Le fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS ou FIJAISV) est un fichier informatisé placé sous la responsabilité du ministère de la Justice français et tenu à Nantes par le service du casier judiciaire. Il a été voté en 2004 (loi dite Perben II) et mis en service en juin 2005, pour prévenir la récidive des délinquants sexuels, soit les auteurs d'infractions sexuelles déjà condamnés, et faciliter l'identification des auteurs de ces mêmes infractions et leur localisation rapide, à tout moment. A son ouverture, il est alimenté par 20222 condamnations issues du Casier judiciaire.

Rebaptisé en pour prendre en compte les crimes et délits violents, il recense les personnes mineures ou majeures ayant été mises en examen ou reconnues coupables d'un certain nombre d'infractions graves. Peuvent y être inscrites également les personnes non définitivement condamnées ou ayant fait l'objet d'un non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement dans le cadre d'une déclaration d'irresponsabilité pénale pour trouble mental.

Historique Le FIJAIS a été créé par de la loi du en tant que Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles, le Conseil constitutionnel l'ayant déclaré conforme à la Constitution.. Par ailleurs, la Cour européenne des droits de l'homme a admis le la conventionnalité de l'inscription de « délinquants sexuels » dans ce fichier..

Il est rebaptisé par la loi du sur la récidive des infractions pénales pour prendre en compte les crimes et délits violents.

Utilisation Le fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes est régi par les dispositions figurant aux articles 706-53-1 et suivants et R. 53-8-1 et suivants du Code de procédure pénale.

Il recense les personnes, mineures ou majeures, condamnées, mises en examen ou ayant fait l'objet d'un non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement dans le cadre d'une déclaration d'irresponsabilité pénale pour trouble mental, le tout pour certaines infractions graves et/ou de nature sexuelle.

Inscription L'infraction doit faire encourir une peine de plus de cinq ans d'emprisonnement, sinon l'inscription doit être expressément ordonnée par la juridiction ou le procureur.

Toute personne fichée au FIJAIS doit en être informée par l'autorité judiciaire. L'inscription au fichier et les obligations qui en découlent étant considérées comme des mesures de sûreté, le législateur leur a conféré un caractère rétroactif. De sorte que le FIJAIS comportait, dès son entrée en vigueur, l'identité de vingt mille personnes. Le , étaient inscrites au fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. contre environ en .

Infractions pouvant entraîner l’inscription au FIJAIS Les infractions visées à l'article peuvent faire l'objet d’une inscription au FIJAIS, notamment :

S'agissant des crimes :

le meurtre ou assassinat d'un mineur précédé ou accompagné d'un viol, de torture ou actes de barbarie ; le viol simple ou aggravé.

S'agissant des délits :

l'agression sexuelle simple ou aggravée ; la captation, l'enregistrement, la transmission, l'offre, la mise à disposition, la diffusion, l'importation ou l'exportation, l'acquisition ou la détention d'image ou de représentation pornographique d'un mineur ainsi que la consultation habituelle ou en contrepartie d'un paiement d'un service de communication au public en ligne mettant à disposition une telle image ou représentation ; l'atteinte sexuelle simple ou aggravée ; la corruption de mineur ; la sollicitation en échange de rémunération de relations de nature sexuelle de la part d'un mineur ou d'une personne vulnérable qui se livre à la prostitution y compris de manière occasionnelle.

Contenu Le FIJAIS enregistre l'identité (nom, prénom, sexe, etc.) et les adresses successives de la personne ayant été condamnée, ayant fait l'objet d'une dispense de peine, ou d'une mise en examen, voire d'une décision de non-lieu, d'une relaxe ou d'un acquittement pour infraction à caractère sexuel ou violent ainsi que la nature de l'infraction concernée.

Consultation Les autorités ayant accès à ce fichier sont nombreuses : les autorités judiciaires, les officiers de police judiciaire spécialement habilités, les préfets et administrations de l'État, les maires et les présidents de conseils régionaux et départementaux par l'intermédiaire des préfets pour les recrutements dans les professions impliquant des contacts avec des mineursAnnick Dorléans, « Les fichiers de police », revue de la Fédération des associations réflexion action prison et justice (Farapej), 103, mai 2009..

Depuis le , les professionnels de la protection de l'enfance ou de la petite enfance sont tenus de fournir une « attestation d'honorabilité » laquelle certifie, après consultation du fichier, qu'ils n'y sont pas inscrits. À la date de sa généralisation, en poste avaient été identifiées comme ne devant pas travailler au contact d'enfants, dans le cadre d'une première expérimentation dans ..

Conséquences et effets Les personnes inscrites au FIJAIS ont l'obligation de justifier de leur adresse au moins une fois par an et de déclarer leur changement d'adresse dans les quinze jours ; les auteurs d'infractions « les plus graves » doivent le faire tous les six mois, en se rendant en personne au commissariat ou à la gendarmerie. Toute carence dans ces obligations est punie de d'emprisonnement et de d'amende. Depuis de la loi du relative à la prévention de la délinquance, cette justification peut même être mensuelle.

Critiques Ce fichier pourrait être considéré par certains juristes comme le début d'une orientation du droit français vers la « défense sociale », inspirée du « positivisme juridique » de Cesare Lombroso..

Son efficacité a été mise en cause, sa taille ne cessant d'augmenter.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), à l'origine réservé aux « délinquants sexuels » et depuis étendu à de larges catégories de crimes et délits Fichier des auteurs d'infractions sexuelles

Liens externes . .

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