Jacques-Christophe de Sévigné (, Rennes - , Brest), est un navigateur français, membre de la famille de Sévigné. Pour se distinguer l'un de l'autre, Jacques-Christophe de Sévigné prenait le titre de chevalier de Sévigné, et son frère Christophe-Jacques celui de chevalier de Montmoron.
Origine Il est né le et baptisé le Il eut pour parrain son oncle « Messire Jacques de Malnoë, seigneur dudit lieu, gouverneur du fort Louys », et par « dame Marie de Rabustin-Chantal. espouse de Messire Henry de Sévigné, soigneur baron dudit lieu ». dans l'église Saint-Étienne de RennesJacques Christophe. Né de Messire Renauld de Sévigne, seigneur de Monmoron. conseiller du Roy au Parlement de Rennes, et de dame Gabrielle du Bellay son espouse, a esté baptisé sur les fonts baptismaux de l'Eglise paroissialle de Sainct-Estienne les Rennes, nay et venu au monde le jour de pasques, vingt et septiesme mars mil six centz quarante et quatre ; parrain messire Jacques de Mallenoe, seigneur dudit lieu, gouverneur du fort Louys ; marraine dame Marie de Rabustin Chantal, espouse de messire Henry de Sévigné, seigneur baron dudit lieu, le vingt et cinquiesme juin md six centz quarante et cinq. Signatures : Marie de Rabustin, Jacques de Mallenoe , Henriette de Golanges,Renée du Bouillye, Marie de Vauclin, Marie Despinoze, Renée de Bourgneuf, Renault de Sévigné, Gabrielle du Bellay, Charles de Sévigné, Desclaux, P. de Lorgeril.. Sa marraine est la Marquise de SévignéIl convient d'ajouter qu'en acceptant d'être marraine d'un des fils de son cousin de Montmoron, la jeune femme d'Henri de Sévigné ne faisait que payer en quelque sorte dernier une dette de reconnaissance. Lorsque, veuf de Marguerite de Vassé, Charles de Sévigné s'était remarié en 1629 avec Marguerite de Coempnon, Renaud de Sévigne avait été nommé tuteur de son fils, et il s'était depuis acquitté avec zèle et dévouement de cette charge que des procès sans fin avaient rendue aussi lourde que compliquée. C'est ainsi qu'en janvier 1647 Renaud de Sévigné figure encore dans un acte comme curateur créé par justice à Messire Henry de Sévigné, marquis dudit lieu. Il est le fils de Renaud de Sévigné et de Gabriel du Bellay.
Biographie Comme son demi-frère Gabriel, et son frère Christophe-Jacques, il entre dans la marine. A l'âge de 20 ans, il reçoit en 1664 sa commission d'enseigne de vaisseau. Il embarque la même année, sur le vaisseau L'Ecureuil, commandé par Raymond Louis de Crevant d'Humières, marquis de Preuilly. Il prend part à l'expédition de GigeryDictionnaire critique de biographie et d'histoire par Auguste Jal, à l'article Sévigné ; voir aussi, dans la vie d'Abraham Duquesne par le même auteur, la liste des vaisseaux envoyés à expédition dont il s'agit.. En , il se trouve à Brest comme enseigne en second sur le PrinceIl a en cette qualité donné quittance à Me Olivier Subleau, « conseiller du Roy, trésorier général de la marine » de la somme de 150 livres à lui ordonnée pour trois mois de ses appointements du août au 31 octobre.. Il en est de même en 1671Les deux frères de Sévigné sont à Brest où, comme enseignes entretenus dans ce port », chacun d'eux donne, en mai et en novembre, quittance de ses appointements pendant les mois précédents.
Guerre de Hollande En 1672, lors de la Guerre de Hollande, le sieur de Sévigné est enseigne en second sur le Foudroyant, vaisseau de second rang, armé de 70 canons, fort de , dont Louis Gabaret est capitaine. Il participe à la Bataille de Solebay. Au retour de cette campagne, Jacques-Christophe de Sévigné et son frère étaient revenus à BrestIls avaient pendant les derniers mois de 1672, donné l'un et l'autre à plusieurs reprises quittance de leurs appointements.. Au commencement de , les deux frères de Sévigné deviennent, à quelques jours d'intervalle, promus l'un comme l'autre au grade de lieutenant. Jacques-Christophe est appelé sur le Grand dirigé par Job Forant. En 1674, il est attaché au port de Rochefort, au Belliqueux, dirigé par Pierre Guérusseau du Magnou, puis par Éléonore de Beaulieu de BéthomasArchives nationales, Marine, B/2, vol. 29; « Liste des officiers de marine choisis par le Roy pour servir sur les vaisseaux que M. fait armer au port et à l'Arsenal de Rochefort pour passer au Levant » ; dans l'état major du Belliqueux commandé par le sieur du Magnou, (en marge : Beaulieu), « le sieur de Sevigné » figure comme lieutenant (avril 1675).. En 1675, il est envoyé dans la Méditerranée où, il sert en qualité de lieutenant d'abord sur le Belliqueux puis sur le Grand qui étaient allés rejoindre la flotte de Vivonne à MessineBatailles du Stromboli, d'Agosta et de Palerme..
Dans l'intervalle de ces opérations navales, le général en chef envoyait tout ou partie de sa flotte à Toulon pour en rapporter des vivres et réparer les avaries et que le vaisseau le Grand avait été compris en et en dans ces envois successifs, Jacques-Christophe a par deux fois l'occasion d'être reçu par François Adhémar de Monteil de Grignan, lieutenant-général de Provence, gendre de sa marraine Lettre écrite à la date de 17 novembre 1675 par madame de Sévigné à madame de Grignan : « Il y a un chevalier de Sévigné à Toulon qui est votre parent et mon filleul. Le chevalier de Buons dit qu'il est fort brave. S'il va saluer M. de Grignan, je le prie de lui faire quelque honnêteté particulière à cause du nom. Il voudrait bien avoir un vaisseau. Vous qui gouvernez M. de Seignelay, vous pourriez bien aisément faire son affaire. » Lettre écrite de madame de Sévigné dans sa lettre à madame de Grignan, datée du 5 août 1676 : « J'embrasse M. de Grignan et le remercie des bontés qu'il a eues pour le chevalier de Sévigné ; c'est mon filleul. Il m'a écrit une lettre toute transportée de reconnaissance. Quand M. de Grignan trouvera l'occasion d'écrire ou de parler pour lui, j'en serai ravie. Il s'ennuie fort d'être subalterne. J'ai ouï dire qu'il était brave garçon et qu'il méritait bien un vaisseau. Si c'est l'avis de M. de Grignan, vous devez l'en faire souvenir. » . Il est de 1675 à 1676 à Messine.
Le , il est promu, sans doute grâce à l'appui de sa marraine, officier et revient, appelé par son nouveau grade, à Brest.
En , il est capitaine en second de L'Alcion, qui fait partie d'une escadre, commandée par Jean II d'Estrées, qui avait été envoyée « aux isles d'Amérique »Tobago et la Martinique..
Famille Par contrat du , il épouse devant les notaires de Landerneau, Marie-Anne de Mescan, fille de Guillaume et d'Anne Franquet, seigneur et dame de Stangier, de Penfrat. Ils ont 3 enfants : Joseph, né à Brest le et baptisé trois jours après dans l'église des Sept-Saints de Brest, mort le au château du Coudray« Le 12e jour d'août a esté par nous, prêtre curé de céans, soussigné, ensépulturé dans cette église le corps d'escuyer Joseph de Sévigné fils de hault et puissant seigneur messire Jacquos-Christophe de Sevigne, chevalier seigneur du Couldray, Chemeré le Roy, la Bazouge et autres lieux, et de madame Marie-Anne de Mescan, son espouse ; présens : Messieurs les curés de Saint-Denys du Mayne, dudit Chemeré, et plusieurs autres ; ledit seigneur Joseph âgé seulement de cinq ans et trois mois ». Registre paroissial de la Bazouge. ; une fille morte en naissant et inhumée à Brest le ; Marie-Charlotte, née vers 1686Elle épouse en été 1706, Toussaint Le Bihan, écuyer, seigneur de Pennelé. Fils de Jean Le Bihan, seigneur de Pennelé, et de Gillette Gourie de Lanoster. Il descend d'une ancienne famille du pays de Morlaix, qui portait pour armes : de sable semé de billettes d'argent et au lion de même manière brochant sur le tout, et avait été maintenue en 1669 dans sa noblesse. Il demeurait au château de Pennelé à Saint-Martin-des-Champs..
Campagnes maritimes En , il est capitaine en second sur le Prince, qui fait partie d'une escadre, commandée par Raymond Louis de Crevant d'Humières, marquis de Preuilly, qui avait été envoyée le roi Christian V de Danemark dans la guerre qu'il soutenait contre Charles XI de Suède. Au printemps de 1684, il est capitaine en second d'un bateau, qui fait partie d'une flotte, commandée par Anne Hilarion de Costentin de Tourville, partie de Toulon, bombarder Gênes.
Dans le testament de son demi-frère René-François, il est indiqué comme presque toujours en mer pour le service et sur les vaisseaux du Roy. Il hérite de ce dernier du château du Coudray, et du Manoir du Vauberger.
Depuis 1687, il est en mer et sert comme capitaine en second d'abord sur L'Hercule, puis sur L'Emporté, et revient à Brest en . Les deux frères se rendent dans leurs terres du Coudray à partir de juin, et y passent l'été. Le , son fils Joseph meurt à l'âge de 5 ans. Christophe-Jacques reprend son service à Brest en En novembre 1688, « haut et puissant Christophe-Jacques de Sévigné, chevalier, seigneur du Couldray, Chemeré-le-Roy, la Bazouge, et autres lieux, capitaine commandant les vaisseaux du Roy au département de Brest est parrain dans l'église de la Bazouge avec « demoiselle Marcelle de Mescan, belle-sœur dudit seigneur », de Marcelle-Jacquette Le Clerc..
Guerre de la Ligue d'Augsbourg En 1689, il est nommé capitaine en second du Sage, commandé par Vaudricourt lors de la Guerre de la Ligue d'Augsbourg.
En , comme son frère, il reçoit le commandement de L'AppolonSon état-major se compose du sieur du Mené, lieutenant, et le sieur de Maurens, enseigne.. Son vaisseau est désigné pour faire partie de l'escadre de Louis Le Roux d'Infreville, chargé de croiser à l'entrée de la Manche. Il ne tarde pas à être envoyé avec d'autres vaisseaux de la même escadre au Port-Louis pour y être placé sous les ordres d'André de Nesmond. Il est en au Château du CoudrayMars 1690, haut et jmissant chevalier Jacques-Christophe de Sévigné, chevalier, seigneur du Coudray, Chemeré-le-Roy et de cette paroisse. parrain en l'église de la Bazouge de Jacques-François Marteau. .
Le , il reçoit le commandement du FauconSon état-major se compose, outre le sieur de Sévigné, capitaine, du sieur de Noyelles, lieutenant; du sieur Bochard de Scarron, lieutenant en second; du sieur Dufay-Gentian, enseigne, et du sieur de Foissy, enseigne en second. La liste est modifiée plus tard : elle supprime le sieur de Beauregard, fait passer le sieur de Mimard immédiatement après le sieur de Sévigné- Montmoron et met le chevalier d'Alègre, lieutenant en second, et l'Abbé Defautruq, enseigne, entre le sieur de Mimard et le sieur de Bricard.. Il contient 230 hommes et 42 canons. Vers les premiers de juin, il se voit confier un autre navire : le Courageux, armé de 62 canons et de 350 hommes.
Le Courageux fait partie de l'escadre dirigée par Anne Hilarion de Costentin de Tourville, plus précisément dans la division de Joseph Andrault de Langeron. Le et les jours suivants, Tourville commande l'armée navale française qui disperse la flotte anglo-hollandaise au cap Béveziers (appelé Beachy Head par les Anglais, au sud-ouest de l'Angleterre). Cette bataille est la victoire la plus éclatante de toute l'histoire de la marine française sur les Anglais, et même la seule dans la Manche. Ayant fait subir de lourdes pertes aux coalisés, Tourville peut alors occuper la mer et protéger les côtes françaises.
Jacques-Christophe de Sévigné et son frère semblent avoir pris part l'un comme l'autre aux diverses opérations maritimes en 1691: Jacques-Christophe est seul capitaine sur l'Entreprenant. Après s'être trouvé en mai à la première expédition d'Irlande, puis dans les mois suivants à la croisière de la Manche, L'entreprenant est au nombre des vaisseaux de l'escadre de François Louis Rousselet de Châteaurenault qui en octobre retournent en Irlande chargés d'y amener de nouveau secours. Ils arrivent après la capitulation de Limerick, et ramènent en France les débris de l'armée irlandaise.