vignette|redresse|droite|Emblème du patrimoine mondial, dessiné par le graphiste belge Michel Olyff et adopté en 1978 par la Convention du patrimoine mondial : le carré du logo représente le patrimoine bâti créé par l’homme. Il est entouré par un cercle qui symbolise le globe terrestre évoquant le patrimoine naturel.. vignette|Plaques signalétiques des biens inscrits sur la liste de l'Unesco associant le logo de l'Unesco et du patrimoine mondial, dont la mise en place est obligatoire depuis 1994.

Le patrimoine mondial est un ensemble de biens culturels et naturels reconnu par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) comme présentant un intérêt exceptionnel pour l'humanité, d'où les appellations officieuses de patrimoine de l'humanité et de patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ce patrimoine fait l’objet d’un traité international intitulé « Convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel », adopté le lors de la générale de l'Unesco. Depuis 1978, le Comité du patrimoine mondial est chargé de tenir à jour la liste du patrimoine mondial ; c'est lui qui décide de l’inscription ou non des sites proposés par les États parties.

L’objectif de la liste du patrimoine mondial est de cataloguer, nommer, et conserver (grâce au fonds du patrimoine mondial) des biens culturels et/ou naturels d’importance pour l’héritage commun de l’humanité. En 2026, sont inscrits au patrimoine mondial dont culturels, , et . En comptant les sites répartis sur plusieurs pays, l’Italie est celui qui en possède le plus grand nombre (62), suivie par la Chine (61), puis la France (56). Une grande diversité de « biens » sont inscrits, aussi bien des monuments religieux, des villes historiques préservées, des sites mégalithiques, des paysages culturels ou naturels, des lieux de mémoire ou des aires naturelles protégées. Cependant l’architecture monumentale européenne y prédomine.

Pour les États parties, l’inscription de sites au patrimoine mondial est une fierté nationale et une reconnaissance internationale. De plus, les sites inscrits au patrimoine mondial font généralement l’objet d’une exploitation touristique mettant en avant cette reconnaissance. L’inscription peut également être une occasion pour obtenir une assistance internationale, notamment financière, pour la conservation de son patrimoine national.

Les biens du patrimoine mondial

Des biens culturels, naturels ou mixtes Les biens inscrits au patrimoine mondial possèdent différentes qualifications.. Tout d’abord, ils peuvent être considérés comme culturels ( Palais d'Été, jardin impérial de Pékin), naturels ( terres et mers australes françaises), ou mixtes ( Montagnes bleues et monts John Crow) en fonction des critères de valeur universelle qui ont permis leur inscription.

En 2026, sont répertoriés, répartis en parties : culturels, , et (culturels et naturels)..

Taille des biens Selon leurs éléments, les biens peuvent constituer un site unique de taille variable comme un monument ( Le phare de Cordouan) ou une portion de ville ( Arrondissement historique du Vieux-Québec) ou plus large ( sites rupestres du Tadrart Acacus). Plusieurs sites peuvent constituer un bien unique, alors dénommé « bien en série » ( Fortifications de Vauban qui comprend douze sites).

Des biens à caractère national ou multinational Si les biens sont généralement sur le territoire d’un seul État partie, ils peuvent néanmoins être partagés par plusieurs États, donnant lieu à des biens transfrontaliers ( Patrimoine naturel et culturel de la région d'Ohrid entre l’Albanie et la Macédoine du nord) ou à des biens en séries transnationaux ( Les grandes villes d'eaux d'Europe avec onze sites dans sept pays).

Thématiques du patrimoine mondial Les biens culturels tentent de présenter l'Histoire de l'Humanité depuis son origine ( Sites des hominidés fossiles d'Afrique du Sud), jusqu'à la période la plus récente. Les biens sont vernaculaires ( paysage culturel de Zagori), religieux ( monuments bouddhiques de la région d’Horyu-ji), militaires ( site d’essais nucléaires de l’atoll de Bikini), industriels ( filature de soie de Tomioka), artistiques ( théâtre antique d’Orange et ses abords), scientifiques ( arc géodésique de Struve), et se retrouvent en milieux urbain ( Cuzco) et rural ( région viticole du Haut-Douro). Ce patrimoine historique est souvent réparti entre sites archéologique et patrimoine vivant ou monuments. L’ICOMOS a établi en 2005, un état des lieux détaillé dans lequel les biens sont rangés selon trois approches complémentaires : (i) typologique, (ii) chronologique-régionale et (iii) thématique..

Les biens naturels présentent une diversité de milieux terrestres, comme des forêts ( forêt de Bialowieza), des déserts ( désert de Lout), des montagnes ( région des montagnes Bleues), aquatiques, en eau douce ( Lacs d'Ounianga), marins ( mer des Wadden), ou côtiers ( littoral du Dorset et de l'est du Devon). Ils incluent également des formations géologiques, comme des îles ( Surtsey), des volcans ( volcans du Kamtchatka), des grottes ( parc national des grottes de Carlsbad), et des ensembles tectoniques ( Haut lieu tectonique Chaîne des Puys - faille de Limagne).

Géographie du patrimoine mondial upright=1.5|droite|vignette|Répartition des sites du patrimoine mondial de l’Unesco en 2018. vignette|upright=1.5|Cinq groupes régionaux sont définis par l’Unesco :

L’Unesco a inscrit des biens sur chaque continent. Ces biens sont répertoriés suivant cinq régions. selon une définition propre à l’Unesco qui ne se fonde pas que sur des critères géographiques, mais cherche également une cohérence culturelle : Afrique : seulement l’Afrique subsaharienne États arabes : l’Afrique du Nord et une partie du Moyen-Orient Asie et Pacifique : l’Australie et l’Océanie, l’Asie de l’Est, du Sud-Est et du Sud, l’Asie centrale et Iran Europe et Amérique du Nord : incluant les Outre-mers, la totalité de la Turquie et de la Russie, Israël, et seulement les États-Unis et le Canada en Amérique du Nord. Amérique latine et Caraïbes : le Mexique, l’Amérique centrale et du Sud, et les pays indépendants des Caraïbes.

Regions \ Site Culturel Naturel Mixte Total PourcentageAfrique 65 45 5 115 9 %États arabes 91 8 3 102 8 % Asie et PacifiqueLe bassin d’Ubs Nuur et « Paysages de la Dauria » (Mongolie, fédération de Russie) sont des sites trans-régionaux, situés à la fois dans les zones Europe et Asie et Pacifique. Ils sont comptabilisés par l’Unesco en Asie et Pacifique.L’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne est un site trans-régional, situé à la fois dans les zones Europe (Allemagne, Belgique, France, Suisse), Asie et Pacifique (Inde et Japon) et Amérique latine et Caraïbes (Argentine). Il est comptabilisé par l’Unesco en Europe et Amérique du Nord. 228 73 13 314 24,7 % Europe etAmérique du Nord 501 74 13 588 46,2 % Amérique latineet Caraïbes 106 40 8 154 12,1 % Total 991 240 42 100 %

Inégale répartition géographique et thématique vignette|Les cathédrales gothiques sont surreprésentées au sein de la liste du Patrimoine mondial.(ici la Cathédrale Notre-Dame de Chartres) Une étude globale effectuée par l’ICOMOS entre 1987 et 1993,

Le continent européen compte plus de biens inscrits que les autres, que ce soit en nombre de sites par pays, par unité de surface (dans une grille virtuelle), ou par habitats. La prédominance de l’Europe est d’autant plus marquée si on considère uniquement les biens culturels.

À l'inverse, l’Afrique subsaharienne en particulier est sous-représentée dans la liste du patrimoine mondial. Les biens inscrits y sont plus souvent « en péril » notamment à cause du réchauffement climatique, du développement incontrôlé de l’urbanisation ou de l’agriculture, et des conflits armés..

Le déséquilibre de la liste du patrimoine mondial est le résultat de : l’importance prépondérante accordée au patrimoine architectural et historique. la procédure de candidature longue, coûteuse et complexe, favorise les pays développés qui mobilisent leurs hauts fonctionnaires spécialisés ayant une bonne maîtrise des critères d'éligibilité, leurs experts du patrimoine, leurs diplomates et les soutiens institutionnels et associatifs à différentes échelles (État, collectivités locales).. Les États africains ont ainsi une moindre capacité à constituer des dossiers de candidatures. l’organisation et la répartition des au sein du comité du patrimoine mondial. En effet les membres viennent bien plus souvent des pays développés et ils ont tendance à favoriser leur pays d’origine, dans un contexte de politisation croissante du patrimoine mondial et d’enjeux financiers liés au tourisme..

Pour tenter de contrer le déséquilibre constaté, le Comité du patrimoine mondial lance, en 1994, la Stratégie globale pour une Liste du patrimoine mondial et célèbre tous les ans le depuis 2016, une journée du patrimoine mondial africain. La stratégie impose un nombre limite de candidatures à chaque cession.

Malgré la mise en place de cette stratégie, la répartition des sites du patrimoine mondial n’a pas été rééquilibrée en faveur des pays en voie de développement et on observe, en 2011, une nette corrélation entre produit national brut et nombre de biens inscrits.. Dans une analyse du déroulement du comité de 2021, un observateur indépendant pointe que les représentants des pays européens et nord-américains continuent la course au nombre de sites inscrits et ainsi continuent à contrecarrer toute possibilité de rééquilibrage géographique. Pire, la création de la catégorie , en 1992, n'a fait qu'accentuer le déséquilibre en faveur de l'Europe, alors qu'il devait faciliter l'inscription de biens dans les pays du Sud.

Liste du patrimoine mondial par aire géographique vignette|L’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne est un site trans-régional, situé à la fois dans les zones Europe (Allemagne, Belgique, France, Suisse), Asie et Pacifique (Inde et Japon) et Amérique latine et Caraïbes (Argentine). C’est le seul site à s’étendre sur trois régions, il est comptabilisé par l’Unesco uniquement dans la région .(ci-dessus des Maisons de la Weissenhof-Siedlung). Liste du patrimoine mondial par pays Listes continentales : liste du patrimoine mondial en Afrique, liste du patrimoine mondial en Amérique, liste du patrimoine mondial en Asie, liste du patrimoine mondial en Europe, liste du patrimoine mondial en Océanie.

Liste des quinze États contractants de la Convention de 1972 possédant le plus de sites au : Rang États parties Nombrede sites 1 Italie 62 2 Chine 61 3 France 56 4 Allemagne 55 5 Espagne 50 6 Inde 45 7 Mexique 36 8 Royaume-Uni 35 9 Russie 33 10 Iran 30 11 États-Unis 27 Japon 27 13 Brésil 26 14 Canada 22 Turquie 22

Dans la partie inférieure du palmarès, contractants n'ont aucun site inscrit sur la liste du patrimoine mondial, en 2026.

Histoire vignette|Les pyramides de Gizeh. Conceptions antiques Dans l'antiquité, les anciens grecs, établissent une liste de Sept Merveilles du monde. La seule de ces merveilles encore debout est l'ensemble des pyramides de Gizeh.

Prise de conscience moderne vignette|Grand temple d'Abou Simbel en cours de reconstruction sur son nouveau site, en 1966. : Création de l'Unesco. 1954 : Convention de La Haye (1954) pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. 1964 : l'Unesco entreprend les travaux de sauvetage des temples d'Abou Simbel contre la montée des eaux du lac Nasser, à la suite de la construction du haut barrage d'Assouan en Égypte. Ce sauvetage fait reconnaître à plusieurs pays l'importance de préserver le patrimoine mondial. 1965 : Les États-Unis demandent la création d'un trust mondial pour préserver les sites culturels et naturels.