vignette|Médaille de la bataille de Magenta.
La bataille de Magenta, livrée le pendant la campagne d'Italie, se termine par une victoire franco-sarde conduite par Napoléon III contre les Autrichiens du maréchal Ferencz Gyulai.
La ville Ancienne Castra Maxienta, Magenta est, en 1859, un gros village de Lombardie, opulent, enrichi par la campagne luxuriante qui l’entoure et par le trafic qui s’y concentre.
La bataille Elle a lieu près de la ville de Magenta dans le nord de l'Italie. L'armée d'Italie de Napoléon III déborde l'armée autrichienne par la droite, la forçant à battre en retraite. La bataille de Magenta n'est pas particulièrement grande mais elle est une victoire décisive pour les forces franco-sardes. Patrice de Mac Mahon (1808 - 1893), futur président de la République française, est nommé duc de Magenta pour son rôle dans la bataille.
Le contexte En juillet 1858, Cavour rencontre secrètement Napoléon III à Plombières-les-Bains : selon les accords, la France doit aider le royaume de Sardaigne en cas d'attaque autrichienne. En cas de victoire, l'Italie devra être partagée en trois royaumes organisés en une confédération sous la présidence honoraire du pape, mais ce projet ne vit jamais le jour. La cession de Nice et de la Savoie sera le prix de l'aide française. Le , la France et le Piémont signent le traité d'alliance.
Ordre de bataille Armée franco piémontaise Infanterie hommes Cavalerie cavaliers Artillerie : 91 canons
Corps de la Garde Impériale sous les ordres du général Saint-Jean d'Angély Réserve d'artillerie (24 canons) - général Mellinet hommes Régiment de zouaves de la Garde impériale de grenadiers de la Garde impériale de grenadiers de la Garde impériale de grenadiers de la Garde impériale Artillerie de corps (12 canons) - général Camou Bataillon de chasseurs à pied de la Garde impériale de voltigeurs de la Garde impériale de voltigeurs de la Garde impériale de voltigeurs de la Garde impériale de voltigeurs de la Garde impériale Division Artillerie à cheval (12 canons) Division de cavalerie - général Morris Chasseurs à cheval de la Garde impériale Batterie d'artillerie à cheval de la Garde impériale
sous les ordres du général Mac Mahon ( hommes et 39 canons) de chasseurs à cheval de chasseurs à cheval Réserve d'artillerie - général de La Motterouge ( hommes) Régiment provisoire de tirailleurs algériens d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne Artillerie - général Espinasse ( hommes) de chasseurs à pied d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne de zouaves étranger (2 bataillons) étranger Artillerie
sous les ordres du maréchal Canrobert - général Renault ( hommes) de chasseurs à pied d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne
sous les ordres du général Niel - général Vinoy ( hommes) de chasseurs à pied d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne d'infanterie de ligne
Armée Piémontaise piémontaise sous les ordres du lieutenant général Fanti, ( hommes – 4 canons) 9e bataillon de Bersagliers 13e batterie à pied Chevau-légers Alessandria (2 escadrons)
Les préparatifs et les premières phases de la bataille thumb|Le général Espinasse, tué dans la bataille. Le , Victor-Emmanuel II, dans le discours d'ouverture du parlement sarde dont le texte a été préparé par Cavour et Napoléon III, proclame : «… Nous ne sommes pas insensibles aux cris de douleurs qui depuis de nombreuses régions d'Italie se lèvent vers Nous… » L'écho est immense dans toute la péninsule : les Lombards manifestent leur enthousiasme pendant que les volontaires passent le Tessin pour s'unir aux Piémontais.
thumb|left|350 px|Carte de 1859 présentant les lieux de la bataille.
Le , l'Autriche envoie un ultimatum au Piémont, lui intimant le désarmement sous trois jours. C'est l'occasion que Cavour a patiemment attendue pour provoquer la guerre. Le délai échu, les Autrichiens envahissent le Piémont avec l'intention de battre l'armée sarde avant l'arrivée des Français. Les Piémontais s'opposent à l'avancée du maréchal Ferencz Gyulai inondant les rizières de Lomelline et de Vercelli ; les Français traversent le col du Mont Cenis et depuis Gênes rejoignent rapidement le champ de bataille. Le , les Autrichiens sont battus à Montebello.
Pendant que Gyulai attend avec le gros de ses troupes à Plaisance, Napoléon III traverse le Pô à Casale Monferrato et place l'armée française dans la zone d'Alexandrie et de Novare afin de pouvoir se diriger vers Milan. C'est seulement après les défaites subies le 30 et le à Vinzaglio et à Palestro que le commandement autrichien s'aperçoit du piège et ordonne que le gros de l'armée soit déplacé, à travers Vigevano et Abbiategrasso, de Lomellina à Magenta. Les Autrichiens reculent, établissant ainsi une ligne défensive entre Naviglio Grande et le Tessin, faisant sauter le grand pont napoléonien de Boffalora sopra Ticino, entre Magenta et Trecate qui résista et restera partiellement exploitable. La nuit du 2 au , le génie français, protégé par l'artillerie, jette un pont de barques de à Turbigo : le corps d'armée peut commencer à traverser afin de soutenir les premiers combats à Turbigo et Robecchetto. Le matin du , le général Mac Mahon partage ses troupes en deux colonnes, la seconde division commandée par le général Espinasse est déplacée vers Marcallo con Casone et la première division du général de la Motte-Rouge vers Boffalora sopra Ticino.
Pendant ce temps, les troupes autrichiennes tardent à arriver et le général autrichien Clam-Gallas dispose ses troupes en triangle avec pour sommets Magenta, Marcallo et Boffalora. Dès que Napoléon III entend tonner le canon, de son observatoire dans la tour de San Martino al Basto, convaincu que l'attaque de Mac Mahon est engagée, il ordonne aux troupes en attente près du Tessin de se déplacer vers les ponts de Naviglio di Boffalora, Ponte Vecchio et Ponte Nuovo. Les Autrichiens font sauter les deux premiers ponts, le pont de la douane et celui de la voie ferrée, un peu plus bas. Il reste l'unique passage pour rejoindre la berge gauche du canal. Mac Mahon est arrêté dans l'attente de coordonner ses deux colonnes et le corps d'armée français tarde depuis Novare à rejoindre le champ de bataille. D'Abbiategrasso, le gros des troupes autrichiennes commence à arriver et son entrée rend la situation critique pour les Français à tel point qu'un télégramme est envoyé à Vienne qui annonce la victoire. Après de féroces combats, les Français réussissent à passer sur le ponte Nuovo après que les Autrichiens, menacés sur leur flanc droit par Mac Mahon qui a repoussé l'attaque à Boffalora, se retirent à Magenta. Dans les combats, le général français Jean Joseph Gustave Cler tombe.
La dernière attaque thumb|right|Regnaud de Saint-Jean d'Angély. thumb|350px|Prise de Boffalora pendant la bataille de Magenta. La bataille se propage aussi autour de la gare ferroviaire de Magenta. Les Autrichiens se réfugient dans les habitations espérant défendre le territoire mètre par mètre. Le général Espinasse est blessé à proximité de Casa Giacobbe, mais sa colonne et celle de Mac Mahon, par une manœuvre en tenaille, attaquent l'ennemi retranché dans la ville. Le soir, les Bersaglieri de la division du général Manfredo Fanti arrivent à couvrir le côté gauche des alliés. Gyulai décide de se retirer momentanément envisageant une contre-attaque qui n'aura pas lieu. Au soir du , après la victorieuse bataille, l'empereur Napoléon III nomme Mac Mahon maréchal de France et duc de Magenta. Le , Victor-Emmanuel II et l'empereur français entrent victorieusement dans Milan, défilant sous l'arche de Paix, cours Sempione.
Les Tirailleurs algériens dans la bataille Comme pour la campagne de Crimée, l'armée d'Afrique fut appelée à fournir un contingent pour la campagne d'Italie. Chacun des trois régiments de Tirailleurs algériens dut fournir un bataillon de afin de créer un régiment provisoire de Tirailleurs algériens, composé de trois bataillons à six compagnies chacun. Le commandement en est donné au colonel Laure« Le colonel Laure avait servi en Afrique presque toujours aux zouaves ou aux troupes indigènes depuis . Il n'avait pas fait la campagne de Crimée, le régiment auquel il était attaché à cette époque comme lieutenant-colonel ayant été maintenu en Afrique. Les tirailleurs qu'il commandait sont les mêmes que ceux qiu bondissaient comme des panthères à l'Alma, à Inkermann, à Traclir et à Kinburn, et qui s'élancèrent si bravement dans la gorge de Malakoff »., Charles Adam, La guerre d'Italie: histoire complète des opérations militaires dans la péninsule, Librairie populaire des villes et des campagnes, 1859, , du de Tirailleurs algériens« Dans la journée du 4 juin, le bataillon du régiment de Tirailleurs avait largement payé sa dette de sang à la France. Il y aurait ingratitude à laisser tomber dans l'oubli les noms de ces morts héroïques, Français et Arabes, qui succombèrent si vaillamment dans cette lutte. Ils sont l'honneur de notre drapeau, et la manière dont ils surent mourir doit être laissée en exemple aux soldats qui, dans l'avenir, auront à continuer les traditions de gloire du 1" régiment de Tirailleurs algériens », Le livre d'or des tirailleurs indigènes de la province d'Alger, Bastide, 1866.
La Légion étrangère dans la bataille
Les troupes du corps expéditionnaire, aux ordres du maréchal Certain de Canrobert et les approvisionnements sont concentrés vers les Alpes et la vallée de la Saône. Des unités sont amenées d’Afrique où la situation est calme.
Le Régiment Étranger, dont les effectifs sont encore réduits, est transporté en Corse et le RE débarque à Marseille, et de là à Gênes le , transporté par le navire « Vauban » . Les deux régiments se trouvent le dans la plaine du Piémont et forment la brigade de la division du corps d’armée.
La division est commandée par le général Espinasse, le corps est aux ordres du général de Mac Mahon. Le début de la campagne est calme. Quelques escarmouches opposent les avant-gardes des troupes franco-sardes et les forces autrichiennes, sans importance à l’exception de la bataille de Montebello près de Voghera qui faillit bien se transformer en bataille rangée.
Les colonnes continuent à remonter le cours du Tessin. Cette région est peu faite pour une rencontre de masses, mais elle est favorable à une campagne de guérilla. Les forces françaises progressent au nord du Pô, dans un terrain coupé par plusieurs affluents. La Sésia est franchie sans opposition car les Autrichiens se replient derrière le Tessin. Initialement occupé à fixer les troupes autrichiennes sur le Pô, le corps d'armée reçoit l'ordre d'envelopper par le nord l'armée autrichienne. Certains de ses éléments sont encore sur la rive ouest de la rivière quand le régiment de tirailleurs établit une tête de pont à Turbigo, le . Enfin, le , la rive droite du Tessin est pratiquement reconnue jusqu’à la hauteur de Milan, c’est-à-dire près de Trecate.
On envoie la Légion observer le pont de San Martino qui commande directement à l’ouest, le village de Magenta. Les légionnaires arrivent sur de puissantes positions censées défendre l’accès de ce passage important. Ils ne découvrent que 7 pièces d’artillerie, abandonnées à la garde de trois factionnaires, oubliés là par erreur. Le pont lui-même est endommagé, mais les artificiers autrichiens n’ont pas eu le temps d’achever leur besogne car seules les deux dernières arches se trouvent affaissées et le Génie n’a pas grand mal à réparer les dégâts.