L'église Saint-Gilles est une église catholique paroissiale située à Fleurines, dans le département de l'Oise, en France. Elle se situe sur l'un des chemins de Compostelle, ce qui explique son premier vocable, et succède à un édifice du , dont ne subsistent plus que le clocher latéral roman, vraisemblablement tronqué, et peut-être les contreforts d'angle sud-est. En dehors de ces éléments, c'est une construction gothique flamboyante qui porte les caractéristiques du premier quart du . Sa grande homogénéité témoigne d'un avancement rapide du chantier. Elle va de pair avec un plan rectangulaire très simple s'inscrivant dans un rectangle, et une architecture un peu sommaire. L'effort décoratif se limite pratiquement au portail principal et aux réseaux flamboyants des fenêtres. Le décor sculpté se fait rare à l'intérieur, et se limite à ce portail, deux chapiteaux, quatre culs-de-lampe dans les angles et trois clés de voûte. Le profil des nervures des voûtes est rustique, et les arcs formerets font défaut. Ceci n'empêche pas une exécution solide et soignée. Ce qui fait l'intérêt de l'église de Fleurines est son plan pratiquement symétrique à double vaisseau, et au chevet plat : elle prend ainsi les caractéristiques d'une église-halle, dont l'on ne trouve, dans tout le nord de l'Île-de-France historique, pas d'autre représentant correspondant si bien à la définition. Généralement les deux vaisseaux ne datent pas de la même époque, ou bien ne sont pas homogènes du chevet jusqu'à la façade. L'église Saint-Gilles est donc inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Elle est aujourd'hui rattachée à la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence et les messes dominicales anticipées sont célébrées le deuxième et le quatrième samedi du mois à 18h30 de septembre à juin.

Localisation thumb|upright|left|Vue depuis le sud-ouest.

L'église Saint-Gilles est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le parc naturel régional Oise-Pays de France, dans la forêt d'Halatte, dans la commune de Fleurines, près de la route principale du village, l'ancienne RN 17 (RD 1017 - rue du général de Gaulle), face à la mairie. C'est la façade occidentale qui donne sur la rue. Elle prend un peu de recul face à celle-ci, et un parvis est ainsi laissé libre devant les deux portails. Au sud de l'église, se situe un grand parking, qui n'est autre que le terrain de l'ancien cimetière transféré vers son emplacement actuel en juin 1840., tandis que la rue de l'Église passe devant l'élévation septentrionale. La façade et les élévations latérales sont donc bien dégagées et bien mises en valeur, mais en revanche, le chevet donne presque immédiatement sur les murs de clôture d'une série de jardins privés, et est mal visible.

Historique thumb|upright|left|Vaisseau sud, verrière - « Saint Gilles, patron de la paroisse » (1891).

Le premier patron de l'église est saint Jacques le Majeur, et la tradition orale locale attribue la construction de l'église à des bâtisseurs locaux au retour du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. L'un des chemins de Compostelle passe toujours au sud de Fleurines. Assez curieusement, aucune statue, aucune représentation iconographique ne représente saint Jacques à l'intérieur de l'église, et il semble qu'il n'y a pas eu de dédicace officielle à ce patron. Saint Gilles l'Ermite apparaît pour la première fois lors de la création d'une fête locale (après la moisson), vers 1640 environ.. Avec le temps, il finit apparemment par être considéré comme le patron, sans cérémonie de dédicace telle qu'exigée par les articles 1217 et 1218 du droit canonique (qui du reste ne permet pas l'adjonction de patrons après la dédicace).. Ensuite, après la dissolution du prieuré Saint-Christophe-en-Halatte, sur l'actuelle commune de Fleurines, en 1791, la paroisse hérite du vocable de l'église désaffectée de Saint-Christophe. Ainsi, Roger Ana écrit . Ce triple vocable est déjà mentionné par Louis Graves en 1834.. La statue de saint Christophe demeure toutefois dans l'église du prieuré, et l'église de Fleurines ne contient pas plus de références à saint Christophe qu'à saint Jacques. En revanche, un saint beaucoup vénéré à Fleurines est saint Hubert de Liège, patron des chasseurs, qui a sa statue et son vitrail. La date et les circonstances exactes de fondation de la paroisse ne sont pas connues. Il ne fait toutefois aucun doute que la paroisse de Fleurines constitue un démembrement de celle de Saint-Christophe-en-Halatte, et que sa fondation est imputable aux moines du prieuré. Celui-ci est en effet le collateur de la cure sous tout l'Ancien Régime, et également son curé primitif. Trois noms de curés de Fleurines avant le sont connus grâce aux sources d'archives : Jehan Regnault (1334), Hemmy ou Henry (1393), Guillaume Bellanger (1410). Étant donné le statut de la paroisse, il doit s'agir de religieux bénédictins du prieuré, ou de vicaires perpétuels si le prieur nomme un prêtre séculier. thumb|upright|Vaisseau nord, clé de voûte de la avec la date de 1419.

Roger Ana est parvenu à la conclusion que les curés de Fleurines résident au presbytère de Saint-Christophe jusqu'en 1750, quand celui-ci devient inhabitable.. D'un ton péremptoire, le même auteur écrit : . Roger Ana ne dispose, pour leur contredire, que des trois noms de curés qui pourtant, selon lui, habitaient Saint-Christophe, et de la date de 1419 inscrite à l'envers sur la clé de voûte de la deuxième travée du nord. Il n'y a pourtant aucune contradiction entre l'existence de curés avant le et la datation de l'église du sur la base de l'analyse stylistique, puisque l'église actuelle succède certainement à un édifice plus ancien. Le porche, s'il ne s'agit pas d'une confusion avec le terme portail, n'existe plus. Quant au millésime de 1419, il correspond à la bénédiction par l'abbé Guillaume Bellanger en cette même année, selon des recherches plus récentes du même auteur.. En connaissance de cause, la date a dû y être inscrite lors d'une restauration moderne. Les clés de voûte antérieures au ne portent généralement pas de date. Dominique Vermand, qui a étudié une bonne partie des églises du département, insiste en tout cas sur la datation de la majeure partie de l'édifice du . Le clocher, atypique, serait plus ancien..

La phrase de Roger Ana, que , ne se fonde apparemment sur aucun document d'archives, ni sur l'étude archéologique du monument, mais sur l'hypothèse d'une progression assez lente du chantier, pourtant contredite par la grande homogénéité stylistique des deux vaisseaux du chevet jusqu'à la façade, et de la date d'achèvement supposée de 1419. Un peu plus loin, Roger Ana évoque lui-même un délai de construction de dix à vingt ans, ce qui paraît plus vraisemblable. Il dit alors que les travaux auraient été lancés vers 1400. Comme preuve de l'existence de l'église vers 1425, il se réfère au compte-rendu d'une enquête effectuée le , relative à un droit de paisson. Il y est dit qu'un certain Pierre Noël affirme que Pierre Marquez, de Villers-Saint-Frambourg, avait conclu un accord avec le prieur de Saint-Christophe pour pouvoir faire paître ses pourceaux dans la forêt, moyennant une redevance annuelle de trente-deux sols, pour moitié à l'église Saint-Jacques de Fleurines, en précisant que cette dernière était la seule église paroissiale des deux villages (soit Saint-Christophe-en-Halatte et Fleurines). Deux baux conclus pendant les années 1450 mentionnent également l'église Saint-Jacques de Fleurines. Or, rien ne permet de conclure qu'il s'agit déjà de l'édifice actuel. Il en va autrement d'un marché conclu en 1520 avec Guillaume Lienard, maçon à Saint-Christophe, pour faire le grand portail. thumb|upright|Statuette révolutionnaire de la déesse Raison au-dessus du portail principal.

Vers la fin du , le clocher nécessite une restauration. Le procès-verbal dressé le par Jean Rambaut, prévôt de Fleurines et de Saint-Christophe, révèle que le curé et les marguilliers avaient repoussé la balustrade séparant le sanctuaire de la nef des fidèles vers l'ouest, à côté du clocher. Les intéressés tempèrent que ce n'est pas dans le but de faire assumer les charges de réparation par le prieuré, qui est tenu de prendre en charge l'entretien du chœur. Ils sont conscients du fait qu'étant situé à côté de la nef, le clocher est à la charge des paroissiens. Mais en 1760, c'est le prieur qui finance la réparation du clocher. Des contreforts médians sont plaqués devant les murs est et ouest, et les baies romanes du milieu du sont bouchées.. Hormis les questions de réparations à l'église et au presbytère, peu d'éléments de la vie de la paroisse sous l'Ancien Régime sont connus. L'un surtout a marqué la population pour longtemps. Dans la nuit du 7 au , des voleurs s'introduisent dans l'église, et volent le calice, le ciboire, la patène, deux nappes d'autel, une serviette et plusieurs ornements liturgiques. L'enquête du prieur pour identifier les coupables n'aboutit pas. Les paroissiens attendent maintenant que le prieur remplace le mobilier liturgique manquant, comme il est de son devoir en tant que collateur de la cure et seigneur du village, mais il fait la sourde oreille. Les habitants se voient dans l'obligation de l'assigner, et il est alors obligé de répondre, mais porte l'affaire devant le Grand Conseil. Ainsi le prieur espère pouvoir se soustraire à son obligation. Malheureusement, les documents relatifs à la suite de l'affaire se sont perdus..

Sous la Révolution française, à l'automne 1793, l'église est apparemment transformée en Temple de la Raison. En témoigne encore une statuette en pierre placée au revers du tympan ajouré du portail principal, qui mesure de hauteur, et est censée représenter la Déesse Raison. L'église est débarrassée de la plupart de son mobilier. Ne reste guère que le confessionnal de 1772. Des dons des paroissiens permettent de reconstituer le mobilier, à commencer par le Christ en croix de 1808. Le sanctuaire est remis en état en 1809. Ceci n'empêche pas que les travées orientales de l'église sont proches de la ruine en 1814. Le maître-autel est restauré en 1829 par Durossoy, entrepreneur de peinture et décorateur. Financés par une souscription publique, d'importants travaux de restauration sont entrepris entre 1875 et 1895. L'église est alors équipée de nouveaux vitraux. Les verrières ornementales du vaisseau nord datent de 1890 et ont été fournies par Buteau-Goulet, Noyon. Parmi les verrières figurées du vaisseau sud, celles de saint Jacques et de saint Hubert sont des créations de l'atelier Avenet, Paris, et datent de 1891. L'église est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Jusqu'en 1996, quand les quarante-cinq nouvelles paroisses sont définies à l'échelle du diocèse., Fleurines forme un regroupement paroissial avec l'église Saint-Gervais de Pontpoint, l'église Saint-Gervais-Saint-Protais de Rhuis et l'église Saint-Remy de Roberval, dont le presbytère se situe à Pontpoint. Aujourd'hui, Fleurines n'a plus de curé en titre, et est affiliée à la paroisse Sainte-Maxence de Pont-Sainte-Maxence. Des messes dominicales anticipées sont célébrées le deuxième et le quatrième samedi du mois à 18h30 de septembre à juin..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.