Matar Ndoumbé DiopNombreuses variantes, dont : Makhtar Ndoumbé, Mataar Ndumbe Diop, Matâr N'Doumbé Diop, Matar Ndumbe Joop, Mocktar Ndoumbé Diop, Moktaar Ndumbe, Moukhtar Ndoumbé Diop, Muhtar Ndumbe Joop, Mukhtar Dumb, Mukhtar Ndoumbé, né à Warack Ndiatar (aujourd'hui région de Louga, Sénégal) en 1701 et mort à KokiOu Coki, Kokki dans la même région en 1754, est un érudit musulman wolof, fondateur du village de Koki, dans le Ndiambour au nord-est du royaume du Cayor, et de son daara, l'une des plus anciennes écoles coraniques du pays.
Enfance et formation Matar Ndoumbé Diop naît en 1701 à Warack NdiatarCommunauté rurale de Thiolom Fall, région de Louga, PEPAM , dans le Ndiambour, au sein d'une famille qui y est installée depuis cinq générations.
Probablement dans les années 1725Jean Boulègue, La traite, l'État, l'islam : les royaumes wolof du 15 au 18 siècle, 1986, p. 554, il étudie la jurisprudence islamique (fikh) – en particulier deux recueils de préceptes, la Risāla d'Ibn Abî Zayd Al-Qayrawânî et le Mukhtasar de Khalîl –, à l'université de Pire Saniakhor, qui contribua aussi à former les premiers lettrés arabisants de la sous-région, tels que Malick Sy, Abdoul Kader Kane, Oumar Tall ou Maba Diakhou BâThierno Kâ, L'enseignement arabe au Sénégal : l'école de Pir-Saniokhor, son histoire et son rôle dans la culture arabo-islamique au Sénégal du XVII au XX siècle, Université Paris-Sorbonne, 1982, . Il part ensuite dans le Fouta où il devient le disciple de Massamba Thiam. Il se rend ensuite au Gannar, c'est-à-dire en Mauritanie, où il séjourne dix ans. Il y étudie la grammaire arabe (nahw) qu'il sera le premier à introduire au Ndiambour.
Fondation du daara de Koki
En recoupant différentes sources, l'historien Jean Boulègue estime que c'est entre 1725 et 1733 que Matar Ndoumbe Diop fonde le village de Koki au Cayor, après un premier essai infructueux dans le BaolJean Boulègue, « Matar Ndumbe Joop et la fondation de Kokki », in Les royaumes wolof dans l'espace sénégambien: , Karthala, 2013, .
Il y installe une école coranique (daara), dont le rayonnement ne cesse de croître, au point qu'on parle quelquefois de l'« université de Koki ». Elle forme des générations de religieux et de théologiens, dont certains sont devenus des sommités scientifiquesMoustapha Tamba, Histoire et sociologie des religions au Sénégal, L'Harmattan, 2016, .
Postérité
Matar Ndoumbé appartient à une famille versée en sciences islamiques depuis plusieurs générations. Il eut dix enfants (cinq filles et cinq garçons) : Madou Fa Khoudia, Massamba Fa Khoudia, Ngoura Fa Khoudia, Balla Fa Khoudia, Faty Fa Khoudia, Medoune Penda Bouya, Anta Dické, Asta Sassoum, Aminta Sassoum et Binta Sassoum DiopS. Makhtar Ndoumbé Diop. Ses enfants, Askanou Koki/La Famille de Koki et une nombreuse descendance. Parmi eux, on trouve plusieurs grandes figures des études arabo-islamiques « La descendance de Mataar Ndumbé Joop », in L'école de Pire Saniokhor, op. cit., tel que l'actuel Khalife général des mourides, serigne Mountakha Mbacké dont la grand-mère paternelle Faty Medou Mame Diop , petite fille de Ndiaga Isse Dièye Diop, a quitté Koki pour Touba après son mariage avec le chef spirituel Ahmadou Bamba Mbacké. L'aîné des descendants de Matar Ndoumbé exerce la fonction de serigne Koki (chef traditionnel) de la commune de Koki.
À partir de 1999, une ziarra est organisée chaque année à Koki en mémoire de Matar Ndoumbé DiopCalendrier historique de la région de Louga, juin 2013 .
Notes et références
Annexes Bibliographie Boubacar Barry, La Sénégambie du XV au XIX siècle : traite négrière, Islam et conquête coloniale, L'Harmattan, Paris, 1988, 431 p. Jean Boulègue, La Sénégambie du milieu du XV siècle au début du XVII siècle, Université de Paris, 1968, 319 p. (thèse de cycle d'Histoire) Jean Boulègue, « Matar Ndumbe Joop et la fondation de Kokki », in Les royaumes wolof dans l'espace sénégambien : , Karthala, Paris, 2013, Bamba MʼBakhane Diop, Lat Dior et l'Islam, les Arts graphiques, 1973, 111 p. Ravane M'Baye, Contribution à l'étude de l'Islam au Sénégal, Université de Dakar, 1973, 16 p. Abdoulaye Bara Diop, La famille wolof, tradition et changement, Karthala, Paris, 1965, 262 p. Thierno Kâ, L'enseignement arabe au Sénégal : l'école de Pir-Saniokhor, son histoire et son rôle dans la culture arabo-islamique au Sénégal du XVII au XX siècle, Université Paris-Sorbonne, 1982, 409 p. (thèse de cycle d'Études arabo-islamiques) Assane Marokhaya Samb, Cadior demb : essai sur l'histoire du Cayor, Édition Diop, Dakar, 1964, 64 p. Ibrahima Seck, Serigne Koki Ndiaga Isseu, entre espace religieux et espace politique, Université Cheikh Anta Diop, 2010-2011 (mémoire de maîtrise sous la direction de Mme Rokhaya Fall Sokhna)
Sources audiovisuelles 2sTV, la deuxième chaîne de télévision sénégalaise, a consacré plusieurs émissions à Matar Ndoumbé Diop : Demb Matar Ndoumbé Diop, avec le griot Babacar Samb, 2sTV Sénégal, Demb Matar Ndoumbé Diop, avec le griot Matar Samb, 2sTV Sénégal,
Liens externes
S. Makhtar Ndoumbé Diop (Askanou Koki/La Famille de Koki)
Catégorie:Naissance dans la région de Louga Catégorie:Naissance en 1701 Catégorie:Décès en 1754 Catégorie:Décès au Sénégal Catégorie:Érudit musulman Catégorie:Religieux sénégalais Catégorie:Islam au Sénégal Catégorie:Enseignant du XVIIIe siècle Catégorie:Grammairien