L’église Saint-François-de-Sales est une église catholique française située à Habère-Poche, en Haute-Savoie. Elle est placée sous le patronage de saint François de Sales, évêque de Genève en résidence à Annecy, saint et docteur de l’Eglise catholique, figure de la Contre-Réforme en Savoie.
Situation left|vignette|Façade ouest de l'église. L’église Saint-François-de-Sales est située au numéro 3 de la « place de l’Eglise » à Habère-Poche, à l’est du cimetière.
Le monument aux morts, le presbytère, le cimetière, la bibliothèque et la mairie d’Habère-Poche sont également situés sur cette place.
Historique Paroisse des Habères Jusqu’en 1841, les villages d’Habère-Poche et d’Habère-Lullin formaient une même paroisse : les Habères« Habère-Poche – Découvrir la commune / Histoire », Mairie d’Habère-Poche, date et mise à jour non indiquées, consulté le (lire en ligne)., dépendante de l’Abbaye d’Aulps jusqu’en 1792Pascal Roman, Vallée Verte, Éditions de l’Astronome, collection « Les Cahiers du Colporteur », 2013. .. L’église paroissiale était alors l’église Saint-Pierre d’Habère-Lullin.
En 1781, après l’incendie qui avait endommagé la nef de l’église paroissiale, les Conseils des deux communes se réunissent, et malgré la volonté de celui d'Habère-Poche de se séparer de la paroisse des Habères. les deux Conseils finissent par voter la réparation et l’agrandissement de l’église d’Habère-LullinPascal Roman, Vallée Verte, Éditions de l’Astronome, collection « Les Cahiers du Colporteur », 2013, ..
Au cours de la période révolutionnaire, le curé de la paroisse s’exile dans le Piémont ; mais des messes clandestines sont célébrées dans les deux villages.
Après cette période, le Conseil de la Commune d’Habère-Poche redemande une séparation de la paroisse des Habères. Leurs arguments pour la création d’une seconde paroisse étaient la grande étendue du territoire des Habères (plus de ) et la forte progression démographique qu’avait connue Habère-Poche (en 1822, Habère-Poche comptait contre seulement 495 pour Habère-Lullin). Cependant cette scission n’a pu avoir lieu du fait de l’opposition du curé de la paroisse, le révérend Gurliat..
Ce n’est que le , après d’âpres débats, qu’est signée à Thonon (au Bureau de l’Intendance) la création de la paroisse d’Habère-Poche, par les syndics d’Habère-Lullin et d’Habère-Poche. La création est effective au Archives départementales de la Haute-Savoie, dossier de côte 6 FS 166 (fond sarde), Habère-Lullin. Consulté le à Annecy..
De la construction à nos jours Avant même cette séparation, en 1836, la construction d’un presbytère est lancée au centre d’Habère-Poche ; suivie en 1837, par le début du chantier d’une chapelle. En 1841, la chapelle devient paroissiale, est agrandie pour devenir une église et est placée sous l’invocation de François de Sales (vers 1595 celui-ci avait effectué une visite dans l’actuelle Vallée VerteVillage d’Habère-Poche. Les Alpes du Léman, date et mise à jour non indiquées, consulté le (lire en ligne).). Ce bâtiment est construit dans le style néo-classique sarde.Valéry d'Amboise, « Habère-Poche », in Dictionnaire d’Amboise, Pays de Savoie, opus 18, Éditions d’Amboise, 1988. ..
En 1842 l’abbé Rey est nommé premier curé d’Habère-Poche. La construction de l’église se termine en 1848. Elle est consacrée par Louis Rendu, le .
C’est en 1854 que le clocher, dont la flèche s’élève à une quarantaine de mètresHabère-Poche – Église Saint François de Sales [en ligne]. Les Cloches Savoyardes, , mise à jour non indiquée, consulté le (lire en ligne)., est bâti. La construction d’un clocher était imposée dans le traité de séparation des paroisses. Mais la Commune d’Habère-Poche n’avait pas les moyens de payer sa construction. Le curé proposa donc de prendre à sa charge l’achat des pierres de taille ainsi que la main d’œuvre. La Commune accepta et imposa, dans une décision du , trois corvées par habitant pour aider à la construction du clocherArchives départementales de la Haute-Savoie, dossier de côte 2O, Habère-Poche, bâtiments religieux. Consulté le à Annecy.. D’après un projet d’étude daté de 1847, un clocher à bulbe était initialement prévu, projet semble-t-il abandonné faute de moyens.
Trois cloches fondues entre 1842 et 1856 sont installées en 1856 dans une chambre à cloches dont les baies en plein cintre sont munies d’abat-sons, non seulement pour diriger le son vers les maisons du bourg et des hameaux mais aussi pour protéger l'intérieur du clocher des intempéries. Elles s’y trouvent toujours depuis lors. L’horloge mécanique est installée la même année.
En 1884, les fenêtres du côté sud sont relevées d’une partie ouvrante en fer.
L’église et le presbytère ayant subi de nombreux dommages, un devis pour une réparation complète des deux bâtiments est dressé par l’architecte thononais Léon Pamart en 1889. Pour payer ces réparations, la Commune d’Habère-Poche emprunte à la Caisse des Dépôts en remboursement sur dix ans (avec d’intérêt). D’après le vicaire général du diocèse, ces réparations étaient « urgentes ». Elles sont donc ordonnées fin 1889 et se déroulent l’année suivante.
Au cours du , en plus de réparations, quelques modifications intérieures sont amenées à l’église. En 1926, la toiture sud et une partie de la toiture nord sont refaites. En 1966, la chaire et le maitre-autel sont démontés et supprimés, l’église est repeinte uniformément en blanc, cachant ainsi les peinturesBenoist (Annemasse). Intérieur de l’église d’Habère-Poche en 1966. Mémoire Alpine, , mis à jour le [consulté le ]. Disponible sur : http://memoire-alpine.com/int--rieur-de-l---glise-d-hab--re-poche-en1966_3561.php. Un orgue de chœur est installé entre 1989 et 1991. En 1992 a eu lieu la dernière grande réparation en date, celle des toitures : une couverture en cuivre est installéePlaquette de l’église d’Habère-Poche. Conçue par le Conseil Paroissial. Disponible à l’église d’Habère-Poche en lecture libre. Consultée le à Habère-Poche.. Les peintures des murs et des voutes sont restaurées entre 1993 et 1996.
De nos jours, l’église Saint-François-de-Sales d’Habère-Poche fait partie de la paroisse de la Visitation en Vallée Verte, dont le siège est à BoëgeParoisse – Paroisse la Visitation en Vallée-Verte. Diocèse d’Annecy, [consulté le ]. Disponible sur : https://www.diocese-annecy.fr/diocese/les-paroisses/doyenne-de-faucigny/paroisse-la-visitation-en-vallee-verte/paroisse. Des manifestations musicales sont régulièrement organisées dans l’église : des concerts d’orgue, des concerts de petits ensembles ou encore des choralesHabère-Poche / Deux chorales réunies pour un concert plein de joie [en ligne]. Le Dauphiné libéré, , mis à jour le , consulté le (lire en ligne, en accès payant).. Le Capriccio français y a aussi organisé un concert estival annuel de 1999 à 2014.
Description
Le bâtiment L'extérieur L’église de style néo-classique est orientée d’est en ouest. L’entrée principale, encadrée par deux colonnes à chapiteaux doriques et surmontée par un tympan, se trouve à l’ouest.
Cependant, l’entrée « habituelle » est une entrée secondaire située au sud.
Le clocher, de base carrée, est situé dans le prolongement de l’église, à l’est. Sa flèche à huit pans, est surmontée par un globe, une croix en métal et un coq-girouette (appelé « cochet »). C’est le plus haut clocher de la Vallée Verte.
L'intérieur gauche|vignette|Intérieur de l'église. L’église n’a pas de transept. La nef débouche directement sur le chœur à chevet plat aveugle auquel l'orgue est adossé. En regardant celui-ci, il y a, à gauche, un autel dédié à la Vierge Marie et à droite, un autel dédié à saint Joseph. De nombreuses peintures sont disposées sur les murs et les voutes. Un orgue se trouve au fond du chœur. Des vitraux de la fin du sont installés sur les fenêtres de la nef.
Le clocher est composé de six niveaux. Les quatre premiers niveaux abritent actuellement toutes sortes d'objets qui ne sont plus utilisés pour le culte. Ils sont reliés par des échelles de meuniers (escaliers en bois, raides, parfois sans main courante). Le cinquième niveau est celui des deux cadrans : un au sud et un à l'est. Initialement, l’horloge mécanique installée en 1856, les pilotait et sonnait également chaque quart d'heure sur les cloches.
Ce système nécessitait une grande attention car il devait être régulièrement remonté. C'était le travail des sonneurs de cloches, les sonneries étant actionnées manuellement.
Depuis le milieu du , ce système n’est plus utilisé : les cloches sont pilotées par un boîtier situé en sacristie.
Les peintures Des fresques murales sont installées dans le chœur, elles représentent les apôtres et, à l’est, saint François de Sales en posture d’accueil des fidèles. Des fresques sont également installées sur les voutes du chœur et du vaisseau central. Sont représentés sur les voutes (de l’est vers l’ouest) : les Évangélistes, les docteurs de l’Église, les vertus théologales, les vertus cardinales et enfin des symboles de l’Ancien Testament.
La majorité de ces peintures a été réalisée par Jean Ferraris et Casimir Vicario, en 1848. Après avoir été restaurées en 1922 par Charles Mantilleri, elles sont badigeonnées de blanc en 1966. Les fresques ont été entièrement découvertes et rénovées entre 1993 et 1996, sous la direction de Théo Hermanes. Cette rénovation a été intégralement supportée par la paroisse de l’époque, grâce à des dons de particuliers.
Il est également à noter la présence d’un portrait en pied de François de Sales au-dessus de la porte principale et d’un chemin de croix peint sur tableaux de bois.
L'orgue
L’orgue se trouvant dans le chœur est un orgue mécanique à deux claviers de , un pédalier de trente notes et treize jeux. Il s’agit d’un instrument acheté d’occasion chez un particulier du Pays de Gex. Après quelques transformations des mécaniques du pédalier et du positif (afin de l’adapter au chœur de l’église), il est tout d’abord installé sans buffet en 1989 par les facteurs lyonnais René Micolle et Georges Valentin. Ce n’est qu’en 1991 qu’est installé le buffet, réalisé par des artisans locaux bénévoles sur des plans de Georges Valentin. Ce buffet a été peint en 1995 en beige, pour s’accorder aux tons du chœur. Et malgré une bonne protection de l’instrument, un nettoyage complet réalisé par René Micolle et Georges Valentin a eu lieu à la fin des années 1990.
I Positif C–gBourdon 8’Flûte douce 4’Sesquialtera 2 RgQuarte 2’Trompette 8’ II Grand Orgue C–g Prestant 4’ Montre 8’ Plein Jeu 3 Rg Doublette 2’Regale 8′ Pédalier C–fSoubasse 16’Bombarde 16’Bourdon 8′ Accouplements I/II P/I P/II
Les cloches Les cloches sont au nombre de trois. Elles sont supportées par un beffroi en bois daté de 1855 et signé « Sautier J et F ». La première cloche, « bourdon » de la vallée, a été fondue en 1842, année de création de la paroisse. Elle sera très vite rejointe en 1845, par une seconde cloche deux fois plus petite. Ces deux cloches seront installées près de l'église sur une charpente provisoire en bois. En 1856, alors que le clocher est livré, une dernière cloche est fondue et rejoint ses grandes sœurs.
Contrairement à celles-ci, elle n'est pas au centre de sa travée mais à l'extrémité est. La paroisse envisageait donc très certainement l'ajout d'une quatrième cloche, comme préconisé par l'Intendant général d'Annecy, mais elle n'a jamais été à l'ordre du jour.
N° Nom Fondeur(s) Année Masse () Diamètre () Note 1 St François de Sales Frères Paccard 1842 148,5 Do 3 2 Marie Frères Paccard 1845 118,6 Mi 3 3 Immaculée Conception Frères Paccard 1856 530 97,5 Sol Dièse 3.
N° Retranscriptions des inscriptions Photo 1 Parrain : Rd A. Rey, premier curé d'Habère-Poche du janvier ; marraine : J.A. Rechevet, Vve Vaudaux. Jordan Meille, syndic ; J. Pomet, P.F. Mamet, F. Marlin, J. Vaudaux, F. Meynand, J.J. Ducroz, J.B. Deremble, conseillers. Bienfaiteur Habère-Poche n'oublie pas que tu es paroisse par la protection de Rey, par les grands sacrements de