Deux clubs de football allemands juridiquement distincts se sont succédé sous l’appellation 1. FC Lokomotive Leipzig (souvent abrégée en 1. FC Lok ou Lok Leipzig), avec des bases historiques dans le quartier de Probstheida, au sud-est de Leipzig (Saxe).

Le premier Lok Leipzig a existé de 1966 à 1991 avant de prendre le nom de son prédécesseur spirituel d’avant-guerre, le VfB Leipzig, peu après la réunification allemande. Il fut l'un des clubs les plus prestigieux de l'ex-RDA, disputant notamment la finale de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe (1987). Le VfB a cessé toute activité sportive en 2004 à la suite de son redressement judiciaire, mais l’association n’a pas été dissoute.

Le second Lok Leipzig a été fondé en 2003 par un groupe d’anciens supporters à l’approche de la liquidation du VfB. Il a reconstruit de zéro une équipe première masculine qui évolue actuellement en Regionalliga, la quatrième division nationale. Depuis 2004, il détient le record du monde d’affluence à un match de football de la division la plus basse d’un pays.

Les VfB et Lokomotive partagent une histoire mouvementée mais justifient à eux quatre de plus d’un siècle de tradition. Une procédure de fusion entre VfB et Lok, entamée en 2018, a abouti en .

Arbre généalogique du club thumb|alt=Texte au choix|center|upright=3|Historique du Lokomotive Leipzig et de ses prédécesseurs

Le premier Lok (1966) 1946-1966 : Une genèse mouvementée en RDA thumb|300px| Historique des placements des différents clubs lipsois en Mitteldeutschen Meisterschaft (championnat d'Allemagne centrale) et en Gauliga Sachsen de 1901 à 1945 Si les origines du Lok remontent administrativement à 1946, le club est l’héritier officieux de son illustre prédécesseur d’avant-guerre, le VfB Leipzig, fondé en 1896 et dissous en 1945 sur ordre des autorités d’occupation après la chute du Troisième Reich.

Le , un groupe d’anciens membres du VfB fonde un club successeur, le SG Probstheida. À la naissance de la RDA en 1949, le nouveau club prend le nom de BSG Erich Zeigner Leipzig en hommage au maire de la ville décédé quelques semaines plus tôt. L'année suivante, il devient le BSG Einheit Leipzig-Ost à la suite de la création d'une série de grandes associations sportives omnisports (Sportvereinigungen) par le pouvoir central. C’est sous ce nom que le club monte en 1953 en Oberliga, la première division est-allemande. Il se crée immédiatement une rivalité tenace, qui dure encore aujourd’hui, avec l'autre équipe locale d'Oberliga, le BSG Chemie Leipzig.

En 1954, le gouvernement est-allemand crée une série de pôles sportifs de haut niveau à travers le pays sous le nom de « clubs sportifs de district » (Bezirkssportclubs). Le BSG Einheit Leipzig-Ost est intégré au nouveau SC Rotation Leipzig pendant que le Chemie rejoint le SC Lokomotive Leipzig (à ne pas confondre avec le futur 1. FC Lok). Les deux nouveaux clubs prennent directement les places des anciens en Oberliga et conservent les nombreux supporters des anciens clubs. Profitant de la construction en 1956 de l'immense Zentralstadion, le plus grand stade des deux Allemagnes, ils établissent des records d’affluence. Le , plus de spectateurs assistent ainsi à la victoire (2-1) du Rotation sur le SC Lok, chiffre qui n’a été égalé nulle part en Allemagne (Est ou Ouest) à ce jour. Aucun des deux clubs ne parviendra à décrocher le titre national, mais le SC Lok remporte la Coupe de RDA en 1957.

En 1963, les autorités locales décident de concentrer le football de haut niveau à Leipzig. Rotation et SC Lok sont fusionnés en un nouveau SC Leipzig qui ne conserve que les meilleurs joueurs des deux anciens clubs. Les autres joueurs se partagent entre le nouveau BSG Chemie Leipzig, reconstitué à cette occasion et relancé directement en Oberliga, et le Rotation 1950 Leipzig en troisième division. Ironie du sort, c'est le Chemie, pourtant plus faible sur le papier, qui remporte le titre en 1964. Le SC Leipzig ne termine que troisième, devancé aussi par le SC Empor Rostock.

1966-1980 : naissance du 1. FC Lokomotive et premiers titres

En 1966, face aux résultats médiocres du football est-allemand à l'international, le gouvernement décide de renforcer les moyens des clubs. Pour ce faire, il sépare les sections football de leurs parents omnisports. Ainsi, le , le premier 1. FC Lokomotive Leipzig acquiert son indépendance mais conserve le maillot or et le short bleu azur du SC Leipzig.

Les débuts sont laborieux et voient même le nouveau club descendre en deuxième division en 1968. La remontée est immédiate et le Lok s'installe rapidement dans le haut du tableau de l'Oberliga, toujours placé (quatrième en 1972-73, 1975-76, et 1977-78) mais jamais gagnant. Dans l'ombre des deux grands clubs est-allemands de l’époque, le FC Magdebourg et le Dynamo Dresde, il se taille cependant une belle réputation d'équipe de coupe. En 1970, il atteint pour la première fois la finale de la Coupe de RDA mais s’incline (2-4) face au FC Vorwärts Francfort. En 1973, c’est une nouvelle finale et une nouvelle défaite (2-3) face au FC Magdebourg. En 1976, le Lok dispute sa troisième finale et remporte enfin son premier titre en dominant nettement (3-0) le même Vorwärts Francfort qui l’avait battu six ans plus tôt.

L’année suivante, le club atteint encore la finale de la Coupe mais échoue (2-3) face au Dynamo Dresde. Pendant toute cette période, le Lok ne passe que rarement l'hiver en Coupe d’Europe mais réussit toutefois un beau parcours en Coupe UEFA 1973-74. Il élimine successivement le Torino (2-1, 2-1), Wolverhampton (3-0, 1-4), le Fortuna Düsseldorf (1-2, 3-0) et Ipswich Town (1-0, 0-1, t.a.b.) pour se hisser en demi-finale où il s'incline sans discussion (1-2, 0-2) face à Tottenham.

1980-1987 : les grandes années

C'est dans les années 1980 que le Lok écrit ses plus belles pages. En Oberliga, il devient un sérieux prétendant au titre mais se voit barré de manière pas toujours loyale par le puissant Dynamo Berlin, émanation de la Stasi et souvent favorisé à ce titre. En particulier, une série de décisions arbitrales plus que contestables en défaveur du Lok ou en faveur du Dynamo (sacré champion avec deux points d’avance) durant la saison 1985-86 provoque une vague de protestations d’une ampleur inégalée qui prend une tournure politique et attire l’attention au plus haut niveau du pouvoir.

Le Lok se console en Coupe où il atteint trois finales et les remporte toutes : en 1981 face au Vorwärts Francfort (4-1), en 1986 face à l’Union Berlin (5-1), et en 1987 face au Hansa Rostock (4-1). En Europe aussi, le club monte en puissance et s’affirme comme un adversaire difficile autour de joueurs de qualité tels que le gardien René Müller, les défenseurs Ronald Kreer et Uwe Zötzsche, le milieu Matthias Liebers ou l'attaquant Dieter Kühn. Au premier tour de la Coupe UEFA 1983-84, le Lok défait ainsi à plate couture et à la surprise générale le grand Bordeaux de l'ère Bez-Jacquet-Giresse (3-2, 4-0), mais tombe en huitième de finale.

En 1986-87, c'est l'apogée : vainqueur de la Coupe et troisième en Oberliga, le Lok réalise son meilleur parcours européen à ce jour. En Coupe des Coupes, il écarte successivement Glentoran (1-1, 2-0), le Rapid Vienne (1-1, 2-1), et le FC Sion (2-0, 0-0) pour retrouver en demi-finale un adversaire connu, Bordeaux. Vainqueur 1-0 à l'aller en Gironde, le Lok s'incline sur le même score au retour au Zentralstadion mais se qualifie aux tirs au but pour la finale, à Athènes, face au redoutable Ajax des Rijkaard, Winter ou autres van Basten. Ce , le Lok se montre à la hauteur de son prestigieux adversaire mais concède en fin de compte une courte défaite (0-1).

1987-1991 : le déclin et la fin vignette|Photo d'équipe du Lokomotive Leipzig saison 1988-89

Le déclin s'amorce avant les bouleversements politiques en RDA et la chute du Mur de Berlin. Quelques mois seulement après la finale d'Athènes, le Lok tombe au premier tour de la Coupe des Coupes (0-0, 0-1) face à l'Olympique de Marseille où débutent les années Tapie. La génération des années 1980 arrive en fin de cycle et la relève ne se montre pas au niveau. Cinquième (sur quatorze) en 1988-89, huitième en 1989-90, le Lok est déjà rentré dans le rang quand survient la réunification allemande.

Lors de la saison d'Oberliga 1990-1991 qui décide du reversement des clubs est-allemands dans les diverses divisions nationales unifiées, le Lok se qualifie de justesse pour la 2. Bundesliga. L'heure est au rejet généralisé des symboles de l'ex-RDA et le Lok n'échappe pas à la règle. Le , le club reprend le nom et les couleurs bleu et blanc de son prédécesseur spirituel d’avant-guerre, le VfB Leipzig.

En mal d'identité, mal géré, le nouveau VfB entre rapidement dans une spirale infernale qui le verra entrer en redressement judiciaire et cesser toute activité sportive en 2004.

Le second Lok (depuis 2003)

2003-2016 : Renaissance, records et remontées

Entretemps, et profitant du fait que l'usage du nom avait été laissé libre, un groupe de supporters a fondé fin 2003 un nouveau 1. FC Lokomotive Leipzig qui reprend les couleurs et revendique les traditions de son prédécesseur d'avant 1991. Si le club peut sans difficulté occuper le Bruno-Plache-Stadion et récupérer les équipes juniors et féminines du VfB sans rétrogradation administrative, l'équipe première masculine doit repartir au niveau le plus bas : la 3. Kreisklasse, nationale.

La nouvelle équipe suscite un engouement phénoménal. Pour sa première saison en 2004-05, le Lok dépasse les spectateurs de moyenne par match, du jamais vu à ce niveau. Le , il faut même déplacer le match contre l’Eintracht Großdeuben II au Zentralstadion car le Bruno-Plache-Stadion, alors limité à places, est trop petit. spectateurs assisteront à la rencontre, un chiffre dûment porté au Livre Guinness des records pour un match de football de la division la plus basse d’un pays. De nombreuses anciennes gloires reprennent du service pour quelques piges de soutien, par exemple Matthias Liebers qui rechausse les crampons à 46 ans, dispute deux rencontres et inscrit un but. Le Lok survole la saison avec 26 victoires en 26 matchesVoir France Football du mardi 3 novembre 2009..

À la suite d’une fusion avec un club local, le SSV 52 Torgau, le Lok peut remonter dès la saison 2005-2006 en Bezirksklasse Leipzig (), qu'il remporte également. En 2006-2007, le Lok remporte la Bezirksliga (), puis termine de la Landesliga Sachsen () en 2007-2008 et monte en NOFV-Liga Süd () après un barrage. Après quatre saisons à ce niveau, le Lok monte en 2012 en Regionalliga Nordost () où il évolue jusqu'au printemps 2014 avant d'être relégué en NOFV-Liga.

Après avoir recruté l'ancien international allemand Mario Basler (parti depuis) comme directeur sportif à l'intersaison 2014, le club manque de peu les barrages de remontée en Regionalliga en 2014-15, échouant à la dernière journée. Le Lok survole la saison 2015-16, qu'il finit invaincu avec onze points d'avance sur le second, et assure son retour en Regionalliga à trois journées de la fin.

Depuis 2016 : Objectif 3. Liga