Le château de Plaisance, aujourd'hui détruit, était situé à Nogent-sur-Marne, dans l'actuel département du Val-de-Marne.
Localisation
vignette|gauche|upright=1.2|alt=Détail de carte réalisée par l'abbé Jean Delagrive en figurant le village Nogent-sur-Marne et le site de Plaisance au |Détail de carte réalisée par l'abbé Jean Delagrive en figurant le village Nogent-sur-Marne et le site de Plaisance au Le château de Plaisance était localisé dans la partie nord-est de l'actuelle commune de Nogent-sur-Marne., une ville située dans le département du Val-de-Marne, en région Île-de-France..
Au cours de l'époque carolingienne, alors que Nogent se présentait sous la forme d'un village fractionné en plusieurs terres de noble tenure, les registres médiévaux font déjà état de l'existence d'un fief dit de ..
En outre, au début du , en , alors que son domaine appartient aux terres administrées par Pierre II, évêque responsable de l'archidiocèse de Paris, le toponyme de la seigneurie de Plaisance est attesté, sous sa forme latine, par : .
Au , le site de Plaisance, lieu où s'était auparavant dressé le château du même nom, constitue l'un des quartiers composant le territoire administratif nogentais.
Histoire Origine et propriétaires successifs vignette|gauche|upright=0.6|alt=Statue de Charles V () au musée du Louvre.|Statue de Charles V () au musée du Louvre. Le château de Plaisance est cité dès le , en . À cette époque, l'édifice nogentais, ainsi que son domaine appartiennent à Jehan de Plaisance, un écuyer, qui l’a hérité de son oncle, le « Mestre Ode alias Odon de Saint-Denis ».
vignette|gauche|upright=0.6|alt=Portrait de Philibert Delorme exécuté par le graveur Auguste-Toussaint Leclerc, dans un ouvrage publié par Claudius Jacquand, |Portrait en gravure de Philibert Delorme ().. La liste des propriétaires s’étant succédé sur la seigneurie de Plaisance depuis cette époque comprend, entre autres, le roi Charles V, sa femme Jeanne de Bourbon. et leur fils Charles VI. À l'occasion de son rachat en à son frère Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne et propriétaire des lieux pendant , selon des textes manuscrits de Christine de Pizan, le souverain, chef de la maison de Valois, fait restaurer et accroître les structures de l'édifice..
Rétrocédée par Charles VI à la maison de Bourgogne après la mort de Charles V, en , la seigneurie échoit ensuite à divers particuliers dont Philibert Delorme en ., architecte et intendant des bâtiments du roi qui reconstruit le château...
Ultérieurement, vers la fin du , le château est la propriété de Renée de Bourbon, abbesse de Chelles – fille de Charles de Bourbon, duc de Vendôme, et de Françoise d’Alençon –. Celle-ci, en devenant la dame en , l'acquiert au prix de . Lors de son occupation, l'abbesse de Chelles y fait notamment construire une chapelle associée au culte de saint Michel. Dans un acte testamentaire, Renée de Bourbon fait vœu de léguer la demeure de Plaisance à Charles III, Duc de Lorraine. Ce dernier en prend pleine possession en .
vignette|droite|upright=0.7|alt=Peinture à l'huile représentant le buste de Léon Bouthillier, Comte de Chavigny. Œuvre du , exécutée par Philippe de Champaigne (), et actuellement exposée au musée de l'Histoire de France, à Versailles, sous la cote d'inventaire .|Portrait de Léon Bouthillier (), comte de Chavigny, au musée de l'Histoire de France, à Versailles.. Dans la seconde moitié du , en , Plaisance appartient à Léon Bouthillier, chevalier, comte de Chavigny et de Buzançois, secrétaire et ministre d’État aux Affaires étrangères. Cette terre lui revient par son droit d'alliance avec sa femme, Anne Phélypeaux, fille unique de Jean Phélypeaux et d'Élisabeth Blondeau, propriétaires du domaine en .
L’une des filles de Léon Bouthillier et d’Anne Phélipeaux devient duchesse par son mariage avec César-Auguste de Choiseul. C’est elle qui, à la mort de son époux, cède la terre de Plaisance et le fief voisin du Moyneau à François Mauricet, seigneur de La Cour, munitionnaire général et trésorier général des Invalides, protégé du secrétaire d’État de la Guerre Chamillart, à la faveur d’un contrat d’échange conclu en 1706.
Mauricet de La Cour ayant fait banqueroute en 1709, il meurt très éprouvé, en 1710. Sa sœur et héritière, Marie Mauricet, veuve du financier Pierre Deschiens, ne peut éviter la mise en vente forcée du château de Plaisance et du fief du Moyneau qui, le , sont adjugés à François Rouillé d'Orgemont, conseiller-secrétaire du roi et à son épouse Élisabeth-Louise Moufle, moyennant livres.
vignette|gauche|upright=0.7|Buste de Joseph Pâris-Duverney (), au Musée de Brunoy. vignette|droite|upright=0.7|Portrait d'Alexandre de Falcoz de La Blache (). Plaisance passe ensuite à divers acquéreurs : le , à Louis-Albert Asselin de Beauville, maître des requêtes ordinaire de l'Hôtel du roi ; en , à Jean-Baptiste Racine du Joncquoy, maître d'hôtel de feue la Duchesse de Berry ; enfin, le , moyennant livres, au financier Joseph Pâris-Duverney. La seigneurie de Plaisance et le fief du Moyneau étant grevés de dettes et rentes, Duverney en fait réaliser la purge conformément à la procédure des criées. En , Duverney, de retour en France, fait entièrement démolir puis reconstruire le château à l'exception de son assise et de ses structures de fondations. Le parc qui entoure la demeure de Plaisance fait également l'objet d'un important remaniement permettant ainsi la mise en place de structures hydrauliques sous forme de bassins et de fontaines, ainsi que l'aménagement d'un jardin botanique. À cette époque, le château accueille certains personnages de renom, tels que la Duchesse du Maine Louise-Bénédicte de Bourbon (), le philosophe Voltaire () ou encore la mathématicienne et physicienne Émilie du Châtelet ().
Selon certaines sources, au , à l'automne , alors que la demeure de Plaisance était la propriété de Pâris-Duverney, Louis XV (), qui résidait alors au château de Vincennes avec sa cour, s'y serait également rendu.. Cette thèse, dont une correspondance apocryphe publiée en 1806. est la première à faire état., est infirmée par les recherches historiographiques récentes, lesquelles signalent l'absence de manuscrits originaux ou de mémoires du temps confirmant cette visiteIbid..
À la mort de Duverney, en , c'est son arrière-petit-neveu, Alexandre-Joseph de Falcoz de La Blache, qui hérite le château. Il y sera arrêté par ordre du Comité de sûreté générale du .. Libéré, il revient s'installer à Plaisance puis meurt à Paris le 13 frimaire de l'an VIII (équivalent du dans le calendrier grégorien).
Disparition en 1818
Après avoir hérité Plaisance à la mort de son père, en , la comtesse d'Haussonville, née Jeanne Marie Thérèse de Falcoz de La Blache (vers 1780 - 1854), fille unique et seule héritière, épouse de Charles Louis Bernard de Cléron, comte d'Haussonville (1770-1846), chambellan de , le conserve dix-neuf ans durant. En 1818, elle vend meublé l'ensemble du domaine à M. Parant, entrepreneur de bâtiments demeurant à Paris au 58, rue du Bac.
Celui-ci, la même année, le démantèle et met à l'encan les matériaux qui le constituent, tels que du fer, du plomb, des plaques, des conduits, des cuivres et dorures, des chambranles fait de marbre, des boiseries, des pavés de cour et d'écurie, des tuiles de Bourgogne, des ardoises, ou encore des briques ; mais également le mobilier, lequel comprend, entre autres, un troupeau de moutons mérinos, la récolte de fruits de l'année du parc et du potager, le moulin de Plaisance – moulin à vent qui était l'un des deux moulins ayant appartenu au château, le second étant le moulin de Beauté, moulin à eau écroulé dans la Marne le . – et enfin, qui sont vendus .
Postérieurement à sa destruction et dès la première moitié du , le château est remplacé, au sein même du quartier de Plaisance, par plusieurs bâtisses à vocation domestique..
Description L'ancien château Au Moyen Âge Il n'existe aucun document manuscrit qui puisse décrire l'aspect du château tel qu'il se présentait au cours bas Moyen Âge. D'autre part, il ne subsiste de la résidence moyenâgeuse aucun élément architectural visible. Toutefois, de cette demeure seigneuriale, puis royale, il reste des vestiges enfouis qui viennent témoigner d'une partie de son aspect d'origine. Ces ruines se sont révélées sous forme de salles souterraines munies de plafonds en croisée d'ogives. Ces pièces ont été mises en évidence lors d'une campagne de fouilles préventives, réalisées au sein des sous-sol de la rue Lepoutre et de celle de Plaisance..
À la renaissance La physionomie du deuxième château de Plaisance, reconstruit au par Philibert Delorme, n'est actuellement connue que par un ancien dessin, lequel est sous-titré : Playsance du costé du parterre et orangerie.
Destruction et reconstruction en 1735 En 1735, de retour d'un long exil, Joseph Pâris-Duverney entreprend de faire de son château de Plaisance une . Il fait raser l’ancien château, n’en conservant que les substructions et confiant l’élaboration des plans de sa nouvelle demeure à Pierre Boscry, architecte qui, en , construira à Paris l’hôtel de Montalivet (ou hôtel de Feuquières). puis, en , la chapelle du collège des Lombards (autrement dénommé collège des Irlandais) qui est située au 17, rue des Carmes...
À cet effet, divers actes de conventions et marchés sont établis par-devant notaires :
En , marché avec . Ce contrat détaille le procédé de fondation, la fourniture de pierres neuves leur prix et celui du façonnage des pierres provenant de la démolition de l'ancien château, le façonnage des murs, celui des fondations, des ouvrages en bois, de la décoration extérieures, des moulures des façades, etc.. Le , marché avec Guillaume Guérin, , concernant la fourniture tous les bois de charpente, . Le , marché avec un , Nicolas Huyot, pour . Le , avec Charles Destigny et Charles Debesse, maîtres couvreurs à Paris, pour la fourniture et la pose de . Le enfin, traité avec Germain Armand, , obligeant celui-ci à façonner ou faire façonner tous les gros fers du nouveau château de Plaisance. L’article 12 du traité, notamment, décrit précisément les motifs ornementaux du principal escalier : .
Ce nouveau château de Plaisance est achevé rapidement avant l'été 1736, soit en l'espace de pour les travaux d'assemblage et de maçonnerie, et environ concernant la mise en place de la décoration d'intérieur..
Le nouveau château
Dezallier d’Argenville, qui visite Plaisance peu de temps après la mort de Joseph Pâris-Duverney, décrit le domaine en ces termes :
Par ailleurs, concernant l'architecture de l'édifice, notamment celle de son salon, le naturaliste ajoute :
Hormis le témoignage apporté par Antoine Dezallier d'Argenville lors de sa visite, un plan, actuellement conservé au château de Sceaux, permet de restituer de manière plus précise l'aspect général de la demeure édifiée par Duverney. En sortant, à droite, de la route ouverte en 1788 entre Paris et La Ferté-Gaucher, les lieux se présentaient comme un hôtel particulier bâti entre cour et jardins..