Yolanda Díaz Pérez (prononcé en espagnol d'Espagne : ), née le à Fene (Galice), est une femme politique espagnole, membre du Parti communiste d'Espagne (PCE).
Avocate en droit du travail, elle s'engage en politique jusqu'à être élue députée de la circonscription de La Corogne lors des élections générales de 2015. Elle devient ministre du Travail et de l'Économie sociale en .
Elle fonde en le mouvement Sumar, avec lequel elle est cheffe de file aux élections générales de la fin de l'année.
Biographie Yolanda Díaz Pérez est issue d'une famille de trois enfants. Elle grandit dans le quartier ouvrier de San Valentín, à La Corogne (Galice). Son père était membre du Parti socialiste galicien et des Commissions ouvrières.
Elle est titulaire d'une licence en droit de l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle a commencé sa carrière en tant que stagiaire dans un cabinet d'avocats dans cette même ville, puis en 1998, elle s'inscrit au barreau et ouvre son propre cabinet à Ferrol.
Elle est mariée et mère d'une fille.
Parcours politique
Débuts Elle est coordonnatrice générale de la Gauche unie en Galice (EU) entre 2005 et 2017 ; formation pour laquelle elle est candidate à la présidence de la Junte de Galice lors des scrutins de 2005 et 2009. À chaque fois, son parti ne parvient pas à entrer au Parlement de Galice. Elle est conseillère municipale de Ferrol de 2003 à 2011 et a occupé les fonctions d'adjointe au maire sous le mandat du maire socialiste Vicente Irisarri entre et . Elle est élue députée au Parlement de Galice en 2012 sur la liste de la coalition Alternative galicienne de gauche (AGE). Elle démissionne le et Mónica Fernández Rodríguez lui succède après son élection au Congrès des députés lors des élections générales de en représentation de la circonscription de La Corogne.
Elle est réélue le 26 juin 2016 puis le 28 avril 2019 et le 10 novembre suivant.
Elle renonce en à sa condition de militante d'Izquierda Unida, tout en restant adhérente du Parti communiste d'Espagne (PCE), en raison de désaccords stratégiques sur l'éventualité de former un gouvernement de coalition avec le Parti socialiste à la suite des élections générales d'avril : partisane d'un exécutif commun, Díaz s'oppose en effet à la possibilité d'un soutien sans participation envisagée par la direction fédérale d'IU.
Ministre du Travail vignette|gauche|Yolanda Díaz, ministre du Travail, auditionnée par la commission parlementaire sur la Reconstruction économique post-Covid. Le , Yolanda Díaz est nommée ministre du Travail dans le gouvernement que forme Pedro Sánchez après les élections générales anticipées de novembre 2019. Avec Alberto Garzón, ils sont les premiers communistes à faire partie d'un gouvernement espagnol depuis et la fin du gouvernement Negrín II, lors de la chute de la Seconde République et l'avènement de la dictature franquiste.
Le gouvernement de coalition entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et Unidas Podemos (UP) ainsi formé entreprend notamment de revenir sur certains points de la réforme du travail adoptée en 2012 sous la présidence de Mariano Rajoy, comme convenu dans l'accord de coalition signé par les deux formations.
La première mesure de la ministre en ce sens est de supprimer un article de la loi du statut des travailleurs permettant et réglementant le licenciement des salariés en arrêt maladie. En vigueur depuis 1980, il avait été modifié en 2012, pour permettre le licenciement des salariés absents plus de 8 jours pour raisons médicales, sur deux mois consécutifs. Elle annonce en l'interdiction des licenciements motivés par la crise de la Covid-19. Elle renforce les contrôles dans le secteur agricole, dont les conditions de vie des travailleurs migrants sont notoirement déplorables, ce qui provoque la colère du patronat agricole.
Son départ de la Gauche unie est révélé par le journal El Confidencial le , trois jours après l'échec de la coalition Galicia en Común aux élections parlementaires galiciennes, l'auteur de l'article évoquant la possibilité qu'elle postule à la succession de Pablo Iglesias au secrétariat général de Podemos. Selon Público, cette option est exclue puisque Yolanda Díaz reste militante du Parti communiste et qu'elle n'appartient pas à Podemos.
Au gouvernement, elle se distingue par sa volonté de trouver des consensus et sa capacité à faire avancer le dialogue social. Entre sa prise de fonction, en , et , elle a fait aboutir onze négociations mêlant patronat et syndicats de salariés, portant notamment sur l’augmentation du salaire minimum de 5,5 % en 2020 ; les différents mécanismes de chômage partiel mis en place lors de la pandémie de Covid-19 ; la loi de télétravail, obligeant les entreprises à prendre en charge les coûts qu'implique celui-ci et imposant un droit à la déconnexion ; ou encore la loi « Riders », qui contraint les plates-formes numériques à salarier les livreurs et à présenter plus de transparence sur le fonctionnement des algorithmes et leurs conséquences sur les conditions de travail. Elle se trouve opposée à la ministre de l’Économie, Nadia Calviño, notamment rétive à l'idée d'augmenter le salaire minimum.
Après la démission de Pablo Iglesias en tant que deuxième vice-président du gouvernement et ministre des Droits sociaux et de l'Agenda 2030 pour se présenter aux élections à l'Assemblée de Madrid en , elle est nommée troisième vice-présidente du gouvernement et devient ainsi la membre d'Unidas Podemos avec la position la plus élevée au sein du gouvernement de coalition. En juillet de la même année, après la destitution de Carmen Calvo en tant que première vice-présidente du gouvernement et la réduction de quatre à trois vice-présidences, elle est promue deuxième vice-présidente du gouvernement.
Elle fait aboutir en des discussions sur une réforme du marché du travail ayant duré 9 mois entre les syndicats et le patronat. Le texte prévoit de réduire la proportion de contrats de travail à durée limitée, de rééquilibrer les négociations collectives et d'améliorer la formation. Elle doit cependant renoncer, du fait de dissensions avec le PSOE et la Commission européenne, à abroger la législation adoptée en 2012 par Mariano Rajoy visant à libéraliser le marché du travail.
Elle est en la personnalité politique la plus populaire d'Espagne selon les sondages.
En , sa réforme du droit du travail est adoptée par le Parlement.
Un an après l'adoption de la réforme, les contrats temporaires dans le secteur privé ont chuté de sept points, à 17,5 %, un niveau historiquement bas en Espagne. En 2022, 5,78 millions de contrats à durée indéterminée ont été signés, soit 4,5 millions de plus que l'année précédente. Le taux de chômage, de 12,7 % en , est au plus bas depuis 2008.
Pedro Sánchez annonce le qu'elle sera reconduite dans son troisième gouvernement.
Sumar
vignette|Logo du parti.
Lors de la sortie volontaire de Pablo Iglesias du gouvernement, en , celui-ci désigne expressément Yolanda Díaz comme cheffe de file d'Unidas Podemos pour les élections générales prévues en 2023.. Sa relation avec Pablo Iglesias s'est depuis rompue, à la suite de plusieurs différends..
Six mois après cette annonce, en , elle refuse de confirmer sa candidature mais admet travailler à la création d'un projet politique qu'elle entend construire par un dialogue avec l'ensemble de la société espagnole.. Ce projet est bien perçu par le président du gouvernement et secrétaire général du Parti socialiste, Pedro Sánchez, qui exprime publiquement son souhait que pour que sa coalition gouvernementale puisse se maintenir au pouvoir dans l'avenir.. Elle participe, le , à un événement public à Valence, aux côtés de Mónica Oltra, de Compromís, Ada Colau, de Catalogne en commun (CeC), Mónica García, de Más Madrid, et , du Mouvement pour la dignité et la citoyenneté (MDyC), qu'elle qualifie de ..
Elle annonce en son intention de construire au printemps un nouveau projet politique revendiquant sa volonté de construire un espace politique dépassant la seule gauche du Parti socialiste.. Le , le journal El Periódico de España révèle que, le précédent, un groupe de ses proches a enregistré au registre national des associations du ministère de l'Intérieur la structure (), ce qui permet à Yolanda Díaz d'organiser son processus participatif sans dépendre d'un parti politique, spécifiquement Podemos..
Elle présente, le , une équipe de chargée de coordonner les différents groupes de travail appelés à nourrir le projet politique...
Le , lors d'un événement public de réunissant plus de à Madrid et marquant la fin de son processus participatif, Yolanda Díaz confirme sa volonté d'être la cheffe de file d'une candidature de large rassemblement aux élections générales de la fin de l'année.. Si les dirigeants de Podemos, qui réclamaient au préalable un accord écrit pour la tenue de primaires ouvertes, sont absents, de nombreux responsables de la gauche et progressistes sont présents..
La plate-forme est inscrite, le suivant, au registre des partis politiques, sous le nom de (). Cette décision s'explique par l'annonce, la veille, de la convocation d'élections générales anticipées au . Elle crée un véhicule juridique permettant la participation effective de au scrutin, indépendamment des autres partis avec qui il se coalisera.. Le , elle est proclamée coordonnatrice générale de Sumar après que la liste qu'elle conduit a obtenu 81,5 % des suffrages exprimés, avec un taux de participation d'à peine 11,7 % des inscrits lors d'un vote interne.. Elle démissionne le suivant, après la débâcle de la liste de la coalition Sumar aux élections européennes..
Le , elle annonce publiquement qu'elle ne sera pas candidate aux prochaines élections générales, prévues pour l'été . La révélation de cette décision intervient quatre jours après une réunion publique d'Izquierda Unida, Más Madrid, Catalogne en commun et le Mouvement Sumar, destinée à lancer une coalition électorale pour les futures législatives, à laquelle elle avait choisi de ne pas participer..
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Circonscription électorale de La Corogne Liste des députés de la législature de l'Espagne Liste des ministres espagnoles
Liens externes
Fiche sur le site du Congrès des députés : , , , XIV législatures.
Catégorie:Vice-président du gouvernement d'Espagne Catégorie:Ministre espagnole Catégorie:Ministre espagnol du Travail Catégorie:Député de la province de La Corogne Catégorie:Député de la province de Pontevedra Catégorie:Député de la province de Madrid Catégorie:Député espagnol de la XIe législature Catégorie:Député espagnol de la XIIe législature Catégorie:Député espagnol de la XIIIe législature Catégorie:Député espagnol de la XIVe législature Catégorie:Député espagnol de la XVe législature Catégorie:Député de la IXe législature du Parlement de Galice Catégorie:Personnalité du Parti communiste d'Espagne Catégorie:Personnalité d'Izquierda Unida (Espagne) Catégorie:Personnalité de Sumar Catégorie:Personnalité politique espagnole du XXIe siècle Catégorie:Avocate espagnole Catégorie:Avocat espagnol du XXe siècle Catégorie:Avocat espagnol du XXIe siècle Catégorie:Étudiant de l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle Catégorie:Naissance en mai 1971 Catégorie:Naissance dans la province de La Corogne