reims, musée des Beaux-Arts. Matinée d'été, 1886, Reims, musée des Beaux-Arts.

Aquarelles

Dessins

vignette|La première d'Hernani. Avant la bataille (1905), maison de Victor Hugo, Paris

Œuvres décoratives L'Excursion botanique, L'Excursion géologique, Le Cours de chimie, Le Cours de physiologie, 1888, panneaux décoratifs pour le vestibule d'honneur de l'École de pharmacie de Paris La Leçon de botanique. La Promenade botanique (esquisse), vers 1885, huile sur toile, , Paris, musée d'Orsay Femme nue couchée et Femme nue aux bras croisés, 1895, deux pendants, encre de chine et pastel/papier rectangulaire surmonté d'un demi-cercle, Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin La Tannerie et La Métallurgie, panneaux, huile sur toile, au pavillon de la République argentine à l'Exposition Universelle de 1889 à Parishttps://pabellonarg.com/2021/04/28/pechinas-y-paneles/

Vitraux

Estampes Deux ouvrages sont consacrés de son vivant aux plus de deux cents gravures qu'il a réalisées.

Nemours, Château-Musée : La Muse accoudée, 1884, eau-forte, feuille : 32,5 x 25,3 cm. 2016.0.24.. Gray, musée Baron-Martin :

Salons Salon des dissidents de 1895 : Les Paons, verrière.

Expositions thumb|right|Portrait de la comtesse Pillet-Will (1900-1905), coll. part. La galerie André Candillier, rue de Seine à Paris, a consacré une exposition à son œuvre gravé du au . Albert Besnard (1849-1934), musée Eugène-Boudin de Honfleur, du au Catalogue par Chantal Beauvalot et al.. Albert Besnard livre ses secrets, Gray, musée Baron-Martin, . Albert Besnard (1849-1934), Modernités Belle Époque, Évian-les-Bains, Palais Lumière, du au . Albert Besnard (1849-1934), Modernités Belle Époque, Paris, Petit Palais, du au .

Élèves

Alphonse Chanteau (1874-1958), aux Beaux-Arts de Paris. Gabriel Chanteau (1874-1955), aux Beaux-Arts de Paris. Robert Poughéon (1886-1955). Eugène Zak (1884-1926), à l'Académie Colarossi.

Publications Annecy, Paris, Émile Paul, 1930 Maurice Quentin de La Tour (avec Georges Wildenstein), Paris, Éditions d’études et de documents sur les Beaux-Arts, 1928 Sous le ciel de Rome – Souvenirs, Paris, Les Éditions de France, 1925 L’Homme en rose – L’Inde couleur de sang, Paris, Eugène Fasquelle, 1913

Notes et références

Annexes Articles connexes École de Berck

Bibliographie Frantz Jourdain, Le Peintre Albert Besnard, Paris, Boussod-Valadon, 1888. Roger Marx, The Painter Albert Besnard, Paris, A. Hennuyer, 1893. Gabriel Mourey, Albert Besnard, Paris, H. Davoust, 1906. Raymond Bouyer, « Les vitraux d'Albert Besnard », dans Art et Décoration, vol XXIX, 1911, .