Le Soukhoï (en , Code OTAN « ») est un avion de combat à réaction multirôle soviétique puis russe, toujours en production dans les années 2020.
Historique
Contexte Avec l'arrivée aux États-Unis de nouveaux missiles de croisière, l'Armée de l'air soviétique devait pouvoir disposer d'un avion de supériorité aérienne capable, entre autres, d'intercepter toute menace loin des frontières de l'Union soviétique. Un vol de plusieurs heures étant nécessaire à une interception lointaine, on décida de rajouter un membre d'équipage en tandem et une perche de ravitaillement en vol à un avion déjà existant. Les ingénieurs choisirent le Su-27UB (version biplace d'entraînement) rebaptisé Su-27PU, comme base pour le nouvel avion, et les travaux débutèrent en 1986 à l'usine Soukhoï IAPO à Irkoutsk.
Du Su-27PU au Su-30 Les travaux portèrent sur la modernisation du cockpit, l'installation d'un récepteur GLONASS et de systèmes de navigation lointaine Oméga, LORAN et . L'avion modifié fit son premier vol début 1987 et le de la même année effectua un vol Moscou-Komsomolsk-sur-l'Amour–Moscou d'une distance de et d'une durée de , qui nécessita quatre ravitaillements en vol. Les résultats se montrant positifs, on procéda à l'amélioration des paramètres offensifs. Ce Su-27PU (désignation d'usine : T10PU-5) s'éleva dans les airs le . À la suite des essais, l'État donna son accord pour la production en série de la machine, finalement désignée Su-30.
Nouvelles versions Le manque de financement conduisit l'OKB Soukhoï à développer une version à l'exportation baptisée Su-30K (K pour komercheski, c'est-à-dire commerciale) ; sa version modernisée, le Su-30MK, bénéficia d'une modernisation du radar et de l'accroissement de ses capacités d'emport de charge. La version modernisée non destinée à l'export se nomme Su-30M. Soukhoï profita de son expérience du programme Su-35, notamment en matière d'avionique, pour faire du Su-30M(K) un chasseur redoutable pour les adversaires aériens, terrestres et marins.
En Inde, le Su-30MKI est produit sous licence par (HAL). Le Su-30MKI est facilement reconnaissable des autres variantes, notamment par l'ajout de plans canards et de tuyères à poussée vectorielle. thumb|290px|Un Soukhoï Su-30MKI indien en premier plan. En Algérie, le Su-30MKA est un dérivé du Su-30MKI indien avec un système de navigation franco-russe au lieu d'un système israélien.
Caractéristiques Le Su-30 est un avion de combat multirôle. Il est doté d'un cockpit biplace, derrière lequel se trouve un aérofrein de grande dimension, assez similaire à celui équipant le chasseur américain F-15. Il se différencie du Su-27UB de base par l'adoption d'un nouveau système d'armement, comprenant un capteur optronique frontal analogue à celui du Su-27 et permettant l'acquisition de cibles à longue portée. Il possède des capacités tout-temps, un radar à balayage électronique, suivi de terrain, etc.
Le Su-30 assure des missions de supériorité aérienne, dissuasion nucléaire, frappe stratégique, interdiction, appui aérien rapproché (en anglais , abrégé en CAS), suppression de défenses antiaériennes, lutte antinavire. Il faut de maintenance pour une heure de vol.
Caractéristiques de vol
La configuration aérodynamique de l'appareil, combinée avec les capacités de contrôle apportées par la poussée vectorielle, résultent en une manœuvrabilité et une agilité sans précédent dans le monde des intercepteurs à réaction, ainsi que des performances au décollage et à l'atterrissage particulièrement impressionnantes. Équipé d'un système de commandes de vol électriques, le Su-30 est capable d'effectuer certaines manœuvres particulières, telles que le Cobra de Pougatchev ou traduit en anglais . Ces manœuvres brutales, causant un très fort ralentissement de l'appareil, ont pour but de se laisser dépasser par un potentiel poursuivant en situation de combat (bien que cela n'ait jamais pu être vérifié, et que cela placerait probablement le Su-30 en posture désavantageuse face à un pilote formé au combat aérien qui saura parfaitement comment contrer ce genre de manœuvre)..
Motorisation
La propulsion de l'avion est assurée par deux turboréacteurs AL 31FL à double flux et dotés de postcombustion. Produisant une poussée de () avec PC, ils permettent à l'avion de tenir une vitesse de Mach 2,0 en palier, à basse altitude et un taux de montée de .
Avec une capacité de carburant de , le Su-30MK est capable d'assurer une mission de combat de quatre heures et demie avec une distance franchissable de . Une perche de ravitaillement en vol permet de porter ce rayon d'action à , ou la durée de vol à dix heures en palier.
Il faut, pour la force aérienne indienne, huit heures pour remplacer un réacteur.
Avionique
Le pilote automatique de l'appareil peut assurer sa fonction à tous les niveaux de vol, y compris en mode de suivi de terrain, et des engagements de combat contre des cibles aériennes, terrestres ou maritimes, que ce soit individuellement ou au sein d'un groupe. Relié au système de navigation, le pilote automatique permet de voler en suivant des points de passages précis, approcher une cible, retrouver sa base, ou même effectuer une approche finale totalement automatiquement. Les appareils livrés à la Biélorussie, le Kazakhstan et la Malaisie ont un affichage tête haute de l'industriel français Thales.
Radar
Son radar de vol est le IRBIS-E.
Versions
Usine d'Irkoutsk
Su-30 : Version de base Su-30K : Version d'exportation du Su-30 de base ; Su-30KN : Projet d'amélioration des avions de combat biplaces opérationnels, les Su-27UB, Su-30 et Su-30K. Ce projet fut annulé en Russie puis relancé sous la désignation Su-30MK : Version commerciale du Su-30, révélée pour la première fois en 1993. Ces versions d'exportation contiennent des équipements de navigation et communication provenant d' (HAL). ;
Su-30MKI : MKI signifie , ou en . Développé conjointement avec (HAL) pour la force aérienne indienne, il est équipé de la poussée vectorielle et de plans canards. Son électronique provient d'Inde mais également de multiples sources extérieures : Israël, Russie et France. ;
Su-30MKA : Version destinée à l'Algérie et inspirée en grande partie par le Su-30MKI. ;
Su-30MKM : Version dérivée du Su-30MKI indo-russe., le MKM est une version hautement spécialisée pour la . L'avion est équipé de poussée vectorielle et de plans canards, mais son avionique provient de plusieurs pays différents. Les écrans tête-haute, FLIR et la nacelle de désignation laser Damoclès proviennent du groupe français Thales, tandis que le système de détecteurs de départ de missile MAW-300 et RWR-50 et le détecteur d'alerte laser proviennent de SAAB AVITRONICS, en Afrique du Sud.. Le radar à balayage électronique NIIP N011M BARS, les systèmes de guerre électronique, le système de localisation optique et la verrière sont d'origine russe. ;
Su-30SM : Version spécialisée de la version à poussée vectorielle Su-30MKM, destinée à l'armée russe, produite par la société Irkut... La nouvelle version a été améliorée selon les demandes des militaires russes concernant le radar, les systèmes de radiocommunication, le système d'identification « ami-ennemi » IFF, les sièges éjectables, les armements et d'autres systèmes internes de l'avion... L'avion est équipé du radar Bars-R et de l'écran tête-haute à angle large.... Le ministère de la Défense à commandé 30 appareils en , et 30 autres en .. Le Su-30SM a effectué son premier vol le . ; Su-30SM2 : Initialement appelé SM1, est un projet de mise à niveau des chasseurs russes Su-30SM, équipés du radar PESA N035 Irbis et des moteurs AL-41F1S plus puissants du Su-35S, dans le but de réduire les coûts opérationnels lors de l'unification du système.. Les chasseurs modernisés recevront également de nouveaux types d'armes, comme les bombes aériennes KAB-250, le missile air-air à très longue portée R-37M et le missile de croisière furtif Kh-59MK2. Les premières livraisons sont prévues pour fin 2020. En un Su-30SM2 est aperçu pour la première fois transportant un R-37M.. En 2024 on compte au moins 19 Su-30SM2 en service dans l'armée de l'air Russe.
Usine Komsomolsk-sur-l'Amour
Su-30MKK : Version d'exportation pour la Chine. MKK signifie , ou en . Sa désignation OTAN est ; Su-30MK2V : Le Su-30MK2V est destiné au Vietnam tandis qu'un autre Su-30MK2V est destiné au Venezuela. En anglais, les désignations des deux versions sont similaires, mais en russe elles diffèrent : les chasseurs vietnamiens sont désignés Су-30МКВ (la lettre B cyrillique étant équivalente au V de l'alphabet latin), tandis que les avions vénézuéliens sont Су-30МКV, la dernière lettre étant écrite en latin.po Su-30M2 : Une version du constructeur (KnAAPO), basée sur le Su-30MK2. La force aérienne russe a passé une commande pour cette variante en 2009 et les tests à l'usine ont été achevés en .... 20 avions ont été commandés : 4 en 2009 et 16 en 2012.. Au moins 12 avaient été produits en : les quatre du premier contrat de 2009 et huit de celui de 2012 ;
Usine non-connue Su-30KI : Proposition de Soukhoï d'améliorer le Su-27S monoplace de l'armée de l'air russe. Il s'agit également d'une version proposée à l'exportation pour l'Indonésie. avaient été commandés mais annulés, à la suite de la crise financière asiatique de 2007..
Engagements
En , 4 Su-30 russes sont déployés durant l'intervention militaire de la Russie en Syrie.. Le Su-30SM a été utilisé durant l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Le à 10 h 56 EET (UTC+2), l'armée ukrainienne annonce avoir abattu un Su-30 russe au-dessus de la ville d'Irpin, au 8 jour du conflit armé qui oppose les deux pays.. Au , 11 Su-30SM ont été détruits. (confirmations visuelles), dont quatre à la suite des explosions survenues sur la base aérienne russe de Saki (Crimée) le . L’armée ukrainienne revendique la destruction de deux Su-30 russes le au dessus de la Mer noire, abattus avec des missiles AIM-9 Sidewinder tirés depuis un drone naval Magura 7.. C'est la première fois qu'un drône naval abat un avion de chasse.
Accidents Le , au salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget, un Su-30MKI s'écrase lors d'un vol d'entraînement, peu de temps avant l'ouverture des démonstrations publiques...
L'avion sort d'une série de tonneaux serrés effectués à basse altitude sur une pente descendante et effectue sa manœuvre trop près du sol. Le pilote cabre fortement et tente d'éviter l'impact avec la pelouse, mais les tuyères de ses réacteurs touchent la piste et s'arrachent en partie. Sur sa lancée, et grâce à la puissance de ses moteurs, l'appareil parvient à se relancer et reprendre un peu d'altitude, mais il est trop tard, le mal est fait ; les tuyères déformées par l'impact et une conduite de carburant percée font cabrer exagérément l'avion et il devient hors de contrôle, en proie aux flammes. Les deux pilotes, Vyacheslav Aver'yanov et Vladimir Shendrik, ont tout juste le temps de s'éjecter, tête en bas, avant que l'appareil ne retombe au sol et se transforme en une boule de feu. Les deux membres d'équipage s'en sortent indemnes et personne n'est touché à terre, l'appareil étant tombé en plein milieu de l'aire destinée aux démonstrations aériennes, et donc dépourvue de spectateurs.
Le crash est attribué à une erreur de pilotage. Les deux pilotes ont affirmé avoir été gênés par le soleil, l'éblouissement leur ayant fait avoir une appréciation erronée de l'altitude à laquelle évoluait l'avion.
Le , un Su-30SM s'écrase en Syrie près de Lattaquié. Les deux occupants sont morts. Officiellement le crash serait dû à un oiseau, entré dans un réacteur lors du décollage..
Huit Su-30MKI ont été perdus par la force aérienne indienne, le dernier le ..
Dans la nuit du 27 au , lors d'un vol d'entraînement, deux pilotes perdent la vie après le crash de l'appareil dans la wilaya d'Oum El Bouaghi en Algérie..