Ngaoundéré ([ngawndere]) est une ville du Cameroun, chef-lieu de la région de l'Adamaoua. Elle a été érigée en communauté urbaine de Ngaoundéré en 2008Décret du 17 janvier 2008 portant création de la communauté urbaine de Ngaoundéré, in Cameroon Tribune, du vendredi 18 janvier 2008, p. 5.

Géographie vignette|Mont Ngaoundéré. vignette|Vue de la falaise de Ngaoundéré. vignette|Le lac de cratère de Tizon à Ngaoundéré. La ville se situe au nord de la région dans le plateau de l'Adamaoua. Elle se démarque par un mont sur lequel est assis un rocher arrondi, ce qui fait dire aux gens que Ngaoundéré est le nombril de l'Adamaoua. Ngaw signifie « montagne » et nɗere « nombril » en langue mbum, la langue des premiers habitants. C'est un carrefour important du commerce régional, puisque c'est un passage obligé du transport routier entre les villes du sud du pays et les villes du grand nord. Le chemin de fer venant de Douala a son terminus dans cette ville. vignette|Le lac de Ngaoundaba près de Ngaoundéré.

Climat Le climat est relativement tempéré, puisque cette zone de savane arborée est située en hauteur. Les variations de température sont assez importantes en saison sèche. L'année est divisée en deux saisons, l'une sèche et l'autre pluvieuse. La saison sèche est marquée par un vent sec venant du nord, l'harmattan, qui se transforme en un vent sec et chaud. La saison des pluies est marquée par des pluies parfois violentes et discontinues. vignette|La falaise de Ngaoundéré.

Organisation administrative Ngaoundéré compte en son sein 3 arrondissements. Elle est aussi le chef-lieu du département de la VinaMINATD - Région de l'Adamaoua.

vignette|Chefferie de Ngaoundéré.

Le , la communauté urbaine de Ngaoundéré a été fondée. Elle comprend les villages suivants : Ngaoundéré Mapanet

Ngaoundéré Mapanet

Ngaoundéré Mapanet

Population L'évolution démographique est relevée par les recensements de la populationRecensements de la population du Cameroun en 1976, 1987, 2005.

Influences foulbé, allemande et française Les Foulbés (forme francisée de fulɓe, « Peul ») constituent l'un des groupes ethniques des plus importants dont la langue est le fulfulde (prononcé foulfouldé). En réalité, on dit pullo pour "un Peul", et fulɓe pour "les Peuls", le français "peul" étant un emprunt au wolof pöl. Les Foulbés sont présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, au Cameroun, au Tchad, au Soudan, un peu en Centrafrique, au Congo et plus rarement au Congo RDC. En effet, ce peuple a vécu essentiellement de l'élevage jusqu'à la colonisation. À ce moment, ils avaient fondé deux grands empires : l'empire peul du MacinaAmadou Hampâté Bâ, L'empire peul du Macina et l'empire peul de Sokoto. On ne peut parler des Foulbé de l'Adamaoua Cameroun sans parler des Foulbé de l'État d'Adamawa au Nigeria. La quasi-totalité des familles foulbé de l'Adamaoua Cameroun viennent de l'État d'Adamawa au Nigeria. La région de l'Adamaoua Cameroun est traditionnellement et islamiquement dépendante de Yola, la capitale de l'État d'Adamawa. Malgré la frontière des Colons, la tradition est maintenue. Il est vrai aussi que le premier Président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo (un Peul), a tôt fait d'affaiblir ces relations au profit d'un Cameroun républicain et souverain.

La langue principale dans tout le grand nord Cameroun reste le fulfulde, qui s'étend peu à peu dans tout le Cameroun en raison d'un fort taux de natalité des Foulbé et d'un nomadisme très avancé. En moins de vingt ans, des années 1980 à 2000, la moitié de la population peule de Ngaoundéré a émigré vers Bertoua, la région de l'Est Cameroun. Les enfants foulbés sont tous musulmans et l'Islam y est enseigné. Dès le bas âge, tout le monde passe par l'école coranique, puis par l'école francophone ou anglophone. L'influence du Nigeria aidant, la plupart des enfants foulbés sont bilingues ou trilingues, car le fulfulde est d'origine presque arabe. La langue française domine comme langue d'enseignement dans les écoles. Il y existe encore quelques bâtiments, anciens témoins du colonialisme allemand et de la présence française. Les seuls bâtiments imposants restent ceux des Allemands. C'est le cas du bureau du Gouverneur, de sa maison et de la plupart des maisons éparpillées dans le quartier administratif.

À l'origine, la ville s'appelait Ndelbe ou Garoua. Elle appartenait aux Mboum, les autochtones. Les Foulbés sont venus grâce au djihad initié par Modibbo Adama qui reçut l'Étendard pour le djihad des mains du vénérable Ousman ɓii Fodoué (en Haoussa, Usman dan Fodio), alors empereur de l'Empire peul de Sokoto (Nord Nigeria). Le Premier Lamido de la ville fut Ardo Djobdi tout au début des années 1800. La ville fut rebaptisée Ngaoundéré, ce qui veut dire « Montagne au Nombril » en Mboum, langue locale. En effet, une anecdote veut que quand les soldats foulbés arrivèrent avec leurs chevaux et leurs turbans, les Mboum prirent peur et se réfugièrent auprès du mont qui surplombe la ville. Les Foulbés encerclèrent la montagne et en firent le siège, sachant que la faim ferait descendre les Mboum et qu'ils pourraient s'imposer sans heurts. C'est alors que, vers 15 heures, à la prière de Asr, lorsque les Foulbés enlevèrent leurs turbans, firent l'ablution et se prosternèrent pour prier, les Mboum furent pris de panique, croyant que les Foulbés s'apprêtaient à soulever la Montagne. Les Mboum se rendirent alors. Et c'est ainsi que la ville fut nommée Montagne au Nombril.

Lamidat de Ngaoundéré vignette|Lamidat de Ngaoundéré. vignette|Lamido Issa Maïgari (vers 1917). vignette|Lamibé de Ngaoundéré. La ville est traditionnellement organisée autour d'une chefferie peule appelée Lamidat. À sa tête se trouve un LaamiiɗoLe pluriel de laamiiɗo est laamiiɓe, francisés respectivement en lamido et lamibé., chef spirituel et temporel. Toutes les chefferies ont généralement une grande mosquée à l'entrée de leur cour, signe d'un islam triomphateur. La plupart des laamiiɓe à Ngaoundéré sont des métis, Mboum et Peul, en hommage aux autochtones qui sont les Mboum et pour une meilleure cohésion avec les nouveaux venus, les Foulbé.

Lamibé du Lamidat de Ngaoundéré Ahmed Luqman, Les Lamidats du Grand Nord, août 2009 +PériodeLamidoPrédécesseur Père1836 - 1839Ardo DjobdiOumara1839 - 1854Lawan HamanNdjobdiNdjobdi1854 - 1878Ardo IssaLawan HamanNdjobdi1878 - 1887Ardo Haman (Mohaman Gabdo)Lawan HamanLawan Haman1887 - 1901Mohamadou AbboArdo HamanIssa1901- 1902Mohaman yadji (May)Mohamadou AbboLawan Haman1902 - 1904DalilMohaman yadji Mohaman yadji 1904 - 1922Issa MaïgariDalilAbbo1922-1924Mohaman IyagarouIssa MaïgariIssa MaïgariDestitué1924 - 1929Yaya Dandi Mohaman IyagarouAbbo1929 - 1939Mohamadou AbboYaya DandiYaya DandiDestitué et exilé à Tignère1939 - 1948AliouMohamadou AbboAbboDestitué et exilé à Galim-Tignère1948 - 1957Mohamadou AbboAliouYaya DandiDécédé1957 - 1961Baba Djeilani Mohamadou AbboYaya DandiDestitué et placé en résidence à Tignère1961IyagarouBaba Djeilani Décédé1961 - 1973TafidaIyagarouMohamadou AbboDécédé1973 - 1997Issa Maïgari YayaTafidayaya dandiDécédé1997Mohamadou HayatouIssa Maïgari YayaIssa Maïgari YayaAu pouvoir

Université

L'université de Ngaoundéré Site officiel Université de Ngaoundéré a été fondée en 1993 dans le cadre d'une réforme universitaire. En 2007, on comptait environ étudiants, et en 2008 ils étaient . Les effectifs ont rapidement augmenté ces dernières années et comptent aussi des étudiants tchadiens. On compte un peu plus de étudiants pour l'année académique 2012-2013. Il est à noter qu'il existe aussi depuis 2009 une université à Maroua, ce qui porte à deux le nombre d'institutions universitaires publiques dans le grand nord Cameroun. Elle compte huit établissements, dont quatre grandes écoles et quatre facultés.

L'université de Ngaoundéré est l'une des plus éloignées de Yaoundé. Elle souffre de cette situation, notamment au niveau des infrastructures et du matériel, puisque sa bibliothèque est très peu fournie. Pour y remédier, les facultés s'organisent elles-mêmes, à l'instar de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) et la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG) qui ont créé leur propre centre de documentation destiné aux étudiants des second et troisième cycles.

L'université dispose d'une connexion Internet auprès d'un fournisseur d'accès local ; mais le réseau informatique n'est pas encore répandu dans tous les départements de l'institution. Afin de pallier ce déficit, l'institution achève de mettre sur pied () son centre de développement des technologies de l'information et de la communication (CDTIC) qui héberge entre autres :

une radio un cyber-café une salle serveurs des salles de réunion des salles de formation un restaurant un service de reprographie un service de maintenance un service de développement le campus numérique francophone de Ngaoundéré

Transports Routier Les usagers peuvent rejoindre la capitale Yaoundé par la route, en passant par Meiganga, Garoua-Boulaï et Bertoua. Depuis 2007, une nouvelle route bitumée de relie Ngaoundéré au Tchad (Ngaoundéré-Touboro-Moundou).

Aérien L'aéroport, à vocation régionale, a accueilli des avions moyen courrier comme les Boeing 737. En 2012, il y a eu peu de trafic aérien commercial desservant Ngaoundéré. vignette|droite|Gare centrale de Ngaoundéré (terminal de Yaoundé).

Ferroviaire

vignette|Gare ferroviaire de Ngaoundéré. À Ngaoundéré se trouve une importante gare, qui est aujourd'hui le terminus de la ligne Camrail Douala - Yaoundé - Ngaoundéré. Cette ligne, à voie métrique, est très utilisée pour le transport des marchandises, pour la desserte du Tchad via le port de Douala. Un train de voyageurs y circule, avec un départ chaque soir dans chaque sens, pour une durée de trajet de 13 à 15 heures. De nombreuses améliorations sont faites sur le réseau ferroviaire. Les trains sont plus réguliers et moins en retard.

Élevage et agro-industrie La région est caractérisée par un paysage de savane, peu peuplée. Le bétail y transite pour alimenter les commerçants et les éleveurs qui pratiquent la transhumance. En saison sèche, le bétail quitte les hauteurs de l'Adamaoua pour rejoindre les basses terres. L'industrie laitière se développe, grâce à un projet établi avec le Canada en 1993. Jusque dans les années 1980-1990, le zébu Gudali était l'espèce bovine qui prédominait dans le secteur. Cela a eu pour effet de caractériser cette race de zébu par rapport à d'autres. La frontière naturelle de la falaise au nord de l'Adamaoua limitait la venue du nord par transhumance des zébus White Fulani et Red Fulani.

L'industrie Maïscam (farine et huile de maïs) y est prospère.

Archéologie Les environs de Ngaoundéré sont riches en sites archéologiques, témoins d'une occupation précédant la conquête de l'Islam, ou plus récemment d'avant la conquête coloniale. Plusieurs sites n'ont pas fait l'objet de fouilles archéologiques, mais dévoilent aux passants, souvent des touristes, des fragments de poteries à la surface du sol, ou des monticules vestiges de fossés de protection contre les hippopotames.

Le site de Mabimi (mot qui signifie « lac des hippopotames » en langue locale) n'a jamais fait l'objet de fouilles, mais on aperçoit à la surface du sol des traces de fourneaux, laissant envisager une période d'occupation où la fonte du métal était une activité importante du secteur. S'il semble aujourd'hui sans grande importance, il n'en est pas moins l'endroit le plus riche en matière d'archéométallurgie que l'on puisse trouver sur le plateau de l'AdamaouaDominique Jean, Projet Laitier Pilote de Ngaoundéré, 1993. Un autre site, à la limite nord de la ferme-modèle du projet laitier pilote, est témoin d'une occupation antique par les fragments qui affleurent. Mais l'érosion et le surpâturage risquent de détruire ces sites avant leur exploration.

Religions vignette|Église évangélique du Cameroun. thumb|Clocher de la cathédrale.