La famille Le Bret est une famille subsistante de la noblesse française originaire de Gisors, en Normandie, anoblie par lettres en 1578. Elle s'est distinguée par une histoire riche, tant sur le plan militaire que judiciaire. Sa devise Letifera Pello peut se traduire par "Je frappe des coups meurtriers".
Histoire Origine La famille Le Bret remonte à Maître Simon Le Bret (né sans doute vers le milieu du ), avocat ou procureur à Gisors, où il est membre de la confrérie Notre-Dame de l'Assomption (noté en 1486)., dont le fils Julien (+ 1547) fut marié à Jeanne Le Lanternier (+1517) puis à Jeanne Le Cousturier (+ 1569). Ce dernier fut le père de Julien et de Robert qui suivent, auteurs respectifs de deux lignées (à noter un Chevalier Guillaume Le Bret membre fondateur de cette même confrérie ND de l'Assomption de Gisors en 1360) :
Julien Le Bret, (+1589), sieur du Mesnil, licencié en droit, avocat à Gisors, fut l'auteur de la branche de Flacourt, en 1592. Son fils Cardin (1558-1655) exerce la charge d'Avocat Général à la Cour des Aides de Paris (1592-1604), il est anobli en 1604 par la charge d’avocat général au Parlement de Paris. Cette branche aîné qui donna plusieurs hauts magistrats de renom, fut titrée comte de Selles en 1727. et s'éteignit en 1804. Robert Le Bret (+1589), seigneur de FlacourtCabinet des titres, cabinet d'Hozier 64 MF17291 vue 211, de Boisgilout, de Nucourt et d'Ernemont, capitaine de cent arquebusiers à cheval et de cent hommes à pied, gouverneur de la ville de Gisors (1560), puis de celle de Mantes (1568) fut anobli par le grade d'officier des Gens de Pieds en 1557 puis par lettres patentes du roi Henri III en en récompense de ses services militairesRobert Cardin Le Bret, Maison Le Bret : généalogie historique établie sur documents authentiques, avec renvois à ces documents, E. Monnoyer (Le Mans), 1889. Marié en 1553 à Françoise de Gamâches († 1603), il est l'ancêtre de la branche subsistanteRegis Valette, Catalogue de la Noblesse Française, Robert Laffont, Paris, 1977.Michel Authier et Alain Galbrun, État de la Noblesse Française subsistante, volume 24, 1996.Patrice de Clinchamps, Dictionnaire et armorial de la noblesse, vol III (Famille de L à O)Michel Dugast-Rouillé, Le Nobiliaire de France, 1972..
Lignée ainée : seigneurs de Flacourt et comtes de Selles La branche ainée, issue de Julien Le Bret (ca 1520-1589), son fils Cardin (1558-1655) exerce en 1592 la charge d'Avocat Général à la Cour des Aides de Paris (1592-1604), puis il est anobli en 1604 par la charge d’avocat général au Parlement de Paris.
Elle s'illustra à travers plusieurs magistrats au parlement de Paris, des conseillers d'État, deux présidents au parlement de Provence, des intendants du Limousin, du Dauphiné, du Lyonnais, de Provence, de Bretagne, un lieutenant-général, des chevaliers de Saint-Louis, un évêque etc.
Cette branche fut titrée comte de Selles par lettres patentes d', enregistrées au Parlement de Paris le suivant.
Cette branche de la famille Le Bret a de nombreuses alliances ministérielles, en effet Julien Le Bret a épousé la fille de Pierre Sublet de Romilly, cousin de François Sublet de Noyers; Secrétaire d'État à la Guerre de Louis XIII en 1636, Marie Le Bret a épousé Charles de l'Aubespine, cousin du Garde des Sceaux de Louis XIII (1630). Une autre Marie Le Bret est la belle-mère de René Louis de Voyer de Paulmy d'Argenson, Secrétaire d'État aux Affaires Etrangères en 1744, Marie Rosalie Le Bret a épousé en 1741 le fils du Chancelier d'Aguesseau (1717-1750). Cardin François Xavier Le Bret a épousé en 1746 la petite fille de Félix Le Pelletier de La Houssaye, Contrôleur Général des Finances en 1720, Paul Charles Cardin Le Bret a épousé en 1769 la Fille de Thomas Hue de Miromesnil, Garde des Sceaux en 1774
Branche allemande Le Bret von Nucourt Cette branche, quitta la France lors de la révocation de l'édit de Nantes et s'établit en Wurtemberg avec Nicolas Le Bret, d'où elle est passée en Bavière. Elle a été confirmée noble sur les registres de la chancellerie bavaroise sous le nom de von Le Bret de Nucourt ou Le Bret von Nucourt.
Branche du Vexin Une autre branche issue de Denis Le Bret, avocat à Gisors (+1557) fils de Julien et marié à Colette Le Lanternier (+1549) a donné Denis Le Bret, aussi avocat, sans doute l'ancêtre de Denis Le Bret, aussi avocat, d'où Nicolas Le Bret, Écuyer de la duchesse de Guise, marié en 1611 à Marie Mallaquin, d'où Henry Le Bret (1618-1710), le célèbre compagnon de Cyrano de Bergerac qui fit publier les écrits de Cyrano après la mort de celui-ci et qui s'est attiré cette fameuse réplique "Voilà encore Le Bret qui grogne" dans la pièce d'Edmond Rostand. Il avait eu le même précepteur que Cyrano et s'était engagé avec lui comme mousquetaire en 1639. Il entra ensuite dans les ordres et fut Grand Prévôt de l’évêché de Montauban en 1663. Cette branche s'est éteinte avec lui en 1710.
Lignée cadette subsistante La lignée cadette, issue de Robert Le Bret, seigneur de Flacourt, en 1557 il est officier des Gens de Pieds à la bataille de Saint Quentin le 02/08/1557Grade qui conférait la noblesse, cf "L'anoblissement par charges avant 1789" de François Bluche & Pierre Durye), d'ailleurs il apparaît dans une charte de 1568 (AD Eure, E1299, folio 77 R°) avec la qualification de "noble Homme" (qui est une qualification de noblesse en Normandie., grade qui donnait la noblesse à cette date, puis il est anobli par Lettres Patentes en 1578, il est maintenue noble en 1594 et en 1667.
Elle s'est divisée en trois branches principales, issues de trois frères (fils de Robert Le Bret (1606-1674), vicomte et gouverneur de Gisors et de Catherine Le Blanc), implantés l'un en Anjou avec Vincent Le Bret (1641-1697), l'autre resté dans la région de Gisors avec Charles Le Bret (1651-1718) et le troisième à Paris avec Théodore Le Bret (1654-1755).
Seul subsiste la descendance de la branche établie à Paris avec Théodore Le Bret.
La famille subsistante est membre de l'Association d'entraide de la noblesse française depuis 2016Page « La table des familles » sur le site de l'Association d'entraide de la noblesse française (lire en ligne)..
Personnalités Lignée ainée Le Bret de Flacourt Cardin Le Bret seigneur de Flacourt, (1558-1655), avocat général à la cour des aides de Paris puis avocat général au parlement de Paris, conseiller d'État, envoyé pour une mission temporaire avec le titre d'intendant dans les Trois-Évêchés, Metz, Toul et Verdun en 1624 et célèbre jurisconsulte auteur en 1632 d'un traité intitulé De la souveraineté du roi (1632). Marié à Marguerite Le Pelletier de Château-PoissyGilbert Picot :" Cardin Le Bret et la doctrine de la Souveraineté" Société d'impressions typographiques, Nancy 1948. Jacques Le Bret, neveu du précédent, chanoine puis évêque de Toul en 1645 (†1645). Julien Le Bret, seigneur de Flacourt (1611-1688), fils de Cardin, conseiller au parlement de Paris (1635) puis conseiller d'État en 1643, marié à Marie Sublet, cousine de François Sublet de Noyers, ministre de Louis XIIIAnselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la Maison de France, Firmin-Didot, 1890, page 52.. Henri-Julien Le Bret (1638-1679), seigneur d'Ernemont, gouverneur de Douai (1668), lieutenant-général (1673). Pierre Le Bret de Flacourt, chevalier de Flacourt (1645-1692) (fils de Julien Le Bret et Marie Sublet), chef d'escadre des armées navales (1688), chevalier de Malte (1661). sans alliance. Pierre-Cardin Le Bret seigneur de Flacourt (1639-1710), (fils de Julien Le Bret et Marie Sublet)), conseiller au Grand conseil (1668) maître des requêtes (1676), intendant du Limousin (1681) du Dauphiné (1683), du Lyonnais (1686), de Provence (1687-1704), premier président au parlement de Provence (1690-1710), marié à Marie-Françoise Veydeau de Grandmont. Cardin Le Bret seigneur de Flacourt et comte de Selles (1727) (1675-1734) (fils du précédent), conseiller au parlement de Provence (1694), maître des requêtes (1696), intendant de Béarn et Navarre (1701), intendant de Provence (1704-1734), premier président du parlement de Provence (1710), conseiller d'État (1730), marié 1°) en 1697 à Marie-Thérèse de Lubert, 2°) en 1708 à Marie-Charlotte Geneviève Le Feron, 3°) en 1710 à Thérèse Angelique Croiset d'Estiau, 4°) en 1712 à Marguerite-Henriette de Labriffe (Sa fille, Marie-Geneviève Rosalie (1722-1759) épousera le fils du Chancelier d'Aguesseau, ministre de Louis XV. Paul Cardin Le Bret de Flacourt comte de Selles (1718-1786) (fils de Cardin Le Bret et Marguerite de Labriffe), chevalier de Malte de minorité, chevalier de Saint-Louis, brigadier des armées du roi (1762). François-Xavier Cardin Le Bret de Flacourt, (1719-1765) comte de Selles (fils Cardin Le Bret et Marguerite de Labriffe), reçu de minorité dans l'ordre de Malte, avocat-général au Grand Conseil (1741), intendant de Bretagne (1753-1765), marié à Anne-Louise-Charlotte Le Pelletier de la Houssaye (Petite-fille de Félix Le Pelletier de La Houssaye, Contrôleur Général des Finances (1720-1722) et Garde des Sceaux (1721) sous la Régence. Paul-Charles-Cardin Le Bret de Flacourt, comte de Selles (1748-1804), (fils du précédent), avocat général au parlement de Rouen (1769), greffier en chef au parlement de Paris (1775-Révolution). Marié en 1748 à Anne-Angélique Armande Georgette Hue de Miromesnil, (fille d'Armand Thomas Hue de Miromesnil, garde des Sceaux de Louis XVI), il meurt en 1804 dernier de sa branche et avec lui s'éteignit le titre de comte de Selles.
Branche allemande Johann Friedrich Le Bret (1732-1807), docteur en théologie, chancelier de l'Université de Tübingen, marié à Caroline-Auguste de Buhler. Emil Le Bret von Nucourt (1849-1939), aide de camp et chambellan du roi Louis II de Bavière, général de l'armée Prussienne. Albrecht Le Bret von Nucourt (1895-1959), colonel commandant le régiment d'infanterie de la Wehrmacht pendant la Seconde guerre mondiale. Chevalier de l'Ordre de Saint-Jean
Lignée cadette Branche fixée en Anjou Vincent Le Bret (1641-avant 1701), (fils de Robert Le Bret, conseiller du roi, vicomte et gouverneur de Gisors et de Catherine Le Blanc). Avocat au parlement de Paris, vicomte de Gisors, président au grenier à sel de La Flèche, marié à Anne-Marie Deniau. Quelques années après son mariage, il se démit de sa charge de vicomte de Gisors et vint s'installer en Anjou sur les terres de sa femme. Il fut maintenu noble le avec son père et ses frères. Ignace-Sébastien-Vincent Le Bret (1676-1737), seigneur du Doussay (fils du précédent), officier de dragons, député de la noblesse en 1722 à La Flèche, marié à renée-Catherine de la Porte. Ignace-Vincent-Étienne Le Bret (1720-1793), seigneur du Doussay, de la Potardière, de la Bruère etc., fils du précédent, officier au régiment de Murat, marié à Renée-Françoise Richer des Vaux. Victor-René-Cardin Le Bret (1748-1827), seigneur du Doussay, de la Potardière, de la Bruère, fils du précédent, émigré, rejoint l'Armée des Princes sous la Révolution, lieutenant-colonel de cavalerie, colonel des gardes nationaux de La Flèche, maire de Crosmières, chevalier de Saint-Louis, il fut élu député de la noblesse d'Anjou en 1789. Il épousa Charlotte Drouin. Henri-Cardin Le Bret (1789-1851), fils du précédent, officier-payeur de l'armée (1812), chevau léger de la compagnie rouge de la garde du roi (1814), lieutenant au régiment des chasseurs du Morbihan, chef d'escadron de l'armée royale (1815), maire de Crosmières (1827), participe au soulévement en faveur de la duchesse de Berry en 1832 et est condamné par contumace à la déportation en puis acquitté en ; chevalier de la Légion d'honneur (1815). Il épousa Estelle-Joséphine-Marie Bigot de la Touanne.
Branche restée à Gisors